24 octobre 2009

Un Net (de) Travers

Une vague d’affaires s’étant peu ou prou échouée, et avant la prochaine tout aussi buzzée sur la toile numérique, on peut un moment jauger le fond pas très net d’internautes aux anonymes vociférations.

Oui, le peuple du Net se déchaîne. Tout sujet qui peut éponger un chouia sa hargne dégueulatoire est bienvenu, quitte à révéler les paradoxes de sa logorrhée.


Les premiers à hurler l’extrême menace sur notre liberté d’expression par un régime policier tendance SSifiante, en usent et en abusent sans commune mesure depuis mai 2007. Alors que chaque internaute, prolixe au commentaire implacable, se régale des contradictions de ceux qui tentent de gouverner, de gérer vaille que vaille malgré les puissances qui les dépassent – le panurgisme financier, l’irrépressible et dévastatrice cupidité – la plupart se dissimule bien lâchement derrière un protecteur pseudo et ne pourrait supporter qu’on les confronte à leur versatilité en alignant la totalité de leurs interventions.


Certains de ceux qui se scandalisent des frasques peu culturelles du moelleux Mitterrand, le Frédo pas feu Fanfan, et du passé sexuel de Polanski, cachent de peu avouables parcours sur la toile que seul le flicage de leur IP pourrait révéler.


Ça renifle la pudibonderie forcenée, celle qui fustige puis condamne sans vraiment connaître la démarche testimoniale d’un homme. Plus question de prétendre à un quelconque poste issu, directement ou pas, de la souveraineté nationale si le parcours affiche la moindre tache pour les mœurs acceptables. Y a-t-il eu pédophilie actée ? Rien ne le laissait ouvertement présager et l’acte de communication du ministre l’a solennellement niée… Il aurait simplement ajouté « roman » sur la couverture de sa Mauvaise vie et le tour était joué : plus d’attaques autres que littéraires, n’est-ce pas Houellebecq ? Le genre romanesque, embrassé parfois par des faux jetons, a encore un radieux avenir.

La Bassine Le Pen, elle, s’est réveillée sur le tard pour tenter le retour d’un parti en faillite. Cet acharnement nous ferait-il entrer dans une Inquisition populiste où la surenchère deviendrait l’unique boussole politique, où l’épidermique réaction à une ignominie factuelle (par exemple le meurtre de la malheureuse Marie-Christine Hodeau) conditionnerait les pontes frénétiques d’un législateur opportuniste et brouillon ?

Le tintamarre aura eu un mérite : révéler le ras-de-terre des quadras du PS, toujours en première ligne pour étriller les travers de leurs aînés. Ça, il la change la pratique politique les Hamont, Montebourg et Valls : plus une bouillabaisse pachydermique, mais une infecte pituite…

Incessant envahissement de la toile par les conspirationnistes : leur plus vile gesticulation assène que les attentats du Onze Septembre 2001 ne proviennent pas des basses œuvres d’Al Qaida : comme une ultime défécation sur les poussières des victimes. Régulièrement sur les écrans, et pas seulement des ordinateurs, les ouailles de l’immonde Meyssan entretiennent le culte des diaboliques USA à l’origine du plus impressionnant attentat auto-terroriste de l’histoire humaine.


S’interroger sur les coupables négligences et salauderies d’une administration Bush, quoi de plus légitime (citons le documentaire de V. Kanban, 11 septembre 2001 : le dossier d’accusation, 2006). La part suspecte et malodorante de ce révisionnisme tient dans le transfert de responsabilité que certains défendent au point de nier la réalité même des cadavres ou l’évidence architecturale d’un effondrement. Ont-ils seulement regardé la magistrale explication dans Les Twin Towers, autopsie d’un effondrement (2002) de Ben Bowie ? Sûrement pas, car ce qui leur importe n’est nullement le doute, mais le prosélytisme nauséeux.

Et le pompon ? Pour le rejeton Sarkozy qui vient de céder à la meute insatiable du Net. Naïveté crétine ou extrême mauvaise foi chez les cent mille signataires de la pétition en ligne contre l’accession du médiatique Neuilléen à la présidence de l’EPAD ? Peu nombreux sont les parents, habités par une affection minimale pour leur progéniture, qui ne fassent jouer leurs éventuelles relations pour faciliter un début de carrière professionnelle à leur enfant.

