Dix ans ont passé depuis les
attentats contre la rédaction du journal satirique et le pays semble bien loin
des préoccupations d’alors. Parmi les images du 7 janvier 2015 rediffusées,
celle d’un homme s’indignant que le jour même il ait croisé des jeunes
affichant un sourire voire ouvertement hilare en évoquant le massacre perpétré
par les frères à chier. Un révélateur d’une société porteuse de divisions
civilisationnelles, entre une minorité en expansion qui se radicalise et une
majorité en inquiétude qui s’extrêmise.
Delirium tremens : voilà ce qui attend la Communauté
internationale sous la coupe économique du sordide tandem Trump-Musk. Dès le 21
janvier les expectorations vont se multiplier.
Vu un documentaire en trois
volets sur Jean-Marie Le Pen dont la mort récente a déclenché des festoiements
de la part de ses ennemis idéologiques. Son inhumation a eu lieu ce jour. Un
parcours de combat permanent où le népotisme appliqué à la fin de cette longue
carrière ne suffira pas à calmer ses fracas verbaux. La dernière image (de
2022) le montrant vieillard avec canne sur la terrasse de son hôtel particulier
à Montretout se dirigeant vers l’intérieur de la vaste demeure, rappelle que le
Temps gagne toujours, même contre les puissances affirmées. Sa place dans
l’histoire politique française n’est pas secondaire et trouvera peut-être une
consécration indirecte lors des prochaines Présidentielles, même si le RN
(expression qu’il emploie d’ailleurs dans un discours bien antérieur à la
volonté de sa fille de changer la dénomination du parti) fait tout pour faire
croire à son profond changement interne. La « lepénisation des
esprits », expression de R. Badinter, soulignera sa persistance posthume.
Journal de Charles Juliet, 25 février 1983 –
"Notre drame, c'est qu'il nous manque trop souvent l'énergie d'être
pleinement ce que nous sommes. De vivre selon nos véritables aspirations."
J'ajoute en manuscrit au bas de la page que lorsque cette aspiration trouve
incarnation mais s'avère impossible à vivre, c'est la souffrance à perpétuité
qui s'y substitue.
Vélo’v ou vrai vol ?
L’involution qui se pare
d’écologisme : la dernière opération de la société Decaux revient à
augmenter de plus de 250% son abonnement annuel, sous prétexte d’inciter à se
mettre à l’électrique, alors que l’utilisation du vélo’v classique, poussé par
la seule force musculaire, est bien plus respectueuse de l’environnement. Eh
bien non ! Pour ceux qui choisissent de conserver l’abonnement de base le
parc de vélo’v à disposition va drastiquement se réduire. Les vélo’verts
porteurs de batterie ne pourront être empruntés, si la station n’a plus de
vélo’v mécanique à disposition, qu’en déboursant un euro par trajet ! En
gros : un aller-retour sur moins d’une heure en vélo’v électrique coûtera
plus cher que de faire de déplacement en TCL. Un comble !
Sans doute beaucoup d’abonnés
n’auront pas lu attentivement le détail du mail informant des changements et
auront la surprise d’être débités à chaque décrochage d’un vélo’vert… de rage
ou de dépit.
Février
Première partie d’acrostweet
achevée, celui sur l’abbé Pierre rappelant l’image entretenue pendant un
demi-siècle. Suivra la sordide et criminelle réalité d’Henry Grouès qui a
harcelé et violé des dizaines de proies féminines. Il a rejoint cette galerie des
suintantes horreurs, avec son air contrit qui dissimulait le prédateur sexuel
en série.
Cette respectabilité affichée
dissimule l’immondice cultivée dans ses inavouables recoins.
Tellement vide vie que la
substance même manque à nourrir cette expression écrite devenue mécanique
traçante sans plus aucun message. Pousser la mise en forme jusqu’à l’inanité.
Coupé de tout, je fais passer le message à quelques membres des familles que je
serai désormais beaucoup moins présent. Le sommeil m’envahit, pré-mort de celui
qui n’a plus rien à défendre. Armes rendues.
Trump sans filtre pour un
crime de guerre assumé en forme de projet paradisiaque : déplacer de force
les Gazaouis puis construire une riviera sans plus un habitant d’origine, juste de
gras Américains et des pourceaux israéliens venant dorer leur épiderme. Quel
triste cirque que ces déclarations d’intention.
Le criminel parcours
colonisateur de la France, comme celui de nombreux pays européens, édifie sur
l’ensanglantement des prétendues Lumières charriées par nos troupes et
impitoyablement imposées. Cette obsession-prétexte de civiliser ces contrées
pour mieux piller et dominer reste l’antienne de toutes les nations
carnassières. Ces rapports de domination restent la plaie de l’espèce humaine. Pas
d’évolution notable en la matière.
Le ratatiné Attali passe un
court instant dans C dans l’air pour seriner ses pseudo démonstrations
d’il-n’y-a-rien-de-nouveau-sous-le-soleil avec l’IA. Cet engouement pour
l’apparente pensée générée par l’algorithme traduit-il un basculement assumé
vers un autre modèle de fonctionnement socio-économique où la plupart des
activités humaines devront affronter ce paradigme non humain, mais créé par des
membres de notre espèce.
Au début de Chat GPT j’avais
relevé les incohérences voire les inventions fantaisistes sur certains sujets
plutôt que d’avouer sa méconnaissance. La pratique des références fantômes,
dans le secteur des sciences, m’inquiétait aussi sur la pollution à venir de
données bidon générées par ces collecteurs massifs de données. De là à retenir
cela comme de l’intelligence, c’est ignorer nombre de facettes de ce qui fait
notre esprit. Le raisonnement ne se résume pas à une simple performance appuyée
sur des monceaux de données. Que fait-on de la sensibilité, de l’intuition et
même de l’instinct humain ? Plus rien ne compterait que la triste
rationalité d’une mécanique intellectuelle sans surprise…
Réconcilié avec les vélo’v
électriques que je voyais d’un mauvais œil. Leur efficacité testée ce jour en
montant jusqu’à la Croix-Rousse, dont les stations se trouvent désormais
remplies de ces montures vertes, vaut bien un peu plus de huit euros par mois.
Une fois les quelques milliers de points utilisés pour cela, j’opterai pour ces
vélo’v. L’âge venant, certains parcours me seront ainsi plus aisés.
Début de visionnage du
documentaire en trois volets Le
gang de Poutine. Ceux qui l’ont
poussé vers le pouvoir voyait en lui un docile exécutant. La marionnette s’est
muée en féroce oligarque et en chef disposant de puissants services étatiques
pour éliminer les retors. Hitler lui aussi avait été nommé Chancelier dans
l’optique, pour les autres partis, de s’en servir contre l’autre camp. A chaque
fois les courtes vues de ceux qui se prétendent experts dans l’art politique.
Le Trump continue son insane
gouvernance. Il faudrait un boycott par l’ensemble des nations qui se voulaient
alliés de l’Etat fédéral et ne plus céder en rien. Cette vieille charogne
enflée emmerde le monde : que le monde l’asphyxie. Les ronds de jambe des
Lagarde, von der Leyen et autres grisâtres administreux doivent
cesser.
« Le Gang de
Poutine », titre d’un documentaire, a pris l’UE pour un ventre mou plein
de monnaie à faire dégorger. Trump roucoule son admiration pour l’autocrate et
s’apprête à capituler dans une pseudo négociation pour une paix en Ukraine qui
cèdera à Poutine tout ce qu’il désire. Les Européens, leurs dirigeants
politiques affligent tant, demeurant passifs face à tout cela.
Dimanche en quiétude avec
quelques pages de Juliet de l’année 1986, alors qu’à Cergy-Saint-Christophe je
faisais ma Première au tout neuf lycée que j’atteignais en traversant
l’imposant ensemble architectural de Bofill, que je surnommais le patriciat, par
opposition aux immeubles de la plèbe, hideux mais fonctionnels, et dans l’un
desquels je résidais, ma fenêtre donnant rue Mondétour, frontière asphaltée
entre ces deux univers. J’étais alors tout à ma poésie, en pleine genèse
lexicale pour faire naître quelques vers révoltés.
Si j’avais alors connu
l’existence d’un Juliet, lui aurais-je envoyé ces quelques poésies
pour recueillir son avis plutôt que d’être alors phagocyté par le manipulateur
d’Omiécourt ? Très incertain. Englué dans mes certitudes, je ne pouvais
envisager une autre voie que celle que Micberth manigançait. Faiblesse
psychique, très certainement, mais qui explique mon obsessionnel besoin d’un
retrait du monde, de n’avoir aucun cercle relationnel, aucune amitié suivie.
Enfin l’UE doit embrasser la
maturité politique. Face à la loufoque chimère Trumpoutine, les
dirigeants d’Europe doivent sauter le pas pour enfin montrer au reste de la
planète autre chose qu’un bide plein de soupe. Le traiter aussi bas que merde
puisque le Trumpoutine ne comprend que la force primaire. Plus de politique
avec l’enflure : le clouer à vif au pilori et piétiner sa triste carcasse.
Plus de docteur Frankenstein,
le monstre Trumpoutine s’autogénère et n’a aucun scrupule à exhiber le pire de
la nature humaine, au point de douter de la moindre similitude humaine avec la
repoussante créature.
Dans un documentaire consacré
au combat de mathématiciens pour faire libérer un collègue ukrainien des geôles
soviétiques, le vénérable Pierre Juquin, 95 ans, intervient. Incroyable
vivacité d’esprit et fraîcheur physique qui s’exhalent du bonhomme. Voilà un
modèle du bien vieillir qui me siérait parfaitement.
