21 octobre 2018

Bassine pesteuse mélenchée à la scarlatine

A entendre Mélenchier sa haine à la face de l’impassible gardien de la paix me sont remontés les grognements du pater Le Pen : en 1992, le leader-fondateur du Front national éructait un menaçant « Je m’en souviendrai… » à l’un des représentants de l’ordre chargés – face à des nationalistes corses déchainés – de l’empêcher de tenir son meeting à Ajaccio.
Le Pen en 1992 - Mélenchon en 2018 : le rictus des extrêmes
A voir les députés du Rassemblement national applaudir le Rance soumis à ses primaires pulsions, je songeais à une pâle singerie des jeux dangereux de l’actuelle politique italienne. La rencontre récente de la Bassine Le Pen avec le plein-de-soupe-nationaliste Salvini aurait-elle fait naître quelque fantasme d’acoquinement des extrêmes chez l’inconstante animatrice de l’extrême droite ? A quel moment ces deux bouts de l’échiquier politique jaugeront-ils moindres leurs désaccords au regard de leur combat contre le système financiaro-médiatico-politico-institutionnel ?
Rassemblement national applaudissant Mélenchon
L’enragé bave sa République, sacralise son infecte carcasse et s’improvise chef de meute pour mieux galvaniser ses soutiens : le voilà incarnant le Pôple à lui tout seul, l’élu mal embouché de la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône… Sa républicanissime majesté supposerait une impunité sans borne qui entrave le pouvoir judiciaire. Le tribun déchaîné se montre implacable sur les autres, mais tellement accommodant avec ses turpitudes.
Mélenchie tout ce qu’il peut pour déstabiliser les institutions d’une République dont il se prétend le Parangon inflexible. Sa torve roideur simplifie le pouvoir macronien pour mieux sentir croître sa chapelle idéologique. A force d’éreinter sans mesure tout ce qui n’est pas lui, tout ce qui n’envisage pas le système à la lueur rougeoyante de ses emportements, il attise la radicalité révolutionnaire dont on sait, par expérience historique, qu’elle se prolonge de très dangereuse façon. Le magnifique, mais tellement enjolivé, Un peuple et son roi, s’achève avec l’espoir des sans-culottes sitôt le souverain guillotiné, mais sans aller jusqu’aux génocidaires dérives de la Terreur.
Mélénchon, chef de bande
Tout comme la période vichyssoise fut un révélateur du fond de l’âme de chaque citoyen – attentiste, collabo ou résistant – l’irruption de la Justice dans les affaires pas nettes des prétendants au pouvoir exécutif dévoile leur substrat comportemental. Là où les Sarkozy, Fillon et Le Pen se sont exercés à la surenchère verbale – Bayrou, le centriste, a eu, lui, l’attitude exemplaire – Mélenchon passe le cap de la fureur tribunitienne et traduit sa rage par la violence physique. Il prouve ainsi n’être qu’un chef de bande qui s’estime au-dessus des lois et des procédures judiciaires. Cette sale manière d’être suffit à le délégitimer pour la fonction présidentielle, sauf à vouloir que la France s’essaye à la démocrature post-révolutionnaire.
Le pays aurait tout intérêt à laisser l’insurrectionnel Mélenchon à la porte bien fermée du pouvoir, comme à ne jamais goûter l’eau saumâtre de la Bassine. Leur populisme ? Rien d’autre que le facile moyen pour satisfaire leurs ambitions délétères. Mélenchon n’a le culte que de lui-même : la République ne constitue que l’aguicheur paravent pour asseoir ses diktats revanchards. Un Comité de purge publique pointe son arbitraire à chacune de ses tonitruances. Préservons notre France et notre Union européenne de ces tristes sires à la sauce perdante.