On voudrait que celui qui a été choisi par des électeurs aussi enclins aux passe-droits incarne la vertu désintéressée ? Si ce n’est pas se foutre du monde et brailler pour brailler…
Rappelons, pour la mise en perspective historique, que tous les présidents de la République ont porté assistance à un entourage affectif en devenir, y compris l’intègre de Gaulle qui veillait à éteindre les lumières élyséennes dans les espaces quittés.

Un Syndrome du Titanic pour l’humanité en pleine course fatale selon le captateur Nicolas Hulot à la saine révolte. Le net travers d’une masse indistincte d’internautes consiste lui à dévoyer un formidable outil d’échanges en un vecteur du minable mais si rassurant suivisme. Des protestations au comble du conformisme. Rideau !

26 septembre 2009

Garder ces repaires ?

Ça change et ça tourne ? Tu peux te brosser petit prince… Le Monde-Fange et la Planète-Bourbe s’imposent toujours entre deux rosées illusoires.

Sinistre personnage, rat politique incarné, le repoussant Ahmadinejad nous fait le coup débilitant du « c’est celui qui l’a dit qui l’est ». Quelle perçante intelligence : il reprend le contenu de la déclaration de Sarkozy pour la retourner contre lui. On a dû l’informer de l’impopularité grandissante de notre chef d’Etat à la différence que, dans notre régime, les « crocs de boucher » restent une métaphore pour ses opposants, alors que l’infect dirigeant iranien en reste au sens propre… si l’on peut dire.

M. Kadhafi

Quant au Kadhafi il vient se répandre, avec un A, et non se rependre comme pourrait le laisser croire sa tronche difforme, dans un des parcs du richissime Trump. Il confirme son sens aigu de l’humour lorsqu’il fait la morale aux nations du Conseil de Sécurité sur le non respect de la Charte de l’ONU alors que sa carrière politique a fleuri sur les torchages sans retenue avec les principes premiers de la civilisation humaine.

Et les banquiers ? Vont bien, vraiment bien : ils prêtent avec de juteux taux d’intérêt un argent qui ne leur a quasiment rien coûté grâce des emprunts très bon marché effectués auprès des… Etats salvateurs. Vive la crise !

La crispante Royal n’a vraiment plus le vent en poupe, même si sa méthode Coué fonctionne toujours à merveille. Le rapprochement d’avec Bayrou semble de plus en plus naturel tant leur stratégie de conquête du pouvoir s’identifie par le culte d’une marche solitaire avec leurs soutiens militants en bandoulière, et par l’exaspération des plus proches compagnons d’armes qui finissent par se détourner de ces fantasques politiques égocentrés.

Qu’on les rapproche pour qu’ils s’entredévorent. Après La princesse et le président du déclinant VGE qui s’autorise une dernière gâterie littéraire, nous aurions droit à La Royal et le président… du Modem, plus une romance à l’eau de rose, mais une pitance à l’eau de boudin…

N’oublions pas l’ineffable de Villepin qui s’érige comme le martyre de la République sarkozyenne : ses effets de manche et de mèches risquent fort de se dégonfler dans l’enceinte austère et technicienne du tribunal correctionnel. Procès politique dénonce-t-il… comme s’il ne pouvait assumer le simple volet judiciaire… Son J’accuse l’acharnement de Sarkozy ressemble davantage à un J’esquive les basses questions qui portent sur le fond de l’affaire. Le grand de Villepin ne peut se courber pour atteindre ce méprisable degré des débats. A hauteur d’homme… surtout lorsque les volutes proviennent d’un enfumage grandiloquent, ce qui ne disculpe pas un Sarkozy qui a très bien pu laisser pourrir une affaire dont il était informé beaucoup plus tôt pour mieux voir chuter son rival politique.

Le teigneux petit homme s’est efforcé de tenir son calme lors de son dernier entretien télévisé. Mais, à l’évocation du procès Clearstream, l’avocat de formation et de sa propre cause n’a pu s’empêcher de désigner les accusés comme des « coupables ». Le dérapage d’un bouillonnement intérieur, comme un saut à la gorge des malfaisants. Son devoir d’être le garant de l’indépendance judiciaire se plie donc à ses impératifs personnels.

Où qu’on se tourne, l’horizon s’anime d’écœurants repaires.

