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02 mars 2025

Gnathon des Etats-Honnis d'Amérussie

 "Il embarrasse tout le monde, ne se contraint pour personne, ne plaint personne, ne connaît de maux que les siens, que sa réplétion et sa bile, ne pleure point la mort des autres, n'appréhende que la sienne, qu'il rachèterait volontiers de l'extinction du genre humain." (La Bruyère, Les Caractères, 1689).

La majorité du gras corps électoral savait qui il remettait aux manettes : une fripouille arriviste prête au pire pour empaler le monde sur son pouvoir. Elle a quand même été élue : grand mal leur fasse, mais quels dommages à venir pour la géopolitique. Quatre ans et peut-être plus si Gnathon et sa bande trouvent le moyen de prolonger l'ère macabre.

Il faut lire la traduction intégrale des échanges entre le sidéré Zelensky et la vieille barrique. Dans la Maison désormais blafarde, le Bureau ovale est devenu bac à fange. Plus de diplomatie, mais une bien triste pitromatie du repoussant duo : la marionnette de Poutine et son vice-suppôt, lequel devrait plutôt s'occuper à déboucher quelques latrines plutôt que d'empuantir le champ politique. En voilà un, J. D. Vance, qui fustigeait son futur maître allant jusqu'à le désigner "Hitler de l'Amérique". Opportuniste jusqu'à la crasse indignité ; dégueulis en poste.


La sinistre séquence concentre les aberrations habituelles de l'Ubu apprenti despote sur le retour. Le gâtisme verbal d'abord, qui lui fait répéter mots et expressions pour, sans doute, empêcher l'interlocuteur de reprendre la parole et continuer à asséner ses poussives vacuités : "la Russie", clamée à quatre reprises, s'érige comme un "lape-suce" sa matrice obsessionnelle. L'égo enflé jusqu'au grotesque, ensuite. Lorsqu'un journaliste souligne son alignement sur le Kremlin il en profite pour finir sa réponse ainsi : "Je peux être plus dur que n'importe quel être humain que vous ayez jamais vu". Pol Pot, Staline et Mao, des ventres mous ! Voilà tout ce qui l'importe : ni ses concitoyens, ni son pays et encore moins le reste de la planète. Juste être perçu comme "un dur". Un tel infantilisme à son âge requiert l'hospice de toute urgence. Enfin la logorrhée digressive qui inquiète sur sa semoule mentale : le passage débutant par "Poutine en a bavé avec moi" est l'occasion d'un fatras sonore autour de l'affaire "Hunter-Biden" dans lequel il se pose finalement comme grand défenseur de Vladimir, sa tutelle de fait.


Tout ça, entre affairisme cynique, balourdes immaturités et pitoyable virilisme, pour un stratosphérique constat final : "ça va faire de la très bonne télévision" ! Il a presque raison, mais pour atteindre le paroxysme médiatique il aurait dû se défroquer et sodomiser le président ukrainien sitôt que le suppôt Vance avait vaseliné la voie.

L'Union européenne et ses alliés ne doivent plus avoir aucun doute sur les Etats-Honnis, désormais l'empire du mâle brouillon, erratique, innommable.

18 février 2025

TRUMPOUTINE

Voilà l'acronyme qui nous fait entrer dans une nouvelle ère géopolitique. Tandem Repoussant : Ukraine Massacrée, Pulvérisée Otan ; Une Terreur Invasive, Notamment Européenne.

Enfin ! l'UE doit embrasser sa maturité politico-militaire. Face à la loufoque chimère Trumpoutine, les dirigeants d'Europe doivent sauter le pas pour montrer au reste de la planète autre chose qu'un mou bide plein de soupe. Traiter le Trumpoutine aussi bas que merde puisqu'il ne comprend que la force bréneuse. Plus de politique avec l'enflure : le clouer au pilori et piétiner son informe carcasse.

Pas besoin de docteur Frankenstein, le monstre Trumpoutine s'autogénère et n'a aucun scrupule à exalter le pire de la nature humaine, au point de douter de la moindre filiation de la repoussante créature avec ce qui nous sert d'humanité.



