01 janvier 2026

Fourbi erratique


Janvier

 

Dix ans ont passé depuis les attentats contre la rédaction du journal satirique et le pays semble bien loin des préoccupations d’alors. Parmi les images du 7 janvier 2015 rediffusées, celle d’un homme s’indignant que le jour même il ait croisé des jeunes affichant un sourire voire ouvertement hilare en évoquant le massacre perpétré par les frères à chier. Un révélateur d’une société porteuse de divisions civilisationnelles, entre une minorité en expansion qui se radicalise et une majorité en inquiétude qui s’extrêmise.

 

Delirium tremens : voilà ce qui attend la Communauté internationale sous la coupe économique du sordide tandem Trump-Musk. Dès le 21 janvier les expectorations vont se multiplier.

 

Vu un documentaire en trois volets sur Jean-Marie Le Pen dont la mort récente a déclenché des festoiements de la part de ses ennemis idéologiques. Son inhumation a eu lieu ce jour. Un parcours de combat permanent où le népotisme appliqué à la fin de cette longue carrière ne suffira pas à calmer ses fracas verbaux. La dernière image (de 2022) le montrant vieillard avec canne sur la terrasse de son hôtel particulier à Montretout se dirigeant vers l’intérieur de la vaste demeure, rappelle que le Temps gagne toujours, même contre les puissances affirmées. Sa place dans l’histoire politique française n’est pas secondaire et trouvera peut-être une consécration indirecte lors des prochaines Présidentielles, même si le RN (expression qu’il emploie d’ailleurs dans un discours bien antérieur à la volonté de sa fille de changer la dénomination du parti) fait tout pour faire croire à son profond changement interne. La « lepénisation des esprits », expression de R. Badinter, soulignera sa persistance posthume.

 

Journal de Charles Juliet, 25 février 1983 – "Notre drame, c'est qu'il nous manque trop souvent l'énergie d'être pleinement ce que nous sommes. De vivre selon nos véritables aspirations." J'ajoute en manuscrit au bas de la page que lorsque cette aspiration trouve incarnation mais s'avère impossible à vivre, c'est la souffrance à perpétuité qui s'y substitue.

 

Vélo’v ou vrai vol ?

L’involution qui se pare d’écologisme : la dernière opération de la société Decaux revient à augmenter de plus de 250% son abonnement annuel, sous prétexte d’inciter à se mettre à l’électrique, alors que l’utilisation du vélo’v classique, poussé par la seule force musculaire, est bien plus respectueuse de l’environnement. Eh bien non ! Pour ceux qui choisissent de conserver l’abonnement de base le parc de vélo’v à disposition va drastiquement se réduire. Les vélo’verts porteurs de batterie ne pourront être empruntés, si la station n’a plus de vélo’v mécanique à disposition, qu’en déboursant un euro par trajet ! En gros : un aller-retour sur moins d’une heure en vélo’v électrique coûtera plus cher que de faire de déplacement en TCL. Un comble !

Sans doute beaucoup d’abonnés n’auront pas lu attentivement le détail du mail informant des changements et auront la surprise d’être débités à chaque décrochage d’un vélo’vert… de rage ou de dépit.

 

Février

 

Première partie d’acrostweet achevée, celui sur l’abbé Pierre rappelant l’image entretenue pendant un demi-siècle. Suivra la sordide et criminelle réalité d’Henry Grouès qui a harcelé et violé des dizaines de proies féminines. Il a rejoint cette galerie des suintantes horreurs, avec son air contrit qui dissimulait le prédateur sexuel en série.

Cette respectabilité affichée dissimule l’immondice cultivée dans ses inavouables recoins.

 

Tellement vide vie que la substance même manque à nourrir cette expression écrite devenue mécanique traçante sans plus aucun message. Pousser la mise en forme jusqu’à l’inanité. Coupé de tout, je fais passer le message à quelques membres des familles que je serai désormais beaucoup moins présent. Le sommeil m’envahit, pré-mort de celui qui n’a plus rien à défendre. Armes rendues.

Trump sans filtre pour un crime de guerre assumé en forme de projet paradisiaque : déplacer de force les Gazaouis puis construire une riviera sans plus un habitant d’origine, juste de gras Américains et des pourceaux israéliens venant dorer leur épiderme. Quel triste cirque que ces déclarations d’intention.

Le criminel parcours colonisateur de la France, comme celui de nombreux pays européens, édifie sur l’ensanglantement des prétendues Lumières charriées par nos troupes et impitoyablement imposées. Cette obsession-prétexte de civiliser ces contrées pour mieux piller et dominer reste l’antienne de toutes les nations carnassières. Ces rapports de domination restent la plaie de l’espèce humaine. Pas d’évolution notable en la matière.

 

Le ratatiné Attali passe un court instant dans C dans l’air pour seriner ses pseudo démonstrations d’il-n’y-a-rien-de-nouveau-sous-le-soleil avec l’IA. Cet engouement pour l’apparente pensée générée par l’algorithme traduit-il un basculement assumé vers un autre modèle de fonctionnement socio-économique où la plupart des activités humaines devront affronter ce paradigme non humain, mais créé par des membres de notre espèce.

Au début de Chat GPT j’avais relevé les incohérences voire les inventions fantaisistes sur certains sujets plutôt que d’avouer sa méconnaissance. La pratique des références fantômes, dans le secteur des sciences, m’inquiétait aussi sur la pollution à venir de données bidon générées par ces collecteurs massifs de données. De là à retenir cela comme de l’intelligence, c’est ignorer nombre de facettes de ce qui fait notre esprit. Le raisonnement ne se résume pas à une simple performance appuyée sur des monceaux de données. Que fait-on de la sensibilité, de l’intuition et même de l’instinct humain ? Plus rien ne compterait que la triste rationalité d’une mécanique intellectuelle sans surprise…

 

Réconcilié avec les vélo’v électriques que je voyais d’un mauvais œil. Leur efficacité testée ce jour en montant jusqu’à la Croix-Rousse, dont les stations se trouvent désormais remplies de ces montures vertes, vaut bien un peu plus de huit euros par mois. Une fois les quelques milliers de points utilisés pour cela, j’opterai pour ces vélo’v. L’âge venant, certains parcours me seront ainsi plus aisés.

 

Début de visionnage du documentaire en trois volets Le gang de Poutine. Ceux qui l’ont poussé vers le pouvoir voyait en lui un docile exécutant. La marionnette s’est muée en féroce oligarque et en chef disposant de puissants services étatiques pour éliminer les retors. Hitler lui aussi avait été nommé Chancelier dans l’optique, pour les autres partis, de s’en servir contre l’autre camp. A chaque fois les courtes vues de ceux qui se prétendent experts dans l’art politique.

 

Le Trump continue son insane gouvernance. Il faudrait un boycott par l’ensemble des nations qui se voulaient alliés de l’Etat fédéral et ne plus céder en rien. Cette vieille charogne enflée emmerde le monde : que le monde l’asphyxie. Les ronds de jambe des Lagarde, von der Leyen et autres grisâtres administreux doivent cesser.

 

« Le Gang de Poutine », titre d’un documentaire, a pris l’UE pour un ventre mou plein de monnaie à faire dégorger. Trump roucoule son admiration pour l’autocrate et s’apprête à capituler dans une pseudo négociation pour une paix en Ukraine qui cèdera à Poutine tout ce qu’il désire. Les Européens, leurs dirigeants politiques affligent tant, demeurant passifs face à tout cela.

 

Dimanche en quiétude avec quelques pages de Juliet de l’année 1986, alors qu’à Cergy-Saint-Christophe je faisais ma Première au tout neuf lycée que j’atteignais en traversant l’imposant ensemble architectural de Bofill, que je surnommais le patriciat, par opposition aux immeubles de la plèbe, hideux mais fonctionnels, et dans l’un desquels je résidais, ma fenêtre donnant rue Mondétour, frontière asphaltée entre ces deux univers. J’étais alors tout à ma poésie, en pleine genèse lexicale pour faire naître quelques vers révoltés.

Si j’avais alors connu l’existence d’un Juliet, lui aurais-je envoyé ces quelques poésies pour recueillir son avis plutôt que d’être alors phagocyté par le manipulateur d’Omiécourt ? Très incertain. Englué dans mes certitudes, je ne pouvais envisager une autre voie que celle que Micberth manigançait. Faiblesse psychique, très certainement, mais qui explique mon obsessionnel besoin d’un retrait du monde, de n’avoir aucun cercle relationnel, aucune amitié suivie.

 

Enfin l’UE doit embrasser la maturité politique. Face à la loufoque chimère Trumpoutine, les dirigeants d’Europe doivent sauter le pas pour enfin montrer au reste de la planète autre chose qu’un bide plein de soupe. Le traiter aussi bas que merde puisque le Trumpoutine ne comprend que la force primaire. Plus de politique avec l’enflure : le clouer à vif au pilori et piétiner sa triste carcasse.

Plus de docteur Frankenstein, le monstre Trumpoutine s’autogénère et n’a aucun scrupule à exhiber le pire de la nature humaine, au point de douter de la moindre similitude humaine avec la repoussante créature.

 

Dans un documentaire consacré au combat de mathématiciens pour faire libérer un collègue ukrainien des geôles soviétiques, le vénérable Pierre Juquin, 95 ans, intervient. Incroyable vivacité d’esprit et fraîcheur physique qui s’exhalent du bonhomme. Voilà un modèle du bien vieillir qui me siérait parfaitement.