30 août 2009

Prière de rentrer… sans croire

Le vent de fraîcheur sur les bords du Rhône signe la fin d’une saison estivale. Progressif retour à l’actualité. Aucune source de réjouissance : poursuite des petites batailles sanglantes pour le pouvoir au cœur des nations instables, affaiblissement des projets de démocratie pour l’Irak et l’Afghanistan, enlisement inexorable du volontarisme d’Obama malmené par des conservateurs revigorés, imperturbable reprise des obscénités financières, autarciques gesticulations de l’opposition politique en France, frénétiques propositions d’un Exécutif en cours d’exécution populaire, le tout en évitant d’invectiver les déprimants protagonistes avec des postillons chargés en H1N1.

Changement de décor : l’ombre apaisante au bord du lac Tête d’Or. Ensemble de coins familiers qui atténuent mes plongées récurrentes.

Nature impassible, combien ton contact épiphénoménise les fracas mis en scène puis entretenus. S’alléger un peu des empesées religions qui handicapent l’âme et obstruent l’esprit ; déposer les armes doctrinales aux sueurs excessives, donc suspectes ; purger les sens des perceptions hâtives pour recouvrer les frémissements initiaux, la part d’émerveillement qui grise. Assumer, surtout, ses contradictions dans l’instant et dans le temps comme le gage d’un rapport sain au monde. 

Ainsi, mon regard sur l’incandescent Bloy, encensé sans modération sur la base de quelques lectures isolées et par une séduisante musique entretenue qui allait jusqu’à tourner en dérision le jugement sans appel de Léautaud.

Bloy devant cochon, 1911

« Faux bonhomme », Léon Bloy ?
L’abondance diariste, même dans sa version épurée par l’auteur, impose un fond beaucoup moins attractif. Des fulgurances littéraires, oui, une singulière approche des gens et des choses, sans un doute. La traque des travers du contemporain inutile pour sa survie orchestrée : moins séduisant atour lorsqu’il se combine à une mendicité revendiquée qui rend l’imprécateur obséquieux pour son objectif à durée très déterminée. Passer outre ses surdoses religieuses pour louer le génial vociférateur ne doit pas occulter l’étiolement d’une parole rongée par un culte exacerbé, un petit air d’intégrisme… Croire à un dieu, c’est un peu laisser mourir sa capacité à transcender sa nécessité mortelle, son existence unique sans prolongation divine, c’est entériner l’explication de facilité, se contenter du confort des jalons d’un autre chose pour notre sort scellé. Croire pour ne pas voir…

Les mythologies grecques et romaines nous font aujourd’hui sourire, mais nous voilà encore si sérieux, si définitifs lorsque se profile le monothéisme. L’unicité du dieu rendrait-elle notre esprit monolithique, incapable d’une souple remise en question que requiert la lucidité minimale ? Les leurres envahissent déjà tellement nos existences qu’il faudrait éviter de s’encombrer en plus du religieux… pour les siècles des siècles !

21 août 2009

"Tribune libre" pour Micberth en liberté

Quelques mois avant l’été 76, dont je retrouve la touffeur oppressante ces derniers jours à Lyon, un certain Micberth accédait au petit écran, questionné par mon jeune homme de père. La Tribune libre d’Alessandri et Michelot accueillait ce chevelu barbu trentenaire au décapant message politique : « le droit à la différence » et « l’apologie de la désobéissance »… Apparente générosité anarchiste qui bousculait les institutions établies pour lui substituer une évasive voie de l’exemplarité.


Pourquoi revenir sur cet obscur moment de télévision ? Incroyable résurrecteur Internet : Dailymotion s’est vu proposer l’enregistrement de cette émission désormais consultable à chaque coin du territoire mondial. Ne nous emballons pas : quelque 250 visionnages de la prestation ont seulement eu lieu à ce jour.

M.-G. Micberth

La démarche de proposer à nouveau ce message trouve sans doute sa motivation dans la période incertaine d’une crise mondiale en cours. Après Che Coupat pour la gauche rebelle, voilà Karl Micberth pour la droite réfractaire. L’étiquette politico-géographique initiée par Mirabeau, comme le rappelle le président de la NDF, n’empêche pas les concordances de diagnostic et d’exécration. Lisez plutôt :

