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21 octobre 2018

Bassine pesteuse mélenchée à la scarlatine

A entendre Mélenchier sa haine à la face de l’impassible gardien de la paix me sont remontés les grognements du pater Le Pen : en 1992, le leader-fondateur du Front national éructait un menaçant « Je m’en souviendrai… » à l’un des représentants de l’ordre chargés – face à des nationalistes corses déchainés – de l’empêcher de tenir son meeting à Ajaccio.
Le Pen en 1992 - Mélenchon en 2018 : le rictus des extrêmes
A voir les députés du Rassemblement national applaudir le Rance soumis à ses primaires pulsions, je songeais à une pâle singerie des jeux dangereux de l’actuelle politique italienne. La rencontre récente de la Bassine Le Pen avec le plein-de-soupe-nationaliste Salvini aurait-elle fait naître quelque fantasme d’acoquinement des extrêmes chez l’inconstante animatrice de l’extrême droite ? A quel moment ces deux bouts de l’échiquier politique jaugeront-ils moindres leurs désaccords au regard de leur combat contre le système financiaro-médiatico-politico-institutionnel ?
Rassemblement national applaudissant Mélenchon
L’enragé bave sa République, sacralise son infecte carcasse et s’improvise chef de meute pour mieux galvaniser ses soutiens : le voilà incarnant le Pôple à lui tout seul, l’élu mal embouché de la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône… Sa républicanissime majesté supposerait une impunité sans borne qui entrave le pouvoir judiciaire. Le tribun déchaîné se montre implacable sur les autres, mais tellement accommodant avec ses turpitudes.
Mélenchie tout ce qu’il peut pour déstabiliser les institutions d’une République dont il se prétend le Parangon inflexible. Sa torve roideur simplifie le pouvoir macronien pour mieux sentir croître sa chapelle idéologique. A force d’éreinter sans mesure tout ce qui n’est pas lui, tout ce qui n’envisage pas le système à la lueur rougeoyante de ses emportements, il attise la radicalité révolutionnaire dont on sait, par expérience historique, qu’elle se prolonge de très dangereuse façon. Le magnifique, mais tellement enjolivé, Un peuple et son roi, s’achève avec l’espoir des sans-culottes sitôt le souverain guillotiné, mais sans aller jusqu’aux génocidaires dérives de la Terreur.
Mélénchon, chef de bande
Tout comme la période vichyssoise fut un révélateur du fond de l’âme de chaque citoyen – attentiste, collabo ou résistant – l’irruption de la Justice dans les affaires pas nettes des prétendants au pouvoir exécutif dévoile leur substrat comportemental. Là où les Sarkozy, Fillon et Le Pen se sont exercés à la surenchère verbale – Bayrou, le centriste, a eu, lui, l’attitude exemplaire – Mélenchon passe le cap de la fureur tribunitienne et traduit sa rage par la violence physique. Il prouve ainsi n’être qu’un chef de bande qui s’estime au-dessus des lois et des procédures judiciaires. Cette sale manière d’être suffit à le délégitimer pour la fonction présidentielle, sauf à vouloir que la France s’essaye à la démocrature post-révolutionnaire.
Le pays aurait tout intérêt à laisser l’insurrectionnel Mélenchon à la porte bien fermée du pouvoir, comme à ne jamais goûter l’eau saumâtre de la Bassine. Leur populisme ? Rien d’autre que le facile moyen pour satisfaire leurs ambitions délétères. Mélenchon n’a le culte que de lui-même : la République ne constitue que l’aguicheur paravent pour asseoir ses diktats revanchards. Un Comité de purge publique pointe son arbitraire à chacune de ses tonitruances. Préservons notre France et notre Union européenne de ces tristes sires à la sauce perdante.

02 juillet 2017

De la part d'un petit "rien"

Rika Zaraï - "Sans chemise, sans pantalon"
J’avais la plume affûtée pour moucher les insoumis à la chemise incertaine et la haute volée de leurs débuts parlementaires : savoir si le tee-shirt de François Ruffin devait être assumé par le groupe rebelle du torve Mélenchon. Voilà le premier débat interne des vitupérateurs d’extrême gauche. Je m’apprêtais à ironiser sur ces zigotos du braillement bien plus proches du Sans chemise, sans pantalon de la joyeuse Rika Zaraï que des sans-culottes révolutionnaires. L’ironie s’intensifiait avec le sacré compromis trouvé : venir tous sans cravate, mais avec chemise. Ruffin a raison : un parlementaire sous la bannière mélenchoniste ne mérite pas plus qu’un Smic vu le niveau des préoccupations. Tout juste un surplus de postillons pour les bruyantes vocalises à venir.

