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01 décembre 2022

Des cendres, en fait !


Assumer  de consumer ses restes en lambeaux, dans un isolement forcené, à l'aune de sa révulsion gangrénante. Dévastation en rage, amorphe tutoyant le nihilisme, perdition sans retour. Reste le silence, seule voie de l'ancrée souffrance : se laisser ronger par l'impossible, abandonner toute trace d'humanité et rejoindre le néant, doucement, en nuances cadavériques.

Etre dans l'angle mort de l'existence pour ne surtout pas être perçu, voilà le résultat de décennies scripturales : monomaniaques indignations, confessions infimes, retrait terminal. Objets, accueillez-vous un drame ? De la plume inutilement coulante aux feuilles zébrées d'absconses courbes, il faudrait assécher la prisonnière expression, s'enterrer au fond de l'impasse. Emotion sans issue, analyse débilitante, réaction léthargique.

Se minéraliser pour supporter le calvaire : au bout du sentier embrasé, le précipice. En cendre, pour s'éparpiller au gré des courants, sans plus d'attache, en route pour l'infinitésimal. Disparaître.

05 mars 2022

Carnet de mort

Affleurent les plaies entre deux prières décharnées. L'écho d'une dévastation : à tant couler ses larmes dans le plomb, le son tombal s'impose. Horizon sans courbe, aspiration étouffée, en voie de fission délétère.

Que l'hémorragie des rets asociaux pour toile sans fonds perpétue son trop-plein d'infections : pseudo monde aux hystéries binaires.

Que les Etats tissent leurs sacs mortuaires avec l'arrière-goût du cadavérique Vingtième qui n'en finit pas d'empuantir son convulsif successeur.

Tout cela n'a plus aucune emprise. Détachement : surplus de souffrance qui insensibilise et rend incongru le fait même d'appartenir à l'espèce humaine. Nausée à gerber son restant d'âme : retrait sans aménagement, juste fondre en fosse, seul.

Pour toi, seule source de vie ôtée, ces quelques mots pliés et repliés avec pour fenêtre tes méninges légendées. Ne surtout pas être lu, encore moins commenté. Que cette page demeure sans lien.

A midi, le ciel est noir : les yeux se ferment.

09 mai 2021

Invariants spasmodiques

 Fin de matinée, non loin d'Interpol.

Misanthropie nihiliste pour m'effacer. Mettre un gouffre entre moi et le vivant. Le rien comme oripeaux mortuaires. Un virus et je bricole du confinement, une vierus sonne l'ensevelissement. Ne surtout pas le vaille que vaille, le tourner-la-page, le chapitre suivant, l'accommodement dans le faux-semblant. Pourquoi devrais-je esquisser une sociabilité quand tout en moi s'anéantit ? Non foi pour un désastre révulsé. Que les gorges s'ouvrent vers ce désert calcinant. Pas de conte à pendre, juste une équation à presque huit milliards d'inconnu-e-s. Repoussoir en quête de pourrissoir. Ne plus croiser un regard ni échanger d'encombrantes paroles : en vase clos avec sa brisure d'absolu.

En face, six gugusses avec leur brassard jaune de haute visibilité attendent les usagers à contrôler. Le premier bus s'arrête : un seul voyageur, en règle ! Se faire un hargneux olibrius sans titre de transport. Défouler ce vide. Le deuxième sera le bon : binôme frauduleux à verbaliser.

[Inachevé]

Julius Payer - Tegetthofff im Eis


23 mars 2015

Ferment fragmenté

Sur la berge, comme une désagrégation, sans rien à accrocher. Rester loin des archaïsmes religieux qui empuantissent cette société démantibulée. Un semblant de pouvoir national, un gâchis européen, un peuple qui pourrait s’en remettre au pire, à ce qui entretiendrait une pré-guerre civile. (11 février)

Réduire à l’extrême l’illusoire relation sociale, ballet des vanités, disharmonie criarde. (11 février)

L’infection islamiste gagne du terrain en Afrique, catalysant quelques milliers d’âmes perdues pour l’absurde et criminel sacrifice. Encore aujourd’hui une mère témoigne sur la transformation progressive de son fils inoffensif en kamikaze illuminé pour Daech. Désespoir et désarroi profonds de cette maman qui n’a rien pu faire pour contrer cet endoctrinement mortifère. Nos cieux désidéologisés incitent d’autant plus ceux qui aspirent à l’engagement fanatisé à choisir l’islamisme radical. (20 février)

Dangereuse position d’un artiste de la jeune génération qui estime que notre droit d’expression est une liberté « qui n’est pas non négociable ». Pour être plus limpide : il défend une censure relative pour cause de contexte tendu. L’esprit de Montoire rampe à nouveau : il faudrait pactiser avec les salauds de barbares… Cette capitulation des consciences, si elle devait se généraliser, traduirait la victoire des terroristes islamistes. Un mois après avoir été passionnément Charlie, certains réclament l’eau tiède. Pitoyable (1er mars)

Les Merah, Coulibaly, Kouachi, comme autant d’ordures neutralisées, dont il faudrait montrer les charognes et non les bouilles réjouies de l’époque où ils trompaient leur univers. Qu’a-t-on à foutre de revoir les images de Merah souriant d’une frime si banalement primaire au volant de sa caisse à chaque fois qu’on l’évoque ? (1er mars)