23 septembre 2018

Jaillissement automnal

Se risquer aux profondeurs psychiques lorsque la conscience sensible sert de boussole peut faire atteindre des zones propices à l’effondrement. Percevoir jusqu’à l’aiguisement ultime que ce qui aurait transcendé l’existence s’incarne mais demeurera à l’horizon tout juste effleuré, suppose de se prémunir contre la perdition dévastatrice. Sous un tilleul ou sur un banc, sur un pont de pierre ou le long des rues, la transmutation s’opère, délaissant la gangue d’autosuffisance pour l’indispensable altérité dans la symbiose.
Rêve d’absolu d’un petit d’homme asocial qui, par hasard, après un demi-siècle, a déniché la combinaison pour déverrouiller ses cordes passionnelles au péril de certitudes jusqu’alors arrimées.
A l’époque des courants pachydermiques aux relents haineux qui réifient l’autre pour mieux le supplicier, qui exaltent obscènement le bout de nation pour mieux nier la complexité du réel, choisir d’élever ses sens par-delà la contemption rabougrie.
Tous ces dangereux grotesques au pouvoir, les Orban, Erdogan et autres Trump, au cynisme cultivé, à l’impitoyable roideur ou au simplisme crasse, ne doivent pas occulter la subtilité d’élans individuels, les fondements d’un univers décentralisé, celui qui se vit au plus près de ses propres contradictions.
Assumer ses aspirations et leur réserver la substantifique parcelle d’une âme en quête : les feuilles dévitalisées se détachent de tout côté, mais l’infinie douceur de la mélodie soutient une tendre détermination qui perpétuera la voie précieuse…



02 septembre 2018

Rentrée… dans le lard !


Fendre la pointe acérée pour un exil démultiplié. Au cœur de l’ultime version de soi, l’émotion ne se chiffonne plus, elle accentue les pesanteurs psychiques, congruence des entités à sublimer. Une brassée automnale au sein de la verdoyance persistante : que les âges en finitude ne se sabordent pas encore. Du ludique pour l’inspiration vitale, des tourments pour l’expiration terminale.
Offrons-nous la charpente de l’introspection, dépassant les scories de la vitrine permanente, obsédante et privée de ces espaces invisibles qui consolident nos fondations. Que se déploie l’existence-iceberg, enracinement pour une plus lumineuse fluidité, délaissant les paradeuses excroissances, dérisoire instantanéité vouée aux fosses insondables des inutiles données.
Ainsi, le sonore abruti qui, chaque soir, fait son tour sur un scooter péteur pour s’imaginer une quelconque importance. Déjà passé, déjà évacué : anonyme dont la crotte de vie ne vaut pas plus que l’éphémère vacarme qu’il doit renouveler pour que la gêne des autres lui procure la sensation de compter ici-bas.
Tous ces supports, vains exhausseurs de notre piètre condition, paralysent l’émergence épurée, l’essentiel cultivé. Tracer sa voie, via les signes qui m’échoient, assumant d’être incompris, comme un art outre-tombe qui résiste aux lecteurs de la mono-dimension romanesque. Le « rot ment », il va encore empuantir la rentrée littéraire, étaler ses mastodontes emplumés, enfumer la scène créative. Cravache d’un grognon amer ? Peut-être… mais qui, au moins, tutoie le confort de n’avoir de compte à rendre à strictement personne sur ce plan. Liberté absolue par le fait de ne pas vivre de son art, mais de l’investir comme une impérieuse nécessité existentielle, l’arrachant ainsi à toute contrainte contractuelle, comptable, à tout cet univers du redevable, de la frilosité expressive… Ne jamais coller à la simplicité au risque d’atrophier ses horizons, d’annihiler l’ambiguïté complexe, de différer son épanouissement protéiforme.
Se connaître soi-même suppose d’abord d’assumer la part qui nous coupe de l’autre, simple révélateur d’une incompatibilité qu’il faudrait combler, atténuer, ignorer au nom de quoi ? La socialisation, le vivre-ensemble, l’échange, le convivial partage : autant de trompe l’œil sociaux qui obstruent la réalité du chacun-pour-soi et les saccages toujours amplifiés qui en résultent.
Radicalités aiguisées par les charognards de la religion, ces croyances qui ne devraient jamais passer la frontière du culte intérieur ; démocraties dévitalisées par la conjugaison d’opportunisme sans vision affirmée, de stratégies à la miteuse semaine, de communication valant doctrine, de gestion sondagière singeant le parcours inspiré ; populisme dopant les démocratures ; affairisme saignant l’alentour et au-delà tant que cela sert sa courte-vue engrangeuse : le tableau vaut croûte invendable, mais il faut bien que le show mondial se perpétue et que les angoissés, surtout, se taisent. Le lard est bouffé, vive la rentrée !