Macron et son "Rien"
Et puis, patatras ! Macron déraille avec sa métaphore ferroviaire : première vraie gourde verbale du quinquennat, sans doute à la hauteur des « sans-dents » de Hollande et du « casse-toi pov’ con ! » de Sarkozy. En qualifiant ceux qui ne réussissent pas, selon d’obscurs critères politico-vaseux, de « gens qui ne sont rien », le Jupiter vient de sortir de son orbite. Aurait-il trop visionné la dernière pub de Volkswagen sur le « Rien » ? Est-il pris d’une angoisse sartrienne sur le néant ? A-t-il eu des remontées du gentil navet avec Terence Hill qui lançait son « Je m’appelle Personne » et à qui on pourrait aujourd’hui répondre : « Et moi, je suis Rien ! » ?


Cela va, sans conteste, polluer son discours au Congrès et ses premières réformes, dont celle du Code du travail destinée, selon le prisme nouveau, à tenter de faire devenir quelque chose ceux qui se contenteraient de leur pas-grand-chose existentiel. La formule se décline déjà à toutes les sauces sur les réseaux ultra-réactifs. La condescendance mal placée a toujours exaspéré le peuple à la grogne sensible. Alors, Monsieur le Président, attention aux faux pas dans le Rien qui ne vous fassent embrasser trop vite le Néant politique.

08 janvier 2017

De l’indigeste buisson à l’imbouffable morelle

Sarkozy avait son buisson, plus ou moins caché, conseiller aux sombres calculs qui, auparavant, avait buissonné quelques années pour dénicher la belle bête électorale. Avec l’ardent Sarko, un pur-sang à monter et un affectif à enregistrer dès que possible… Le dissimulateur buisson a pu ainsi réaliser ses basses œuvres, toujours gonflé de ses certitudes, exhibant désormais sa Cause du peuple pour mieux se répandre sur le petit teigneux retraité de la politique.
Hollande a lui sa morelle. Pour rappel, « plante dicotylédone [aussi facile à retenir qu’Aquilino !] (…) dont les nombreuses variétés (…) sont cultivées comme plantes comestibles » (Le Grand Robert, tome IV). Bien plus insignifiante que le buisson sarkozyen, elle a su se rendre inconsommable. En avril 2014, ce conseiller avait osé le parallèle entre la brutalité prétendue de son éviction et… le génocide rwandais ! Nous découvrions alors et le personnage et le sens de sa mesure et le degré de sa pertinence intellectuelle. Très vite, il se confiait sur son désir de vengeance éditoriale, comme si Hollande n’avait pas assez de boulets paginés aux pieds. Le dernier flanqué, celui de Lhomme et Davet, a, sans doute, motivé sa renonciation présidentielle à un âge bien plus vaillant que Benoît XVI (bon, c’est vrai, il avait une élection à surmonter le François pas pape).
Peu importe que cela n'ait plus aucune importance, la morelle veut laisser sa propre charge : la voilà mutée en plante vénéneuse, sécrétant son fiel toxique sur les ondes. Curieusement sous l'influence de Fugain époque Big Bazar, elle s’épanche dans la presse pour vendre son lourd et laid libelle (plus de 400 pages quand même) avec une révélation fracassante : Hollande, faux gentil et vrai méchant ne voulant pas exercer le pouvoir. Un disciple manchot de Machiavel, en somme. L’Aquilino aurait pu continuer en chantant : il fait l’amour le samedi, le gentil ; il fait ça n’importe quand, le méchant ; il publie ses saloperies, le gentil ; il vomit tous les sans-dents, le méchant !
Le spectacle permanent des politiques ne suffisait plus, voilà qu’on nous inflige les mauvaises pièces de conseillers félons. Ils se vautrent en confidences sur celui qu’ils ont fait mine de servir. Ils font fructifier leurs petites crottes éditoriales grâce à ce privilège initial et à la si fameuse « visibilité » médiatique que cela leur confère. Ils conchient ainsi allègrement la réserve qu’exige ce type de fonction, y compris lorsqu’on n’est plus en poste.

Si les gentils buisson-morelle avaient eu en charge de torcher leur chef d’Etat respectif, nous aurions eu très vite tous les détails physiologiques des postérieurs présidentiels, pour commencer... Il faut tirer la leçon du comportement de ces nuisibles bavards et conseiller (gratuitement, ça changera !) au prochain locataire de l’Elysée de sélectionner avec grand soin ceux et celles dont il s’entourera. Il serait dommage qu’une si classieuse tour d’ivoire soit à nouveau salopée par les défécations incongrues de plantes qui ne peuvent plus se retenir une fois sorties de leur pot.

