06 mai 2020

"Vierus" à étouffer

Rage de vivre sans vaccin révulse l'instinct de précaution.
Se cloîtrer jusqu'aux intouchables silences murailles.
Grimage d'un semblant de sourire sur masque à dix-neuf pieds de distance.
A la régalade hydro-alcoolique après un siècle frénétique.
Élastiques surtendus par nos déplacements inutiles.
Postillons panurgiens en gerbes infectes.
Crachats bruyants des deux-roues motorisées à rouer jusqu'à leur reposante immobilité.
Berceuse monomaniaque avec ses empilements quotidiens : malades au souffle perdu, cadavres enterrés sans proches, comme pour éviter l'ultime contamination avant la terne éternité.
Ankylosé par tant d'inertielles contradictions.
Asphyxié dans ce corsetage inesthétique.
Nettoyé de tout risque, je peux expirer sans crainte.
Ainsi soigné de cette "vierus" agonique...


22 mars 2020

Confinement ou cons vilement ?


Chaque période critique est le révélateur de ce que vaut l'individu, de la part réelle de son humanité.

Le vingtième siècle infligea à la France quatre années d'occupation via un fléau idéologique : la majorité vivait passivement cette période, préoccupée par les impératifs du quotidien ; une minorité agissante choisissait de se transcender par l'engagement résistant, une autre s'avilissait en collaboration avec l'ennemi, d'autant plus aisément qu'elle avait la force publique nationale de son côté.

Ce vingt-et-unième, comme un coup de semonce contre ce qui nous semblait acquis voire dû, dégorge le Covid-19 et les sociétés doivent modifier radicalement leur manière de fonctionner. Vigie combattante, les soignants méritent notre gratitude : nous devons leur éviter l'engorgement des services de soins et l'effroyable désignation de ceux que l'on va laisser mourir. Nous avons, collectivement, la capacité d'aider cette ligne de front par notre confinement.


Invisiblement, le virus se répand et une part minable des habitants collabore à sa propagation : inconscients ou malfaisants, peu importe, ces cons aux comportements inconséquents s'estiment dispensés de suivre les règles rabâchées. Ils ont la chance de le faire dans un pays où les libertés publiques comptent encore et où la répression se plie à la proportionnalité. Un système vraiment coercitif, pouvant repérer et identifier ces petites ordures à l'air libre, les priverait de tout soin en plus de lourdes sanctions pénales...


Par grappes infectes, ils s'affranchissent de ce devoir vital, seul moyen pour que ne disjoncte pas le service de santé : saleté de barbecue entre voisins, déplorable promenade entre gigotants, exécrable promiscuité dans les rues...


Cibler et stigmatiser les aberrations comportementales : se jeter sur certaines denrées dans les commerces, voler de la solution hydro-alcoolique dans les hôpitaux, croire qu'en rejoignant sa maison de campagne s'ouvrent de conviviales grandes vacances... Liste béante à combattre.

Le médecin urgentiste Jean-Jacques Razafindranazy est décédé du coronavirus : premier soignant français victime de ce fléau attrapé dans l'exercice de ses fonctions. Que cela fasse réfléchir les réfractaires au confinement !