08 août 2018

Libelle de bord

Quelques notes en vrac, lors d'un voyage routier récent :

Depuis l'autoroute A10, petite remarque de panurgisme comportemental : ces passagers avant qui mettent leur(s) pied(s) nu(s) sur le tableau de bord pour faire "carpe diem". Lorsque la dimension est féminine et que les lignes se révèlent délicates cela comble le regard, mais en cas de panard disharmonieux, cela ressemble à un tas de chair oublié qui fait avoir un haut-le-cœur. Par ailleurs, j'en déduis les dégâts corporels que doit occasionner un accident subi dans cette position : pieds et ce qui suit directement découpés par le pare-brise. Bon appétit, et ce ne sera pas du feu Robuchon...


Bien plus grave régression : les pseudo virils, gonades encaleçonnées reposant sur le siège, qui s'excitent à l'arrière de votre véhicule, lequel double lui aussi, mais plus lentement, pour bien signifier la puissance de leur taule ondulée. L'un de ces dérisoires a même poussé le vice jusqu'à afficher l'ordre suivant sur son pare-brise arrière : "Serre à droite connard !". Véridique. Quand la civilisation motorisée met en mouvement les pires arriérés...
Le tour de France des décérébrés se poursuit : Radio trafic info annonce que sur ce même autoroute, au niveau d'Orléans, un vélo est signalé roulant... à contresens !  Soit un échappé de l'asile, soit un de ses futurs pensionnaires. Pas besoin d'avoir son permis de conduire pour afficher les plus aiguës déficiences mentales : je peux l'affirmer, puisque je ne l'ai jamais passé !
Chez les GAFA, je demande Google... maps : plus performant pour signaler le trafic, et en l'espèce l'absence de bouchon sur l'A10 à hauteur de la sortie 42 : alors que les panneaux préviennent d'un blocage à venir, l'application routière reste au bleu fixe : c'est bien cette dernière qui emporte la mise.
Poids lourd fautif
Non loin d'Albi, ce 36 tonnes photographié joue au véhicule léger, doublant à plus de 100km/h sur une double voie limitée à 90 pour les voitures. Poids lourd de la mise en danger de la vie d'autrui, et lourdingue du contrat social...
Après l'enrobé du rapide, l'asphalte départemental et les sinuosités du Tarn. Paysage à admirer, mouvements à gerber...
Pour finir, retour sur une autoroute (A75), avec l'aire du Larzac qui propose tout le confort... sauf le ravitaillement en essence : lorsque l'ambiance écolo atteint les services autoroutiers... Vous pouvez y dormir, mais à sec de carburant.