 

L’aube se fait lointaine

Ivresse desséchée

 

Les remugles testostéronés du primaire Trumpoutine dessinent les indigestes contours d’un monde que l’on devait préserver des cataclysmes suscités par nos décennies gloutonnes. Nous voilà à nouveau le nez sur de pseudo événements créés de toutes pièces par ces puissants emmerdeurs alors que de vrais enjeux pour notre devenir collectif se dressent. Que de criminelles immaturités ! Elles obstruent le reste et nous font perdre un temps vital pour agir. A désespérer.

 

Depuis tant de mois en cendre,

Plaies sans remède

Souffrance amorphe

Regard sans portée

Mon ras dégoût croise sa raie bien potelée.

 

Le poids du vide rend la pesanteur tétanisante. Monstrueuse sérénité privée de projet, d’avenir autre que la quotidienne mécanique de ce qui meuble le temps. Au ras de la matière noire, je me disloque, perds toute consistance, rongé par le néant. Cette désocialisation n’est que la traduction d’un désintérêt pour ce qui pourrait étoffer la faune et la flore de mon existence.

 

Pas pu regarder jusqu’au bout le C dans l’air consacré à la rencontre Macron-Trump. Pas un seul invité pour souligner l’indignité du Président français dans ses roucoulades avec la blondasse otaricaine. Cette obsession communicationnelle atteint un sordide grotesque.

Quand donc enverra-t-on se faire foutre celui qui n’a comme colonne vertébrale politique que le cynique opportunisme de son porte-monnaie ? Il est à vomir le gras cacochyme, et voilà que Macron se frotte à lui, imaginant dans sa grande naïveté qu’il parviendra ainsi à influence celui qui avait appelé au coup d’Etat institutionnel dans son pays. Jusqu’où doit-on pousser la compromission ? La Russie n’est donc pas, selon la position américano-trumpienne, l’agresseur initial dans la guerre avec l’Ukraine. Poutine n’a rien du criminel de guerre en chef. La prochaine étape sera quoi : déclarer Netanyahu bienfaiteur des Gazaouis ?

Taper du poing et lui poser des ultimatums : c’est la seule chose qu’il comprenne et craigne. Si l’UE, ou tout modèle plus réduit de coopération renforcée, est incapable d’avoir cette voix forte, morale et digne, alors qu’elle reste ce ventre mou économiques maltraité par les Etats carnassiers.

 

Passage sur Beckett de Juliet qui résonnent auprès de mes pires moments. Notamment ce constat. "Besoin forcené d'une présence à soi-même qui peut aller jusqu'à tuer la vie et nous livrer à l'hébétude. Torturante attente de ce qui pourrait nous assouvir et qui ne nous est jamais accordé..."

Mars

La Trump de Poutine à Zelensky

Après les mamours entre les présidents français et américain, voilà la trempe filée au dirigeant ukrainien. La prochaine étape c’est de jouer aux osselets le recours au feu nucléaire ? Le Bureau ovale de la Blafarde Maison avait tout du sinistre bac à boue. La barrique et son kapo Vance se sont acharnés à humilier Zelensky traité comme un morveux malpoli ? Eh bien sûr le Trump aux puantes gonades ne perd pas une occasion pour se planter comme le-plus-de-tous : « Je peux être plus dur que n’importe quel être humain que vous avez jamais vu ». Dans l’incomparable : la dimension de son égo à étaler sans honte de ce qu’il impose. Du dégueulis. Un tel vide, le degré infâme des apostrophes. Comment raisonner avec subtilité lorsqu’on est rendu à une telle abjection d’infravidus. Sa tirade sur Poutine et la « fausse chasse aux sorcières » a tout de l’indigeste logorrhée. Digression diarrhéique qui rend tous les délires de politiques médiocres des morceaux de finesse. Le primaire de la testostérone vieillissante surjoue sa puissance et son Vance se défoule.

 

Ce soir, alors que j’étais au lit, j’ai éprouvé le besoin de laisser le petit globe lumineux éclairer nos cinq dernières photos ensemble prises au Val Rosay en octobre 2023, la porte de la chambre grande ouverte pour les deviner derrière le halo de lumière intensifié par les bougies placées non loin, près de son doudou assis.

Le traumatisme de perdre prématurément celle dont on partage la douce existence depuis vingt-deux ans ne peut s’accommoder du temps qui passe. Il reste intemporel par son aiguisement renouvelé.

Les laideurs du monde demeurent à l’extérieur du Nid.

 

Discours sur l’état de l’union des Etats-Honnis de Trump : le voilà idéologisant ses propos, promettant d’être à la tête de la civilisation dominatrice « comme il n’y en a jamais eu », selon l’hyperbole habituelle chez lui. De là à décréter les Ricains comme modèles de la race supérieure… Tout comme Hitler ressemble à tout sauf à l’aryen qu’il préconisait, Trump est grotesque en incarnation de cette domination civilisationnelle.

 

L’affaire du chirurgien Le Scouarnec réunit en un individu le pire de ce qui peut se concevoir en matière de déviances sexuelles. Le pervers avait consigné dans des dizaines de carnets le détail des horreurs perpétrées. Le diarisme au service de l’immonde. Pas fait pour rehausser le genre dans l’univers littéraire.

 

Je sous-vis tel un vieillard détaché de tout. Tous les stigmates psychiques d’un âge très avancé je les présente dès aujourd’hui comme pour m’y habituer dès maintenant. Les lignes se trainent car tournées vers le néant. Cette extrême fatigue psychologique me fait lâcher la plume de plus en plus vite.

Allergique à la présence humaine, exécrant les rassemblements, il reste à s'exercer à la solitude éternelle, la cadavérique. Je ne reviendrai plus parmi les vivants, plus de raison qui vaille pour cela, plus l'énergie. Je suis mort aussi le 29 décembre 2023.

 

Dans ce brouillard de vie qui obstrue tout, où la politique ne ressemble plus qu’à une médiocre foire d’empoigne, je m’efforce à écrire pour ne rien exprimer de fondamental. Juste quelques vagues ressentis. Et pourtant l’acte se fait source d’équilibre dans ce laid chaos.

L’escroc Fillon fantasme son retour via un entretien pro-Poutine dans un magazine de droite conservatrice. Lui qui a été grassement rémunéré par des entités russes se veut crédible sur la question. Quelle honte incarnée. Pourquoi ces gens évacués ont-ils l’obscénité du retour ? Pour le reste, que des chancres maladivement durs dans cette vomitive géopolitique.

 

Les quelques pages lues de Juliet-1987 trouvent moins d’écho en moi. Une curiosité tout de même : sa visite à Ernst Jünger qui le fascine par quelques aspects alors que l’œuvre ne l’a, en réalité, jamais accroché. Le peu d’humanité que l’auteur allemand montrerait dans sa relation des années de guerre (la Première) assècherait son contenu. En parcourant sa biographie sur Wikipédia j’apprends qu’il a rencontré Paul Léautaud et même traduit l’un de ses écrits.

 

En lieu et place d’un film enregistré je découvre La Femme de ménage avec le regretté Bacri et la toute jeune Emilie Duquenne qui vient de succomber, à 43 ans, à une forme rare de cancer de la glande surrénale. Programme bouleversé pour cette brutale et si prématurée disparition. Mort individuelle et, outre-Méditerranée, continue l’hécatombe génocidaire perpétrée par la sale armée terroriste du criminel Netanyahu soutenu sans borne par la blondasse barrique sur le retour. A vomir. Plus rien à espérer de cette géopolitique.

 

Parmi les quelques tâches du jour, l’une m’a remué aux tréfonds : le recadrage de photos pour des portraits de ma Blandine qui défileront en aléatoire sur le cadre numérique. Je retrouve toute l’adorable gamme des expressions de son visage et certains regards qui bouleversent tant je la sens là et si absente à la fois.

Avril

 

Mes compulsions d’achat, rarissimes, ont pris la forme d’une vingtaine d’ouvrages de la même collection : NRF / Poésie Gallimard venant étoffer les quelques exemplaires déjà possédés. Pouvoir prendre à l’aveugle (sans lunettes ni lentilles) un poète le soir pour découvrir quelques vers ou lignes calmera mes plaies à l’âme, peut-être. Hier Michel Deguy et Poème II – 1970-1980 : rien qui n’ait stupéfié mon esprit, mais une petite musique qui peuple sans contrainte mes vastes vides.

 

Délirante scène du Gnathon ricain brandissant une pancarte qui liste les pays devant subir l’augmentation la plus conséquente des droits de douanes pour les produits exportés vers les Etats-Honnis. Ainsi, pour l’UE, c’est plus 20% puisqu’il nous accuse d’empocher 39% de taxe, chiffre totalement farfelu (la taxation réelle serait d’un pour cent). Le triste lard poursuit ses délires sans une once de dignité et entraîne la communauté humaine dans un chaos économique au moins voire plus grave que celui du krach de 1929 et ses conséquences mondiales. En cassant la mécanique économique globale, il espère libérer son Etat fédéral d’une prétendue asphyxie entretenue par les méchantes nations autour, plus de 180 sanctionnées.

Il est peut-être temps que le reste du monde boycotte et ostracise cette minable première puissance qui a remis cet étron à sa tête. S’il persiste, c’est bien tout le système mondial qui pourrait vaciller.