19 janvier 2019

Au nom des décombres


La maturité démocratique impliquerait qu’un rejet, une destruction, soit indissociablement lié à un projet précisé ou à une construction définie bénéficiant du même soutien majoritaire. Mais voilà : notre système institutionnel tolère la coalition destructrice sans aucune assurance de ce qui se substituera à l’élément mis en pièces. Ce doit être la part primaire de notre État de droit.
Rappelons-nous 2005 et l’addition de forces politiques compatibles dans le seul et unique but de saborder le projet de Constitution européenne. Approche binaire débilitante dans lequel un « oui » ouvrait sur un cadre identifié alors que le « non » hétéroclite n’a pas permis de faire émerger autre chose qu’un blocage politique de l’Union. (Remercions à nouveau ici Jacques Chirac et ses collègues étatiques d’avoir mis la charrue de l’élargissement avant les bœufs institutionnels.) Cela a nécessité, pour éviter le masochisme collectif délétère, d’adapter les règles de fonctionnement à vingt-huit États membres via le traité de Lisbonne.
Prenons le Brexit de nos partenaires britanniques : décider le retrait, pourquoi pas, mais avec quelles conséquences et pour quelles perspectives ? L’alliance de ceux qui ont piétiné cette construction pouvait-elle seulement y substituer un projet national cohérent ? Apte au champ de ruines, la démocratie directe semble bien l’être, tout comme, parfois, la voie représentative : ainsi les parlementaires anglais, vent debout contre le compromis issu des laborieuses négociations de sortie de l’UE, mais dont les justifications respectives s’écartent aux antipodes.
A entendre les Jaunâtres gueuler, bave en coin, « Macron démission ! », on se demande bien ce qu’ils auraient la capacité politique de faire à sa place. L’individualisation des revendications édifie sur ce qui constituerait l’après-Macron : la loi du plus fort, si loin de l’intérêt général, ou une funeste instabilité.
A chaque fois, la coagulation de forces éparses pour détruire est suivie d’une révélatrice incapacité à se mettre d’accord sur un projet viable. La sagesse démocratique supposerait que tout « non », tout rejet, toute destruction soit obligatoirement couplé à ce qui est proposé en lieu et place, et qu’on ne puisse additionner ensemble que les opposants compatibles pour la suite…
A quoi sert-il, au-delà du caractère injuste et cruel de l’acte lui-même, de guillotiner Louis XVI si c’est pour consolider la Terreur et l’absurdité sanguinaire d’un « vous vous trancherez la tête les uns les autres » ? Voilà le nihilisme politique : puissance destructrice puis impuissance à construire qui laisse croître l’amertume, le ressentiment voire la haine, autant d'états d'esprit fortement déconseillés pour colmater une embarcation collective sans gouvernail.
En ce sale jour de l’acte X des Jaunâtres, pièce à rallonge de très mauvais goût, chacun devrait jauger ce qu’il a aujourd’hui et ce qu’il pourrait ne plus avoir demain par le fait de ces bien trop visibles agrégats ochlocratiques.  