03 octobre 2016

L'avis extrapolitique attendu

Après la publication d’un sondage où plus de soixante pour cent des citoyens interrogés réclament une retraite politique anticipée pour les deux derniers occupants de l’Elysée, je me prends à fantasmer un moment de grâce politique comme les professionnels du pouvoir ne nous en offrent que deux ou trois par siècle…


« Attendu que la situation critique du pays requiert un sursaut de lucide dignité ;
attendu que notre occupation successive des fonctions présidentielles n’a pu permettre de redresser ou de changer favorablement la France ;
attendu que le constat s’impose d’une incapacité à honorer les plus importantes de nos promesses électorales ;
attendu que notre mandat respectif s’est tiraillé entre stratégie politicienne en vue de l’échéance électorale suivante et gestion improvisée dans des contradictions néfastes pour le pays ;
attendu que de bling-bling en couac, de couac en tweet-tweet, nous n’avons pas su préserver la sacralité de la fonction ;
attendu que la place hypertrophiée accordée à la communication au détriment de l’engagement véritable n’a fait que décrédibiliser davantage l’exercice du pouvoir rendu gesticulatoire ;
attendu que la vitalité démocratique commande de ne pas s’acharner dans une dynamique purement opportuniste ;
attendu que nous devons tendre à l’exemplarité en reconnaissant nos erreurs et en affrontant de pesantes accusations ;
attendu que nos candidatures font courir le grave risque, par l’absentéisme accru d’électeurs écœurés, de la consolidation des extrêmes ;
attendu que sans notre présence les débats de la prochaine campagne s’en trouveront renouvelés et que le sens frais aura ainsi une chance d’émerger ;
attendu qu’un nouveau souffle de l’Union européenne ne peut se concevoir avec une France présidée par un déjà-vu ;
attendu que l’hypothèse d’un monde agité par le stratège Poutine et Trump l'imprévisible impose la régénération d’une forte voix française ;
attendu que notre vénération affichée, feinte ou réelle, pour l’intégrité gaullienne de l’occupation de la présidence de la République française exige qu’une fois, dans notre déjà long parcours politique, nous nous hissions à la hauteur de notre référence ;
attendu qu’est venu le temps d’une éthique de l’exercice du pouvoir tout entier dédié à l’intérêt général et non à la satisfaction de visées personnelles inavouables ;

Par ces motifs, nous, François Hollande et Nicolas Sarkozy, sains de corps et d’esprit, avons l’honneur de ne pas solliciter vos suffrages afin de ne pas obérer les chances pour notre pays chéri et pour l’Union espérée de viser au mieux un cap salvateur. »



Auraient-ils assez d’épaisseur humaine, de sens du sacrifice d’une carrière déjà suffisamment comblée, de perception assez aiguë de l’exaspération furieuse du pays pour oser ensemble ce choix, laissant ainsi, pour un court instant, la sphère médiatique sans voix et, pour un moment à prolonger, la France avec une perspective plus enthousiasmante ? Evidemment non… Si la vie extraterrestre apparaît de plus en plus probable, l’avis extrapolitique ci-dessus ne peut prétendre qu’au néant.

23 mars 2015

Ferment fragmenté

Sur la berge, comme une désagrégation, sans rien à accrocher. Rester loin des archaïsmes religieux qui empuantissent cette société démantibulée. Un semblant de pouvoir national, un gâchis européen, un peuple qui pourrait s’en remettre au pire, à ce qui entretiendrait une pré-guerre civile. (11 février)

Réduire à l’extrême l’illusoire relation sociale, ballet des vanités, disharmonie criarde. (11 février)

L’infection islamiste gagne du terrain en Afrique, catalysant quelques milliers d’âmes perdues pour l’absurde et criminel sacrifice. Encore aujourd’hui une mère témoigne sur la transformation progressive de son fils inoffensif en kamikaze illuminé pour Daech. Désespoir et désarroi profonds de cette maman qui n’a rien pu faire pour contrer cet endoctrinement mortifère. Nos cieux désidéologisés incitent d’autant plus ceux qui aspirent à l’engagement fanatisé à choisir l’islamisme radical. (20 février)

Dangereuse position d’un artiste de la jeune génération qui estime que notre droit d’expression est une liberté « qui n’est pas non négociable ». Pour être plus limpide : il défend une censure relative pour cause de contexte tendu. L’esprit de Montoire rampe à nouveau : il faudrait pactiser avec les salauds de barbares… Cette capitulation des consciences, si elle devait se généraliser, traduirait la victoire des terroristes islamistes. Un mois après avoir été passionnément Charlie, certains réclament l’eau tiède. Pitoyable (1er mars)