 

Deux petits délices scripturaux de tôt matin : la description, pour illustrer le droit de sauter des pages en cours de lecture, de sa découverte gourmande, lorsque Pennac a 12 ou 13 ans, de Guerre et Paix donné par son frère cinq ans plus âgé ; la décision du grand-père d’Averroès, comme juge, de réprimander les hommes qui se couvrent le visage et conservent ainsi illégitimement dans le cadre andalous leur pratique systématique dans l’hostile désert, alors que les femmes ont le visage totalement visible…

 

Rien pour se réjouir lorsqu’on parcourt la galerie des mâles aux appétits primaires qui peuvent faire basculer le monde dans un chaos belliqueux voire dans une troisième guerre mondiale. Toujours ces dérisoires questions de puissance territoriale, d’accaparement de richesses, selon les critères capitalistiques, d’assujettir les populations comme si elles leur appartenaient. Cette conduite politique personnalisée de la plus dangereuse manière nous culbutent dans l’impasse faisant perdre le temps vital que la communauté humaine devrait consacrer à tenter d’enrayer l’essentielle et titanesque question de l’habitabilité de la Terre par le vivant, nous inclus. En lieu et place ces criminels dirigeants en sont encore aux obscènes réflexes du Vingtième. Aucun enseignement tiré de ses sanglantes facettes. Presque l’impression que les Netanyahu, Poutine, Xi Jinping, Trump et autres pervers du pouvoir veulent se prouver qu’ils peuvent faire pire que leurs mortifères aînés. Avant leur propre disparition, ces bientôt vieillards empuantissent le monde. Et l’on voit bien que, démocratie ou pas, rien n’arrête la prise de pouvoir de ces psychopathes de la géopolitique. Rien chez eux, pas une pensée, pas un geste, aucun trait de caractère ne légitime qu’ils puissent disposer de l’existence des milliards d’autres. Il est peut-être juste trop tard.

 

Mon Châtiment – En juillet 1852 Victor Hugo résume mon état :

"Dans le noir chariot aux cellules souillées

Où le captif, sans air, sans jour, sans pleurs dans l'œil,

N'est plus qu'un mort vivant assis dans son cercueil."

 

Interrompre les cycles, le toujours recommencé, la barbante exhibition des jeux de rôle sociaux. Ce calme harmonieux de la Nature face aux simagrées grimaçantes d’une hubasnité dont la prétendue conscience autoriserait à tous les abus. En tête d’une calamiteuse proue, tous ceux qui s’arrogent le pouvoir, de gré démocrasstique ou de force autocrasstique, et se croient légitimes pour décider de la vie ou de la mort des autres.

Dans l’hexagone, dans l’Union européenne, encore le privilège d’être maître de son existence. Le laisser-vivre, mais pour combien de temps encore ? Les salopards égocentrés aux manettes de l’Amérussie, d’Israël, de la Chine, de la Corée du Nord et de tant d’autres territoires confisqués par ces tristes dingues qui devraient croupir en geôle pour les plus éclairés ou dans une unité psychiatrique cadenassée pour les moins rationnels.

 

Le CON-Trump du jour : jouissotte dans son frocking en évoquant les dizaines de dirigeants qui ont déjà fait la démarche de lui « lécher le cul » pour obtenir un rabais sur les tarifs de douanes imposés. Degré zéro de la politique ? C’est même encore trop élevé pour le gros lard. A force de tout piétiner, il va atteindre le néant. Peut-être faudrait-il l’évacuer de la scène publique et ne plus l’évoquer.

 

Au fond de la fosse, ça pue le néant. Je n'émerge plus, englouti par l'inanité du reste-à-crever. Allergique à la vie, sûrement. Trop tard, trop agonisant, je ne peux plus rien.

« Eeni Meeni Myni Mo » du mélodieux Omar, dont j’ai acheté le premier CD rue Mouffetard à Big Lutèce en 1990, me fait garder un semblant de rythme. Berge cultivée par allergie misanthropique galopante. Du collectif qui sombre, de l’individuel aux foirades glorifiées. Que leur dérisoire pouvoir d’achat les étouffe pour l’addition finale.

Mon cycle s’achève. Un petit tour tourmenté et l’âme rejoint la matière noire par l’ensevelissement désordonné. Outrage à l’éternité un tel gâchis du vivant.

 

S’arracher jusqu’à l’émiettement. En-deçà de la survie, l’illusion d’être. L’errance déchire les amarres pour ensevelir ce qui restait viable.

 

Le Prince de Machiavel doit être considéré comme un manuel de sauvegarde ultime pour un Etat menacé. En dehors de cette épreuve extrême, ce sont les Discours sur la première décade de Tite-Live qui importent dans leur mesure et leur reconnaissance du système républicain. L’inculture fait s’en remettre à la version simpliste, car incomplète, de sa pensée.

 

En poésie, redécouverte de la densité créative de Mallarmé. L’hermétisme dont on étiquette son écriture révèle plutôt la profondeur de sa singularité lexicale, ce qui dissuade d’ailleurs de consacrer du temps à apprendre les rudiments d’une autre langue.

A se laisser voguer sur les rouleaux mallarméens, le tournis de la profusion sans borne étreint.

 

La pourriture américaine gangrène le monde. Ne plus se fier à quoi que ce soit. L’exemple de la politique de mise à l’index de milliers d’ouvrages considérés comme nocifs laisse songeur : haro sur les livres, mais totale permissivité sur Internet. Cynisme mercantile ou crétinerie achevée ? Pour l’instant l’essentiel de la politique trumpienne prend la forme d’une verbalisation à outrance, mais lorsque les morts se cumuleront, il sera trop tard et le monde traversera à nouveau des ténèbres conçus de toute pièce.

A noter que le CON-Trump veut finalement se montrer « gentil » avec l’inflexible Chine. La fermeté paye avec la baudruche infantile. Un désastre incohérent à lui tout seul. Triste pitre qui n’appelle que mépris.

 

Me voilà suspendu au fracas de l’inaccompli

Corde au nœud coulant jusqu’à la brisure

De l’aube au crépuscule la vide contrée me ronge

Aspiré côté sombre, l’étincelle étouffée.

En corps de souffrance, l’âme convulse

Sans air, une lugubre mélodie m’évacue

Aux confins du pathos, les larmes acides.

Carboniser le reste jusqu’à l’os.

 

Échoué à côté du monde, sans l’énergie ni l’envie d’y retourner. A chaque fois que je suis contraint d’y passer furtivement pour une course, un malaise me saisit.

Mai

 

1er mai, 5h43 – Picorer quelques vers entre parenthèses du temps, loin de l’exécution. Quelques parcelles d’espace coloré qui rendent fraîches les boues passées.

L’oiseau-chanteur a commencé son impro de l’aube donnant le ton aux congénères.

Paisible, sans muguet.

 

Juliet, 5 mars 1989 : « Ce qui est en jeu dans l’écriture demeure à l’abri de l’éloge et de la critique, des reproches, voire du blâme. » La compagnie scripturale de Charles Juliet préserve les quelques miettes d’humanisme me restant dans un coin.

Le 3 avril il s’inquiète qu’on puisse considérer son Journal comme « celui d’un malade » du cortex. Assumer sa part pathologique, première règle de celui qui se livre par l’écriture.

Sa trajectoire diariste, donc existentielle, l’a conduit « du mal-être » à la « sérénité » en transitant « par du désespoir ». Du constructif en somme. L’inverse de ce que révèle mon Texte aux signes… qui charrie l’intime enfer de ce qu’un cœur de plaies percluses doit endurer : ma compagne de vie à jamais perdue, mon Être de Vie inaccessible pour toujours.

 

Pas séduit par les vers sulfureux de Genet. Sans doute que la description par le menu charnel de cette passion homosexuelle me rebute. Pas pu aller au bout du long poème dédié à l’assassin Maurice Pilorge qui ouvre le fin recueil. Cela m’a refroidi pour le reste. A reprendre lorsque le dégoût de fond de gorge sera atténué.

 

Fin d’après-midi sur les notes de Sofiane Pamart – Que l’émotion bienveillante étreigne ce qui nous relie encore. Grâce à toi, ma Blandine, je préserve ce qui me rattache encore aux brins d’humanité. Veiller ces derniers instants pour qu’ils ne disparaissent pas encore. Tenir une fois encore ta douce main en déposant au creux de ton cou quelques mots chuchotés. Se sentir habité par ces partages qui ont forgé ces années. Avouer ne pouvoir dépasser ces temps, quel que soit l’entourage, car chaque instant aiguise l’absence. Sur ces mélodies que tu ne peux écouter collée à moi, je ne peux que m’effondrer ou prendre sur moi et donner le change dans une mise en scène socialisante.

Territoire de glaise, de fruits fondus pour une pulpe de vie. S’élever loin, s’envoler aux confins et respirer ce qui subsiste.

 

« Alaska » de Sofiane Pamart transporte dans l’inexorable mélancolie des paysages glacés : n’avoir plus que les traces pétrifiées de l’être aimé pour accompagner sa suite et fin de vie ne peut qu’exacerber les hurlements intérieurs camouflés par les obligations sociales.

 

De Juliet (1989) sur l’acte de peindre, avec ce néologisme : « (…) l’œuvre peinte (…) est (…) un à-vau-l’être qui se délivre dans l’affirmation d’une suprême liberté. » Peut évidemment s’appliquer à l’acte d’écrire et sans doute à toute exigence artistique.

 

Juliet – 29 novembre 1989 – « La douleur d'être, c'est se rendre compte que les années fuient et que le vaste fleuve de la vie coule là où l'on n'est pas. »

Tenter de reconstituer les notes d’« Interlude » de London Grammar. Lorsque le piano trouve la voie céleste et pétrit chacune de vos émotions pour s’ériger jalons d’une révélation.

Se sentir tant inutile que sans raison d’être, exténué par cette pseudo vie, exécrant la présence humaine surabondante, notamment la faune urbaine bruyante, inconsciente et satisfaite d’elle-même. Zombie désormais, n’ayant plus rien à écrire. Je devrais crever entre ces quatre murs et que le calvaire cesse. Même plus la force de tenir la longueur de quelques lignes mécaniquement remplies. Rendre l’âme trop brisée pour servir encore.