21 octobre 2018

Bassine pesteuse mélenchée à la scarlatine

A entendre Mélenchier sa haine à la face de l’impassible gardien de la paix me sont remontés les grognements du pater Le Pen : en 1992, le leader-fondateur du Front national éructait un menaçant « Je m’en souviendrai… » à l’un des représentants de l’ordre chargés – face à des nationalistes corses déchainés – de l’empêcher de tenir son meeting à Ajaccio.
Le Pen en 1992 - Mélenchon en 2018 : le rictus des extrêmes
A voir les députés du Rassemblement national applaudir le Rance soumis à ses primaires pulsions, je songeais à une pâle singerie des jeux dangereux de l’actuelle politique italienne. La rencontre récente de la Bassine Le Pen avec le plein-de-soupe-nationaliste Salvini aurait-elle fait naître quelque fantasme d’acoquinement des extrêmes chez l’inconstante animatrice de l’extrême droite ? A quel moment ces deux bouts de l’échiquier politique jaugeront-ils moindres leurs désaccords au regard de leur combat contre le système financiaro-médiatico-politico-institutionnel ?
Rassemblement national applaudissant Mélenchon
L’enragé bave sa République, sacralise son infecte carcasse et s’improvise chef de meute pour mieux galvaniser ses soutiens : le voilà incarnant le Pôple à lui tout seul, l’élu mal embouché de la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône… Sa républicanissime majesté supposerait une impunité sans borne qui entrave le pouvoir judiciaire. Le tribun déchaîné se montre implacable sur les autres, mais tellement accommodant avec ses turpitudes.
Mélenchie tout ce qu’il peut pour déstabiliser les institutions d’une République dont il se prétend le Parangon inflexible. Sa torve roideur simplifie le pouvoir macronien pour mieux sentir croître sa chapelle idéologique. A force d’éreinter sans mesure tout ce qui n’est pas lui, tout ce qui n’envisage pas le système à la lueur rougeoyante de ses emportements, il attise la radicalité révolutionnaire dont on sait, par expérience historique, qu’elle se prolonge de très dangereuse façon. Le magnifique, mais tellement enjolivé, Un peuple et son roi, s’achève avec l’espoir des sans-culottes sitôt le souverain guillotiné, mais sans aller jusqu’aux génocidaires dérives de la Terreur.
Mélénchon, chef de bande
Tout comme la période vichyssoise fut un révélateur du fond de l’âme de chaque citoyen – attentiste, collabo ou résistant – l’irruption de la Justice dans les affaires pas nettes des prétendants au pouvoir exécutif dévoile leur substrat comportemental. Là où les Sarkozy, Fillon et Le Pen se sont exercés à la surenchère verbale – Bayrou, le centriste, a eu, lui, l’attitude exemplaire – Mélenchon passe le cap de la fureur tribunitienne et traduit sa rage par la violence physique. Il prouve ainsi n’être qu’un chef de bande qui s’estime au-dessus des lois et des procédures judiciaires. Cette sale manière d’être suffit à le délégitimer pour la fonction présidentielle, sauf à vouloir que la France s’essaye à la démocrature post-révolutionnaire.
Le pays aurait tout intérêt à laisser l’insurrectionnel Mélenchon à la porte bien fermée du pouvoir, comme à ne jamais goûter l’eau saumâtre de la Bassine. Leur populisme ? Rien d’autre que le facile moyen pour satisfaire leurs ambitions délétères. Mélenchon n’a le culte que de lui-même : la République ne constitue que l’aguicheur paravent pour asseoir ses diktats revanchards. Un Comité de purge publique pointe son arbitraire à chacune de ses tonitruances. Préservons notre France et notre Union européenne de ces tristes sires à la sauce perdante.

03 octobre 2016

L'avis extrapolitique attendu

Après la publication d’un sondage où plus de soixante pour cent des citoyens interrogés réclament une retraite politique anticipée pour les deux derniers occupants de l’Elysée, je me prends à fantasmer un moment de grâce politique comme les professionnels du pouvoir ne nous en offrent que deux ou trois par siècle…