Les Merah, Coulibaly, Kouachi, comme autant d’ordures neutralisées, dont il faudrait montrer les charognes et non les bouilles réjouies de l’époque où ils trompaient leur univers. Qu’a-t-on à foutre de revoir les images de Merah souriant d’une frime si banalement primaire au volant de sa caisse à chaque fois qu’on l’évoque ? (1er mars)

Minable détournement financier des attachés parlementaires payés par l’Union européenne et que le Front national utiliserait pour ses propres besoins. La mauvaise foi enfarinée du sbire Philippot revendique que ce personnel œuvre contre l’U.E. Comme un avant-goût de ce qui deviendrait un mode de fonctionnement à la tête de l’Etat si la Bassine sans peine et son troupeau mariné accédaient au pouvoir. Un aplomb éhonté même lorsqu’on leur trempe la truffe dans leurs besoins lâchés au mauvais endroit. (11 mars)

Hommage à la charismatique Florence Arthaud qui avait tant de fois tutoyé la mort sur les eaux et que les airs via un hélicoptère ont fait sombrer. (11 mars)

Le Sarkozy comme une irritante mécanique pavlovienne, le Valls aux raideurs approximatives dans la verbalisation et dont les envolées ressemblent à de l’excavation improvisée, le Hollande dans la béatitude affichée, sans souffle mobilisateur mais adepte de la synthèse optimiste, et la Marine pour parachever la cour des fléaux : du néant programmatique aux coups de menton qui se voudraient détermination crédible, la Bassine aux angles extrêmes se rêve irrésistible dans l’arène du pouvoir. Aucun souffle fondateur, aucun sens de l’histoire, aucune projection véritable… du carriérisme aux semelles usées.

Entre des nations dépassées et une Europe insatisfaisante, nos modèles d’organisation collective s’épuisent dans un système démocratique en panne, avec de moins en moins d’écho chez les citoyens. (17 mars)

25 août 2014

L’îlot d’enfantillages

Il y eut Casimir Périer, parangon du tranchant politique… Voici venu le temps de Casimir Hollande, spécialisé dans l’engagement émoussé. Sa troisième rentrée présidentielle ne pourra leurrer davantage : ses pactes au gloubi-boulga pourrissent avant même d’avoir été réellement goûtés. Ses flopées d’intentions rappellent les égarements immobiliers de certains pays qui laissaient tomber en ruines les fondations sans que jamais les bâtisses ne vissent le jour.
Casimir Hollande a le teint avenant, les courbes conviviales, le ton léger à souhait, mais son allergie au conflit l’empêche d’imposer le traitement nécessaire. Résultat : la guimauve prolifère là où le remède requerrait quelque acidité dans le lard hexagonal.
Bonne nature, Casimir tournicote dans ce manège désenchanteur précipitant les îlots encore émergés vers une mélasse pétrifiante. Valls n’y changera rien : le froncement de ses sourcils n’est dû qu’au fait de se positionner systématiquement face au soleil pour répondre aux interrogations : ne prenons pas pour une détermination ce qui n’est qu’une incommodité circonstancielle.
Est-ce pour autant la faute du bonhomme Casimir ? Le Goldorak en carton-pâte qui l’avait précédé connut-il davantage de réussite ? La réponse électorale fut cinglante.
L’échelle actuelle du pouvoir politique n’est en fait pas la bonne. Tant que le saut vers un Etat européen ne sera pas effectué, nous n’aurons que peu de prise sur les courants économiques mondiaux et les mesures adoptées seront aussi efficaces que les moulinets d’un nageur débutant perdu dans une baïne. Les Etats-Unis d’Europe, voilà un vœu toujours aussi utopique qu’à l’époque de Victor Hugo : il suffit d’assister aux résistances d’un autre âge que provoque la très nationale réforme territoriale.

Freinés par notre mille-feuille administratif, engoncés dans les limites d’une France à bout de souffle, nous entretenons toutes les conditions pour une asphyxie terminale. Pom pom pom pom pom pom… bonne nuit le pays !

Article également publié sur AgoraVox.

03 juillet 2014

Mise en garde à... vif !