 

Indignation face à l’attitude des dirigeants d’Arabie saoudite vis-à-vis du lard Trump. Pire est le pitre abêtissant plus déférente se montre la dynastie des Saoud enkystée dans ses pouvoirs.

L’époque confirme la déliquescence du système démocratique, donc du corps électoral qui, dans sa majorité, a confié le pouvoir présidentiel, et en parfaite connaissance, à cette dangereuse barrique.

 

Combien de temps l’Union européenne va-t-elle se laisser humilier par la barrique décérébrée des États-Honnis ? Que leur gras corps électoral l’ait choisi n’implique pas un aplatissement à la saoudienne. Cette U.E. sans souffle, car empesée par des membres divergents, doit amorcer un nouvel âge. Solution choc : mettre les peuples des 27 États membres devant leur responsabilité. Organiser un référendum pour que chaque État membre se prononce, via ses électeurs, sur cette question simple : êtes-vous favorable à ce que votre pays intègre l’entité fédérale des Nations-Unies d’Europe ? Être aux N.U.E. pour ne pas se retrouver mis à nu par les voraces mastodontes alentour. Ainsi pourrait se constituer un ensemble possédant une réelle et efficace gouvernance politique à la hauteur des enjeux de l’époque. Et ceux des États membres ayant refusé le projet retrouveraient leur chère souveraineté à l’influence particulaire. Enfin nous pourrions poser fermement, sans louvoyer, sans tirer à hue et à dia, nos conditions au CON-Trump, tenir en respect un Poutine enflé de certitudes, négocier avec bien plus d’assise les règles commerciales avec nos partenaires…

 

Aphorismes de Léonard de Vinci :

« Qui nuit aux autres ne se préserve pas soi-même. »

« La mort plutôt que la lassitude. »

Parmi ses prophéties : « Les créatures aquatiques mourront dans l’eau brûlante ». On sait aujourd’hui que, dans quelques milliards d’années, du fait d’un grossissement du Soleil et donc d’une cataclysmique élévation des températures, les océans se mettront à bouillir.

« Les marais seront si vastes que les hommes passeront par-dessus les arbres de leur pays » : métaphore de ce qu’il faudrait pour constituer les N.U.E.

Stupéfiante vision au XVIe du XXIe : « Les hommes se parleront, se toucheront et s’embrasseront, tout en étant dans des hémisphères différents, et ils comprendront leur langage réciproque. 

 

Du cimetière ancien de la Croix-Rousse à la roseraie du parc Tête d’Or. Un peu de vert, de calme, d’air décrassant pour affronter le sombre, le morose, l’implacable rétivité des évidences.

Je dis calme, mais un quatuor bavardeux de vieilles dames s’est installé à deux bancs de moi et, malgré le fort vent, des bribes criardes me parviennent. De ces conversations trop criées au regard de la platitude des lieux communs débités. Je viens de mettre un banc de plus entre elles et ma tentative de reprise du Journal de Juliet.

 

Me reviennent ces dernières années cauchemardesques aux châteaux d’O. & d’Au., où ma / notre obsession était que l’ogre libidineux, irascible et alcoolique ne mange pas avec nous, qu’il reste dans sa grande piaule miasmique, dans sa puante traînée perverse loin de nous, renonçant à un nouveau calvaire pseudo cathartique autour de la table à coup de Bisons flûtés, mélange de Zubrowska-Coca que je surdosais pour tenter d’écourter les litanies du vieux.

Je songe à ce cadre enchanteur occupé par une monstruosité humaine qui n’a fait que manipuler, humilier, utiliser ses proches, ceux qui l’avaient choisi… sans compter les viols commis sur les enfants de sang ou confiés. Ce sale univers, ma Blandine, par son amour, sa bienveillance et ses attentions m’en a définitivement éloigné… les dernières scories nous les avions côtoyées ensemble à Royan, lors d’un séjour, en 2002 ou 2003, dans la maison du père de Sally, l’une des ex maîtresses du Maudit. Son comportement condescendant vis-à-vis de ma Blandine avait parachevé mon exécration de tout ce qui charriait un peu de Micberth dans sa façon d’être, et Sally en était un pernicieux spécimen.

 

Le porc Netanyahu continue sa politique génocidaire. En face : du verbe haut, des intentions affichées, l’esbrouffe pour se rassurer sur la réalité de son indignation. Collectivement pitoyable.

Le porc Trump creuse un peu plus l’abjection de sa politique extérieure. Dernier delirium en date : diffuser à la Maison blanche, devant le président / dirigeant de l’Afrique du Sud invité, des images de tueries qualifiées d’actes criminels antiblancs…

 

22h50 – A l’heure pour faire couler un peu d’encre dans l’enfer du vide. Jour après jour de moins en moins de rapport avec ce monde.

 

Charles Juliet, le 7 mars 1991, après la lecture d’une enquête de Pierre Assouline dans laquelle il est cité, admet avoir traversé une dépression. Il en prend conscience et l’explique avec cette formule : « A cette époque j’avais des œillères ».

Comme un passage de relai, c’est bien en 1991 que débute la tenue du Journal que je baptiserai « à œillères » pour signifier mon aveuglement et la perdition dans ces années de calvaire mental.

 

Juin

 

De plus en plus loin de tout, de moins en moins d’interaction avec l’extérieur. Sans doute une forme de mal mental, mais l’humanoïde m’insupporte dans ses schémas comportementaux collectifs. Ces mois qui défilent, d’une année l’autre, me conduisent déjà vers le grand âge, celui qui vous exclut de fait de l’univers social commun. Alors que le physique conserve une forme, le mental a déjà tous les stigmates du vieillard reclus. Plus rien à faire pour moi. L’écriture comme témoin de ce retrait forcené : plus que ça avant, peut-être, un mutisme définitif.

 

Rivages dévastés offrent leurs restes

Sans suite dérisoire

Voie céleste

Déleste de ces poids le craquelant mouroir.

Sommeil-purgatoire pour que gisent

Bribes et parcelles qui s’éternisent.

Terroir du vide, vaines gesticulations

Tour du néant post désagrégation.

Tout n’est que posture et faux-semblant

De l’authentique crétinerie à l’artificielle cogitation.

 

Peut-on encore nommer cela « géopolitique » ? Cette impunité belliqueuse du Naze Israël n’a plus de limite et le suivisme médiatique occidental se vautre dans l’indignité. Quand il s’agit de détruire l’Iran, plus aucune règle ne tient. Entre l’erratique Trump et le jusqu’au boutiste Netanyahu la destinée mondiale va encore devoir subir.

 

En arrivant au cimetière ancien de la Croix-Rousse, dans l'allée principale, le bruit fréquent de la chute de grosses feuilles des arbres qui la bordent, sans doute conséquence de la fournaise. Comme si des bouts de peau séchés venaient se détacher des êtres cramés pour finir sur l'enrobé fondu. Cataclysme à venir, déjà commencé ?

Cette quiétude, à chaque fois que je reste sur le banc tout proche, ne masque pas l’extrême tristesse qui taraude, inextinguible drame qu’elle s’en soit allée. Vivre, survivre avec ce poids me flétrit de jour en jour. Comme ces arbres victimes de la canicule qui perdent leurs feuilles grillées, des bouts de moi se détachent et rejoignent le néant existentiel.

 

Selon Juliet (27/05/92) l’écriture permet de « se tenir au plus près de la source » et de « triturer et pétrir la pulpe ». Voilà bien ce que je n’ai plus, ni source, ni pulpe. Écriture desséchée, factuelle et monomaniaque qui n’a plus de ressort. Ce geste n’est plus qu’une mécanique physiologique pour l’illusion d’encore être.

 

Je ne peux plus regarder des médias français, notamment le Chier dans l’ère du temps qui s’extasie sur l’opération militaire d’agression contre l’Iran décidé par le CON-Trump. Là, le droit international, on peut se torcher avec. Vous comprenez, c’est contre un État-voyou, une République islamique, une autocratie sanguinaire, que sais-je, alors… Quelle sinistre pitrerie ! Quand c’est un Poutine, on dénonce et sanctionne ; quand c’est le vieux lard yankee, on s’aplatit… au moins le président français n’a pas suivi les moutons européens inféodés aux illégalités des États-Honnis. Cela a fortement déplu à de fumeux experts… Tout ça est à vomir.

 

Accumulates de l’intense David Gray a cette charge émotionnelle qui dispense l’intellect de traduire ses paroles. La bouleversante synergie voix-mélodie emporte tout, charrie mes peines dans une exaltation éperdue.

 

Touffeur extérieure obligeant à garder les fenêtres fermées jusqu’à 5h du matin. La nuit va être difficile. Nous avons bel et bien basculé dans la fournaise comme norme estivale. Merci l’être humain ! Avoir ainsi salopé le climat de sa planète prouve que la prétendue intelligence ne sert pas forcément le mieux-vivre. En l’espèce l’accumulation d’intérêts particuliers et étatiques rend inutile toute réaction localisée. Se croiser les bras en attendant la disparition de suffisamment d’êtres humains. Alors les activités nocives se réduiront.

La langue brûlante de la Canicule fige les membres, oppresse l’organe cardiaque, obstrue toute intention de vie. Préserve-moi de ta fournaise, que ne se vaporise pas tout de ma carcasse craquelée.

La marche du monde n’a jamais eu comme préoccupation première l’intérêt supérieur et aujourd’hui vital. Les archaïques décisions de dirigeants voraces nous détournent de l’essentiel.