Minable détournement financier des attachés parlementaires payés par l’Union européenne et que le Front national utiliserait pour ses propres besoins. La mauvaise foi enfarinée du sbire Philippot revendique que ce personnel œuvre contre l’U.E. Comme un avant-goût de ce qui deviendrait un mode de fonctionnement à la tête de l’Etat si la Bassine sans peine et son troupeau mariné accédaient au pouvoir. Un aplomb éhonté même lorsqu’on leur trempe la truffe dans leurs besoins lâchés au mauvais endroit. (11 mars)

Hommage à la charismatique Florence Arthaud qui avait tant de fois tutoyé la mort sur les eaux et que les airs via un hélicoptère ont fait sombrer. (11 mars)

Le Sarkozy comme une irritante mécanique pavlovienne, le Valls aux raideurs approximatives dans la verbalisation et dont les envolées ressemblent à de l’excavation improvisée, le Hollande dans la béatitude affichée, sans souffle mobilisateur mais adepte de la synthèse optimiste, et la Marine pour parachever la cour des fléaux : du néant programmatique aux coups de menton qui se voudraient détermination crédible, la Bassine aux angles extrêmes se rêve irrésistible dans l’arène du pouvoir. Aucun souffle fondateur, aucun sens de l’histoire, aucune projection véritable… du carriérisme aux semelles usées.

Entre des nations dépassées et une Europe insatisfaisante, nos modèles d’organisation collective s’épuisent dans un système démocratique en panne, avec de moins en moins d’écho chez les citoyens. (17 mars)

01 janvier 2013

Langue chargée ? Tirez !


Planer sur rails, le feu d’authentique Coldplay sublime l’aube en croissance. Les teintes timides au sortir du sombre engagent à concentrer la tension pour accentuer l’élégance hivernale. L’écho d’un rythme aux luminosités retrouvées concasse les fracas pour n’en laisser guère plus qu’un accessoire bruit de fond. Se projeter pour l’enthousiasme phosphorescent, telle une prometteuse infusion, avant les gerbes embrasées : un pourtour improvisé aux lueurs vagabondes. Se démultiplier pour une écoute transversale. Ne pas céder aux rétrécissements de l’âme qu’imposeraient quelques contraintes mal placées. La route est longue et le temps court : glaner en chemin pour épanouir l’improbable.

Les rayons dardent enfin, le fleuve croisé entretient ses courants, « such a perfect day » pour que le quatuor de la pop musicalise les cieux. Caresse de la gratte, juste ce qui enchante, avant la déferlante colorée. Virevoltantes sonorités, envolées enivrantes, les notes culminent et je me laisse flotter dans les nimbes si bien accordées. « Up in flammes », au-delà des pesanteurs, là où se fortifient les sens éclairés.

Je sais, j’ai trop chargé la page : style inaudible. Que les contempteurs égarés se fassent une raison : j’écris très peu pour les vivants. Hors quelques figures, le gros de l’humanité m’indiffère et je m’en dispense très bien. La ronde des esthètes disparus et la masse néante des foultitudes non nées me conviennent. Ne surtout pas répondre aux attentes, ne rien céder aux critères prémâchés, j’explore en intérieur sans frilosité langagière. Je formule donc je trie, raréfie mes fidèles ; les contradictions assumées amplifient les dégâts. Qu’il ne subsiste rien, je ne serai plus là pour le constater. Traces infimes sur une toile vorace sans distinction. Niche numérique pour que reposent en verve et contre tout mes vitriolades. Ci-gisent mes écrits suspects.

11 novembre 2007

Digression

La nature automnale défile en ce matin bleu, quelques gelées blanches émergeant au gré du frimas en volutes prégnantes. Qu’elle est belle cette France effleurée à grande vitesse : les pastels d’une nature en voie d’hibernation s’écoulent au fil des courbes agrestes ; les logis truffent, sans jurer, les vallons et mamelons mis en branle par notre fuite vers le Nord. Trompeuse immuabilité de ce fragile enchantement du hasard et de la vitalité dardé par les rayons de l’astre ascendant. La vie ennoblit terres et roches ; l’esprit vagabonde, aspirant à une harmonie utopique.


L’humanité déçoit par son contingent de malfaisants. Aucune catégorie, section, parcelle de l’espèce désignée dans cette cohorte hétéroclite : de la petite frappe profiteuse, centrée sur la satisfaction immédiate de ses ineptes besoins, surtout au détriment du bien commun, jusqu’au notable se torchant avec le contrat social pour combler ses intérêts. Chacun, dans sa sphère méprisante de l’autre, désespère un peu plus du système collectif salopé. Se contenter d’observer illusionne sur sa propre capacité à échapper à la bourbe ambiante. Revenir aux beautés sans conscience d’une nature offerte. La tension vocale d’Alanis Morissette, l’émotion croissante de That particular Time bouleverse mes ronchonnements, plongé dans cette nappe brumeuse qui occulte les merveilles d’un espace débarrassé des fatuités sonores, des salauderies braillées, des inepties débitées pour se rassurer de sa présence à l’autre.

L'auteur, "petiot"
Poussée misanthropique, comme un gênant urticaire à dissimuler… je ne veux pourtant pas l’ignorer. Elle rythme, depuis petiot, mon rapport à ce monde. Des plongées dans son histoire à l’imprégnation quotidienne de l’actualité, je ne parviens pas à rester enthousiaste.
Si l’extrême majorité, à laquelle je m’agrège, ne fait que vivoter en s’accordant quelques excroissances jouissives, la part malfaisante dévoie les règles collectives du bien vivre pour enfler leur ego et satisfaire leurs folies ordinaires.

Revenir aux étendues esthétiques pour reposer un peu ses tourments et espérer que l’aventure humaine ne s’achève pas dans un chaos nihiliste…