« Attendu que la situation critique du pays requiert un sursaut de lucide dignité ;
attendu que notre occupation successive des fonctions présidentielles n’a pu permettre de redresser ou de changer favorablement la France ;
attendu que le constat s’impose d’une incapacité à honorer les plus importantes de nos promesses électorales ;
attendu que notre mandat respectif s’est tiraillé entre stratégie politicienne en vue de l’échéance électorale suivante et gestion improvisée dans des contradictions néfastes pour le pays ;
attendu que de bling-bling en couac, de couac en tweet-tweet, nous n’avons pas su préserver la sacralité de la fonction ;
attendu que la place hypertrophiée accordée à la communication au détriment de l’engagement véritable n’a fait que décrédibiliser davantage l’exercice du pouvoir rendu gesticulatoire ;
attendu que la vitalité démocratique commande de ne pas s’acharner dans une dynamique purement opportuniste ;
attendu que nous devons tendre à l’exemplarité en reconnaissant nos erreurs et en affrontant de pesantes accusations ;
attendu que nos candidatures font courir le grave risque, par l’absentéisme accru d’électeurs écœurés, de la consolidation des extrêmes ;
attendu que sans notre présence les débats de la prochaine campagne s’en trouveront renouvelés et que le sens frais aura ainsi une chance d’émerger ;
attendu qu’un nouveau souffle de l’Union européenne ne peut se concevoir avec une France présidée par un déjà-vu ;
attendu que l’hypothèse d’un monde agité par le stratège Poutine et Trump l'imprévisible impose la régénération d’une forte voix française ;
attendu que notre vénération affichée, feinte ou réelle, pour l’intégrité gaullienne de l’occupation de la présidence de la République française exige qu’une fois, dans notre déjà long parcours politique, nous nous hissions à la hauteur de notre référence ;
attendu qu’est venu le temps d’une éthique de l’exercice du pouvoir tout entier dédié à l’intérêt général et non à la satisfaction de visées personnelles inavouables ;

Par ces motifs, nous, François Hollande et Nicolas Sarkozy, sains de corps et d’esprit, avons l’honneur de ne pas solliciter vos suffrages afin de ne pas obérer les chances pour notre pays chéri et pour l’Union espérée de viser au mieux un cap salvateur. »



Auraient-ils assez d’épaisseur humaine, de sens du sacrifice d’une carrière déjà suffisamment comblée, de perception assez aiguë de l’exaspération furieuse du pays pour oser ensemble ce choix, laissant ainsi, pour un court instant, la sphère médiatique sans voix et, pour un moment à prolonger, la France avec une perspective plus enthousiasmante ? Evidemment non… Si la vie extraterrestre apparaît de plus en plus probable, l’avis extrapolitique ci-dessus ne peut prétendre qu’au néant.

18 juin 2016

POINGS D'EXÉCRATION !

Comme atteint d’un mal protéiforme, le pays convulse.

Des manifestations d’un autre siècle offrent à quelques dirigeants syndicalistes l’illusion d’une influence sur l’avenir de la réglementation du travail. Elles sont surtout le sinistre terrain de jeu des « casseurs », euphémisme social pour désigner des vandales nihilistes qui attendent, eux, la destruction de notre société, hôpitaux pour enfants inclus !

Une radicalisation islamiste rampe et peut sauter à la gorge n’importe où, y compris au domicile d’un couple de policiers. Sur la page déroulante de Facebook je découvre la photo d’une jeune fille en short accompagnée d’un témoignage de l’agression qu’elle a subie pour le simple fait d’une tenue qui laisse voir, bigre ! ses jambes… Voilà la civilisation obscurantiste dans laquelle veulent nous entraîner les daechiens et daechiennes plus ou moins identifiables.

Un Euro, comme vitrine ludique : en réalité tremplin des hooligans et l’occasion de se mettre la tête dans le ballon un mois durant, s’imaginant que plus rien d’autre ne compte… Bienvenue au XXIème siècle !


La noblesse de l’engagement, l’exemplarité des idées, c’est une députée travailliste outre-Manche qui les incarne : Jo Cox, morte pour l’Union européenne, flinguée puis poignardée par un extrémiste taré, pléonasme sans aucun doute.

Le pourrissement estival n'est pas loin...

09 juillet 2015

L'Union des gnons

On aurait pu l’entendre roucouler, le Tsipras, à son entrée au Parlement européen, tant il jubilait d’occuper le cœur des tensions. Initiative malhonnête : demander aux Grecs s’ils veulent un nouveau coup de férule sans préciser le coup de massue dramatique de l’autre voie. Un choix faussement technique plutôt qu’un dilemme politique, le déviant Tsipras tente l’incompatible cumul : refuser le plan soumis et rester dans la zone protectrice. Un grand écart intenable, sauf dans l’univers populiste.