04 juillet 2018

Smartbox du Clos Graissé au Vol


Les Conditions Générales de Vente, ah !… l’argument imparable derrière lequel tout embarras commercial se retranche, un peu comme l’informatique constitue l'explication à tout dysfonctionnement technique, occultant ainsi l’erreur ou l’incompétence de tel ou tel.
En l’espèce, la société irlandaise Smartbox Group Ltd se ratatine sous ses CGV pour déclarer son incapacité à réactiver la box « Week-end gourmand en amoureux » et nous gratifie d’un « code promotionnel » de vingt pour cent à utiliser avant février 2019… et estimez-vous comblés ! La salauderie commerciale n’a évidemment pas de limite.
Les faits : le vendredi 15 juin 2018 ma BB et moi partons de Lyon pour Beaune-sur-Arzon (43) à une trentaine de minutes en voiture du Puy-en-Velay. Depuis le 26 mars nous avions réservé une chambre d’hôtes au Clos Saint-François présenté comme un « ancien couvent du XVIIème siècle » qui « vous accueille dans ses jolies chambres » et avec cette formule définitive alléchant les clients potentiels : « Ici, le bien-être et le bien-vivre sont rois ! ».
Arrivés vers 17h30 (la chambre devait être disponible depuis 17h) nous trouvons le portail… clos : nous sonnons une première fois, rien ; une seconde fois, toujours rien. Après quelques minutes, j’actionne la poignée et le portail s’ouvre : nous entrons dans un charmant jardin… désert. Nouvelle attente de quelques minutes sans que personne ne se manifeste. Nous remarquons que la porte d’entrée du logis est grande ouverte et je relève la présence d’un livre d’or sur une table à gauche contre le mur. Nous décidons alors de franchir le seuil, l’accueil étant jusqu’alors d’une curieuse discrétion…
Sur la gauche, une vaste cuisine aux atours anciens et, enfin ! une femme, de dos, en conversation téléphonique sur une recette à l’huile d’olive. Voilà donc l’hôte… qui ne daigne même pas se retourner à notre arrivée – si nous n’avions pas tourné la poignée du portail nous serions à ce moment encore devant à attendre que quelqu’un nous accueille. Supposant que, peut-être, elle ne s’était pas aperçue de notre présence, je lui signale très sobrement notre arrivée.
Là, première déconvenue sur un élément essentiel du contrat commercial passé avec cette dame : son devoir d’hospitalité se résume à un péremptoire « Je suis au téléphone ! » sans même se retourner… Nous n’en croyons pas nos oreilles… Non contente de nous infliger ce merdique accueil, elle ajoute à son interlocutrice qui s’enquiert de ce qui se passe : « C’est RIEN, juste deux clients qui ne peuvent pas patienter deux minutes ! » La tête à claques (à ce moment-là toujours pas vue de face) en rajoute une bonne couche lorsqu’elle constate que nous partons puisque la prestation ne peut avoir lieu dans les conditions minimum de convivialité auxquelles nous donne droit cette chambre d’HÔTES ! Plutôt que de s’excuser, elle nous reproche même d’avoir « écouté » sa conversation téléphonique !!! Comble de la crasse morale…
Nous ne pouvons rester du fait de son entière responsabilité, sauf à transformer le séjour en « week-end stressant et belliqueux » : tromperie sur la prestation annoncée, vice rédhibitoire du produit proposé, annulation du contrat par son inadmissible comportement, quelle que soit l’appellation de son fangeux accueil, il empêche toute exécution de la convention dans des conditions acceptables.
Nous devons donc trouver dans l’urgence un point de chute (avec les frais supplémentaires engendrés), mais j’appelle immédiatement Smartbox pour leur signaler que nous n’avons pu bénéficier de la prestation attendue par la lourde faute de cette exécrable tenancière. J’apprends alors que, sans la volonté de la malotrue d’annuler la réservation, il est impossible de récupérer l’usage de cette box : les fameuses CGV exigent que le client fasse la démarche d’annulation « plus de 10 jours avant la date prévue d’exécution de la prestation ». Appliquer ces conditions au cas d’espèce relève de l’absurdité kafkaïenne : comment le client peut-il anticiper la bréneuse attitude de l’hôtesse malfamée ?
J’appelle cette dernière pour lui demander instamment de signaler à Smartbox l’annulation de ce séjour. Elle se fend alors d’un détaché « je verrai ». Encore une fois, les CGV ne peuvent s’appliquer à une telle situation. Seule l’infecte représentante du Clos Saint-François est en cause : nous avons été contraints de partir car elle ne remplissait pas sa part du contrat.
Son « je verrai », suivi d’aucune démarche en ce sens, s’est traduit par le refus de Smartbox de nous réattribuer l’usage de ce livret et de son prétendu week-end gourmand au très sale goût d’escroquerie en bande planquée derrière des CGV détournées de leur vocation. Soyons clair : Madame Karine Chouvet s’est fait rétribuer pour une prestation non fournie et Smartbox a mis des œillères pour un traitement prémâché  de ma demande sans prise en compte du cas spécifique où l’hôte promis n’en est pas un.
Le cas juridique serait intéressant à plaider si j’avais du temps à perdre : je me contente de dénoncer ici et sur tous les sites et réseaux adéquats l’abject accueil qui dénature l'origine même des murs, si longtemps, d’un couvent et la surdité coupable de Smartbox.
Une fois sur place, on doit endurer les humeurs de l’hôte, manquement aussi grave que de servir une nourriture périmée où de faire dormir ses invités-clients sur un puant galetas : de fait, on est hors cadre des CGV et des conditions requises pour obtenir l’annulation.
La seule sentence qui s’impose : que ce Clos Saint-François soit fui, déserté, repoussé par les adeptes de sereins séjours. Selon l’humeur du jour, vous serez reçu ou mal traité… Ce Clos Graissé au Vol a l’apparence des vieilles pierres inspirantes, mais impose un début de prestation digne d’un boui-boui incommodant. A stigmatiser d’urgence !