L’aube se fait lointaine
Ivresse desséchée
Les remugles testostéronés du
primaire Trumpoutine dessinent les indigestes contours d’un monde que l’on
devait préserver des cataclysmes suscités par nos décennies gloutonnes. Nous
voilà à nouveau le nez sur de pseudo événements créés de toutes pièces par ces puissants
emmerdeurs alors que de vrais enjeux pour notre devenir collectif se dressent.
Que de criminelles immaturités ! Elles obstruent le reste et nous font
perdre un temps vital pour agir. A désespérer.
Depuis tant de mois en cendre,
Plaies sans remède
Souffrance amorphe
Regard sans portée
Mon ras dégoût croise sa raie
bien potelée.
Le poids du vide rend la
pesanteur tétanisante. Monstrueuse sérénité privée de projet, d’avenir autre
que la quotidienne mécanique de ce qui meuble le temps. Au ras de la matière
noire, je me disloque, perds toute consistance, rongé par le néant. Cette désocialisation
n’est que la traduction d’un désintérêt pour ce qui pourrait étoffer la faune
et la flore de mon existence.
Pas pu regarder jusqu’au bout
le C dans l’air consacré à la rencontre Macron-Trump. Pas
un seul invité pour souligner l’indignité du Président français dans ses
roucoulades avec la blondasse otaricaine. Cette obsession communicationnelle
atteint un sordide grotesque.
Quand donc enverra-t-on se
faire foutre celui qui n’a comme colonne vertébrale politique que le cynique
opportunisme de son porte-monnaie ? Il est à vomir le gras cacochyme, et
voilà que Macron se frotte à lui, imaginant dans sa grande naïveté qu’il
parviendra ainsi à influence celui qui avait appelé au coup d’Etat
institutionnel dans son pays. Jusqu’où doit-on pousser la compromission ?
La Russie n’est donc pas, selon la position américano-trumpienne, l’agresseur
initial dans la guerre avec l’Ukraine. Poutine n’a rien du criminel de guerre
en chef. La prochaine étape sera quoi : déclarer Netanyahu bienfaiteur des
Gazaouis ?
Taper du poing et lui poser
des ultimatums : c’est la seule chose qu’il comprenne et craigne. Si l’UE,
ou tout modèle plus réduit de coopération renforcée, est incapable d’avoir
cette voix forte, morale et digne, alors qu’elle reste ce ventre mou économiques
maltraité par les Etats carnassiers.
Passage sur Beckett de Juliet qui résonnent
auprès de mes pires moments. Notamment ce constat. "Besoin forcené d'une
présence à soi-même qui peut aller jusqu'à tuer la vie et nous livrer à
l'hébétude. Torturante attente de ce qui pourrait nous assouvir et qui ne nous
est jamais accordé..."
Mars
La Trump de Poutine à
Zelensky
Après les mamours entre les
présidents français et américain, voilà la trempe filée au dirigeant ukrainien.
La prochaine étape c’est de jouer aux osselets le recours au feu
nucléaire ? Le Bureau ovale de la Blafarde Maison avait tout du sinistre
bac à boue. La barrique et son kapo Vance se sont acharnés à humilier Zelensky
traité comme un morveux malpoli ? Eh bien sûr le Trump aux puantes gonades
ne perd pas une occasion pour se planter comme le-plus-de-tous : « Je
peux être plus dur que n’importe quel être humain que vous avez jamais
vu ». Dans l’incomparable : la dimension de son égo à étaler sans
honte de ce qu’il impose. Du dégueulis. Un tel vide, le degré infâme des
apostrophes. Comment raisonner avec subtilité lorsqu’on est rendu à une telle
abjection d’infravidus. Sa tirade sur Poutine et la « fausse
chasse aux sorcières » a tout de l’indigeste logorrhée. Digression
diarrhéique qui rend tous les délires de politiques médiocres des morceaux de
finesse. Le primaire de la testostérone vieillissante surjoue sa puissance et
son Vance se défoule.
Ce soir, alors que j’étais au
lit, j’ai éprouvé le besoin de laisser le petit globe lumineux éclairer nos
cinq dernières photos ensemble prises au Val Rosay en octobre 2023, la porte de
la chambre grande ouverte pour les deviner derrière le halo de lumière
intensifié par les bougies placées non loin, près de son doudou assis.
Le traumatisme de perdre
prématurément celle dont on partage la douce existence depuis vingt-deux ans ne
peut s’accommoder du temps qui passe. Il reste intemporel par son aiguisement
renouvelé.
Les laideurs du monde
demeurent à l’extérieur du Nid.
Discours sur l’état de l’union
des Etats-Honnis de Trump : le voilà idéologisant ses propos, promettant
d’être à la tête de la civilisation dominatrice « comme il n’y en a jamais
eu », selon l’hyperbole habituelle chez lui. De là à décréter les Ricains
comme modèles de la race supérieure… Tout comme Hitler ressemble à tout sauf à
l’aryen qu’il préconisait, Trump est grotesque en incarnation de cette
domination civilisationnelle.
L’affaire du chirurgien Le
Scouarnec réunit en un individu le pire de ce qui peut se concevoir en matière
de déviances sexuelles. Le pervers avait consigné dans des dizaines de carnets
le détail des horreurs perpétrées. Le diarisme au service de l’immonde. Pas
fait pour rehausser le genre dans l’univers littéraire.
Je sous-vis tel un vieillard
détaché de tout. Tous les stigmates psychiques d’un âge très avancé je les
présente dès aujourd’hui comme pour m’y habituer dès maintenant. Les lignes se
trainent car tournées vers le néant. Cette extrême fatigue psychologique me
fait lâcher la plume de plus en plus vite.
Allergique à la présence
humaine, exécrant les rassemblements, il reste à s'exercer à la solitude
éternelle, la cadavérique. Je ne reviendrai plus parmi les vivants, plus de
raison qui vaille pour cela, plus l'énergie. Je suis mort aussi le 29 décembre
2023.
Dans ce brouillard de vie qui
obstrue tout, où la politique ne ressemble plus qu’à une médiocre foire
d’empoigne, je m’efforce à écrire pour ne rien exprimer de fondamental. Juste
quelques vagues ressentis. Et pourtant l’acte se fait source d’équilibre dans
ce laid chaos.
L’escroc Fillon fantasme son
retour via un entretien pro-Poutine dans un magazine de droite conservatrice.
Lui qui a été grassement rémunéré par des entités russes se veut crédible sur
la question. Quelle honte incarnée. Pourquoi ces gens évacués ont-ils
l’obscénité du retour ? Pour le reste, que des chancres maladivement durs
dans cette vomitive géopolitique.
Les quelques pages lues de
Juliet-1987 trouvent moins d’écho en moi. Une curiosité tout de même : sa
visite à Ernst Jünger qui le fascine par quelques aspects alors que l’œuvre ne
l’a, en réalité, jamais accroché. Le peu d’humanité que l’auteur allemand
montrerait dans sa relation des années de guerre (la Première) assècherait son
contenu. En parcourant sa biographie sur Wikipédia j’apprends qu’il
a rencontré Paul Léautaud et même traduit l’un de ses écrits.
En lieu et place d’un film
enregistré je découvre La Femme de
ménage avec le regretté Bacri et
la toute jeune Emilie Duquenne qui vient de succomber, à 43 ans, à une forme
rare de cancer de la glande surrénale. Programme bouleversé pour cette brutale
et si prématurée disparition. Mort individuelle et, outre-Méditerranée, continue
l’hécatombe génocidaire perpétrée par la sale armée terroriste du criminel
Netanyahu soutenu sans borne par la blondasse barrique sur le retour. A vomir.
Plus rien à espérer de cette géopolitique.
Parmi les quelques tâches du
jour, l’une m’a remué aux tréfonds : le recadrage de photos pour des
portraits de ma Blandine qui défileront en aléatoire sur le cadre numérique. Je
retrouve toute l’adorable gamme des expressions de son visage et certains
regards qui bouleversent tant je la sens là et si absente à la fois.
Avril
Mes compulsions d’achat,
rarissimes, ont pris la forme d’une vingtaine d’ouvrages de la même
collection : NRF / Poésie
Gallimard venant étoffer les
quelques exemplaires déjà possédés. Pouvoir prendre à l’aveugle (sans lunettes
ni lentilles) un poète le soir pour découvrir quelques vers ou lignes calmera
mes plaies à l’âme, peut-être. Hier Michel Deguy et Poème II – 1970-1980 :
rien qui n’ait stupéfié mon esprit, mais une petite musique qui peuple sans
contrainte mes vastes vides.
Délirante scène du Gnathon
ricain brandissant une pancarte qui liste les pays devant subir l’augmentation
la plus conséquente des droits de douanes pour les produits exportés vers les
Etats-Honnis. Ainsi, pour l’UE, c’est plus 20% puisqu’il nous accuse d’empocher
39% de taxe, chiffre totalement farfelu (la taxation réelle serait d’un pour
cent). Le triste lard poursuit ses délires sans une once de dignité et entraîne
la communauté humaine dans un chaos économique au moins voire plus grave que
celui du krach de 1929 et ses conséquences mondiales. En cassant la mécanique
économique globale, il espère libérer son Etat fédéral d’une prétendue asphyxie
entretenue par les méchantes nations autour, plus de 180 sanctionnées.
Il est peut-être temps que le
reste du monde boycotte et ostracise cette minable première puissance qui a
remis cet étron à sa tête. S’il persiste, c’est bien tout le système mondial
qui pourrait vaciller.
Deux petits délices
scripturaux de tôt matin : la description, pour illustrer le droit de
sauter des pages en cours de lecture, de sa découverte gourmande, lorsque
Pennac a 12 ou 13 ans, de Guerre
et Paix donné par son frère cinq
ans plus âgé ; la décision du grand-père d’Averroès, comme juge, de
réprimander les hommes qui se couvrent le visage et conservent ainsi
illégitimement dans le cadre andalous leur pratique systématique dans l’hostile
désert, alors que les femmes ont le visage totalement visible…
Rien pour se réjouir lorsqu’on
parcourt la galerie des mâles aux appétits primaires qui peuvent faire basculer
le monde dans un chaos belliqueux voire dans une troisième guerre mondiale.