- « (…) la bourgeoisie… ce marais incertain où s’enlisent toutes les misères du monde. »
- « La démocratie indirecte est un attrape-cons et ne sert en définitive qu’à asseoir l’autorité et la fortune d’une poignée de méprisables canailles. »
- « Nos professions de foi balaient d’un coup tous les tenants des ordres nouveaux, les nationaux socialistes, les fascistes de guinguettes, tous ces jocrisses bigarrés inconsistants, récupérés à la première occasion par le monde de l’argent. »
- « En voilà assez d’obéir à de pâles humanoïdes, pantins orgueilleux, articulés par quelques rusés qui se tiennent dans l’ombre ! »
- « (…) la société bourgeoise ne pourra engendrer que des générations de désespérés ou d’esclaves décervelés. »
- « L’éden industriel ne peut nous apporter qu’un bonheur relatif, une sorte de pastiche du bonheur et masquer ainsi, irrémédiablement, notre véritable raison de vivre. »
- « Pourquoi refuser d’imaginer qu’une société composée d’individualités très marquées, puisse exister et vivre dans l’harmonie ? »


D. Decrauze
Modérons l’enthousiasme, tout de même. Comme j’ai tenté de l’esquisser pour Coupat aujourd’hui, le message du Micberth d’hier, tout généreux soit-il dans les intentions affichées, n’ouvrirait, en cas d’incarnation généralisée, qu’au chaos sacrificiel avec son lot de victimes des déchaînements barbares et de la satisfaction égocentrée des plaisirs de certains.


Quelle différence y aurait-il, alors, entre « la République bâtie sur les cadavres de centaines de milliers de Français », oubliant dans cette fustigation que les lignées au pouvoir dans l’Ancien Régime n’avaient rien du parangon de l’éthique éthérée, et la nouvelle aristocratie en charge du pays, habitée par de prétendues exemplarités existentielles aux critères insaisissables et malléables à l’envie ? S’ériger comme le meilleur dans son domaine n’a jamais impliqué l’altruisme minimal nécessaire pour mener une nation en préservant, vaille que vaille, la paix sociale.


Les désespérés de cette crise pourraient facilement s’agréger autour de l’iconoclaste appel : « désobéir » ! Vivifiante enseigne qui laisse entrevoir de prometteurs horizons… Sauf qu’il faut faire avec la nature humaine et, notamment, l’infecte partie qui pratique, sans aucune belle conscience utopiste, la rébellion opportuniste. Désobéir revient, en fait, à s’estimer davantage capable que le complexe contrat social. On sait pourtant fort bien le risible et lamentable échec qui couronnerait l’action de tous ceux qui gueulent contre le pouvoir démocratique s’ils s’emparaient des rênes du pays. Risible… sauf pour les victimes de leurs lubies idéologiques. Micberth comme Coupat ne sont d’ailleurs pas dupe : l’objectif n’est en aucun cas la conquête du pouvoir.


Alors, pour quoi faire ? La clef se trouve peut-être au détour d’une phrase prononcée il y a 33 ans : « Il [l’homme de droite] sait surtout, par l’intelligence et l’histoire, que le bonheur est pragmatique et ne veut pas laisser échapper le paradis qui lui est offert pour le temps de sa vie. » Voilà l’affaire : asseoir son autorité par l’esbroufe séduisante du combat politique pour justifier une vie non-conformiste, aux contraintes déléguées au maximum et aux plaisirs sucés jusqu’à la moelle de ses sujets, tel un magistral grooming.


De la politique ? Certes non. De la philosophie ? Peut-être, mais il faudrait alors aller chercher du côté d’un nouvel Aristippe insensible à la douleur physique et morale.

01 août 2009

Contresens

Depuis les bords du Rhône. C’est parti pour un mois dédié à la détente, aux activités non alimentaires et à l’improvisation ludique. Ainsi, aujourd’hui, ne surtout pas prendre la route, ne pas rejoindre l’asphalte des autoroutes, mais goûter à l’enceinte lyonnaise désertée.


Majestueux fleuve qui suit son cours, la passerelle du collège, élégance discrète pour les piétons flâneurs, les monts croix-roussiens qui dessinent une dentelle monumentale sur le ciel lumineux… Tout cela à portée du regard, sans gêne de masses humaines qui se bousculent sur le trajet d’un Sud à envahir.

Journal à taire - 2007

Un Journal comme un inexorable compteur en marche. L’arrêter serait comme mourir prématurément. L’engagement dans la voie diariste emprisonne l’expression pour l’orienter vers ses impératifs temporels. Chaque ligne s’oblige à l’exigence psychique du moment, sans aspiration d’autonomie, celle qui permet à l’écrit de s’affranchir de son auteur pour se construire en infidélité artistique à sa source… Le maître diariste en devient l’esclave… Paradoxe d’une apparente latitude quotidienne qui se laisse submerger par le temps, moniteur suprême de la tentative d’œuvre littéraire.