La Vème a le cuir institutionnel tanné : avoir un père politique qui fut un temps condamné à mort par contumace, ça vous immunise contre toute éclaboussure judiciaire. La petite nuance se niche dans les circonstances : le 2 août 1940, le salvateur Général subissait la décision infâme du tribunal militaire permanent de la 13ème région, larvaire bras armé d’un maréchal empalé sur le braquemart d’Adolf. Digression initiale : recadrons.
L’ancien chef de l’Etat prend cette garde à vue comme la pique vexatoire d’une magistrate en chasse. La saison des battues au Président recalé s’amorce sur les chapeaux de roues humiliantes… Cet affrontement politico-judiciaire rend illico ringard le huis clos entre Serrault le notaire et Lino le flic. L’exaspération du notable de province ne tient pas une seconde à côté de la grogne cataclysmique de Sarkozy. L’ex président a dû ingérer l’accusation de la juge d’instruction syndicalement à vif. En même temps, la qualification de l’infraction présumée ne dépareille pas avec le surengagement frénétique du mis en examen : comment imaginer qu’il ne puisse être l’auteur que d’une corruption PASSIVE ! Ce serait une insulte à son activisme débridé…
La gêne tient surtout au procédé judiciaire ayant permis ces soupçons. Pour être vu gardé il a fallu d’abord l’écouter sur une période si longue qu’elle l’assimile aux pires des délinquants, ceux constituant un danger majeur pour l’ordre public ce qui permet la mobilisation de tels moyens. Encore plus grave pour les libertés individuelles : le recours à l’écoute dérivante, pour paraphraser l’excellente métaphore de Claude Weill. Mise en place pour l’enquête d’un éventuel financement libyen de la campagne 2007, aucune confidence n’en sortira, mais l’oreille judiciaire surprendra quelques échanges compromettants pour une autre affaire instruite en parallèle… L’écoute opportuniste se justifie-t-elle dans la sphère délictuelle ?
Le non-lieu dans l’affaire Bettencourt devrait inciter à la plus grande prudence. La crédibilité de la machinerie judiciaire se verrait affectée par un nouvel aveu de charges insuffisantes. Ne doutons pas que la garde rapprochée de Sarkozy déchiquèterait alors les restes d'une juge si faiblement instruite.
Le fauve politique trouve ici un champ de bataille à l’aune de son tempérament  hors norme : en l’espèce non pour assouvir son appétit du pouvoir, mais simplement pour sauver sa peau politique.
Ce coup de semonce judiciaire aura eu le mérite de faire oublier un instant la ferveur footballistique mondialisée… Les équipes en lice tiendraient ainsi l’état psychique de leur pays entre leurs pieds ? Paroxysme dérisoire de cette ère du jeu, de la détente à tout prix, de la convivialité surjouée. Les mêmes qui vont hurler à l’unisson pour que la France triomphe de l’Allemagne et venge le match torpillé par le gardien Schumacher et un arbitrage au fond de culotte douteux, les mêmes se seraient mis tout ce qu’ils pouvaient sur la tronche si l’affiche avait présenté : France-Algérie. Oui, je sais ! je frôle le sportivement incorrect : la façon dont certains occiputs rasés ont fêté la victoire des Fennecs relevait davantage de  la provocation à l’adresse des nationaux que de la sincère jubilation. Mais là… carton rouge ! Ne surtout rien dire, minimiser voire nier dans le pur respect du bréviaire gestionnaire de l’autruche.

M’en fous ! Mon confort, au contraire d’un Sarkozy, c’est de n’être ni écouté, ni lu…

25 avril 2012

Le 1er Mai sera son dernier


Un présentateur météo a récemment résumé le climat politique du temps présent : « le front menace » d’où, sans doute, ce printemps électoral pourri.

L’entre-deux-tours de passe-passe illusionne comme une folle entre-deux-guerres : de l’agitation, du faux débat, des invectives qui nourrissent la confrontation et laissent de côté les explosions économico-sociales à venir. Une parenthèse presque ludique avant les attaques sans concession, l’économie et ses impératifs, l’Europe plus incertaine que jamais et les calamités éludées.

Ces jours occultent la réalité lourde et complexe des problèmes à résoudre. L’électorat vient de placer en cinquième position le seul candidat qui rappelait depuis 2007 l’obligation cruciale de désendetter les finances publiques. Prime aux candidats-autruches qui se concentrent sur la stratégie politicienne, sur des polémiques dérisoires et sur les reports de voix à obtenir, laissant dans le brouillard la qualité intrinsèque d’un projet quinquennal et d’un dessein crédible. La France, ballotée d’un bouc émissaire l’autre, vogue bien loin des nécessités fondamentales.