Toujours ces dérisoires questions de puissance territoriale, d’accaparement de
richesses, selon les critères capitalistiques, d’assujettir les populations
comme si elles leur appartenaient. Cette conduite politique personnalisée de la
plus dangereuse manière nous culbutent dans l’impasse faisant perdre le temps
vital que la communauté humaine devrait consacrer à tenter d’enrayer
l’essentielle et titanesque question de l’habitabilité de la Terre par le
vivant, nous inclus. En lieu et place ces criminels dirigeants en sont encore
aux obscènes réflexes du Vingtième. Aucun enseignement tiré de ses sanglantes
facettes. Presque l’impression que les Netanyahu, Poutine, Xi Jinping, Trump et
autres pervers du pouvoir veulent se prouver qu’ils peuvent faire pire que
leurs mortifères aînés. Avant leur propre disparition, ces bientôt vieillards
empuantissent le monde. Et l’on voit bien que, démocratie ou pas, rien n’arrête
la prise de pouvoir de ces psychopathes de la géopolitique. Rien chez eux, pas
une pensée, pas un geste, aucun trait de caractère ne légitime qu’ils puissent
disposer de l’existence des milliards d’autres. Il est peut-être juste trop
tard.
Mon Châtiment – En juillet 1852 Victor Hugo résume mon
état :
"Dans le noir chariot aux
cellules souillées
Où le captif, sans air, sans
jour, sans pleurs dans l'œil,
N'est plus qu'un mort vivant
assis dans son cercueil."
Interrompre les cycles, le
toujours recommencé, la barbante exhibition des jeux de rôle sociaux. Ce calme
harmonieux de la Nature face aux simagrées grimaçantes d’une hubasnité dont la prétendue conscience autoriserait à tous les abus. En tête
d’une calamiteuse proue, tous ceux qui s’arrogent le pouvoir, de gré
démocrasstique ou de force autocrasstique, et se croient légitimes pour décider
de la vie ou de la mort des autres.
Dans l’hexagone, dans l’Union
européenne, encore le privilège d’être maître de son existence. Le
laisser-vivre, mais pour combien de temps encore ? Les salopards
égocentrés aux manettes de l’Amérussie, d’Israël, de la Chine, de la Corée du Nord
et de tant d’autres territoires confisqués par ces tristes dingues qui
devraient croupir en geôle pour les plus éclairés ou dans une unité
psychiatrique cadenassée pour les moins rationnels.
Le CON-Trump du jour : jouissotte dans son frocking en évoquant les dizaines de dirigeants qui
ont déjà fait la démarche de lui « lécher le cul » pour obtenir un
rabais sur les tarifs de douanes imposés. Degré zéro de la politique ?
C’est même encore trop élevé pour le gros lard. A force de tout piétiner, il va
atteindre le néant. Peut-être faudrait-il l’évacuer de la scène publique et ne
plus l’évoquer.
Au fond de la fosse, ça pue le
néant. Je n'émerge plus, englouti par l'inanité du reste-à-crever. Allergique à
la vie, sûrement. Trop tard, trop agonisant, je ne peux plus rien.
« Eeni Meeni Myni
Mo » du mélodieux Omar, dont j’ai acheté le premier CD rue Mouffetard à
Big Lutèce en 1990, me fait garder un semblant de rythme. Berge cultivée par
allergie misanthropique galopante. Du collectif qui sombre, de l’individuel aux
foirades glorifiées. Que leur dérisoire pouvoir d’achat les étouffe pour
l’addition finale.
Mon cycle s’achève. Un petit
tour tourmenté et l’âme rejoint la matière noire par l’ensevelissement
désordonné. Outrage à l’éternité un tel gâchis du vivant.
S’arracher jusqu’à
l’émiettement. En-deçà de la survie, l’illusion d’être. L’errance déchire les
amarres pour ensevelir ce qui restait viable.
Le Prince de Machiavel doit être considéré comme un
manuel de sauvegarde ultime pour un Etat menacé. En dehors de cette épreuve
extrême, ce sont les Discours sur
la première décade de Tite-Live
qui importent dans leur mesure et leur reconnaissance du système républicain.
L’inculture fait s’en remettre à la version simpliste, car incomplète, de sa
pensée.
En poésie, redécouverte de la
densité créative de Mallarmé. L’hermétisme dont on étiquette son écriture
révèle plutôt la profondeur de sa singularité lexicale, ce qui dissuade
d’ailleurs de consacrer du temps à apprendre les rudiments d’une autre langue.
A se laisser voguer sur les
rouleaux mallarméens, le tournis de la profusion sans borne étreint.
La pourriture américaine
gangrène le monde. Ne plus se fier à quoi que ce soit. L’exemple de la
politique de mise à l’index de milliers d’ouvrages considérés comme nocifs
laisse songeur : haro sur les livres, mais totale permissivité sur
Internet. Cynisme mercantile ou crétinerie achevée ? Pour l’instant
l’essentiel de la politique trumpienne prend la forme d’une verbalisation à
outrance, mais lorsque les morts se cumuleront, il sera trop tard et le monde
traversera à nouveau des ténèbres conçus de toute pièce.
A noter que le CON-Trump veut
finalement se montrer « gentil » avec l’inflexible Chine. La fermeté
paye avec la baudruche infantile. Un désastre incohérent à lui tout seul.
Triste pitre qui n’appelle que mépris.
Me voilà suspendu au fracas de
l’inaccompli
Corde au nœud coulant jusqu’à
la brisure
De l’aube au crépuscule la
vide contrée me ronge
Aspiré côté sombre,
l’étincelle étouffée.
En corps de souffrance, l’âme
convulse
Sans air, une lugubre mélodie
m’évacue
Aux confins du pathos, les
larmes acides.
Carboniser le reste jusqu’à
l’os.
Échoué à côté du monde, sans l’énergie ni
l’envie d’y retourner. A chaque fois que je suis contraint d’y passer
furtivement pour une course, un malaise me saisit.
Mai
1er mai, 5h43 – Picorer quelques vers entre parenthèses du
temps, loin de l’exécution. Quelques parcelles d’espace coloré qui rendent
fraîches les boues passées.
L’oiseau-chanteur a commencé
son impro de l’aube donnant le ton aux congénères.
Paisible, sans muguet.
Juliet, 5 mars 1989 :
« Ce qui est en jeu dans l’écriture demeure à l’abri de l’éloge et de la
critique, des reproches, voire du blâme. » La compagnie scripturale de
Charles Juliet préserve les quelques miettes d’humanisme me restant dans un
coin.
Le 3 avril il s’inquiète qu’on
puisse considérer son Journal comme « celui d’un malade » du
cortex. Assumer sa part pathologique, première règle de celui qui se livre par
l’écriture.
Sa trajectoire diariste, donc
existentielle, l’a conduit « du mal-être » à la
« sérénité » en transitant « par du désespoir ». Du
constructif en somme. L’inverse de ce que révèle mon Texte aux signes… qui charrie l’intime enfer de ce qu’un cœur de plaies percluses doit
endurer : ma compagne de vie à jamais perdue, mon Être de Vie inaccessible
pour toujours.
Pas séduit par les vers
sulfureux de Genet. Sans doute que la description par le menu charnel de cette
passion homosexuelle me rebute. Pas pu aller au bout du long poème dédié à
l’assassin Maurice Pilorge qui ouvre le fin recueil. Cela m’a refroidi pour le
reste. A reprendre lorsque le dégoût de fond de gorge sera atténué.
Fin d’après-midi sur les notes de
Sofiane Pamart – Que l’émotion
bienveillante étreigne ce qui nous relie encore. Grâce à toi, ma Blandine, je
préserve ce qui me rattache encore aux brins d’humanité. Veiller ces derniers
instants pour qu’ils ne disparaissent pas encore. Tenir une fois encore ta
douce main en déposant au creux de ton cou quelques mots chuchotés. Se sentir
habité par ces partages qui ont forgé ces années. Avouer ne pouvoir dépasser
ces temps, quel que soit l’entourage, car chaque instant aiguise l’absence. Sur
ces mélodies que tu ne peux écouter collée à moi, je ne peux que m’effondrer ou
prendre sur moi et donner le change dans une mise en scène socialisante.
Territoire de glaise, de
fruits fondus pour une pulpe de vie. S’élever loin, s’envoler aux confins et
respirer ce qui subsiste.
« Alaska » de
Sofiane Pamart transporte dans l’inexorable mélancolie des paysages
glacés : n’avoir plus que les traces pétrifiées de l’être aimé pour
accompagner sa suite et fin de vie ne peut qu’exacerber les hurlements
intérieurs camouflés par les obligations sociales.
De Juliet (1989) sur l’acte de
peindre, avec ce néologisme : « (…) l’œuvre peinte (…) est (…) un à-vau-l’être
qui se délivre dans l’affirmation d’une suprême liberté. » Peut évidemment
s’appliquer à l’acte d’écrire et sans doute à toute exigence artistique.
Juliet – 29 novembre 1989 – « La douleur d'être, c'est se rendre
compte que les années fuient et que le vaste fleuve de la vie coule là où l'on
n'est pas. »
Tenter de reconstituer les
notes d’« Interlude » de London Grammar. Lorsque le piano trouve la
voie céleste et pétrit chacune de vos émotions pour s’ériger jalons d’une
révélation.
Se sentir tant inutile que
sans raison d’être, exténué par cette pseudo vie, exécrant la présence humaine
surabondante, notamment la faune urbaine bruyante, inconsciente et satisfaite
d’elle-même. Zombie désormais, n’ayant plus rien à écrire. Je devrais crever
entre ces quatre murs et que le calvaire cesse. Même plus la force de tenir la
longueur de quelques lignes mécaniquement remplies. Rendre l’âme trop brisée
pour servir encore.