28 juin 2018

La coupe d'immondes déborde


Les scories du temps mal gouverné par des dirigeants testostéronés impliquent de garder ses distances.
Horizon lézardé par les coups de menton du Gnathon politique au souffle fétide et contagieux. Le teigneux bibendum fout le cafard à chacune de ses déclarations, la gueule penchée, le regard bovin de côté et l’esprit si torve… C’est autour de la Maison désormais suspectement blanche qu’il faudrait élever un mur sanitaire pour maintenir le féroce bovidé dans son auge idéologique.
Croute turque en voie d’archaïsation avec l’autocrate au petit cœur sensible qui ne supporte pas qu’un hebdomadaire français l’affuble de la chaplinienne étiquette de « dictateur » ainsi que la horde crétine et gesticulatoire qui a tenté d’intimider des kiosquiers ayant affiché l’affront à leur « président » préféré. Envoyons tous ces fans qui usent et abusent des libertés françaises visiter les prisons turques où des centaines de détenus politiques croupissent… même pas sûr que cela suffise à éclairer leur particulaire cortex.
Paysage fracassé d’une Europe aux membres désarticulés, en proie aux démocratures nauséabondes. Les gouvernants de leur sale et centrale soif de puissance ramènent le continent dans des courants dangereux. Le devoir de résister à l’oppression ochlocratique se profile. De l’involution hongroise au triste cirque italien en passant par les raideurs polonaises, leurs convergences opportunistes se torchent avec le projet européen : ne doutons pas qu’une fois l’Union européenne sabordée ils se découvriront les uns les autres les pires défauts comme tout bon nationaliste qui se respecte.
Le Clos Saint-François (photo LD)
Même le local charrie ses hôtes sinistres. Prenons, pas tout à fait au hasard, le cas du Clos Saint-François à Beaune-sur-Arzon en Auvergne qui s’exhibe sur papier glacé comme ancien couvent charmant du XVIIème siècle où « le bien-être et le bien-vivre sont rois ! » Comment anticiper que l’accueil s’incarnerait dans une détestable acariâtre qui ôte tout espoir de chaleureuse étape. Une réification de la clientèle qui doit suivre ses desiderata, faire silence et surtout ne pas écouter ses sacrées billevesées téléphoniques. En lieu et place d’un couvent, une mégère au pieu verbal très mal placé. Prière de ne pas s’aventurer dans cet antre de la gerbante hospitalité.
Quitte à passer pour l’infréquentable pessimiste, je me veux de plus en plus en retrait, sans ballon rond ni Trump de travers, sans Poutine à six coups d’avance ni chambre d’hôtes à mille lieues du produit convivial affiché. Se dégraisser de ces couennes indigestes pour se consacrer aux êtres et aux instants sur mesure qui se dénichent dans ce qu’a mis là de meilleur l’humanité.