Après l’inutile série du premier acte (halal, permis à points, etc.), le vote des étrangers et la qualité des travailleurs défilant le 1er Mai concentrent l’énergie de la parole des deux finalistes. Tout ça pour transformer la fête du travail en terrain de concurrence des chapelles politico-syndicales. Minable.

Un peu comme la paternité de cette date que les uns revendiquent comme ayant sa source dans l’Internationale communiste et que les autres rattachent sans l’avouer à la France de Vichy (une Saint-Philippe pour fêter et le travail et Pétain). Raté ! Il faut aller chez les Yankees, en 1886, pour dénicher les racines du combat pour un monde du travail amélioré. Avec la fusillade de Haymarket à Chicago contre ceux qui revendiquaient les huit heures (de travail, de sommeil et de loisir), les premiers martyrs ouvriers sont américains. La IIème Internationale sise à Paris pour le centenaire de la Révolution française ne fera que s’approprier une rébellion née aux États-Unis. Les neuf morts à Fourmies, le 1er Mai 1890, ne seront qu’un écho aux pendaisons des rebelles outre-atlantique.

En attendant le 21 Juin, la saison reste fraîche et les cieux couverts par des fronts persistants.

09 avril 2012

Oui, prenez la France maintenant !


Au milieu du Village des Dix Champignons s’élève un mont boisé formé, il y a bien longtemps, par la terre évacuée pour édifier le palais voisin. Depuis, les enfants du moment construisent autour leur cabane et jouent régulièrement à un dérivé du Chat : parvenir au sommet de ce qu’ils ont surnommé le Fort Alamo, sans se faire toucher par un autre, et y rester cinq secondes, en sachant que le toucheur et le touché doivent retourner au point de départ. Le parcours est long, aléatoire, semé d’embûches et truffé de caches, mais s’y essayer demeure irrésistible pour les bambins en devenir.

Comme pour tout jeu collectif, on repère très vite les figurants : ceux qui n’ont aucune chance d’atteindre par leurs propres moyens le sommet, même si certains font beaucoup de bruit pour donner le change. Carence première : le manque de souffle et l’incapacité de s’adapter au terrain accidenté. Parmi la bande des concurrents de l’année, on peut ainsi faire un premier tri.

Jacques, pour commencer, qui n’a plus rien du gamin véloce, s’il l’a jamais été, mais qui persiste à prendre part à l’aventure sans pouvoir débuter l’ascension. A l’observer, on hésite entre l’admiration pour une si vaine détermination, la moquerie de ses inutiles gesticulations et le mépris pour ce chenu marmot qui occupe la place d’un autre aux performances peut-être moins calamiteuses.

Philippe a lui l’excuse du débutant. Il découvre le gigantesque terrain pentu et ne transporte sans doute pas le bagage adéquat pour l’efficacité de l’engagement. Il a pourtant été préparé par son camarade Olivier, brillant concurrent de la partie précédente, mais rien n’y fait. Le mioche stagne au bas de la colline.

Et que dire de sa cousine Nathalie, elle aussi nouvelle venue, qui reprend tous les tics de sa vieille sœur Arlette, l’insubmersible n’ayant jamais atteint six pour cent de l’itinéraire choisi. Avec le temps, elle était parvenue à se rendre incontournable et attachante alors qu’elle n’avait qu’une obsession, si elle avait pu s’affranchir des règles du jeu : écharper ses concurrents et embrocher leur tête au bout d’une branche. Nathalie la hargneuse semble bien partie pour la même disposition d’esprit, mais saura-t-elle susciter la même affection condescendante des autres mômes ? Affection simulée bien sûr : dans ce genre de course toute sincérité est une faille que l’adversaire exploite pour mieux vous éliminer.

L’un des deux Nicolas n’a d’ailleurs pas bien assimilé ce principe premier. Il se veut le coureur au grand cœur souverainiste. Il chemine ainsi dans une autre sphère, oubliant la présence de ceux qui le poussent dans un trou. Pauvre Nicolas qui voudrait du loyal, du franc, là où ne règnent que stratégies, postures et coups bas. Qu’il s’échine à cultiver son importance somme toute particulaire. Il laisse ainsi le champ, et en l’espèce le mont libre aux autres.

C’est comme la fragile Éva qui vient de se prendre un monumental gadin à force d’embrasser chaque arbre qu’elle rencontre sans regarder où elle met les pieds. On lui a pourtant répété que Mère Nature n’a rien de la maman aux feuilles douces, mais qu’elle montre souvent un profil de marâtre aux épines blessantes et aux cavités casse-gueule. Rien n’y fait, elle s’éprend des végétaux et des minéraux qui peuplent le pourtour d’Alamo, oubliant son objectif : faire honneur à ceux qui ont cru en elle au détriment d’un autre Nicolas qui aurait eu bien plus de ressort pour une telle course. Éva l’évanescente risque de finir avec un score transparent.