Indignation face à l’attitude
des dirigeants d’Arabie saoudite vis-à-vis du lard Trump. Pire est le pitre
abêtissant plus déférente se montre la dynastie des Saoud enkystée dans ses
pouvoirs.
L’époque confirme la
déliquescence du système démocratique, donc du corps électoral qui, dans sa
majorité, a confié le pouvoir présidentiel, et en parfaite connaissance, à
cette dangereuse barrique.
Combien de temps l’Union
européenne va-t-elle se laisser humilier par la barrique décérébrée des
États-Honnis ? Que leur gras corps électoral l’ait choisi n’implique pas
un aplatissement à la saoudienne. Cette U.E. sans souffle, car empesée par des membres
divergents, doit amorcer un nouvel âge. Solution choc : mettre les peuples
des 27 États membres devant leur responsabilité. Organiser un référendum pour
que chaque État membre se prononce, via ses électeurs, sur cette question
simple : êtes-vous favorable à ce que votre pays intègre l’entité fédérale
des Nations-Unies d’Europe ? Être aux N.U.E. pour ne pas se retrouver mis
à nu par les voraces mastodontes alentour. Ainsi pourrait se constituer un
ensemble possédant une réelle et efficace gouvernance politique à la hauteur
des enjeux de l’époque. Et ceux des États membres ayant refusé le projet
retrouveraient leur chère souveraineté à l’influence particulaire. Enfin nous
pourrions poser fermement, sans louvoyer, sans tirer à hue et à dia, nos conditions
au CON-Trump, tenir en respect un Poutine enflé de certitudes, négocier avec
bien plus d’assise les règles commerciales avec nos partenaires…
Aphorismes de Léonard de
Vinci :
« Qui nuit aux autres ne
se préserve pas soi-même. »
« La mort plutôt que la
lassitude. »
Parmi ses prophéties :
« Les créatures aquatiques mourront dans l’eau brûlante ». On sait
aujourd’hui que, dans quelques milliards d’années, du fait d’un grossissement
du Soleil et donc d’une cataclysmique élévation des températures, les océans se
mettront à bouillir.
« Les marais seront si
vastes que les hommes passeront par-dessus les arbres de leur
pays » : métaphore de ce qu’il faudrait pour constituer les N.U.E.
Stupéfiante vision au XVIe
du XXIe : « Les hommes se parleront, se toucheront et
s’embrasseront, tout en étant dans des hémisphères différents, et ils
comprendront leur langage réciproque.
Du cimetière ancien de la
Croix-Rousse à la roseraie du parc Tête d’Or. Un peu de vert, de calme, d’air
décrassant pour affronter le sombre, le morose, l’implacable rétivité des
évidences.
Je dis calme, mais un quatuor bavardeux de vieilles dames s’est installé à deux bancs de moi et, malgré le
fort vent, des bribes criardes me parviennent. De ces conversations trop criées
au regard de la platitude des lieux communs débités. Je viens de mettre un banc
de plus entre elles et ma tentative de reprise du Journal de Juliet.
Me reviennent ces dernières
années cauchemardesques aux châteaux d’O. & d’Au., où ma / notre obsession
était que l’ogre libidineux, irascible et alcoolique ne mange pas avec nous,
qu’il reste dans sa grande piaule miasmique, dans sa puante traînée perverse loin de
nous, renonçant à un nouveau calvaire pseudo cathartique autour de la table à
coup de Bisons flûtés, mélange de Zubrowska-Coca que je surdosais
pour tenter d’écourter les litanies du vieux.
Je songe à ce cadre enchanteur
occupé par une monstruosité humaine qui n’a fait que manipuler, humilier,
utiliser ses proches, ceux qui l’avaient choisi… sans compter les viols commis
sur les enfants de sang ou confiés. Ce sale univers, ma Blandine, par son
amour, sa bienveillance et ses attentions m’en a définitivement éloigné… les
dernières scories nous les avions côtoyées ensemble à Royan, lors d’un séjour,
en 2002 ou 2003, dans la maison du père de Sally, l’une des ex maîtresses du
Maudit. Son comportement condescendant vis-à-vis de ma Blandine avait parachevé
mon exécration de tout ce qui charriait un peu de Micberth dans sa façon
d’être, et Sally en était un pernicieux spécimen.
Le porc Netanyahu continue sa
politique génocidaire. En face : du verbe haut, des intentions affichées,
l’esbrouffe pour se rassurer sur la réalité de son indignation. Collectivement
pitoyable.
Le porc Trump creuse un peu
plus l’abjection de sa politique extérieure. Dernier delirium en date :
diffuser à la Maison blanche, devant le président / dirigeant de l’Afrique du
Sud invité, des images de tueries qualifiées d’actes criminels antiblancs…
22h50 – A l’heure pour faire couler un peu d’encre dans l’enfer du vide. Jour
après jour de moins en moins de rapport avec ce monde.
Charles Juliet, le 7 mars
1991, après la lecture d’une enquête de Pierre Assouline dans laquelle il est
cité, admet avoir traversé une dépression. Il en prend conscience et l’explique
avec cette formule : « A cette époque j’avais des œillères ».
Comme un passage de relai,
c’est bien en 1991 que débute la tenue du Journal que je baptiserai
« à œillères » pour signifier mon aveuglement et la perdition dans
ces années de calvaire mental.
Juin
De plus en plus loin de tout,
de moins en moins d’interaction avec l’extérieur. Sans doute une forme de mal
mental, mais l’humanoïde m’insupporte dans ses schémas comportementaux
collectifs. Ces mois qui défilent, d’une année l’autre, me conduisent déjà vers
le grand âge, celui qui vous exclut de fait de l’univers social commun. Alors
que le physique conserve une forme, le mental a déjà tous les stigmates du
vieillard reclus. Plus rien à faire pour moi. L’écriture comme témoin de ce retrait
forcené : plus que ça avant, peut-être, un mutisme définitif.
Rivages dévastés offrent leurs
restes
Sans suite dérisoire
Voie céleste
Déleste de ces poids le
craquelant mouroir.
Sommeil-purgatoire pour que
gisent
Bribes et parcelles qui
s’éternisent.
Terroir du vide, vaines
gesticulations
Tour du néant post
désagrégation.
Tout n’est que posture et
faux-semblant
De l’authentique crétinerie à
l’artificielle cogitation.
Peut-on encore nommer cela
« géopolitique » ? Cette impunité belliqueuse du Naze Israël n’a
plus de limite et le suivisme médiatique occidental se vautre dans l’indignité.
Quand il s’agit de détruire l’Iran, plus aucune règle ne tient. Entre
l’erratique Trump et le jusqu’au boutiste Netanyahu la destinée mondiale va
encore devoir subir.
En arrivant au cimetière
ancien de la Croix-Rousse, dans l'allée principale, le bruit fréquent de la
chute de grosses feuilles des arbres qui la bordent, sans doute conséquence de
la fournaise. Comme si des bouts de peau séchés venaient se détacher des êtres
cramés pour finir sur l'enrobé fondu. Cataclysme à venir, déjà commencé ?
Cette quiétude, à chaque fois
que je reste sur le banc tout proche, ne masque pas l’extrême tristesse qui
taraude, inextinguible drame qu’elle s’en soit allée. Vivre, survivre avec ce
poids me flétrit de jour en jour. Comme ces arbres victimes de la canicule qui
perdent leurs feuilles grillées, des bouts de moi se détachent et rejoignent le
néant existentiel.
Selon Juliet (27/05/92)
l’écriture permet de « se tenir au plus près de la source » et de
« triturer et pétrir la pulpe ». Voilà bien ce que je n’ai plus, ni
source, ni pulpe. Écriture desséchée, factuelle et monomaniaque qui n’a plus de
ressort. Ce geste n’est plus qu’une mécanique physiologique pour l’illusion
d’encore être.
Je ne peux plus regarder des
médias français, notamment le Chier
dans l’ère du temps qui s’extasie
sur l’opération militaire d’agression contre l’Iran décidé par le CON-Trump.
Là, le droit international, on peut se torcher avec. Vous comprenez, c’est
contre un État-voyou, une République islamique, une autocratie sanguinaire, que
sais-je, alors… Quelle sinistre pitrerie ! Quand c’est un Poutine, on
dénonce et sanctionne ; quand c’est le vieux lard yankee, on s’aplatit… au
moins le président français n’a pas suivi les moutons européens inféodés aux
illégalités des États-Honnis. Cela a fortement déplu à de fumeux experts… Tout
ça est à vomir.
Accumulates de l’intense David Gray a cette charge
émotionnelle qui dispense l’intellect de traduire ses paroles. La bouleversante
synergie voix-mélodie emporte tout, charrie mes peines dans une exaltation
éperdue.
Touffeur extérieure obligeant
à garder les fenêtres fermées jusqu’à 5h du matin. La nuit va être difficile.
Nous avons bel et bien basculé dans la fournaise comme norme estivale. Merci
l’être humain ! Avoir ainsi salopé le climat de sa planète prouve que la
prétendue intelligence ne sert pas forcément le mieux-vivre. En l’espèce
l’accumulation d’intérêts particuliers et étatiques rend inutile toute réaction
localisée. Se croiser les bras en attendant la disparition de suffisamment
d’êtres humains. Alors les activités nocives se réduiront.
La langue brûlante de la
Canicule fige les membres, oppresse l’organe cardiaque, obstrue toute intention
de vie. Préserve-moi de ta fournaise, que ne se vaporise pas tout de ma
carcasse craquelée.
La marche du monde n’a jamais
eu comme préoccupation première l’intérêt supérieur et aujourd’hui vital. Les
archaïques décisions de dirigeants voraces nous détournent de l’essentiel.
