04 juillet 2018

Smartbox du Clos Graissé au Vol


Les Conditions Générales de Vente, ah !… l’argument imparable derrière lequel tout embarras commercial se retranche, un peu comme l’informatique constitue l'explication à tout dysfonctionnement technique, occultant ainsi l’erreur ou l’incompétence de tel ou tel.
En l’espèce, la société irlandaise Smartbox Group Ltd se ratatine sous ses CGV pour déclarer son incapacité à réactiver la box « Week-end gourmand en amoureux » et nous gratifie d’un « code promotionnel » de vingt pour cent à utiliser avant février 2019… et estimez-vous comblés ! La salauderie commerciale n’a évidemment pas de limite.
Les faits : le vendredi 15 juin 2018 ma BB et moi partons de Lyon pour Beaune-sur-Arzon (43) à une trentaine de minutes en voiture du Puy-en-Velay. Depuis le 26 mars nous avions réservé une chambre d’hôtes au Clos Saint-François présenté comme un « ancien couvent du XVIIème siècle » qui « vous accueille dans ses jolies chambres » et avec cette formule définitive alléchant les clients potentiels : « Ici, le bien-être et le bien-vivre sont rois ! ».
Arrivés vers 17h30 (la chambre devait être disponible depuis 17h) nous trouvons le portail… clos : nous sonnons une première fois, rien ; une seconde fois, toujours rien. Après quelques minutes, j’actionne la poignée et le portail s’ouvre : nous entrons dans un charmant jardin… désert. Nouvelle attente de quelques minutes sans que personne ne se manifeste. Nous remarquons que la porte d’entrée du logis est grande ouverte et je relève la présence d’un livre d’or sur une table à gauche contre le mur. Nous décidons alors de franchir le seuil, l’accueil étant jusqu’alors d’une curieuse discrétion…
Sur la gauche, une vaste cuisine aux atours anciens et, enfin ! une femme, de dos, en conversation téléphonique sur une recette à l’huile d’olive. Voilà donc l’hôte… qui ne daigne même pas se retourner à notre arrivée – si nous n’avions pas tourné la poignée du portail nous serions à ce moment encore devant à attendre que quelqu’un nous accueille. Supposant que, peut-être, elle ne s’était pas aperçue de notre présence, je lui signale très sobrement notre arrivée.
Là, première déconvenue sur un élément essentiel du contrat commercial passé avec cette dame : son devoir d’hospitalité se résume à un péremptoire « Je suis au téléphone ! » sans même se retourner… Nous n’en croyons pas nos oreilles… Non contente de nous infliger ce merdique accueil, elle ajoute à son interlocutrice qui s’enquiert de ce qui se passe : « C’est RIEN, juste deux clients qui ne peuvent pas patienter deux minutes ! » La tête à claques (à ce moment-là toujours pas vue de face) en rajoute une bonne couche lorsqu’elle constate que nous partons puisque la prestation ne peut avoir lieu dans les conditions minimum de convivialité auxquelles nous donne droit cette chambre d’HÔTES ! Plutôt que de s’excuser, elle nous reproche même d’avoir « écouté » sa conversation téléphonique !!! Comble de la crasse morale…
Nous ne pouvons rester du fait de son entière responsabilité, sauf à transformer le séjour en « week-end stressant et belliqueux » : tromperie sur la prestation annoncée, vice rédhibitoire du produit proposé, annulation du contrat par son inadmissible comportement, quelle que soit l’appellation de son fangeux accueil, il empêche toute exécution de la convention dans des conditions acceptables.
Nous devons donc trouver dans l’urgence un point de chute (avec les frais supplémentaires engendrés), mais j’appelle immédiatement Smartbox pour leur signaler que nous n’avons pu bénéficier de la prestation attendue par la lourde faute de cette exécrable tenancière. J’apprends alors que, sans la volonté de la malotrue d’annuler la réservation, il est impossible de récupérer l’usage de cette box : les fameuses CGV exigent que le client fasse la démarche d’annulation « plus de 10 jours avant la date prévue d’exécution de la prestation ». Appliquer ces conditions au cas d’espèce relève de l’absurdité kafkaïenne : comment le client peut-il anticiper la bréneuse attitude de l’hôtesse malfamée ?
J’appelle cette dernière pour lui demander instamment de signaler à Smartbox l’annulation de ce séjour. Elle se fend alors d’un détaché « je verrai ». Encore une fois, les CGV ne peuvent s’appliquer à une telle situation. Seule l’infecte représentante du Clos Saint-François est en cause : nous avons été contraints de partir car elle ne remplissait pas sa part du contrat.
Son « je verrai », suivi d’aucune démarche en ce sens, s’est traduit par le refus de Smartbox de nous réattribuer l’usage de ce livret et de son prétendu week-end gourmand au très sale goût d’escroquerie en bande planquée derrière des CGV détournées de leur vocation. Soyons clair : Madame Karine Chouvet s’est fait rétribuer pour une prestation non fournie et Smartbox a mis des œillères pour un traitement prémâché  de ma demande sans prise en compte du cas spécifique où l’hôte promis n’en est pas un.
Le cas juridique serait intéressant à plaider si j’avais du temps à perdre : je me contente de dénoncer ici et sur tous les sites et réseaux adéquats l’abject accueil qui dénature l'origine même des murs, si longtemps, d’un couvent et la surdité coupable de Smartbox.
Une fois sur place, on doit endurer les humeurs de l’hôte, manquement aussi grave que de servir une nourriture périmée où de faire dormir ses invités-clients dans un puant galetas : de fait, on est hors cadre des CGV et des conditions requises pour obtenir l’annulation.
La seule sentence qui s’impose : que ce Clos Saint-François soit fui, déserté, repoussé par les adeptes de sereins séjours. Selon l’humeur du jour, vous serez reçu ou mal traité… Ce Clos Graissé au Vol a l’apparence des vieilles pierres inspirantes, mais impose un début de prestation digne d’un boui-boui incommodant. A stigmatiser d’urgence !