Un qui a tout compris, c’est le teigneux Jean-Luc. Il pratique la volée de bois vert et le chemin de traverse avec une dextérité insoupçonnable jusqu’alors. Tout petit déjà, lorsqu’on lui demandait ce qu’il voulait devenir quand les poils auraient poussé, il déconcertait : « je veux être le premier sénateur révolutionnaire ! » Rien que ça ! L’irréalisme ne l’effraie pas, l’oxymore politique ne le rebute pas, du moment qu’il peut écraser quelques gros morceaux de glaise sur la tronche de ses ennemis désignés, et d’abord sur celle qui l’horripile, l’antimatière d’Éva, la solide Marine aux panards redoutables.

Elle y croit à son destin de gagnante, avec dans un coin de la tête l’exploit de son paternel qui avait remporté la première manche contre le favori d’alors, feu Lionel. Une partie épique restée dans toutes les mémoires du village qui a tremblé sur ses bases champignonnesques. La Marine s’acharne à reprendre le flambeau, même si ses amarres semblent partir un peu à vau-l’eau. Garçon manqué au Front très bas, malgré sa tignasse blonde, elle fustige à tout va pour ne pas finir candidate ratée. Voguer de la sorte en milieu terrestre pourrait la conduire à s’échouer dans une bassine abandonnée. Si elle maintenait l’érection électorale de son géniteur, la coalition des marmots perdants n’aurait de cesse de soutenir son concurrent et de lui faire goûter le premier récif venu. Pour que la Marine à voile, puis à vapeur, finisse à la rame avant la tasse finale.

Dans la famille des François, je demande celui à frisettes et à l’accent du terroir pyrénéen. Lui aussi se persuade de finir dans le duo de tête. Il sera bientôt le seul à y croire, mais ça n’a aucune importance lorsqu’on est convaincu de son destin au sommet. Qu’il se fasse doubler pas sa droite et par sa gauche ne l’inquiète même pas. Marine & Jean-Luc ? Des épiphénomènes, de la micro perturbation à négliger. Le François ne fonce pas, il prend bien soin de combler les trous qu’il croise pour assurer l’assise du trajet. Il veut un conte bien tenu pour une tortue victorieuse. Laissons-le rêver, alors que le François à lunettes bataille avec le Nicolas à talonnettes.

Les deux féroces font la course en tête, mais aucun ne touchera l’autre directement : ne surtout pas abandonner cette altitude pour reprendre le parcours à zéro. Cela n’empêche pas les coups et les vacheries pour faire choir l’autre. François connaît ses tares et sait de quelle gangue ankylosée il vient. Les critiques d’hier s’affichent comme ses soutiens du jour, mais il n’est pas dupe. Seule la victoire lui garantira l’ascendant sur ses troupes. Ses casseroles à lui tiennent à un passé de rondouillard bouffeur de fraises des bois et affublé d’une autorité de « capitaine de pédalo ». Un Chamallow rigolard, sympathique, mais sans aucune envergure pour se colleter aux faces accidentées du Fort Alamo. Suite à une révélation, il s’est transmué en athlète impitoyable, singeant parfois un peu trop son mentor, celui qui a tenu le drapeau quatorze années durant, toute une enfance en somme, le mythique Fanfan la Rose, modèle absolu d’engagement pour Sa cause. Alors il faut qu’il tienne le François, face aux assauts de l’autre, celui qui a remis son titre en jeu.

On ne le dirait pas en le voyant de loin, mais c’est bien le petit Nicolas qui les a tous doublés lors de la dernière finale. Mais ça, c’est bien du passé, et l’ambiance diffère radicalement aujourd’hui. Les boulets qu’il trimballe ne peuvent passer inaperçus. Personne ne lui a pardonné sa parade triomphante. Il a voulu grandir trop vite, oubliant que sa période de croissance était bel et bien terminée. Il doit composer avec ses restes, ce que ses soutiens désignent comme une solide expérience pour tenir le Fort, là où ses détracteurs ne perçoivent que des méfaits grossiers pour une vulgaire occupation.

La course se poursuit mais les précipitations amollissent le terrain et font du Fort un bourbier sans nom. La conquête du sommet pour se retrouver à la tête d’une terre sans fonds… Quand vont-ils enfin grandir et comprendre ?