J’aurais le style abscons ? Pas grave. Mon imagination je la concentre sur le fabuleux trésor linguistique à disposition. C’est là que doit se dépasser l’auteur, et non dans l’élaboration de faits enchevêtrés qu’une réalité suffit à fournir.

N’ayant aucun impératif financier à être lu, je n’ai pour critère que mon seul plaisir expressif. Livré en pâture numérique via des blogs, chaque lecteur du hasard pourra en faire sa charpie, son exutoire critique, à l’aune de mon je m’en foutisme à l’égard de mes congénères. Match nul, mais des instants jubilatoires pour l’écriture. Les fosses insondables de l’Après importent finalement bien peu.


(Ecrit le 3 juillet 2009)

14 juin 2009

Farces à trappes

Raison d’être : filer vers le néant en ayant cru à sa place. Croiser l’autre pour s’oublier un peu, se sublimer parfois.

L’intellect trop collé aux excroissances des champs médiatiques, les sens atrophiés par la simplification d’une existence sereine : on fuit la contrainte, l’adversité, le pénible dérangement ! Cultive ton cocon, tant que tu peux : autrui doit demeurer l’accessoire pour qu’il ne s’ancre pas tel un envahisseur de conscience.

Loïc Decrauze - 2009

Ça gargouille. Intérieurs trop sollicités par une bombance au Carré Saône : six cents grammes de barbaque exquise ingurgités; une vésicule qui déraille… Extérieur en suspens : un vague ci-gît le système, les modèles conditionnant, la civilisation même ! Bienvenu dans le monde des garces farces à trappes. L’incertain viendra d’où on ne l’attend plus. Balade intérieure, désintégration aérienne : j’ai choisi mon camp, sans fortune. A terre, j’enracine mes petits plaisirs quotidiens sans parade relationnelle, sans dégoulinade matérielle. Témoin de loin, et au rythme parcellaire, des scories planétaires, je cultive le son scriptural : ça gratouille !

Se dégager un peu – « et peut-être plus ! » polnareffirais-je – de la rassurante poussée argumentative sans pour autant se vautrer dans l’imaginaire prétendument étranger à soi. Gare aux frontières ! Sus aux alvéoles ! Haro sur les contingences ! Pas de faux-semblants, marre du vraisemblable seriné : il nous faut coltraniser d’urgence nos fugaces pesanteurs.

Déploie ta langue pour goûter au plus près les interstices fruités. Comprendre ? Ressentir, d’abord, pour s’alléger des cons à pendre. La peine des morts c’est de n’avoir plus droit, pour exister un chouia, qu’aux pensées des autres, les agités du globe qui survivent en bocal.

Dans l’attente de ne pas vous rejoindre, monceaux de poussières pour un infini en mouvements perpétuels. Là, tout près du tronc qui craque… Hue !

01 juin 2009

"Che" Coupat au pays vermeil

Les réponses écrites de Julien Coupat aux questions du Monde ont le mérite de le révéler comme un ennemi absolu du système politique en place, et même au-delà.

J. Coupat

Victime de la violence policière, il narre son arrestation en détournant le vocabulaire qui sert à désigner les délinquants (« effraction », « Ils nous ont séquestrés », « mes ravisseurs courent toujours ») pour dépeindre le comportement des cow-boys de la République. Procédé classique pour s’ériger en Résistant à l’oppression.

De là, il peut rejeter l’ensemble des acteurs politiques qui participent, même dans la plus extrême opposition au pouvoir élu, au simulacre de notre démocratie. Même le Besancenot est ravalé à un médiocre pantin d’un groupuscule qui ne proposerait que la « grisaille soviétique » comme projet de société. Pas assez rouge sang pour le vermeil Coupat, on s’en doute !

Dans cette optique cathartique, il semble regretter l’Epuration d’après-guerre, lorsque tout salopard, tout criminel en puissance, toute brute primaire pouvait refroidir son prochain sous couvert de débarrasser le territoire d’une ordure collabo. Ce « gel historique », à l’initiative du Gouvernement provisoire de la République française, serait aujourd’hui victime du réchauffement politique d’un Sarkozy incandescent, laissant ainsi un boulevard idéologique pour les nouveaux Libérateurs. Suit la litanie des affreux à éradiquer : les syndicats à la solde du pouvoir, la fausse opposition politique, les journalistes vendus, la justice dévoyée… L’apocalypse devient urgente !