 

Juillet

 

A la terrasse d’un café avenue Félix Faure. Un expresso et quelques pages de Juliet-1995. Dernière année du Purgatoire pour moi et cette formule du diariste, le 7 mars, qui résonne avec ma sale période relatée dans ce que j’ai postérieurement baptisé de Journal à œillères : « Tant de gens mentent. Non délibérément, mais parce qu’ils vivent à côté d’eux-mêmes, dans l’ignorance de ce qu’ils sont. » Aujourd’hui, grâce à ma Blandine – et à Musine – je peux affirmer vivre à l’aune de moi, dans une souffrance assumée mais avec la plénitude d’une conscience accomplie.

 

Les glauques dirigeants s’amusent avec la planète, sordides luttes alors que rôde le néant collectif.

Certains rendent les armes, moi c’est la plume qui m’échappe…

 

5h54 – Linge étendu, carcasse réétendue, plus rien n’accroche. L’époque se veut belliqueuse et tout incite à se retirer de ces mortifères réflexes. Voilà plusieurs jours que je ne rédige plus rien, et cela va s’amplifier tant le vide me ronge. Tout est emporté.

23h43 – Ça pétarade sporadiquement dans la ville. Plus du festif mais de la nuisance de tocards en mal d’affrontement mais trop pleutres pour prendre les armes : le pétard du 14 Juillet comme fantasme de rébellion…

 

Passionnant documentaire sur le rôle réel des femmes lors de la Révolution française. A ce sujet, une date oubliée et qui marque, bien plus que le 14 Juillet, le basculement d’un Régime l’autre, le 6 Octobre 1789 qui voit des milliers de femmes présentes devant les grilles du château de Versailles depuis la veille, pénétrer dans l’enceinte et, après une sanglante confrontation aux Gardes suisses, le même corps qui gardait la Bastille quasiment vide elle, obtient que le Roi et l’Assemblée reviennent à Paris pour exercer leurs pouvoirs au milieu du peuple, en tout cas à sa portée. Voilà ce qui aurait dû être la date de notre Fête nationale… mais le vil patriarcat en a décidé autrement, laissant tomber dans l’oubli certaines figures féminines majeures, au premier rang desquelles la fameuse et courageuse Olympe de Gouges intégrée au programme du baccalauréat seulement depuis le début du XXIe siècle. Honte à ces masses mâles qui ont confisqué des siècles durant les droits premiers des femmes.

Je ne suis plus qu'un cadavre vide. Plus rien à becqueter pour les charognards.

 

Comment démonter les arguments pro-acétamipride :

-          Le fait que cette molécule reste autorisée ailleurs : argument-Panurge par excellence. Tiens, pour la malbouffe états-unienne, non seulement autorisée mais promue à coups de pubs matraqués. Résultat : le fléau d’obésité morbide a gangréné le territoire européen. Alors on continue à laisser faire puisque c’est autorisé et importé en masse adipeuse. Ces autres contrées, citées par la journaliste, ont-elles inscrit le principe de précaution au sommet de leur pyramide juridique ? Alors pourquoi se référer à des zones moins protectrices ? Ce serait plutôt à elles de nous prendre comme exemple, mais cette logique-là semble totalement échapper au député Duplomb l’empoisonneur !

-          Reconnaissance de l’existence de travaux scientifiques qui concluent à un lien possible entre l’acétamipride et le « développement de cancers ». Leur défaut ? ne pas avoir établi ce lien « en conditions réalistes ». Alors on évacue et on réautorise le produit suspecté, se torchant encore une fois avec le principe de précaution. A ce propos, l’Efsa elle-même reconnaît deux points d’incertitude : « la neurotoxicité développementale et les propriétés de perturbation endocrinienne ». Pas une petite chose, tout de même ! Cela ne mériterait-il pas d’activer le principe de précaution en attendant que des études éclairent ces deux incertitudes ? C’est la raison d’être de l’article 5 de la Charte de l’environnement. Mais non, on va réautoriser dans l’attente que des études établissent la non-dangerosité : l’exact contraire de l’esprit du principe. A chaque fois il est rappelé une insuffisance des travaux ayant posé un problème quant à ce produit. Que doit-on faire selon Duplomb le charcuteur ? Reprendre l’utilisation.

-          Sur la présence de traces d’acétamipride dans les cheveux de 47,7% des enfants observés. La raison de ne rien tirer de cet hallucinant pourcentage ? L’impossibilité de prouver la source : agricole ou domestique. Ce n’est donc pas la très inquiétante imprégnation des enfants qui préoccupe la journaliste et le député, mais quelle en est la cause. En toute logique primaire de protection de la santé cela devrait amener le législateur à interdire l’acétamipride non seulement dans le domaine agricole mais aussi dans le champ domestique. Pour Duplomb le fossoyeur, seule la juteuse économie compte…

 

Ces médias qui prennent encore des gants pour analyser et expliquer ce qui se passe à Gaza. Quelle honte ! Pas un qui dénonce cet abject CRIME CONTRE L'HUMANITÉ de cet État létal et de son pourceau souteneur les Etats-Honnis. Ces 80% d'Israéliens qui osent soutenir leur armée génocidaire... Bagatelle pour une famine estiment-ils, ces ordures ?

 

Au lit et je lis Juliet. Je découvre le terme "acédie", manque de soin pour soi-même et sa vie spirituelle. Il fait le descriptif de moines dont la réalité spirituelle est une mécanique suiviste qui ne traduit que pauvreté intérieure. Quitte à choisir cette voie, le chemin érémitique serait plus efficace.

 

Thème du temps chez les philosophes de la Grèce antique. D’Héraclite à Parménide, de Platon à Aristote, les approches s’opposent selon la lecture interprétative effectuée. Celle d’Héraclite, un temps qui s’incarne par le changement en toute chose, me semble correspondre au fonctionnement de l’Univers. Ce que permet d’observer le télescope spatial James Webb bouleverse les conceptions développées, mais conforte le principe d’Héraclite. Aucun corps ne repasse jamais dans la même matière noire…

 

18h15 depuis un TGV – Je me suis toujours attaché à ne pas dépendre de quelque groupe que ce soit depuis que j’ai découvert dans toute son horreur sordide le fonctionnement de la pédocriminelle mesnie micberthienne. Je cultive une indépendance forcenée, jusqu’à l’isolement. Toutes ces activités qui reposent sur le groupe humain, c’est le premier danger pour ses membres les plus vulnérables. Le documentaire sur l’armée de l’air française édifie sur la saleté du suivisme. La contrepartie est d’assumer cette coupure possiblement contrenature.

Se réfugier en soi-même et suivre le rythme des paysages avec cette brume de chaleur qui enjoint, dans le désert carbonisant, de modérer voire bouleverser nos frénésies dévorantes.

 

Ambassadeur en fiente des Etats-Honnis dans l'Etat génocidaire qui ose, cette merde en poste, nous traiter de nazis parce qu'on reconnaît la Palestine ! Lui qui cautionne le pire crime contre l'humanité du XXIème déjà à son quart d'existence. En voilà un, l'Huckabee, qu'il faudrait d'urgence éradiquer. Une indécence humanoïde à gerber.

 

Août

 

Côté documentaires, d’intéressantes découvertes comme la salauderie américaine lors du procès de Tokyo, le Nuremberg japonais, et les tripatouillages juridiques de l’oncle Sam véreux qui va jusqu’à faire révoquer certains juges, dont le Français, à quelques jours du délibéré, jugés trop réfractaire à la ligne fixée.

Autre cynisme criminel, lors du projet Manhattan : des patients se sont fait inoculer à leur insu des matières radioactives afin d’étudier les effets sur l’être humain.

Ce soir vu un doc sur l’acte final d’Helsinki. Approche originale dans la narration et le montage, il montre toute la vertu de ces ronflantes réunions diplomatiques de chefs d’État qui, ainsi, se parlent plutôt que de faire massacrer la population civile d’en face. Et l’effet d’Helsinki, comme le baptisera un historien, sera de premier plan avec l’effondrement à suivre du bloc de l’Est, ce qu’un Brejnev ne pouvait imaginer. Même le cynique Kissinger, longtemps très critique sur l’intérêt de cette Conférence à rallonge, reconnaîtra, dans un de ses derniers ouvrages, l’importance de cette déclaration qui inspirera le combat d’opposants dans plusieurs pays communistes.

Retour à ma piètre réalité et à cette journée de réclusion toujours recommencée. Je m’éloigne de tout et de tous.

 

Fascinante physique quantique qui semble renforcer la mise en garde platonicienne de ne pas s’en remettre à ses sens. Les lois qui président les constituants de l’infiniment petit sont « contre intuitives » constatent les scientifiques. Ainsi l’intrication quantique qui relient insécablement deux éléments dans des comportements identiques même s’ils sont à des distances cosmologiques ; ainsi l’hypothèse que l’infiniment lente, mais possible, disparition d’un trou noir, à une échelle qui dépasserait l’âge actuel estimé de l’Univers, serait la conséquence d’une loi quantique reliant ces particules intriquées ; ainsi les ondes gravitationnelles qui permettent d’identifier des événements cataclysmiques mais monstrueusement lointains – et heureusement pour nous – comme la fusion de deux trous noirs ou de deux galaxies se déroulant aux confins de l’Univers en expansion… Toute cette science fondamentale de la compréhension de ce qui nous entoure est la facette la plus enthousiasmante d’êtres humains dont la soif de connaître et de comprendre dépasse toute autre considération ; mais cela ne concerne qu’une parcelle de l’humanité, la majorité se vautrant dans son risible « pouvoir d’achat », finalité d’une diarrhéique existence.