03 mars 2012

Le marais présidentiel s’affiche

Ça débute par une mer d’huile, tellement improbable ou glissante qu’on finira par se casser la binette. Le regard détaché, profond, abyssal comme un déficit public, se porte vers la ligne bleue Marine des Vosges. « La France forte », pense-t-il, forte de ses illusions et d’un antisarkozysme galopant, oui. Ces présidentielles seraient-elles tentées par la castagne bête et méchante ? Sarkozy « bayonné » par les peu folkloriques indépendantistes basques et une pincée de socialistes vient d'en faire les frais. La recette d’un « bayonnement » efficace : huées, insultes, œufs et chaises à la volée. De la démocratie gastronomique à l’arrière-cuisine de boui-boui.

Pour maintenir la ligne de flottaison, gardons-nous de  la Bassine aux eaux troubles. Sirène aux mélodies terre-à-terre, elle nous ferait goûter à tous les récifs pour une plongée fatale. Son « Oui ! la France » a tout de la simulation orgasmique avant l’ingestion de ses proies, telle une vorace mante religieuse.

Avec Hollande, l’autre politique du dommage à venir, le paysage est bien plus flou. Il nous annonce simplement que « Le changement c’est maintenant » et, par vague contrepèterie, nous pouvons déceler que les manquements se feront par chuintements, sans bruit, discrètement, avec modestie… Quoique : il semble ne plus mâchonner son socialisme avec honte, il se mélenchonnise même, avec une taxation confiscatoire pour les plus fortunés. Georges Marchais n’avait pas fait mieux lorsqu’il s’en prenait aux « cumulards », les Elkabbach, Duhamel et autres nantis du système, qu’il soupçonnait être passibles de la peine communiste pur jus : « Au-dessus de quatre millions, 100 % d’impôts, je prends tout ! » jubilait l’apparatchik en herbe qu’il restera.

François Bayrou a eu le pif de reconnaître un morceau hollandais du « déconnomètre », mais son slogan a tout de la méthode Coué ou du vœu pieux. « Un pays uni » : il va falloir une puissance catalytique hors norme, quasi mythologique, pour y parvenir. La conséquence naturelle : « rien ne lui résiste », formule libératoire qui fait abstraction de l’environnement mondialisé et concurrentiel. Irrésistible Bayrou ? Il y met du cœur en tout cas, comme en 2007, mais cela suffira-t-il à le propulser au second tour ?
Avec Mélenchon, pas d’union qui tienne, c’est d’abord aux brimés, aux furieux, aux révoltés de tout poil hirsute qu’il s’adresse. Le regard vers la droite, comme les deux candidats du bord opposé, il harangue et ordonne : « Prenez le pouvoir ». Clarté fracassante de l’objectif, silence révélateur sur les moyens. Un appel à la Révolution ou au coup d’État ne ferait pas mieux.

Pour le clin d’œil, les filiations sont parfois étonnantes : on trouve dans l’affiche du Front de gauche pas seulement du NPA et son talentueux Besancenot, mais aussi du NDA, comprenez Nicolas Dupont-Aignan ! N’est-ce pas lui qui, en 2007, sommait : « Français, reprenez le Pouvoir ! ». Comme un air radoté : je prends, je reprends et je me fais prendre… Tragédie du citoyen ordinaire.

A côté de celle de l'ex socialiste, l’affiche de Nathalie Arthaud fait bien pâle impression, malgré le rouge envahissant. Le degré zéro du slogan politique est atteint : « Une candidate communiste à l’élection présidentielle », rien que ça ! Sa stratégie électorale se limite à tenter de choper quelques électeurs à l’OVNI Mélenchon, alors elle rappelle sa chapelle idéologique pour ceux qui n’auraient pas associé sa bouille et la couleur choisie au bon parti. Comble de la précision, elle indique pour quelle élection elle se présente : il ne faudrait surtout pas que ses rares soutiens attendent les législatives, voire les municipales, pour lui apporter leur voix. Là, au moins, on ne va pas s’échauffer les neurones en exégèses de la communication.

Cela inciterait presque à prendre nos vacances printanières avec Éva Joly. La mine rayonnante, la tenue mi-saison, les lunettes fraîchement ôtées pour nous fixer sans détour et sans obstacle, elle nous invite à ce choix radical, celui… du tournesol ! Une France héliotrope, voilà qui pourrait être un remède à la crise…

Après les affiches, j’attends, la plume aiguisée, les programmes imprimés de chacun, pour s’amuser un peu comme en 2007, avant l’isoloir fatal et cinq ans d’épreuves. La tasse pour tout le monde. Santé !

Marianne dans les marais démocratiques.