Signe révélateur : et le maquignon Mélenchon qui tente de faire peau neuve avec du cuir craquelé, et la Bassine à la peine avec son géniteur se réjouissent à l’arrivée de l’anti-euro très très primaire. A défaut de pouvoir gérer dignement l’éviction de son père ragaillardi, la Marine offre sa mine déconfite pour soutenir un extrémiste de gauche. On retrouve là les mêmes acoquinements idéologiques que lors du référendum de 2005 en France : bloc disparate qui se soude pour détruire mais sans capacité de substituer quoi que ce soit de viable.


L’invective postillonnée du Mélenchon, la litanie mécanique de la Marine en pâmoison devant cet extrême gauchiste qui se repaît du pouvoir quitte à sacrifier son pays, voilà vers quoi pourraient basculer quelques démocraties européennes. En attendant, subissons les gueulantes pour la galerie, les trahisons de couloir et plaignons ce pays qui agonise.

23 mars 2015

Ferment fragmenté

Sur la berge, comme une désagrégation, sans rien à accrocher. Rester loin des archaïsmes religieux qui empuantissent cette société démantibulée. Un semblant de pouvoir national, un gâchis européen, un peuple qui pourrait s’en remettre au pire, à ce qui entretiendrait une pré-guerre civile. (11 février)

Réduire à l’extrême l’illusoire relation sociale, ballet des vanités, disharmonie criarde. (11 février)

L’infection islamiste gagne du terrain en Afrique, catalysant quelques milliers d’âmes perdues pour l’absurde et criminel sacrifice. Encore aujourd’hui une mère témoigne sur la transformation progressive de son fils inoffensif en kamikaze illuminé pour Daech. Désespoir et désarroi profonds de cette maman qui n’a rien pu faire pour contrer cet endoctrinement mortifère. Nos cieux désidéologisés incitent d’autant plus ceux qui aspirent à l’engagement fanatisé à choisir l’islamisme radical. (20 février)

Dangereuse position d’un artiste de la jeune génération qui estime que notre droit d’expression est une liberté « qui n’est pas non négociable ». Pour être plus limpide : il défend une censure relative pour cause de contexte tendu. L’esprit de Montoire rampe à nouveau : il faudrait pactiser avec les salauds de barbares… Cette capitulation des consciences, si elle devait se généraliser, traduirait la victoire des terroristes islamistes. Un mois après avoir été passionnément Charlie, certains réclament l’eau tiède. Pitoyable (1er mars)

Les Merah, Coulibaly, Kouachi, comme autant d’ordures neutralisées, dont il faudrait montrer les charognes et non les bouilles réjouies de l’époque où ils trompaient leur univers. Qu’a-t-on à foutre de revoir les images de Merah souriant d’une frime si banalement primaire au volant de sa caisse à chaque fois qu’on l’évoque ? (1er mars)

Minable détournement financier des attachés parlementaires payés par l’Union européenne et que le Front national utiliserait pour ses propres besoins. La mauvaise foi enfarinée du sbire Philippot revendique que ce personnel œuvre contre l’U.E. Comme un avant-goût de ce qui deviendrait un mode de fonctionnement à la tête de l’Etat si la Bassine sans peine et son troupeau mariné accédaient au pouvoir. Un aplomb éhonté même lorsqu’on leur trempe la truffe dans leurs besoins lâchés au mauvais endroit. (11 mars)

Hommage à la charismatique Florence Arthaud qui avait tant de fois tutoyé la mort sur les eaux et que les airs via un hélicoptère ont fait sombrer. (11 mars)

Le Sarkozy comme une irritante mécanique pavlovienne, le Valls aux raideurs approximatives dans la verbalisation et dont les envolées ressemblent à de l’excavation improvisée, le Hollande dans la béatitude affichée, sans souffle mobilisateur mais adepte de la synthèse optimiste, et la Marine pour parachever la cour des fléaux : du néant programmatique aux coups de menton qui se voudraient détermination crédible, la Bassine aux angles extrêmes se rêve irrésistible dans l’arène du pouvoir. Aucun souffle fondateur, aucun sens de l’histoire, aucune projection véritable… du carriérisme aux semelles usées.