 

15 août – Jour de départs supplémentaires pour ceux qui ne sont pas / plus en vacances, vidant davantage encore Lyon, qui ne change rien pour moi : cloîtré et sans contact humain. Les arbres continuent à perdre leurs feuilles sous l’effet de la fournaise. Le monde a bien basculé, mais ça ne perturbe pas la voracité matérielle du troupeau humanoïde et ses gesticulations spatiales pour se croire heureux et comblé. Un léger vent brûlant suffit à faire se détacher nombre de feuilles de l’arbre juste en face de ma fenêtre. Va-t-il encore supporter cette carbonisation prolongée ? Ce n’est plus l’automne qui verra les feuilles mortes, il ne recueillera plus que des arbres à l’agonie, en extrême stress hydrique comme on dit savamment. L’été n’a plus rien de la saison d’épanouissement de la nature, ce n’est plus que son tombeau caniculaire.

 

Pensées fugaces

Majesté de la Nature, constructions humaines étriquées.

Lorsque le vent anime cette palette de verdure, le temps retrouve sa quiétude.

Cette évidente profusion de la vie dont le déclenchement a pourtant été si improbable.

Conceptualiser ce qui échappe à nos faibles sens permet d’aller outre la surface, d’embrasser les profondeurs inapprochables.

La source des maux humains : son infecte coagulation au groupe et son instable parade du pouvoir à tout prix pour les plus malfaisants.

La tare de l’organisation politique est de favoriser les pires spécimens de l’espèce qui, de fait, se croient supérieurs au reste.

Le principe même d’une société est d’être malade de la violence qu’elle engendre, fruit de cette promiscuité et des meutes de mâles en mal de domination, de ces paradeurs sans une once de raison.

Un diariste ne doit pas verser dans l’astreignant compte rendu exhaustif, mais assouvir cette urgence d’écrire sur les sujets et selon les angles qui s’imposent d’évidence.

 

Charles Juliet m'apprend que Baudelaire a vécu à Lyon, de 11 à 15 ans, rue d'Auvergne. Une plaque peu visible le rappelle. Je n'ai pas le numéro mais ça vaudrait la peine de parcourir toute la rue pour découvrir l'immeuble où il passa les débuts de son adolescence.

 

Juliet - 22 juin 1998 – Alors qu'il répond à la question "Pourquoi écrivez-vous ?" il évoque son processus psychique.

"Insensiblement, je m'éloigne de mes semblables, de ce que me prescrit la société. La solitude s'accroît. Et ce sont alors les premiers pas de la "descente aux enfers." De longues périodes de détresse, de perdition."

 

Le parti-pris de l’enfermement répond bien à l’absence de projet. Ce nihilisme douillet nourrit l’amorphe lassitude, sans plus d’illusion. L’Absolu des sentiments ne pouvant se vivre prend la forme d’une impasse mortifère.

Le Nid, par son harmonieuse imprégnation de ma Blandine, l’esthétisme qui s’en exhale, apaise ma déshérence et donne un confort à mes tourments. Ne surtout pas me plaindre au regard des souffrances incurables qui frappent nombre de mes contemporains. Pas philanthrope pour m’en émouvoir plus que le temps de ces quelques lignes. Aucun engagement ne m’anime. Laisser gesticuler ce monde et y piocher les quelques fruits assurant mon minimum existentiel.

 

Dans la rubrique sordides rets asociaux, vu un C dans l’air sur l’affaire Parmenove (?), ce streamer mort en direct cet été suite aux mauvais traitements subis pour quelques milliers d’euros. Les 180 000 abonnés à sa chaîne, lui à la fois influenceur et victime semi consentante, incarnent l’abject penchant de l’hubasnité, celui qui nourrit ses pulsions morbides par un voyeurisme anonymisé. A vomir.

 

Côté actualité, toujours les mêmes abjections criminelles perpétrées par les nazes Israéliens et rien ne semble pouvoir réfréner les ignominieux comportements de la terroriste armée qui tue les civils affamés venus pour tenter de saisir quelque nourriture. Ce crime contre l’humanité commis par les descendants de la Shoah restera sans doute comme l’un des pires du XXIème siècle, quoi qu’en disent la plupart des médias et experts complaisants arcboutés sur le 7 Octobre du Hamas. Rien ne peut excuser la disproportion massive, incommensurablement massive, des représailles israéliennes qui, finalement, sont dans la macabre logique des décennies antérieures d’oppression, d’exactions et d’extermination du peuple palestinien. Le syndrome du pédocriminel violé dans son enfance se retrouve ici à l’échelle d’un groupe humain : les nazes Israéliens, impitoyables bourreaux des Palestiniens. Plus jamais ils ne pourront se draper dans ce que leurs ancêtres ont subi : leur crime est désormais trop profond et durable grâce au soutien des bréneux Etats-Honnis.

 

Septembre

 

La lecture du Journal d’un corps de Pennac fait remonter en moi la partie merveilleuse des quelques années passées au château d’O. – ce qui n’atténue évidemment en rien la salauderie perverse de son autoproclamé chef mesnique. Ainsi, lorsque le garçon de 14 ans évoque les sauts nus dans le blé fraîchement coupé, cela me renvoie aux aventures que nous inventions, habillés, dans la ferme du château, petite maison en semi ruine dans le parc à l’arrière, et plus précisément dans l’endroit où le petit bois à fagots était stocké. Cet entrelacs de branchages offrait une variété de combinaisons ludiques que nous testions – les trois neuf, par exemple, puisque nous avions le même âge à quelques semaines près – et enrichissions de nouvelles règles au gré de notre voracité à jouer.

La pièce attenante, baptisée l’Atelier, accueillait les plus improbables objets métalliques – beaucoup de tuyaux de toutes longueurs et diamètres – pour étoffer son coin bricolage. Chacun avait un pan de mur attribué et nous nous en sentions, avec la zone au sol correspondant, comme propriétaire ou, au moins, dépositaire exclusif. Que d’improvisations à simuler du bricolage ont été déployées ici… tout comme les courses poursuites à travers les pièces sans porte et autour de la ferme : les frayeurs, les joies, les emballements… tout pour constituer la palette émotionnelle requise pour les décennies à venir. Merci Pennac de me ramener tout cela en mémoire.

 

Pitoyable représentation nationale.

En n’accordant pas sa confiance au raisonnable Bayrou, elle livre la France à davantage d’incertitudes et aux charognards financiers. Plus rien n’est à la hauteur des tragiques circonstances. Il ne reste plus qu’à s’en remettre à une hypothétique providence.

 

En rejoignant à vélo’v le Nid, passant devant le parking des Cuirassiers du centre commercial, une voiture, en sortant, fait mine de ne pas me laisser la priorité à laquelle j’avais droit, mais je continue ma route et passant devant elle ce qui l’oblige à freiner. Une fois passé je vois la fenêtre avant côté passager qui s’ouvre et le visage archétype du jeune connard à étriper qui tente (vainement) de m’atteindre via un piteux crachas. « Saloperie ! » que je tonne en continuant ma route. Cet excrément humanoïde cumule le pire de cette pseudo humanité.

 

7h51 – Un peu de Pennac au réveil, avec la caressante fraîcheur qui investit le Nid toutes fenêtres ouvertes avant que la pluie ne fasse dégringoler le mercure, je tiens bien mieux les pages que le soir.

A l’approche des trente ans, le voilà père après la description par le menu physiologicorporel du coup de foudre pour Mona. Autant celui-ci m’a captivé, autant cette phase paternelle me fait bâiller, au mieux. Etranger à ce statut, arrêté dans mon développement d’être, sans doute, je reste en retrait de nombre d’étapes banales ou du moins incontournables pour la plupart de mes congénères. Il y aura eu quelque chose du témoin inachevé dans mon parcours existentiel.

 

Plus rien à espérer de ce monde sous la coupe d’ordures aux commandes et au premier rang l’obscène Trump dont la dégénérescence d’a d’égal que l’enflure de ce qui lui sert d’âme, forme de serpillère tout juste bonne pour se torcher.

 

Laure Mondeville, une spécialiste des Etats-Honnis régulièrement invitée dans l’émission C dans l’air, a su pousser l’expertise jusqu’à l’impensable parallèle… absurde jusqu’au grotesque : la part gaulliste de Trump ! Rien que ça ! Le porc décérébré s’étant fendu de quelques dérisoires remarques désobligeantes sur l’ONU, le voilà critique dans la lignée gaulliste. Quand on en est rendu à ça ! autant fermer boutique et se reconvertir en involontaire amuseur public.

Quant au Trump, il faudrait l’engluer sous un monceau d’immondices pour qu’il se fonde enfin dans le décor et l’étouffer dans son jus d’insane cacochyme. Le pitre des Etats-Honnis ne doit pas vivre plus longtemps, sa malfaisance a suffisamment duré et empuantit ce XXIème

 

Ça y est, on l’a notre ex président futur taulard… Chirac y avait échappé, son héritier félon, Sarkozy, y fera au moins un passage. Rien à dire de plus n’ayant pas eu accès aux motivations du jugement.

 

Rester comme piéton à l’angle de l’avenue Thiers et du cours Vitton édifie, dans mon cas simple confirmation, sur la nature de l’automobiliste. Plus rien ne compte que son avancée empêchée par les autres. Ce surpeuplement sur enrobé le rend fou : l’écart entre le potentiel de sa Taule ondulée et l’encombrée réalité fait disjoncter en lui – en elle – toute retenue civilisée. Assis, le pied sur la pédale, cramponné au volant, il libère ses infâmes instincts.