Juillet
A la terrasse d’un café avenue
Félix Faure. Un expresso et quelques pages de Juliet-1995. Dernière année du Purgatoire pour moi et cette formule du diariste, le 7 mars, qui résonne avec ma
sale période relatée dans ce que j’ai postérieurement baptisé de Journal à œillères : « Tant de gens mentent. Non
délibérément, mais parce qu’ils vivent à côté d’eux-mêmes, dans l’ignorance de
ce qu’ils sont. » Aujourd’hui, grâce à ma Blandine – et à Musine – je peux
affirmer vivre à l’aune de moi, dans une souffrance assumée mais avec la
plénitude d’une conscience accomplie.
Les glauques dirigeants
s’amusent avec la planète, sordides luttes alors que rôde le néant collectif.
Certains rendent les armes,
moi c’est la plume qui m’échappe…
5h54 – Linge étendu, carcasse réétendue, plus rien n’accroche. L’époque se
veut belliqueuse et tout incite à se retirer de ces mortifères réflexes. Voilà
plusieurs jours que je ne rédige plus rien, et cela va s’amplifier tant le vide
me ronge. Tout est emporté.
23h43 – Ça pétarade sporadiquement dans la ville. Plus du festif mais de la
nuisance de tocards en mal d’affrontement mais trop pleutres pour prendre les
armes : le pétard du 14 Juillet comme fantasme de rébellion…
Passionnant documentaire sur
le rôle réel des femmes lors de la Révolution française. A ce sujet, une date
oubliée et qui marque, bien plus que le 14 Juillet, le basculement d’un Régime
l’autre, le 6 Octobre 1789 qui voit des milliers de femmes présentes
devant les grilles du château de Versailles depuis la veille, pénétrer dans
l’enceinte et, après une sanglante confrontation aux Gardes suisses, le même
corps qui gardait la Bastille quasiment vide elle, obtient que le Roi et
l’Assemblée reviennent à Paris pour exercer leurs pouvoirs au milieu du peuple,
en tout cas à sa portée. Voilà ce qui aurait dû être la date de notre Fête
nationale… mais le vil patriarcat en a décidé autrement, laissant tomber dans
l’oubli certaines figures féminines majeures, au premier rang desquelles la
fameuse et courageuse Olympe de Gouges intégrée au programme du baccalauréat
seulement depuis le début du XXIe siècle. Honte à ces masses mâles
qui ont confisqué des siècles durant les droits premiers des femmes.
Je ne suis plus qu'un cadavre
vide. Plus rien à becqueter pour les charognards.
Comment démonter les arguments
pro-acétamipride :
-
Le fait
que cette molécule reste autorisée ailleurs : argument-Panurge par
excellence. Tiens, pour la malbouffe états-unienne, non seulement autorisée
mais promue à coups de pubs matraqués. Résultat : le fléau d’obésité
morbide a gangréné le territoire européen. Alors on continue à laisser faire
puisque c’est autorisé et importé en masse adipeuse. Ces autres contrées,
citées par la journaliste, ont-elles inscrit le principe de précaution au
sommet de leur pyramide juridique ? Alors pourquoi se référer à des zones
moins protectrices ? Ce serait plutôt à elles de nous prendre comme
exemple, mais cette logique-là semble totalement échapper au député Duplomb
l’empoisonneur !
-
Reconnaissance
de l’existence de travaux scientifiques qui concluent à un lien possible entre
l’acétamipride et le « développement de cancers ». Leur défaut ?
ne pas avoir établi ce lien « en conditions réalistes ». Alors on
évacue et on réautorise le produit suspecté, se torchant encore une fois avec
le principe de précaution. A ce propos, l’Efsa elle-même reconnaît deux points
d’incertitude : « la neurotoxicité développementale et les propriétés
de perturbation endocrinienne ». Pas une petite chose, tout de même !
Cela ne mériterait-il pas d’activer le principe de précaution en attendant que
des études éclairent ces deux incertitudes ? C’est la raison d’être de
l’article 5 de la Charte de l’environnement. Mais non, on va réautoriser dans
l’attente que des études établissent la non-dangerosité : l’exact
contraire de l’esprit du principe. A chaque fois il est rappelé une
insuffisance des travaux ayant posé un problème quant à ce produit. Que doit-on
faire selon Duplomb le charcuteur ? Reprendre l’utilisation.
-
Sur la
présence de traces d’acétamipride dans les cheveux de 47,7% des enfants
observés. La raison de ne rien tirer de cet hallucinant pourcentage ?
L’impossibilité de prouver la source : agricole ou domestique. Ce n’est
donc pas la très inquiétante imprégnation des enfants qui préoccupe la
journaliste et le député, mais quelle en est la cause. En toute logique
primaire de protection de la santé cela devrait amener le législateur à
interdire l’acétamipride non seulement dans le domaine agricole mais aussi dans
le champ domestique. Pour Duplomb le fossoyeur, seule la juteuse économie
compte…
Ces médias qui prennent encore
des gants pour analyser et expliquer ce qui se passe à Gaza. Quelle honte ! Pas
un qui dénonce cet abject CRIME CONTRE L'HUMANITÉ de cet État létal et de son
pourceau souteneur les Etats-Honnis. Ces 80% d'Israéliens qui osent soutenir
leur armée génocidaire... Bagatelle pour une famine estiment-ils, ces ordures ?
Au lit et je lis Juliet. Je
découvre le terme "acédie", manque de soin pour soi-même et sa vie
spirituelle. Il fait le descriptif de moines dont la réalité spirituelle est
une mécanique suiviste qui ne traduit que pauvreté intérieure. Quitte à choisir
cette voie, le chemin érémitique serait plus efficace.
Thème du temps chez les
philosophes de la Grèce antique. D’Héraclite à Parménide, de Platon à Aristote,
les approches s’opposent selon la lecture interprétative effectuée. Celle
d’Héraclite, un temps qui s’incarne par le changement en toute chose, me semble
correspondre au fonctionnement de l’Univers. Ce que permet d’observer le
télescope spatial James Webb bouleverse les conceptions développées, mais
conforte le principe d’Héraclite. Aucun corps ne repasse jamais dans la même
matière noire…
18h15 depuis un TGV – Je me suis toujours attaché à ne pas
dépendre de quelque groupe que ce soit depuis que j’ai découvert dans toute son
horreur sordide le fonctionnement de la pédocriminelle mesnie micberthienne. Je
cultive une indépendance forcenée, jusqu’à l’isolement. Toutes ces activités
qui reposent sur le groupe humain, c’est le premier danger pour ses membres les
plus vulnérables. Le documentaire sur l’armée de l’air française édifie sur la
saleté du suivisme. La contrepartie est d’assumer cette coupure possiblement
contrenature.
Se réfugier en soi-même et
suivre le rythme des paysages avec cette brume de chaleur qui enjoint, dans le
désert carbonisant, de modérer voire bouleverser nos frénésies dévorantes.
Ambassadeur en fiente des
Etats-Honnis dans l'Etat génocidaire qui ose, cette merde en poste, nous
traiter de nazis parce qu'on reconnaît la Palestine ! Lui qui cautionne le pire
crime contre l'humanité du XXIème déjà à son quart d'existence. En
voilà un, l'Huckabee, qu'il faudrait d'urgence éradiquer. Une indécence
humanoïde à gerber.
Août
Côté documentaires,
d’intéressantes découvertes comme la salauderie américaine lors du procès de
Tokyo, le Nuremberg japonais, et les tripatouillages juridiques de l’oncle Sam
véreux qui va jusqu’à faire révoquer certains juges, dont le Français, à
quelques jours du délibéré, jugés trop réfractaire à la ligne fixée.
Autre cynisme criminel, lors
du projet Manhattan : des patients se sont fait inoculer à
leur insu des matières radioactives afin d’étudier les effets sur l’être
humain.
Ce soir vu un doc sur l’acte
final d’Helsinki. Approche originale dans la narration et le montage, il montre
toute la vertu de ces ronflantes réunions diplomatiques de chefs d’État qui,
ainsi, se parlent plutôt que de faire massacrer la population civile d’en face.
Et l’effet d’Helsinki, comme le baptisera un historien, sera de premier plan
avec l’effondrement à suivre du bloc de l’Est, ce qu’un Brejnev ne pouvait
imaginer. Même le cynique Kissinger, longtemps très critique sur l’intérêt de
cette Conférence à rallonge, reconnaîtra, dans un de ses derniers ouvrages,
l’importance de cette déclaration qui inspirera le combat d’opposants dans
plusieurs pays communistes.
Retour à ma piètre réalité et
à cette journée de réclusion toujours recommencée. Je m’éloigne de tout et de
tous.
Fascinante physique quantique
qui semble renforcer la mise en garde platonicienne de ne pas s’en remettre à
ses sens. Les lois qui président les constituants de l’infiniment petit sont
« contre intuitives » constatent les scientifiques. Ainsi l’intrication
quantique qui relient insécablement deux éléments dans des comportements
identiques même s’ils sont à des distances cosmologiques ; ainsi
l’hypothèse que l’infiniment lente, mais possible, disparition d’un trou noir,
à une échelle qui dépasserait l’âge actuel estimé de l’Univers, serait la
conséquence d’une loi quantique reliant ces particules intriquées ; ainsi
les ondes gravitationnelles qui permettent d’identifier des événements
cataclysmiques mais monstrueusement lointains – et heureusement pour nous –
comme la fusion de deux trous noirs ou de deux galaxies se déroulant aux
confins de l’Univers en expansion… Toute cette science fondamentale de la
compréhension de ce qui nous entoure est la facette la plus enthousiasmante
d’êtres humains dont la soif de connaître et de comprendre dépasse toute autre
considération ; mais cela ne concerne qu’une parcelle de l’humanité, la
majorité se vautrant dans son risible « pouvoir d’achat », finalité
d’une diarrhéique existence.