17 mars 2018

Irrationalité sensifique


Ça pointe, douce urgence d’une particule accélérée,
Eveille en nous le halo vaporeux d’un Hawking au carré.
L’énergie stellaire entrechoque nos instabilités en
Apesanteur primordiale.
A la partie non écrite de l’existant :
Ses réseaux immuables aux
Côtés chuchotant une nucléaire liaison.
Le noyau désintègre l’échelle mesquine du temps ;
Long sera le voyage vers le haut
Des périodes acoustiques sans vision.
Rues ou ruelles, avenues à venir tant
Elle, la vie, parcourt d’acides laminés.
Seule la trace métabolique
Fait sens éclectique.
Paraître libéré de cette froidure
Tout en insufflant quelque mouvement à l’absolu qui dure
En fantasmé : une arborescence de
Fleurs aux pétales qui fondent.
Mi-sonore, mi-diffuse, l’ère sait graviter sans masse,
Elève chimique du sablier qui passe
Sans jamais se retourner.
Factice propagation ?
Nos horizons se nourrissent, légèretés
Vagabondes fluidifiant la passion.
Marches entropiques qui ondulent
En aléatoires destinations,
Doux désordres à l’aube de
Délires algorithmiques qui nous rendent
Complices d’exhibitions numériques sans
Sève, au sang sec, toile si peu
Naturelle, loin du mélange qui
Irrigue l’effet du feu.
Notre unité de mesure émotionnelle :
Si elle rayonne sans battre de l’aile,
Belle sera sa courbe, vive
Osmose, si active,
Qui ruissèle au détour d’une
Etincelle en selle ;
Lien hypnotique,
Qui s'enroule vers l’extatique,
Rend cosmologique la houle
Un poil épique, aussi
Peu rivé sur la foule :
Dingue complexité saisie
Bien loin des modèles affadis.
A la dimension parallèle
Se démultiplie l’exquis enclin.
Faire place à l’inédite parcelle
Sans restriction, aux confins.
Seringue à dézinguer
Au lieu où affleure ce
Miel élémentaire pour naviguer.
Prendre au centre le chœur avec
Soin et triturer le chaos high tech
De dérisoires constellant
Ce monde bouffé de Nutella :
Fol aboutissement d’un consternant
Entrain qui piétine, encéphalogramme plat
Qu’une déviation quantique calmerait.
On chevauche le papillon pour que le rai
Etreint soulage nos glaciations chroniques.
La réflexion infuse, sans panique,
Innerve, au seuil des possibles,
Mes choix imprescriptibles.
Songes grand ouverts
En effervescence filamenteuse,
Somme aux extrémités lumineuses
De toutes ces saillances en vers,
Formes si peu linéaires
Qui sondent les utopies que je creuse,
Résonnent près des lobes, sur mesure,
Loin des structures formatées
Du bien-vivre ambiant
Trop compassé.
Mièvre sentiment
Et perspectives atrophiées
M’atterrent,
Eperonnent les visées salutaires.
Ma théorie intime suit son intuition,
Muse clandestine,
Orfèvre d’une expression :
Ça m’assiège dans les ravines,
Enfièvre l’orchestration.
Les constantes personnelles forgent nos
Sens aux erratiques sollicitations ;
Le gouffre universel grignote jusqu’au
Cœur désarticulé,
Sans attaches,
Peur qui s'arrache aux principes que
J’enfreins, déjanté.
Effleure le boson de Higgs,
Ce format ultime à l’infinitésimale optique,
Prodige magnétique
Du morcellement énergétique.
Bonheur physique qui tutoie les touffus
Regards en friche,
A la lisière mise à nu.
Taire l’attraction qui s’affiche,
Fous élans aux ruades inespérées,
Rires aux couleurs magnifiées
Sur la gamme des espoirs portés.
Pont infini entre les matières extrêmes,
De-ci de-là éparpiller son dilemme :
Pierre tombale ou lierre monté ?
Densité minérale, aérienne volupté :
Singulière équation
Mi-inconnue, mi-familière,
Un casse-tête aux cent solutions :
Rêve gravitationnel,
Réel en suspension,
La sensifique contrée croît de plus belle.

21 janvier 2018

Pile en équilibre

Chaparder l’intuition pour s’en ruisseler de bonnes tranches : vive l’empilement ésotérique de vocables en équilibre. Je ne rédige pas sans sens, même dans les instants de perdition. Au plus cristallin des points d’accroche se reflète une facette existentielle qui se grime de complexité conceptuelle. Et peu m’importe la désertion du lectorat, de toute façon infinitésimale même lorsque je fais dans l’accessible, dans le formulé clairement selon les critères ras de la créativité expressive.
Pas l’histoire, pas l’intrigue, encore moins les personnages ou les décors qui galvanisent ma plume. Seul compte le ressenti échevelé et sa transcription arachnéenne.
2018 apporterait maturité à un siècle en convulsions perpétuelles ? Avec les quelques tronches dirigeantes de paranos égocentrés alliées au nationalisme-social de peuples en liquéfaction mentale, rien du monde d’ici-bas ne motive à concocter de bien troussées narrations.
L’essoufflante litanie d’événements de l’actualité, en réalité faits divers qui se gonflent d’importance, perd de son emprise sur moi. Juste savoir que la voie macronienne est tenue en cohérence et que les boursouflures américano-nord-coréenne n’ouvrent pas le bal de la guerre nucléaire me suffisent comme pitance informative.

Je préfère explorer le prétendu indicible, fainéantise sémantique des affectés, pour lui donner sa juste courbe calligraphique… et contraindre au vrai silence les cortex étroits qui brident ce qui leur semble obscur. La clarté comporte toujours une part d’éblouissement.

23 décembre 2017

Texte aux projections enivrées

Lorsque le texte aux signes magnétiquement symbiotiques pourra se feuilleter, il effeuillera les âmes déliées. Les correspondances aux saveurs mâchées pâliront à côté des volcaniques immatérialités tapotées. Le cordon textuel maintient en braises les ivresses saisies et nourrit les sensitives submersions. Tel un écran aux trois-cent soixante degrés couplés aux accents multidimensionnels, l’horizon se laisse effleurer : lui, en général si distant, le voilà qui s’érige pour une fresque intérieure esquissée à l’unisson.