Entre des nations dépassées et une Europe insatisfaisante, nos modèles d’organisation collective s’épuisent dans un système démocratique en panne, avec de moins en moins d’écho chez les citoyens. (17 mars)

25 août 2014

L’îlot d’enfantillages

Il y eut Casimir Périer, parangon du tranchant politique… Voici venu le temps de Casimir Hollande, spécialisé dans l’engagement émoussé. Sa troisième rentrée présidentielle ne pourra leurrer davantage : ses pactes au gloubi-boulga pourrissent avant même d’avoir été réellement goûtés. Ses flopées d’intentions rappellent les égarements immobiliers de certains pays qui laissaient tomber en ruines les fondations sans que jamais les bâtisses ne vissent le jour.
Casimir Hollande a le teint avenant, les courbes conviviales, le ton léger à souhait, mais son allergie au conflit l’empêche d’imposer le traitement nécessaire. Résultat : la guimauve prolifère là où le remède requerrait quelque acidité dans le lard hexagonal.
Bonne nature, Casimir tournicote dans ce manège désenchanteur précipitant les îlots encore émergés vers une mélasse pétrifiante. Valls n’y changera rien : le froncement de ses sourcils n’est dû qu’au fait de se positionner systématiquement face au soleil pour répondre aux interrogations : ne prenons pas pour une détermination ce qui n’est qu’une incommodité circonstancielle.
Est-ce pour autant la faute du bonhomme Casimir ? Le Goldorak en carton-pâte qui l’avait précédé connut-il davantage de réussite ? La réponse électorale fut cinglante.
L’échelle actuelle du pouvoir politique n’est en fait pas la bonne. Tant que le saut vers un Etat européen ne sera pas effectué, nous n’aurons que peu de prise sur les courants économiques mondiaux et les mesures adoptées seront aussi efficaces que les moulinets d’un nageur débutant perdu dans une baïne. Les Etats-Unis d’Europe, voilà un vœu toujours aussi utopique qu’à l’époque de Victor Hugo : il suffit d’assister aux résistances d’un autre âge que provoque la très nationale réforme territoriale.

Freinés par notre mille-feuille administratif, engoncés dans les limites d’une France à bout de souffle, nous entretenons toutes les conditions pour une asphyxie terminale. Pom pom pom pom pom pom… bonne nuit le pays !

Article également publié sur AgoraVox.

06 juin 2014

Pour ne pas être débarqués...

Libérons-nous de cette inepte marinade,
Engageons nos forces pour contrer la panade,
 
Pointe du Hoc
Juchons-nous au sommet de ces blanches falaises,
Osons buter ce nationalisme social,
Unissons nos envies et grillons nos malaises,
Ravivons la flamme d’un pays si spécial.
 
Cimetière américain de Colleville-sur-Mer.
Les tout premiers soldats débarqués sur nos plages
Engagèrent leurs tripes, confrontés au carnage,
 
Mémorial d'Omaha Beach
Pilonnés sans répit, mitraillés jusqu’au sang.
Les bouts de corps volant en gerbes écœurantes
Usent les nerfs et enterrent l’espoir naissant,
Sisyphes casqués, ce six Juin : aube éprouvante !
 
Cimetière américain de Colleville-sur-Mer.
Loin de tous ces braves venus du monde entier,
On laisse croître aujourd’hui des fronts repliés
N’ayant pour obsession que la fin de l’Union
Garante ultime d’une Europe en communion.
A l'entrée du Cimetière américain.

(Photos 2013 - Loïc Decrauze)

06 avril 2014

Désunis dans l’adversité

Incapacité des peuples et des dirigeants à faire de l’Union européenne l’instrument d’une réelle puissance qui s’impose d’un seul tenant à l’extérieur. L’assemblage disparate dépense la majeure partie de son énergie à tenter de résoudre les tergiversations internes. Au modèle d’un volontariat constructif a succédé la persistance d’une stagnation entretenue. Ce sur-place exacerbe les défauts institutionnels et de plus en plus est dénoncé le technocratisme illégitime de la Commission.
Genèse de l'Union européenne.