15 août – Jour de départs supplémentaires pour ceux
qui ne sont pas / plus en vacances, vidant davantage encore Lyon, qui ne change
rien pour moi : cloîtré et sans contact humain. Les arbres continuent à
perdre leurs feuilles sous l’effet de la fournaise. Le monde a bien basculé,
mais ça ne perturbe pas la voracité matérielle du troupeau humanoïde et ses
gesticulations spatiales pour se croire heureux et comblé. Un léger vent
brûlant suffit à faire se détacher nombre de feuilles de l’arbre juste en face
de ma fenêtre. Va-t-il encore supporter cette carbonisation prolongée ? Ce
n’est plus l’automne qui verra les feuilles mortes, il ne recueillera plus que
des arbres à l’agonie, en extrême stress hydrique comme on dit savamment. L’été
n’a plus rien de la saison d’épanouissement de la nature, ce n’est plus que son
tombeau caniculaire.
Pensées fugaces
Majesté de la Nature,
constructions humaines étriquées.
Lorsque le vent anime cette
palette de verdure, le temps retrouve sa quiétude.
Cette évidente profusion de la
vie dont le déclenchement a pourtant été si improbable.
Conceptualiser ce qui échappe
à nos faibles sens permet d’aller outre la surface, d’embrasser les profondeurs
inapprochables.
La source des maux
humains : son infecte coagulation au groupe et son instable parade du
pouvoir à tout prix pour les plus malfaisants.
La tare de l’organisation
politique est de favoriser les pires spécimens de l’espèce qui, de fait, se
croient supérieurs au reste.
Le principe même d’une société
est d’être malade de la violence qu’elle engendre, fruit de cette promiscuité
et des meutes de mâles en mal de domination, de ces paradeurs sans une once de
raison.
Un diariste ne doit pas verser
dans l’astreignant compte rendu exhaustif, mais assouvir cette urgence d’écrire
sur les sujets et selon les angles qui s’imposent d’évidence.
Charles Juliet m'apprend que
Baudelaire a vécu à Lyon, de 11 à 15 ans, rue d'Auvergne. Une plaque peu
visible le rappelle. Je n'ai pas le numéro mais ça vaudrait la peine de
parcourir toute la rue pour découvrir l'immeuble où il passa les débuts de son
adolescence.
Juliet - 22 juin 1998 – Alors qu'il répond à la question
"Pourquoi écrivez-vous ?" il évoque son processus psychique.
"Insensiblement, je
m'éloigne de mes semblables, de ce que me prescrit la société. La solitude
s'accroît. Et ce sont alors les premiers pas de la "descente aux
enfers." De longues périodes de détresse, de perdition."
Le parti-pris de l’enfermement
répond bien à l’absence de projet. Ce nihilisme douillet nourrit l’amorphe
lassitude, sans plus d’illusion. L’Absolu des sentiments ne pouvant se vivre
prend la forme d’une impasse mortifère.
Le Nid, par son harmonieuse
imprégnation de ma Blandine, l’esthétisme qui s’en exhale, apaise ma déshérence
et donne un confort à mes tourments. Ne surtout pas me plaindre au regard des
souffrances incurables qui frappent nombre de mes contemporains. Pas
philanthrope pour m’en émouvoir plus que le temps de ces quelques lignes. Aucun
engagement ne m’anime. Laisser gesticuler ce monde et y piocher les quelques
fruits assurant mon minimum existentiel.
Dans la rubrique sordides rets
asociaux, vu un C dans l’air sur l’affaire Parmenove (?), ce streamer mort en direct cet été suite aux mauvais traitements subis pour
quelques milliers d’euros. Les 180 000 abonnés à sa chaîne, lui à la fois influenceur et victime semi consentante, incarnent l’abject penchant de l’hubasnité, celui qui nourrit ses pulsions morbides par un voyeurisme anonymisé.
A vomir.
Côté actualité, toujours les
mêmes abjections criminelles perpétrées par les nazes Israéliens et rien ne
semble pouvoir réfréner les ignominieux comportements de la terroriste armée
qui tue les civils affamés venus pour tenter de saisir quelque nourriture. Ce
crime contre l’humanité commis par les descendants de la Shoah restera sans
doute comme l’un des pires du XXIème siècle, quoi qu’en disent la
plupart des médias et experts complaisants arcboutés sur le 7 Octobre du Hamas.
Rien ne peut excuser la disproportion massive, incommensurablement massive, des
représailles israéliennes qui, finalement, sont dans la macabre logique des
décennies antérieures d’oppression, d’exactions et d’extermination du peuple
palestinien. Le syndrome du pédocriminel violé dans son enfance se retrouve ici
à l’échelle d’un groupe humain : les nazes Israéliens, impitoyables
bourreaux des Palestiniens. Plus jamais ils ne pourront se draper dans ce que
leurs ancêtres ont subi : leur crime est désormais trop profond et durable
grâce au soutien des bréneux Etats-Honnis.
Septembre
La lecture du Journal d’un corps de Pennac fait remonter en moi la partie
merveilleuse des quelques années passées au château d’O. – ce qui n’atténue
évidemment en rien la salauderie perverse de son autoproclamé chef mesnique. Ainsi, lorsque le garçon de 14 ans évoque les sauts nus dans le blé
fraîchement coupé, cela me renvoie aux aventures que nous inventions, habillés,
dans la ferme du château, petite maison en semi ruine dans le parc à l’arrière,
et plus précisément dans l’endroit où le petit bois à fagots était stocké. Cet
entrelacs de branchages offrait une variété de combinaisons ludiques que nous
testions – les trois neuf, par exemple, puisque nous avions le même âge à
quelques semaines près – et enrichissions de nouvelles règles au gré de notre
voracité à jouer.
La pièce attenante, baptisée
l’Atelier, accueillait les plus improbables objets métalliques – beaucoup de
tuyaux de toutes longueurs et diamètres – pour étoffer son coin bricolage.
Chacun avait un pan de mur attribué et nous nous en sentions, avec la zone au
sol correspondant, comme propriétaire ou, au moins, dépositaire exclusif. Que
d’improvisations à simuler du bricolage ont été déployées ici… tout comme les
courses poursuites à travers les pièces sans porte et autour de la ferme :
les frayeurs, les joies, les emballements… tout pour constituer la palette
émotionnelle requise pour les décennies à venir. Merci Pennac de me ramener
tout cela en mémoire.
Pitoyable représentation
nationale.
En n’accordant pas sa
confiance au raisonnable Bayrou, elle livre la France à davantage
d’incertitudes et aux charognards financiers. Plus rien n’est à la hauteur des
tragiques circonstances. Il ne reste plus qu’à s’en remettre à une hypothétique
providence.
En rejoignant à vélo’v le Nid,
passant devant le parking des Cuirassiers du centre commercial, une voiture, en
sortant, fait mine de ne pas me laisser la priorité à laquelle j’avais droit,
mais je continue ma route et passant devant elle ce qui l’oblige à freiner. Une
fois passé je vois la fenêtre avant côté passager qui s’ouvre et le visage
archétype du jeune connard à étriper qui tente (vainement) de m’atteindre via
un piteux crachas. « Saloperie ! » que je tonne en continuant ma
route. Cet excrément humanoïde cumule le pire de cette pseudo humanité.
7h51 – Un peu de Pennac au réveil, avec la caressante fraîcheur qui investit
le Nid toutes fenêtres ouvertes avant que la pluie ne fasse dégringoler le
mercure, je tiens bien mieux les pages que le soir.
A l’approche des trente ans,
le voilà père après la description par le menu physiologicorporel du coup
de foudre pour Mona. Autant celui-ci m’a captivé, autant cette phase paternelle
me fait bâiller, au mieux. Etranger à ce statut, arrêté dans mon développement
d’être, sans doute, je reste en retrait de nombre d’étapes banales ou du moins
incontournables pour la plupart de mes congénères. Il y aura eu quelque chose
du témoin inachevé dans mon parcours existentiel.
Plus rien à espérer de ce
monde sous la coupe d’ordures aux commandes et au premier rang l’obscène Trump
dont la dégénérescence d’a d’égal que l’enflure de ce qui lui sert d’âme, forme
de serpillère tout juste bonne pour se torcher.
Laure Mondeville, une
spécialiste des Etats-Honnis régulièrement invitée dans l’émission C dans l’air, a su pousser l’expertise jusqu’à l’impensable parallèle… absurde
jusqu’au grotesque : la part gaulliste de Trump ! Rien que ça !
Le porc décérébré s’étant fendu de quelques dérisoires remarques désobligeantes
sur l’ONU, le voilà critique dans la lignée gaulliste. Quand on en est rendu à
ça ! autant fermer boutique et se reconvertir en involontaire amuseur
public.
Quant au Trump, il faudrait
l’engluer sous un monceau d’immondices pour qu’il se fonde enfin dans le décor
et l’étouffer dans son jus d’insane cacochyme. Le pitre des Etats-Honnis ne
doit pas vivre plus longtemps, sa malfaisance a suffisamment duré et empuantit
ce XXIème
Ça y est, on l’a notre ex
président futur taulard… Chirac y avait échappé, son héritier félon, Sarkozy, y
fera au moins un passage. Rien à dire de plus n’ayant pas eu accès aux
motivations du jugement.
Rester comme piéton à l’angle
de l’avenue Thiers et du cours Vitton édifie, dans mon cas simple confirmation,
sur la nature de l’automobiliste. Plus rien ne compte que son avancée empêchée
par les autres. Ce surpeuplement sur enrobé le rend fou : l’écart entre le
potentiel de sa Taule ondulée et l’encombrée réalité fait disjoncter en lui –
en elle – toute retenue civilisée. Assis, le pied sur la pédale, cramponné au
volant, il libère ses infâmes instincts.