Face à cette répugnante et profiteuse Sarkocratie, que propose-t-il ? Prolixe sur l’impérieuse nécessité de contrer le joug de ce « Louis Napoléon en version Disney », le Che des caténaires fait du sur-place dès qu’il faut détailler tant les institutions à proposer – à imposer ? – pour éviter l’actuelle escroquerie démocratique, que le programme politique qui pourrait combattre l’apparente « crise économique » qu’il prend soin de mettre entre guillemets pour en contester la réalité originelle – encore un coup monté par les profiteurs capitalistes pour mieux pressurer le pauvre peuple.

Alors Coupat, une vocation de terroriste-résistant bien affûté pour la stigmatisation des ennemis, mais dangereuse baudruche politique sitôt qu’il faudrait gérer le pays ? L’anarcho-autonome – un Bayrou de l’anarchisme ? – ne peut évidemment pas raisonner jusque là, c’est consubstantiellement hors de sa portée.

Sa fumeuse utopie de rassembler en un même combat les « casseurs » de tous horizons, comme une resucée dopée d’un Mai 68 triomphant, n’ouvre sur rien, hors un nouveau chaos, ou plutôt si : sacrifier encore quelques cohortes décérébrées et massacrer quelques boucs émissaires vilipendés. Il se prétend l’ami du peuple ? Hitler, Staline et Mao l’affirmaient aussi. La générosité révolutionnaire a toujours un arrière-goût cadavérique, terreau à entretenir pour se maintenir en place une fois le Grand Soir éloquent devenu sordide petit matin aux affaires.

Sa tambouille argumentative démontre, en filigrane, l’impossible viabilité de ce qui sortirait d’une Révolution sanguinaire, forcément menée par une minorité, « ceux qui se font de la vie une idée moins squelettique » précise-t-il. Que deviendraient-ils, en cas de victoire brutale, sinon une nouvelle caste dirigeante prête à la terreur systématisée contre les responsables désignés devenus, de fait, les opposants au pouvoir nouveau ? Plus de « plébiscite aux apparences démocratiques », mais une direction arrivée aux manettes du pays grâce à la Rue aux mains et aux coups de lattes d’une minorité agissante…

Fantasme de Coupat, bien sûr, qui n’ouvrirait sur aucune ère bénéfique : évidemment pour tous ceux qui se seraient déclarés contre la violence comme moyen politique (pour parvenir, écrit-il, « au paradigme de l’habiter au prix d’une révolte cruelle mais bouleversante »), mais aussi pour les naïfs qui auraient cru aux louables intentions des meneurs d’une telle insurrection. La seule obsession, très vite, serait de mettre en œuvre toutes les purges nécessaires pour ne surtout pas perdre la tête du pouvoir.

Parmi les cibles désignées par l’anarchiste de l’ailleurs, une que je ne m’explique pas : « Le ramassis d’escrocs, d’imposteurs, d’industriels, de financiers et de filles ». Que vient faire la gente féminine dans ce poncif énumératif des responsables à pendre ? Coquille du Monde, mais alors au détriment de quel mot, ou l’infâme misogynie d’un gesticulateur aux gonades surévaluées ? [En fait l'explication est indiquée dans le commentaire en fin d'article, référence anarchiste.] En somme, la faille de Coupat c’est de croire à la bonne « plèbe » victime des criminels profiteurs. Que son réquisitoire concerne un petit groupe d’idéalistes, oui, mais il cède à la facilité intellectuelle lorsqu’il affirme que la solution viendra de la révolte du peuple. Une tare chez Coupat ? Il lui manque ce petit plus de nihilisme misanthrope pour prétendre à une vraie révolte sans concession. Petit cœur mou et discours convenu dès qu’il s’agit d’évoquer les gens d’en bas, alors que les plus activistes d’entre eux n’aspirent qu’à une seule chose : devenir les potentats de demain…

21 mai 2009

Tragique Clochemerle planétaire

Vite, aspirer pour ne pas étouffer ! Lier au cœur ressentis et décryptages rationnels, puis s’élancer vers ses aspirations originelles, glanant en chemin d’originales intuitions.

Là, dans mon fauteuil de vieux gars, aucun pouvoir, nul opportunisme, pas l’ombre d’un carriérisme n’obture mon petit chant en conscience. Viens à moi, monde du repli globalisé, où l’amassement frileux cornaque nos parcours sans retour.

Cumuler les biens, les croyances, justifier son passage ici-bas, seul fruit du hasard, par l’archaïque adoration d’un dieu, avers d’un instinctif mépris pour les égarés, rétifs à tout embrigadement, y compris celui qui rassure et dispense des saines trouilles métaphysiques.