En quoi les commissaires européens seraient moins légitimes à leur poste que les ministres nationaux ? Les premiers sont choisis et non élus, certes, mais tout comme les seconds, et l’adoubement par le Parlement européen – instance qu’on ne peut faire plus représentative de l’opinion des peuples de l’Union – vaut bien le vote de confiance à un gouvernement national.

Répartition des pouvoirs dans l'UE.
Dernièrement, paradoxale confirmation de la place considérée comme secondaire, voire accessoire, de certaines fonctions européennes : un ministre français en échec, critiqué de toutes parts, non retenu pour l’équipe de combat de Valls, va prétendre au poste de… commissaire européen ! Calamiteuse image de cette institution qui devrait, au contraire, réunir des personnalités en réussite et dont le mordant donne envie. Prendre cette instance exécutive comme le mouroir politique de responsables déchus ne peut qu’entretenir la défiance.
Commission européenne.

Inconséquence des ténors politiques qui se prétendent pro-européens (il est vrai qu’on en compte de moins en moins, surtout à l’approche des élections) mais ne veulent surtout pas faire don de leur temps et de leur talent à la cause européenne en détechnocratisant des instances victimes d’un manque de personnel attractif et reconnu médiatiquement.

Conseil européen
Résultat : le système se sclérose faute d’être animé par des personnalités d’envergure. Le contenant n’a jamais fait la saveur d’un plat. L’insipidité d’une Union dénoncée comme castratrice tient au désengagement des sociétés nationales censées la constituer : désaffection des mastodontes politiques – le Conseil européen délivre de moins en moins d’impulsions pour une construction exaltante et se ratatine aux conciliabules gérant les désaccords – indifférence médiatique et désintérêt des peuples.
Politiques de l'U.E.

Faudra-t-il une déflagration économique bien plus dévastatrice pour qu’un choix clair s’impose ? Cette U.E., à force d’être bouc émissarisée, non plus seulement par les anti-européens, mais aussi par une classe politique nationale à bout de souffle, devient un verni écaillé peinant à couvrir une désunion dans l’adversité, l’anti-devise malheureusement en cours. L’Union post 2005 a perdu cette âme fragile qui en faisait une espérance politique pour nous grandir.

Si la consultation de juin prochain dégage une majorité de députés eurosceptiques qui, par exemple, n’approuvent pas la Commission choisie par les chefs d’Etat et de gouvernement en déphasage avec l’idéologie dominante du nouveau Parlement (anti-) européen, nous pourrions assister à une implosion institutionnelle. Ajoutons à ce blocage la décision d’un des gros Etats fondateurs de quitter le navire en perdition et c’en serait fini du projet initié soixante-quatre ans plus tôt… Dans le chaos généré émergeraient des accords multilatéraux consacrant de fait la scission en deux modèles européens devant affronter des épreuves bien plus aiguës.
Construction à "petits pas".

La nouvelle équipe hexagonale donne la part belle aux défenseurs du Non au « traité établissant une constitution pour l’Europe ». Les deux premières têtes étaient, dans leur intime conviction, contre ce projet : l’un, Fabius, l’a assumée jusqu’au bout alors que l’autre, notre nouveau Premier ministre censé sortir l’action gouvernementale de l’ornière, a rallié la position officielle de son parti – par discipline ou opportunisme, on ne le saura jamais. Je n’oublie évidemment pas le tempétueux Montebourg désormais détenteur de l’économie nationale.
Chronologie de la construction européenne.


L’harmonisation des discours lors de la campagne des européennes devrait obliger certains à des contorsions intellectuelles douloureuses. En attendant, observons ce que ces « nonistes » au pouvoir sont capables de réaliser en restant en phase avec leur souhait d’une autre Europe et souhaitons que ce soit autre chose qu’un « vent mauvais »…

28 avril 2013

Jean-foutre Mélenchon, maquignon politique


Il s’y voit déjà à Matignon, ou du moins le fait croire à la galerie médiatique qui balance entre exécration et fascination. Il est vrai que le Mélenchon version Marchais libéré et « Grilloté » sur les bords n’a plus grand rapport avec l’obscur sénateur lige à la gueule torve des années Mitterrand. Bon, la tronche n’a toujours rien de l’Adonis, mais ses yeux de poisson en bocal cultivent un regard conquérant.