Assister aux mamours
fornicateurs Trump-Netanyahu après l’artificiel et honteux plan proposé par le
gros lard yankee, incite à ne plus se croire de la même espèce que ces enflures
génocidaires. Quand seront éliminés de la scène géopolitique ces paradeurs
emplis de morgue mortifère ? Malheureusement l’époque favorise le pire et
les masses cautionnent.
Ainsi, en France, la
population à œillères persiste dans le déni de la situation de pré-effondrement
financier du pays. Recroquevillée sur ses sacrés droits et pouvoir d’achat,
elle refuse tout effort partagé… comme si la seule paupérisation des plus riches,
comme au sale temps du communisme appliqué à la sauce soviétique, pouvait
résoudre le cumul de cinquante ans d’endettement. Dernier budget français à
l’équilibre, sic le viré Bayrou, 1975…
Octobre
Sombre et troublé après avoir
vu les trois quarts de The Father avec Hopkins, magistral comme toujours. La
vieillesse acariâtre rongée par la démence sénile, voilà qui résonne en moi à
plusieurs niveaux.
Depuis le cimetière ancien – Je viens de mettre en pot le Chamaec Yparis Lawel et le Skimmia Rubella qui
devraient résister à l’hiver. Le soleil se montre : le sapin au vert d’un
cèdre du Liban et avec sa double branche surplombe magnifiquement
l’emplacement. Le recueillement, après l’activité de rempotage et le nettoyage
de l’emplacement, fait remonter, en vagues émotionnelles, ce quart d’existence
partagé.
Rejoindre maintenant notre
Nid, mais avant, comme à chaque fois, effleurer du bout de l’index gauche le
bout de son petit nez sur la photo.
6 octobre – Vide et sans ressort. Même plus envie de
savoir qui m’adresse un message pour cette date. Je ne veux plus être fêté, de
quelque manière que ce soit. Plus de sens pour moi. Soirée dans le sombre et le
silence.
Côté scène politique, entre
charognards moribonds et opportunistes égocentrés, plus rien pour sortir du lot
et rassurer. La pente conduit sans détour à la fosse. Même plus les
institutions le problème, juste ce dégueulis de la classe politique. Un gouvernement
mort-né, celui de Lecornu, voilà qui n’était pas arrivé depuis les à-coups de
la Révolution française. Si la Terreur doit suivre, l’exemple outre-atlantique
pourrait s’imposer.
Le sinistre tintamarre
politique navre : aucune capacité à dépasser ses chapelles et renoncer à
ses minables ambitions au profit du pays. Entre égocratie et ochlocratie, le
système se grippe dangereusement.
La puissance d’une écriture
tient à sa capacité, alors qu’elle est le fait d’autrui, de résonner en nous
comme si nous en étions la source. Pennac a cette incroyable intuition
scripturale qui se mêle, sitôt lue, à ce que j’ai pu vivre, constater, ressentir.
Comme si j’ouvrais l’ouvrage de ma propre vie. Ainsi à 55 ans 4 mois et 17
jours, le diariste fictif, et pourtant si authentique, note sa découverte, sur
le dos d’une de ses mains, la première « petite tache de café »,
premier signe dermatologique de la vieillesse qui, imperceptiblement, émerge et
s’installe. Ces « fleurs de cimetière » vont se multiplier les
dernières décennies passant, jusqu’à me faire ressembler tout à fait à celles
et ceux, courbés et fragiles, que je croise sans m’avouer qu’ils sont ma
prochaine réalité corporelle.
lndigne et indécent
encensement du Gnathon-Trump faiseur de pets sans consistance après avoir
financé le crime génocidaire d’Israël. Une honte de voir les autres nations se
coucher devant l’adipeux et incohérent clown funeste.
À remuer en moi l'impossible,
l'inaccompli, l'inatteignable je gâche volontairement le peu de vie valide
qu'il me reste. Voilà mon lent mais appliqué suicide. Pas un coup bref qui fait
perdre et sa conscience et ce qui vous constitue, mais la privation au long
cours de ce qui aurait pu être mais ne sera jamais.
Quel terme inventer – car je
ne crois pas qu’il existe en français – pour nommer cette haine éprouvée contre
la part, j’espère minoritaire, de la population, que je désigne souvent comme
les malfaisants, qui casse, dégrade, met la vie d’autrui en danger pour
satisfaire sa puante jouissance de se croire exister ? Hier, par exemple,
un criminel automobiliste fonçant à près de cent kilomètres heure dans la rue
du 1er Mars 1943 à Villeurbanne ; deux branleurs sur un vélo’v
électrique avec l’assurance de voiler les roues ; tel dégénéré sur sa
trottinette de merde parcourant à vive allure un trottoir ; l’enflure qui,
vers quatre heures du matin, avec sa taule ondulée sur deux ou quatre roues,
pétarade pour réveiller un maximum de personnes ; et la liste est ouverte.
Point de racisme, car je me contrefous de l’origine de ces connards en triple
couches. Point une misanthropie générale, même si certains comportements
collectifs suscitent chez moi un rejet massif, cette exécration des malfaisants
n’a pas de substantif adéquat pour la résumer.
Pas une question de catégorie
sociale non plus, car les Trump, Musk, Netanyahu et autres ordures politiques,
ont cette même salauderie autocentrée avec, en outre, la capacité d’occasionner
des tragédies à l’échelle de tout ou partie du globe. Le fond relève de cette
impunité où seuls comptent ses intérêts.
Après avoir visionné le
documentaire sur le VIVANT et ses interactions avec les roches, le minéral…
L’emballement que signe l’anthropocène semble encore largement sous-estimé et
nos modes de vie conservent le funeste cap. La conscience de l’irréversible bascule
ne viendra qu’avec les hécatombes humaines… et encore faut-il qu’elles
s’abattent dans les zones où la prétendue vie évoluée a rendu ses gras
habitants encore plus imperméables à toute alerte. Mais il sera alors vraiment
trop tard… pour nous, et nous laisserons une Terre établissant de nouveaux
équilibres, des couches de béton en lieu et place des roches. Lisse extinction
de l’espèce.
Là où mes congénères s’agitent
pour démultiplier les contacts, les relations les flyers, les likes et autres
esbroufes prétendument interactives, je cultive la rareté. Alors que chacun
cherche à trainer sa carcasse en sursis dans tous les coins de la surface, se
figurant étoffer ainsi son expérience, enrichir sa connaissance et, allons-y,
fortifier l’amour pour son prochain, j’ancre mon être dans ce territoire choisi,
non pour ses habitants ou pour les laideurs bâtimentaires de ces soixante
dernières années, mais pour ses trésors architecturaux hérités des siècles
précédents et sa dimension encore humaine. Alors que tout un chacun ne se
conçoit pas sans permis de conduire et la taule ondulée qu’il autorise, avec
cette morgue de pseudo liberté qui enrage dès qu’elle est entravée par quelque
encombrement dû, rappelons-lui, au mimétisme psychique de la masse sur enrobé,
prêt au plus criminel comportement, je me dispense et de la taule et du permis
d’annihiler ses restes d’humanité. Conduire, moi ? Jamais !
Ces petits riens qui irriguent
notre existence et dont la prise de conscience submerge d'émotion lorsque la
source originelle a disparu. Ainsi le petit café pris peu avant le départ et
que me proposait ma Blandine chérie, mon Amour sans une ride, sans l'once d'une
maladie dans mes pensées. Je la porte en moi à chaque instant, sa bonté comme
un baume sur mes tourments.
Le comportement de certains de
nos poètes éternels laisse songeur sur la nécessité, pour eux, du minable, du
sordide, de la salauderie pour atteindre la quintessence créative.
Le duo Rimbaud-Verlaine occupe
une place de choix dans cette catégorie : l'un drapé dans sa quête poétique, ou
plutôt d'incarnation du poète en actes, multipliait les affronts infâmes, dans
une crasse assumée, auprès de ceux qui lui tendaient la main et lui offraient
un logis ; l'autre faisait subir l'enfer à son épouse, allant jusqu'à mettre le
feu à sa chevelure, monstre marital dégorgeant sa pituite, infect alcolo aux
antipodes de la douceur versifiée qu'il produisait.
Journal d’un corps achevé à l’instant. A 87 ans et 19 jours,
le diariste fictif s’en est allé : « (…) il va falloir mourir. N’aie
pas peur, je vais te montrer. » Une réussite littéraire. Tout y est de la
trajectoire d’un homme épargné, pour l’essentiel, des malheurs magistraux, mais
charriant ses chagrins, ses deuils, ses réussites et ses satisfactions filiales
au fil d’un corps qui se transforme les décennies passant. Le style vif,
efficace, m’a emmené jusqu’au terme du voyage.
15h07, depuis Nantes – Une heure dix d’attente avant d’entamer le
long du voyage en TGV. Le temps de quelques digressions scripturales si
l’inspiration s’invite.
Spécimen distractif à trois
mètres en face : un monsieur, entre 40 et 50 ans, avec une bière et un
journal de sport qu’il tente vainement de lire. Sans doute sujet à
d’irrépressibles micro-endormissements, la tête penche, le torse ondule
légèrement pour ne pas tomber en avant… et dès le réveil, la page est tournée
pour essayer la suite. Lorsque son regard se lève vers la salle, l’air oscille
entre éberlué et pris en faute d’assoupissement vainement réfréné. Portrait croqué
pour occuper la plume sans aucune visée moqueuse.
Mon attention envers le monde
s’inscrit dans cette incontrôlable inclination à se laisser gagner par un
sommeil apaisant. Lâcher prise des coins urticants qui, avec ou sans conscience
des maux du monde, continueront à démanger jusqu’à la plaie.
« Rachel » de
Roberto Fonseca endiable la rythmique avant les renversements mélodiques de
« With the Level in my Heart » de Collier. Brisons les retors jusqu’à
la moelle.