 

Assister aux mamours fornicateurs Trump-Netanyahu après l’artificiel et honteux plan proposé par le gros lard yankee, incite à ne plus se croire de la même espèce que ces enflures génocidaires. Quand seront éliminés de la scène géopolitique ces paradeurs emplis de morgue mortifère ? Malheureusement l’époque favorise le pire et les masses cautionnent.

Ainsi, en France, la population à œillères persiste dans le déni de la situation de pré-effondrement financier du pays. Recroquevillée sur ses sacrés droits et pouvoir d’achat, elle refuse tout effort partagé… comme si la seule paupérisation des plus riches, comme au sale temps du communisme appliqué à la sauce soviétique, pouvait résoudre le cumul de cinquante ans d’endettement. Dernier budget français à l’équilibre, sic le viré Bayrou, 1975…

 

Octobre

Sombre et troublé après avoir vu les trois quarts de The Father avec Hopkins, magistral comme toujours. La vieillesse acariâtre rongée par la démence sénile, voilà qui résonne en moi à plusieurs niveaux.

 

Depuis le cimetière ancien – Je viens de mettre en pot le Chamaec Yparis Lawel et le Skimmia Rubella qui devraient résister à l’hiver. Le soleil se montre : le sapin au vert d’un cèdre du Liban et avec sa double branche surplombe magnifiquement l’emplacement. Le recueillement, après l’activité de rempotage et le nettoyage de l’emplacement, fait remonter, en vagues émotionnelles, ce quart d’existence partagé.

Rejoindre maintenant notre Nid, mais avant, comme à chaque fois, effleurer du bout de l’index gauche le bout de son petit nez sur la photo.

 

6 octobre – Vide et sans ressort. Même plus envie de savoir qui m’adresse un message pour cette date. Je ne veux plus être fêté, de quelque manière que ce soit. Plus de sens pour moi. Soirée dans le sombre et le silence.

 

Côté scène politique, entre charognards moribonds et opportunistes égocentrés, plus rien pour sortir du lot et rassurer. La pente conduit sans détour à la fosse. Même plus les institutions le problème, juste ce dégueulis de la classe politique. Un gouvernement mort-né, celui de Lecornu, voilà qui n’était pas arrivé depuis les à-coups de la Révolution française. Si la Terreur doit suivre, l’exemple outre-atlantique pourrait s’imposer.

Le sinistre tintamarre politique navre : aucune capacité à dépasser ses chapelles et renoncer à ses minables ambitions au profit du pays. Entre égocratie et ochlocratie, le système se grippe dangereusement.

 

La puissance d’une écriture tient à sa capacité, alors qu’elle est le fait d’autrui, de résonner en nous comme si nous en étions la source. Pennac a cette incroyable intuition scripturale qui se mêle, sitôt lue, à ce que j’ai pu vivre, constater, ressentir. Comme si j’ouvrais l’ouvrage de ma propre vie. Ainsi à 55 ans 4 mois et 17 jours, le diariste fictif, et pourtant si authentique, note sa découverte, sur le dos d’une de ses mains, la première « petite tache de café », premier signe dermatologique de la vieillesse qui, imperceptiblement, émerge et s’installe. Ces « fleurs de cimetière » vont se multiplier les dernières décennies passant, jusqu’à me faire ressembler tout à fait à celles et ceux, courbés et fragiles, que je croise sans m’avouer qu’ils sont ma prochaine réalité corporelle.

 

lndigne et indécent encensement du Gnathon-Trump faiseur de pets sans consistance après avoir financé le crime génocidaire d’Israël. Une honte de voir les autres nations se coucher devant l’adipeux et incohérent clown funeste.

 

À remuer en moi l'impossible, l'inaccompli, l'inatteignable je gâche volontairement le peu de vie valide qu'il me reste. Voilà mon lent mais appliqué suicide. Pas un coup bref qui fait perdre et sa conscience et ce qui vous constitue, mais la privation au long cours de ce qui aurait pu être mais ne sera jamais.

 

Quel terme inventer – car je ne crois pas qu’il existe en français – pour nommer cette haine éprouvée contre la part, j’espère minoritaire, de la population, que je désigne souvent comme les malfaisants, qui casse, dégrade, met la vie d’autrui en danger pour satisfaire sa puante jouissance de se croire exister ? Hier, par exemple, un criminel automobiliste fonçant à près de cent kilomètres heure dans la rue du 1er Mars 1943 à Villeurbanne ; deux branleurs sur un vélo’v électrique avec l’assurance de voiler les roues ; tel dégénéré sur sa trottinette de merde parcourant à vive allure un trottoir ; l’enflure qui, vers quatre heures du matin, avec sa taule ondulée sur deux ou quatre roues, pétarade pour réveiller un maximum de personnes ; et la liste est ouverte. Point de racisme, car je me contrefous de l’origine de ces connards en triple couches. Point une misanthropie générale, même si certains comportements collectifs suscitent chez moi un rejet massif, cette exécration des malfaisants n’a pas de substantif adéquat pour la résumer.

Pas une question de catégorie sociale non plus, car les Trump, Musk, Netanyahu et autres ordures politiques, ont cette même salauderie autocentrée avec, en outre, la capacité d’occasionner des tragédies à l’échelle de tout ou partie du globe. Le fond relève de cette impunité où seuls comptent ses intérêts.

 

Après avoir visionné le documentaire sur le VIVANT et ses interactions avec les roches, le minéral… L’emballement que signe l’anthropocène semble encore largement sous-estimé et nos modes de vie conservent le funeste cap. La conscience de l’irréversible bascule ne viendra qu’avec les hécatombes humaines… et encore faut-il qu’elles s’abattent dans les zones où la prétendue vie évoluée a rendu ses gras habitants encore plus imperméables à toute alerte. Mais il sera alors vraiment trop tard… pour nous, et nous laisserons une Terre établissant de nouveaux équilibres, des couches de béton en lieu et place des roches. Lisse extinction de l’espèce.

 

Là où mes congénères s’agitent pour démultiplier les contacts, les relations les flyers, les likes et autres esbroufes prétendument interactives, je cultive la rareté. Alors que chacun cherche à trainer sa carcasse en sursis dans tous les coins de la surface, se figurant étoffer ainsi son expérience, enrichir sa connaissance et, allons-y, fortifier l’amour pour son prochain, j’ancre mon être dans ce territoire choisi, non pour ses habitants ou pour les laideurs bâtimentaires de ces soixante dernières années, mais pour ses trésors architecturaux hérités des siècles précédents et sa dimension encore humaine. Alors que tout un chacun ne se conçoit pas sans permis de conduire et la taule ondulée qu’il autorise, avec cette morgue de pseudo liberté qui enrage dès qu’elle est entravée par quelque encombrement dû, rappelons-lui, au mimétisme psychique de la masse sur enrobé, prêt au plus criminel comportement, je me dispense et de la taule et du permis d’annihiler ses restes d’humanité. Conduire, moi ? Jamais !

 

Ces petits riens qui irriguent notre existence et dont la prise de conscience submerge d'émotion lorsque la source originelle a disparu. Ainsi le petit café pris peu avant le départ et que me proposait ma Blandine chérie, mon Amour sans une ride, sans l'once d'une maladie dans mes pensées. Je la porte en moi à chaque instant, sa bonté comme un baume sur mes tourments.

 

Le comportement de certains de nos poètes éternels laisse songeur sur la nécessité, pour eux, du minable, du sordide, de la salauderie pour atteindre la quintessence créative.

Le duo Rimbaud-Verlaine occupe une place de choix dans cette catégorie : l'un drapé dans sa quête poétique, ou plutôt d'incarnation du poète en actes, multipliait les affronts infâmes, dans une crasse assumée, auprès de ceux qui lui tendaient la main et lui offraient un logis ; l'autre faisait subir l'enfer à son épouse, allant jusqu'à mettre le feu à sa chevelure, monstre marital dégorgeant sa pituite, infect alcolo aux antipodes de la douceur versifiée qu'il produisait.

 

Journal d’un corps achevé à l’instant. A 87 ans et 19 jours, le diariste fictif s’en est allé : « (…) il va falloir mourir. N’aie pas peur, je vais te montrer. » Une réussite littéraire. Tout y est de la trajectoire d’un homme épargné, pour l’essentiel, des malheurs magistraux, mais charriant ses chagrins, ses deuils, ses réussites et ses satisfactions filiales au fil d’un corps qui se transforme les décennies passant. Le style vif, efficace, m’a emmené jusqu’au terme du voyage.

 

15h07, depuis Nantes – Une heure dix d’attente avant d’entamer le long du voyage en TGV. Le temps de quelques digressions scripturales si l’inspiration s’invite.

Spécimen distractif à trois mètres en face : un monsieur, entre 40 et 50 ans, avec une bière et un journal de sport qu’il tente vainement de lire. Sans doute sujet à d’irrépressibles micro-endormissements, la tête penche, le torse ondule légèrement pour ne pas tomber en avant… et dès le réveil, la page est tournée pour essayer la suite. Lorsque son regard se lève vers la salle, l’air oscille entre éberlué et pris en faute d’assoupissement vainement réfréné. Portrait croqué pour occuper la plume sans aucune visée moqueuse.

Mon attention envers le monde s’inscrit dans cette incontrôlable inclination à se laisser gagner par un sommeil apaisant. Lâcher prise des coins urticants qui, avec ou sans conscience des maux du monde, continueront à démanger jusqu’à la plaie.

« Rachel » de Roberto Fonseca endiable la rythmique avant les renversements mélodiques de « With the Level in my Heart » de Collier. Brisons les retors jusqu’à la moelle.