"Grilloté sur les bords"
S’il se contentait du ministère de l’Eloquence indignée, on pourrait presque l’institutionnaliser comme poil à gratter de la République, mais le salaud en veut plus : déloger l’Ayrault pour déployer son pouvoir terrorisant. Matignon prendrait alors des airs de Comité de Perdition publique pour casser un pays qui finirait de se vider de ses forces déjà plus très vives. On le sent nostalgique des purges révolutionnaires avec guillotine chauffée au rouge sang !

La clé de sa politique fait frémir par son simplisme irréaliste : le chantage étatique. L’Allemagne tu la fermes car je suis la France atomique tout de même ! Les prêteurs, vous alignez les biftons, mais vous pouvez vous asseoir sur tout remboursement, on ne discute pas ! Monnet et Schuman défendaient une construction européenne selon la méthode des « petits pas », Mélenchon va lui substituer celle des pieds au cul pour tous ceux qui ne s’alignent pas sur son cap fumeux.

Comment le croire un instant crédible sur la scène de l’Union, et a fortiori dans les instances internationales, alors qu’il n’a pas eu la moindre emprise sur son « capitaine de pédalo » après le premier tour des élections présidentielles ? Le Jean-foutre pédale dans la semoule et compte sur les Français pour boire son bouillon indigeste jusqu’à la lie.

07 août 2012

Tout est normal, Monsieur le Président !


Imaginons son été 2013 ou 2014, en musique :

Allô, allô, Ayrault !
Quelles nouvelles ?
A Brégançon pour quelques jours,
D’l’I-phone sans tweet
Je vous appelle :
Que trouverai-je à mon retour ?

Tout est normal, Monsieur le Président,
Tout est normal, tout est normal
Pourtant je dois, je dois dire qu’je pressens
Une babiole, un truc banal,
Qui ne peut pas être très gênant :
La fin précoce de vot’ chang’ment,
Mais, à part ça, Monsieur le Président,
Tout est normal, tout est normal.

Allô, allô, Ayrault !
Quelles nouvelles ?
Mon changement déjà banni !
Éclairez-moi,
Premier fidèle,
Sur ce qui a stoppé ceci.

Y’a rien de grave, Monsieur le Président,
Y’a rien de grave, tout est normal.
Pourtant je dois, je dois dire que je sens
Comm’ un p’tit couac qui n’fait pas mal.
Il s’est fini
Par la faillite
De l’ensemble des compt’s publics,
Mais, à part ça, Monsieur le Président,
Tout est normal, tout est normal.

Allô, allô, Ayrault !
Quelles nouvelles ?
Nos finances n’ont pas résisté ?
Détaillez-moi,
Premier en zèle,
Ce qui a pu le provoquer.

Y’a rien de grave, Monsieur le Président,
Y’a rien de grave, tout est normal.
Pourtant j’avoue, j’avoue que l’embêtant,
C’est une vétille qu’on me signale :
Si Bercy a perdu sa manne
C’est qu’le pays est bien en panne,
Mais, à part ça, Monsieur le Président.
Tout est normal, tout est normal.

Allô, allô, Ayrault !
Quelles nouvelles ?
Notre pays en léthargie !
Révélez-moi,
Sans ritournelle,
Ce qui empêche not’ stratégie.

Eh bien ! Voilà, Monsieur le Président,
A forc’ de dépenses cumulées
Pour étouffer les cris les plus stridents,
Sans éponger les dettes passées,
Nous avons vidé l’escarcelle
Avant notre mis’ sous tutelle,
Jetant toute l’Union à l’eau
Et sa construction dans les flots,
Ce qui coula l’économie,
Paralysant tout le pays :
Nous avons dû logiquement
Renoncer à votre chang’ment !
Mais, à part ça, Monsieur le Président,
Tout est normal, tout est normal.