Racler le fond de saison pour
fantasmer une suite habitable. Les pastels se brisent aux coins du sale sens.
Rien pour sauver les congénères aux régressives obsessions. Sinistres pitreries
des ochlocrates prêts à éradiquer toute opposition raisonneuse.
Fascinante contrée des
découvreurs scientifiques : ainsi les éponges moléculaires qui, si leur
systématisation se dessine, pourraient laisser entrevoir une solution aux
émissions excessives des gaz responsables du dérèglement climatique. Faire
confiance aux avancées scientifiques en cours pour résoudre, ou tout au moins
atténuer le désastre annoncé de l’anthropocène ou garder le cap alarmiste pour
éviter le mortifère processus ? Sédimenter ses angoisses et en craquer les
échos pour l’ultime et définitive tentative… voilà le néant sémantique, plus de
rien…
Les volutes de l’espace-temps,
messagères de fusions aux confins, signent l’infinitésimale condition humaine.
Comprendre pour relativiser, voilà la noblesse de l’esprit humain lorsqu’il
renonce à l’aveuglant anthropocentrisme.
Novembre
1995, trente ans déjà, sortait
La haine revu ce soir… La laideur concentrationnaire
des cités s’impose toujours et les tensions avec les forces de l’ordre n’ont
pas faibli. D’autres problématiques s’ajoutent comme la radicalisation
islamiste ou le conflit naze israélo-palestinien. Pas sûr que les rapports
entre le juif joué par Cassel et l’arabe se passent si bien désormais. Tous les
thèmes abordés restent sur le feu, mais l’invisibilité des femmes dans ce film,
en dehors de la dimension familiale, rend quelque peu archaïque la peinture
sociale.
L’univers éditorial se dégrade
un peu plus avec la « bouillie » scripturale produite par
l’artificielle intelligence. Le mastodonte Amazon du charognard Bezos participe
au diarrhéique envahissement. N’importe qui peut demander l’écriture d’un ouvrage
et le mettre en vente sur le site. Plus aucune créativité, pas la moindre
expertise humaine sur le sujet, juste la compilation de données déjà publiées
sur Internet et mises en forme pour constituer la publication. Cette infecte
soupe risque de se substituer à la littérature des siècles humains, car davantage
accessible aux cortex fainéants.
Finalement, en n’entrant pas
dans le bal pipé de l’édition je n’ai fait qu’anticiper un peu les effets de
l’hécatombe éditoriale en cours.
Sérénité d’une vie loin de
tout ; fond diffus de tristesse sans ma Blandine, je vogue hors des flots
courants sans anticiper la suite ni appréhender la fin. Glissade au fil du
temps sans horizon défini ni goût pour ce qui mobilise mes contemporains.
La morosité m’étreint jusqu’à
l’engloutissement. A visionner les témoignages de rescapés ou témoins des
attentats du 15 novembre 2015, je ne favorise aucune atténuation. L’un de ceux devant
être entendus à trois reprises dans le cadre d’une étude scientifique, la
dernière devant se dérouler en 2026, est indiqué comme s’étant suicidé en 2024.
Glaçant de se rappeler des signes, dans ses propos et sa gestuelle, préfigurant
un futur passage à l’acte.
Quelques moments avec Pierre
Arditi comme lecteur inspiré, à près de quatre-vingts ans, de son ami Ribes et
de l’auteure Yasmina Khadra pour une scène de vieux couple au supermarché.
Efficacité de l’écriture et de la lecture. Tous les stigmates de la vieillesse
se trouvent transcendés par l’énergie du comédien.
Mon processus existentiel semble bien
grippé. Je tourne en rond dans l’infernal défilement des jours, semaines, mois,
années… à la fosse !
Ce soir, vu le second volet de l’adaptation
des Misérables de Hugo avec Gabin comme Jean Valjean.
Production soignée et une belle prestation qui éloigne de ce XXIe en
frénésie et envahi d’éphémères.
Assèchement de cette carcasse
de vie qui oscille entre dépression et bribes d’exaltation. Rien n’est mené au
bout et le temps file dans une effective désocialisation.
L’écriture comme faux-semblant
d’un pseudo sens à tout ça. Rien d’autre que du remplissage. D’où la
raréfaction des manifestations. Du plus rien, voilà ma seule suite et fin.
Passé à la librairie Le plaisir du texte : plus d’une vingtaine de volumes pour
étoffer ma collection Poésie / Gallimard. Hier soir, à l’aveugle, je
retiens La rose détachée et autres
poèmes de Pablo Neruda.
« Pourquoi, si mon âme
est tombée,
ai-je conservé mon
squelette ? »
La plume retrouve sa sève
noire pour hydrater le papelard, mais le bouchon reste égaré, menaçant ainsi la
pérennité du flux.
Bouchon retrouvé, mais la
poésie de Neruda me laisse de marbre. Trop descriptive, comme mettant à plat
des émotions jusqu’à en faire disparaître toute épaisseur accrochante. Rien qui
m’aimante. Un autre s’y substituera ce soir, pour un vagabondage à l’horizontal.
Après avoir visionné la
poignante reconstitution dans Des
Vivants de l’assaut de la BRI dans
le petit couloir du Bataclan où croupissait une douzaine d’otages avec les deux
fous intégristes, je me plonge dans Les
Châtiments de Hugo, bourrasque
poétique croquant la forfaiture criminelle de « Napoléon le petit »
et sa clique. On sent couler l’indignation à chaque vers et la prophétique
sérénité de celui qui a l’histoire pour lui.
Cet empereur de pacotille,
« Puisqu’il est dans le
meurtre jusqu’aux chevilles,
Prosternez-vous devant
l’assassin tout-puissant,
Et léchez-lui les pieds pour
effacer le sang ! »
Au XXIe, se
nettoyer des usurpateurs qui pullulent à la tête de nations en déshérence.
Etrangeté, pour moi, de
découvrir la sphère médiatique détenue par Bolloré et que je n’ai jamais lue
(JDD), entendue (Europe 1) ou regardée (CNews). A travers le Complément d’enquête de France Télévision, les malhonnêtetés de
Praud & Cie sont épinglées.
Plus aucune appétence pour
l’actualité et son malodorant bouillonnement. Plus témoin de rien, déjà
disparu.
Décembre
Se rendre à l’évidence :
plus de goût à écrire. Juste l’inutile mécanique scripturale qui se voudrait
expressive, alors que le creux règne, antichambre du néant.
La lassitude de vivre forge ma
quotidienneté. Je ne trouve plus d’intérêt à quoi que ce soit, comme si tout
glissait sur moi sans rien modifier de ma perdition mortifère.
Quelque exégète du Journal de Charles Juliet y analysait une écriture du
« ressassement » pour les sombres premières années. Je suis vautré
dans ça pour mes dernières années.
J’ai vérifié être bien
adhérent à La France humaniste de Dominique de Villepin, seule figure
politique française pouvant conduire dignement le pays, avec cette gravité
gaullienne qui convient aux circonstances.
Comme il est loin le temps où
mon vitriol en herbe tentait de l’égratigner. D’une intervention l’autre, il me
convainc un peu plus à chaque fois dans la sage justesse de son diagnostic
d’une France en souffrance. Voilà la personnalité qu’il faudrait à la tête des
Nations Unies d’Europe, aujourd’hui seule voie pour que l’on pèse afin de
s’opposer aux dégueulis au pouvoir : Trump, Poutine, Netanyahu… et un
certain « Adolf Hitler », nouveau président du Yémen.
Le monde s’enfonce et le chaos
guette.
La justesse de ses propos, au
fil des mois, laisse entrevoir ce que pouvait être l’exemplaire parole d’une
France phare lorsque de Gaulle en tenait les rênes. Tout le reste fait bien
pâle figure à côté : du teigneux Mélenchon à l’insipide Bardella en
passant par l’essoufflé Macron, rien pour rasséréner le pays embourbé.
Face aux prédateurs alentour
et à l’inaptitude européenne pour prendre une réelle épaisseur géopolitique,
reste la voie gaullienne, celle qui se démarque sans concession des
Etats-Honnis et délivre un message à la mesure des temps troublés.
Qu’avons-nous à faire
désormais dans une OTAN dirigée par l’insane et grotesque Trump ?
Dangereuse pitrerie qui nous ferait déclarer la guerre par un effet dominos
d’alliances alors que dans ce groupe otanien figurent des pays avec lesquels
nous ne partageons plus rien. Funeste perspective.
Il faut un de Villepin pour
une sagesse du faire, une hauteur du dire et la noblesse de l’être.
Les presque cent lumignons
répartis entre les six fenêtres du Nid brûlent encore. Moi, au fond du lit avec
sans doute une rhino-pharyngite. Inhalation, pulvérisation nasale, tisane au
thym et paracétamol…
Au hasard du rayon Poésie pour ce soir : quelques Petits poèmes en prose
nappés du Spleen baudelairien de Paris. Du grand œuvre donc…
Les « nerfs trop tendus [de Baudelaire] ne donnent plus que des vibrations criardes et douloureuses » et
font surgir ceux, presque un siècle plus tard, que mentionnera Artaud dans son Ombilic maladif et transcendant.
Je ressens l’épaisseur
éternelle de ces poètes qui ont su trouver leur petite musique. Je me débats
toujours pour dénicher la mienne.
Dans « Le chien et le
flacon », en une phrase, le saisissement des comportements bassement
politiques des temps perdus : « vous ressemblez » à l’électeur
« à qui il ne faut jamais présenter des parfums délicieux qui l’exaspèrent,
mais des ordures soigneusement choisies ». La palette ordurière a atteint
de putrides cimes en 2025.
Ce Spleen de Paris, paru en
1869, tout juste un siècle avant mon égarement ici-bas…


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