Racler le fond de saison pour fantasmer une suite habitable. Les pastels se brisent aux coins du sale sens. Rien pour sauver les congénères aux régressives obsessions. Sinistres pitreries des ochlocrates prêts à éradiquer toute opposition raisonneuse.

Fascinante contrée des découvreurs scientifiques : ainsi les éponges moléculaires qui, si leur systématisation se dessine, pourraient laisser entrevoir une solution aux émissions excessives des gaz responsables du dérèglement climatique. Faire confiance aux avancées scientifiques en cours pour résoudre, ou tout au moins atténuer le désastre annoncé de l’anthropocène ou garder le cap alarmiste pour éviter le mortifère processus ? Sédimenter ses angoisses et en craquer les échos pour l’ultime et définitive tentative… voilà le néant sémantique, plus de rien…

Les volutes de l’espace-temps, messagères de fusions aux confins, signent l’infinitésimale condition humaine. Comprendre pour relativiser, voilà la noblesse de l’esprit humain lorsqu’il renonce à l’aveuglant anthropocentrisme.

 

Novembre

 

1995, trente ans déjà, sortait La haine revu ce soir… La laideur concentrationnaire des cités s’impose toujours et les tensions avec les forces de l’ordre n’ont pas faibli. D’autres problématiques s’ajoutent comme la radicalisation islamiste ou le conflit naze israélo-palestinien. Pas sûr que les rapports entre le juif joué par Cassel et l’arabe se passent si bien désormais. Tous les thèmes abordés restent sur le feu, mais l’invisibilité des femmes dans ce film, en dehors de la dimension familiale, rend quelque peu archaïque la peinture sociale.

 

L’univers éditorial se dégrade un peu plus avec la « bouillie » scripturale produite par l’artificielle intelligence. Le mastodonte Amazon du charognard Bezos participe au diarrhéique envahissement. N’importe qui peut demander l’écriture d’un ouvrage et le mettre en vente sur le site. Plus aucune créativité, pas la moindre expertise humaine sur le sujet, juste la compilation de données déjà publiées sur Internet et mises en forme pour constituer la publication. Cette infecte soupe risque de se substituer à la littérature des siècles humains, car davantage accessible aux cortex fainéants.

Finalement, en n’entrant pas dans le bal pipé de l’édition je n’ai fait qu’anticiper un peu les effets de l’hécatombe éditoriale en cours.

 

Sérénité d’une vie loin de tout ; fond diffus de tristesse sans ma Blandine, je vogue hors des flots courants sans anticiper la suite ni appréhender la fin. Glissade au fil du temps sans horizon défini ni goût pour ce qui mobilise mes contemporains.

 

La morosité m’étreint jusqu’à l’engloutissement. A visionner les témoignages de rescapés ou témoins des attentats du 15 novembre 2015, je ne favorise aucune atténuation. L’un de ceux devant être entendus à trois reprises dans le cadre d’une étude scientifique, la dernière devant se dérouler en 2026, est indiqué comme s’étant suicidé en 2024. Glaçant de se rappeler des signes, dans ses propos et sa gestuelle, préfigurant un futur passage à l’acte.

 

Quelques moments avec Pierre Arditi comme lecteur inspiré, à près de quatre-vingts ans, de son ami Ribes et de l’auteure Yasmina Khadra pour une scène de vieux couple au supermarché. Efficacité de l’écriture et de la lecture. Tous les stigmates de la vieillesse se trouvent transcendés par l’énergie du comédien.

 

Mon processus existentiel semble bien grippé. Je tourne en rond dans l’infernal défilement des jours, semaines, mois, années… à la fosse !

Ce soir, vu le second volet de l’adaptation des Misérables de Hugo avec Gabin comme Jean Valjean. Production soignée et une belle prestation qui éloigne de ce XXIe en frénésie et envahi d’éphémères.

Assèchement de cette carcasse de vie qui oscille entre dépression et bribes d’exaltation. Rien n’est mené au bout et le temps file dans une effective désocialisation.

L’écriture comme faux-semblant d’un pseudo sens à tout ça. Rien d’autre que du remplissage. D’où la raréfaction des manifestations. Du plus rien, voilà ma seule suite et fin.

 

Passé à la librairie Le plaisir du texte : plus d’une vingtaine de volumes pour étoffer ma collection Poésie / Gallimard. Hier soir, à l’aveugle, je retiens La rose détachée et autres poèmes de Pablo Neruda.

« Pourquoi, si mon âme est tombée,

ai-je conservé mon squelette ? »

La plume retrouve sa sève noire pour hydrater le papelard, mais le bouchon reste égaré, menaçant ainsi la pérennité du flux.

Bouchon retrouvé, mais la poésie de Neruda me laisse de marbre. Trop descriptive, comme mettant à plat des émotions jusqu’à en faire disparaître toute épaisseur accrochante. Rien qui m’aimante. Un autre s’y substituera ce soir, pour un vagabondage à l’horizontal.

 

Après avoir visionné la poignante reconstitution dans Des Vivants de l’assaut de la BRI dans le petit couloir du Bataclan où croupissait une douzaine d’otages avec les deux fous intégristes, je me plonge dans Les Châtiments de Hugo, bourrasque poétique croquant la forfaiture criminelle de « Napoléon le petit » et sa clique. On sent couler l’indignation à chaque vers et la prophétique sérénité de celui qui a l’histoire pour lui.

Cet empereur de pacotille,

« Puisqu’il est dans le meurtre jusqu’aux chevilles,

Prosternez-vous devant l’assassin tout-puissant,

Et léchez-lui les pieds pour effacer le sang ! »

Au XXIe, se nettoyer des usurpateurs qui pullulent à la tête de nations en déshérence.

 

Etrangeté, pour moi, de découvrir la sphère médiatique détenue par Bolloré et que je n’ai jamais lue (JDD), entendue (Europe 1) ou regardée (CNews). A travers le Complément d’enquête de France Télévision, les malhonnêtetés de Praud & Cie sont épinglées.

Plus aucune appétence pour l’actualité et son malodorant bouillonnement. Plus témoin de rien, déjà disparu.

 

Décembre

 

Se rendre à l’évidence : plus de goût à écrire. Juste l’inutile mécanique scripturale qui se voudrait expressive, alors que le creux règne, antichambre du néant.

La lassitude de vivre forge ma quotidienneté. Je ne trouve plus d’intérêt à quoi que ce soit, comme si tout glissait sur moi sans rien modifier de ma perdition mortifère.

Quelque exégète du Journal de Charles Juliet y analysait une écriture du « ressassement » pour les sombres premières années. Je suis vautré dans ça pour mes dernières années.

 

J’ai vérifié être bien adhérent à La France humaniste de Dominique de Villepin, seule figure politique française pouvant conduire dignement le pays, avec cette gravité gaullienne qui convient aux circonstances.

Comme il est loin le temps où mon vitriol en herbe tentait de l’égratigner. D’une intervention l’autre, il me convainc un peu plus à chaque fois dans la sage justesse de son diagnostic d’une France en souffrance. Voilà la personnalité qu’il faudrait à la tête des Nations Unies d’Europe, aujourd’hui seule voie pour que l’on pèse afin de s’opposer aux dégueulis au pouvoir : Trump, Poutine, Netanyahu… et un certain « Adolf Hitler », nouveau président du Yémen.

Le monde s’enfonce et le chaos guette.

La justesse de ses propos, au fil des mois, laisse entrevoir ce que pouvait être l’exemplaire parole d’une France phare lorsque de Gaulle en tenait les rênes. Tout le reste fait bien pâle figure à côté : du teigneux Mélenchon à l’insipide Bardella en passant par l’essoufflé Macron, rien pour rasséréner le pays embourbé.

Face aux prédateurs alentour et à l’inaptitude européenne pour prendre une réelle épaisseur géopolitique, reste la voie gaullienne, celle qui se démarque sans concession des Etats-Honnis et délivre un message à la mesure des temps troublés.

Qu’avons-nous à faire désormais dans une OTAN dirigée par l’insane et grotesque Trump ? Dangereuse pitrerie qui nous ferait déclarer la guerre par un effet dominos d’alliances alors que dans ce groupe otanien figurent des pays avec lesquels nous ne partageons plus rien. Funeste perspective.

Il faut un de Villepin pour une sagesse du faire, une hauteur du dire et la noblesse de l’être.

 

Les presque cent lumignons répartis entre les six fenêtres du Nid brûlent encore. Moi, au fond du lit avec sans doute une rhino-pharyngite. Inhalation, pulvérisation nasale, tisane au thym et paracétamol…

 

Au hasard du rayon Poésie pour ce soir : quelques Petits poèmes en prose nappés du Spleen baudelairien de Paris. Du grand œuvre donc…

Les « nerfs trop tendus [de Baudelaire] ne donnent plus que des vibrations criardes et douloureuses » et font surgir ceux, presque un siècle plus tard, que mentionnera Artaud dans son Ombilic maladif et transcendant.

Je ressens l’épaisseur éternelle de ces poètes qui ont su trouver leur petite musique. Je me débats toujours pour dénicher la mienne.

Dans « Le chien et le flacon », en une phrase, le saisissement des comportements bassement politiques des temps perdus : « vous ressemblez » à l’électeur « à qui il ne faut jamais présenter des parfums délicieux qui l’exaspèrent, mais des ordures soigneusement choisies ». La palette ordurière a atteint de putrides cimes en 2025.

Ce Spleen de Paris, paru en 1869, tout juste un siècle avant mon égarement ici-bas…

 

 



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