Idéologies autarciques qui s’incarnent pour amoindrir la dignité de chacun sous couvert de contrer les drames engendrés par le système en place. Fanatisme religieux qui consolide l’ancrage des
quelques potentats, et de leur servile clique apparatchik, que jamais on ne verra se faire exploser ou se sacrifier pour le prétendu triomphe de la cause… Mortifères foutaises !
Tous ces escrocs de la vie qui font du globe un atroce terrain de luttes voudraient, en plus,
bâillonner toute source blasphématoire, toute amorce d’opposition. Douillettement calés pour perpétuer leur tyrannie, ces conchieurs de l’humanité s’abreuvent du jus des sacrifiés et du sang des minorités. La dernière réunion du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, à Genève la Neutre, a confirmé l’hideuse face de la mort-née communauté internationale. Infecte antichambre d’inconciliables civilisations.

F. Rabelais
Paradoxe : Internet ne fait qu’amplifier les divergences, chacun propageant sa conception sur la toile sans jamais s’essayer à comprendre l’ennemi déclaré. Triste farce du « village planétaire », oxymore idyllique que la seule évolution des communications et du transport ne pouvait
réaliser. Quoique, si ! bien sûr, c’est un dangereux Clochemerle avec six milliard de villageois qu’ont enfanté les déplacements frénétiques et le webunivers.
Rabelais, renais ! ils amplifient leur folie : progrès technique sans éthique mine l’âme…
D’un coup, j'ai un besoin pressant, gargantuesque, à honorer contre l’édifice religieux du coin !

16 mai 2009

Un cadeau pis qu’Hadopi

La contre-proposition socialiste à la loi Hadopi stupéfie.

Mélomane, j’ai toujours payé la musique que je souhaitais m’approprier dans la liberté d’écoute. La part croissante des téléchargeurs hors la loi incite à réagir, si possible en contrant ces dérobeurs insouciants ou éhontés. Eh bien non ! La gauche française opte pour entériner la pratique illégale et la faire payer par la collectivité des internautes, y compris ceux qui, comme moi, ont eu le souci de respecter le droit des auteurs qui espèrent une rémunération contre la mise à disposition de leurs créations.

Quelques ténors de l’opposition vont jusqu’à stigmatiser une « double peine » qu’engendrerait la loi contre le pillage culturel : suspension de la connexion Internet tout en continuant à devoir payer l’abonnement. Ces esprits forts, généreux et compréhensifs avec les voleurs sur toile, sanctionnent de fait ceux qui s’attachent à respecter le droit commun. Avec leur contribution créative je paierais deux fois : une fois pour continuer à me procurer des morceaux qui me plaisent via des sites sûrs, sans me vautrer dans cette jungle du libre-service systématisé, et une fois avec la part de mon abonnement à Internet affecté à compenser les pratiques interlopes. Un comble !

Cette évolution s’imposerait, selon l’approche complaisante, afin que le droit d’auteur s’adapte à « l’ère numérique » ! L’alibi de la modernité pour ringardiser la légalité existante, alors qu’il ne s’agit que de se coucher devant une tendance humaine répandue : satisfaire ses envies immédiates, y compris en se torchant avec le contrat social si le risque de se faire choper est quasi nul.

Les mêmes qui réclament la « moralisation » du système capitaliste et la sévérité exemplaire à l’égard des riches profiteurs, trouvent défendables l’abus de la propriété d’autrui, simplement parce qu’à l’unité le préjudice s’avère négligeable et que l’anonymat que favoriserait l’Internet affranchit de toute éthique. Exactement le processus de déresponsabilisation de chacun lorsque le méfait se collectivise, voire se popularise. Que la faute relève de la dérisoire contravention ou du crime le plus abject, le fait de savoir qu’on la partage avec d’autres réduit ses remords, quand cela n’incite pas à la perpétuer.

La responsabilité du législateur c’est justement d’atténuer la part crasse de chacun par l’application de règles communes. Va-t-on assouplir le code de la route parce qu’une majorité d’automobilistes s’accordent, plus ou moins fréquemment, de déroger à telle ou telle obligation ? Avec la proposition socialiste, les fameuses autoroutes de l’information dérouleront le tapis rouge avec numérique bénédiction aux chauffards de la toile. Bravo le nouvel humanisme : mieux qu’un cadeau aux pilleurs, une consécration du panurgisme magouilleur.