La mélodie de gestes sur toile de fond essaime ses inédites fragrances. Indexer les élans mirifiques régénère la foi en la substance essentielle : jamais un souffle de trop, quitte à s’enhardir ; aucune rétention de sens pour toujours fluidifier les paroxysmes débridés. Aux lèvres de l’aube subsistent les germes d’un ancrage éclairé : aspirer la vie par l’écho dingue d’un bien à se faire sans seringue.


Attisons les connexions pour un réseau effréné qui dilate ad vitam le pantagruélique enclin. Enfin, qu’exulte le songe exalté.

15 octobre 2017

Rives osmotiques

D’une rive l’autre, l’oscillation vitale emplit les fibres en battements irisés… Culminer toujours, mais à rebours des frénésies du siècle, de ce modernisme tapageur qui englue ses meutes de petits porteurs. L’arracheur de temps se suffit d’un rien authentique, d’une attention engageante, de la vie en floraisons suggérées.
Pourquoi pas l’allégorie des inspirations : Musine serait comme la source des beautés du monde à portée. Sans tapage, loin des ravageurs du Vingt-et-unième, l’onde pastellée effleure sa pérennité sans certitude criarde… Patience en pétales féériques gravite par l’écho moelleux et revient ribambelle de velours.
L’âge de lierre enlace puis enserre les rejetons du Big Plan comptable aux codes obstruant. Une respiration suffit à faire craquer les marges enflées de leurs vulgaires obsessions. Coup de paume dans l’étouffoir. Jeu de férule qui obnubile dans les conciliabules.

La mousse turgide, face aux courants enjôleurs, enveloppe son terreau et fait luire sa rosée. Pousses en vers et contrant surtout les serfs du temps éperdu. Aux  premières notes de The Run s’évanouit le semblant de blues bleuté. Une parcelle de la Tête d’Or, un coin de banc vert défraîchi, quelques songes musiniens comme présence ascendante et le jaillissement textuel sera. Une si soyeuse aile trace son firmament. Ainsi soit l’île onirique.

03 septembre 2017

Crocs lascifs, aiguisé zigzag

Si la découverte de la philosophie politique de John Rawls et des fascinantes matière et énergie noires de l'univers irrigue mon séjour dans le cocon vert de la roseraie du parc Tête d'Or, c'est d'abord l'imprégnation de rencontres cardinales qui conforte une forme lucide de plénitude.



Lorsque le choix n'est surtout pas à faire, que le cumul cultivé élève les sens, humanise l'esprit à la façon d'un escalier gravi vers un parc insoupçonné,  les doigts tout en effleurements osmotiques, il faut juste prendre conscience de l'incroyable vigueur de l'émotion et s'en remettre aux vagues euphorisantes.




Un jazz existentiel qui butine ses notes pastelles pour en extraire la densité partagée : l'évidence comme règle instinctive accroît les feux joyeux d'un élan indomptable. 

Comment attiser mon insatiable liberté, lévitation attentive ? Mon univers sait engranger : zones identifiées avec nos enivrements, pour les chérir sans rougir, colportant au cœur de soi le suc enflammé. Incandescence.




Douce foultitude des ressentis, flots impénétrables du seuil à surpasser, iris troublé, brûlure légère qui s'atténue par un simple geste sur ce velours épidermique  : rayonnons sans attendre les crevasses et la fosse. Effervescence.



Ainsi soient les songes vagabonds qui s'effeuillent au gré du sens, initiatiques envolées pour ne rien abandonner de sa salutaire gravité et tournoyer à la crête du fonds vital. Appétence.

(Photos de Loïc Decrauze, août 2017)

12 août 2017

Oradour, baroud d'horreur

Envisager quelques tirs, quelques cris, beaucoup de résignation ou de confiance faiblarde dans la justification clamée par les crieurs du village pour se réunir sur le champ de foire. Le S.S. sait y faire : osciller entre fermeté intraitable et paroles rassurantes avant d’exhiber son rictus barbare. Autour de cet espace d’incertitude, d’angoisse, de redoutables interrogations, se dressent aujourd’hui d’irrégulières arêtes pierreuses, des pans interrompus, des semblants de bâtisses. Là, au centre, gagnait la terreur collective.

Hommes conduits et concentrés dans six lieux choisis. Ancrés dans ces granges éventrées les tirs en rafales pour faire tomber, les balles individuelles pour achever : là, six qui s’échappent pour des dizaines qui succombent. Pas de toit, plus jamais, deux ouvertures sans fenêtre, cette noirceur sur la tranche des murs aux lignes hachées. Le S.S., avec la maniaquerie qui le raidissait, balayait soigneusement l’endroit où devait se dresser la mitrailleuse lourde, juste face à l’entrée. Méticulosité assassine.

L’église se dresse encore avec sa béance au sommet. Devant elle, toujours ces restes minéraux au sang noir pétrifié. A l’intérieur, l’agonie des femmes et des enfants : asphyxiés, balles reçues, brûlés vifs… une seule mère parviendra à sortir de cet enfer. Silence lourd, ombres signifiantes, rappel de chaque seconde du martyr.

Incendiés, détruits, les logis, les commerces, les écoles, les bâtiments publics. Çà et là des objets familiers : la carcasse d’un véhicule, une machine à coudre rouillée, un lit broyé… Les artères se suivent et témoignent de l’acharnement à tout faire disparaître.

Ici trône une maisonnée, son squelette plutôt, avec l’épineux au faîte tranché comme pour ne pas trop surplomber la demeure sans toit, sans portes ni fenêtres. Le gris des murs pour tout confort avec quelques liserés de briques.

Là, une plongée dans la ruine criminelle, celle ébène par le déchaînement des bourreaux : formes torturées, ouvertures inutiles sur le vide qui s’impose. Le cœur se serre.

Passer outre ces angles sombres et s’arrêter devant le triptyque pierreux, régression bâtimentaire forcée pour ne plus jamais s’épanouir comme foyer : ruines épurées enfantées par le fléau nazi.

Monceaux de restes dressés vaille que vaille vers un ciel incertain. Difficile d’imaginer l’intégrité vivante d’avant Das Reich de l’endroit. Coups si profonds dans chaque construction, à la façon des Gueules cassées de la Première Guerre, qu’ils ravivent les plaies des survivants. Bouleversement du visiteur.

Ce pourrait être un tableau bucolique, avec ses feuillus, ses vieilles pierres et son azur bleu-blanc : morbide immobilité. Le crime des crimes vise à tout éradiquer : les êtres, le cadavre de ces êtres, leurs biens…

Ombre dans le cabinet de la dentiste. Plus rien de ce qui pourrait humaniser, la luminosité solaire elle-même glace. Au fond, un objet rouillé, informe, rend encore plus impossible toute reprise de vie.

Le supplice jusqu’au tréfonds du lieu, dans sa manière de se tendre vers nous, de former cet ensemble tourmenté. Pire que le néant : ce réel.

Pas des vestiges antiques, mais la première moitié d’un vingtième siècle aux cataclysmes orchestrés.

Pas de point de fuite, juste une enfilade d’existences saccagées. La balance oubliée par les pilleurs meurtriers, les outils bien rangés, le volet de travers : chaque chose délivre la dose d’émotion au visiteur du vingt-et-unième qui passe.

Regarder à travers ces barreaux : une façon de se croire à l’abri, de mettre en quarantaine le saccage sanglant accompli ou un leurre, la factice séparation d’un décor reproductible à l’infini des haines humaines ?

Une entrée sans issue, un escalier vers nulle part, des ouvertures privées de leur fenêtre : la litanie visuelle d’un village amputé jusqu’à ce que mort s’ensuive et qu’une poussée végétale esthétise les décombres. Plus de sept décennies ont passé depuis ce brasier communal, et pourtant…

L’anti-obélisque, ce pic, au côté charcuté, se dresse au centre de l’innommable : oppressante présence encadrée, au premier plan, par deux blocs qui dégorgent encore tant d’affronts endurés.

Le ballet tourmenté des courbes et des lignes, hantise des recoins alors inachevés, force à se statufier le temps d’une pleine conscience de la désarticulation qui s’élance ici : hurlements d’une architecture apocalyptique.

A la fin de cette éprouvante déambulation, cet oiseau fixe mon objectif depuis un semi mur, après avoir fait trempette dans une flaque proche : bras d’honneur au baroud d’horreur nazi, pensée émue à toutes ses victimes.

Parcours photographique réalisé le 8 août 2017 et acrostweet sur le village martyr dans le Répertoire.