13 avril 2009

Foutez-lui la paix !

Pierre Perret
Qui d’autre veut se payer du Perret ? Le sujet croustille et fait s’émoustiller le journaliste en quête d’un bon coup : brûler l’idole consacrée qui vit les dernières années de son bonheur d’artiste accompli. Le gouailleur se serait inventé une relation cordiale avec le vieux Léautaud qui, dix-huit mois plus tard, demandera dans un ultime souffle qu’on lui foute la paix.


En 1986, lorsque reparaît son Adieu, Monsieur Léautaud, Pierre Perret est un artiste célébré. Qu’il se soit vanté auprès de Brassens, des décennies plus tôt, de cette singulière rencontre, pourquoi pas, mais le vrai scandale n’est pas là. Au contraire, si invention a existé et s’est perpétuée, cela a eu le mérite de faire connaître à un plus large public l’œuvre du réfractaire. A mon très humble niveau, je rédigeais alors un article dans le journal du lycée de Cergy Saint-Christophe, hommage à l’initiative de Pierre Perret et occasion inespérée de prendre prétexte de l’actualité littéraire pour évoquer mon écrivain favori auquel je consacrais, dix ans plus tard, un travail universitaire.
Paul Léautaud

Alors, Perret, coupable ? L’article du Figaro (resucée de celui du Nouvel Obs du 29 janvier 2009) le flingue en cinq actes, à la façon d’une médiocre pièce de boulevard qui aurait donné l’occasion à Léautaud, alias Boissard, de délivrer une magistrale digression après la fustigation de son auteur en deux phrases aux vifs mouvements. On sent derrière cette agitation la volonté d’un infect petit univers de ne surtout pas laisser à ce chanteur populaire la liberté de se revendiquer une filiation intellectuelle avec leur Léautaud.

Alors poussons au bout pour révéler la mesquinerie de ce milieu qui aurait fait s’indigner le pamphlétaire – encore un vocable que les exégètes consacrés ne vont sans doute pas adouber. Se prépare un documentaire sur le bougon de Fontenay : là où un Pierre Perret aurait apporté sa notoriété, son allant et sa joyeuse vivacité, une cabale s’est érigée pour empêcher qu’il soit de la partie. Médiocre chantage à la clef…

En revanche, cela n’aurait gêné aucun des biographes de Léautaud qu’Edith Silve se répande en éloges naphtalinés alors qu’elle empêche la publication de manuscrits et de « plus de 600 pages de journal restées inédites », ça le journaliste du Figaro n’en est pas choqué. Quelle légitimité a donc Mme Silve pour décider ce qui doit ou pas être publié, hormis le fait de s’être acoquinée avec la SPA légataire des manuscrits du diariste ? Le scandale littéraire n’est-il pas plutôt là ?

Comme il pourrait être dans la censure, jamais dénoncée, pratiquée par feue Marie Dormoy, l’exécutrice testamentaire de Léautaud qui a surtout exécuté l’intégrité du Journal littéraire en s’érigeant censeur officiel. N’est-ce pas là qu’est l’injure véritable à l’écrivain qui n’admettait aucun retrait de ses chroniques, quitte à se priver de la collaboration du moment. Dormoy, elle, a préféré préserver ses relations avec quelques influents du milieu littéraire, et surtout ne pas se les mettre à dos, en retirant de la publication du Journal les piques incendiaires. N’est-ce pas cela qui doit révolter : cette complaisance cultivée avec un cercle relationnel tout en se revendiquant fidèle à l’écrivain sans concession ? Elle a donc appliqué un principe indigne : laisser la liberté aux écrits de Léautaud jusqu’à la limite de ses propres intérêts. Là, il y a de quoi vomir !

Au regard de ces comportements, le pétard mouillé du Nouvel Obs repris par Le Figaro semble dérisoire : un écart avec la vérité, Pierre Perret l’a peut-être pratiqué, mais ce n’est en aucun cas une insulte à ce qui fondait l’existence et les pensées de Paul Léautaud. Alors, qu’Edith Silve et la SPA laissent publier l’intégralité de ce qu’elles retiennent, et nous pourrons alors évoquer sereinement le cas Perret, quitte à lui tirer affectivement le lobe d’une oreille…

Cf. le très édifiant article de Virginie Carton : "Pourquoi tant de remous autour de Léautaud ?"

15 mars 2009

Alain l'enChanteur et le château d'O

Bashung s’en est allé avec l’extrême Élégance de l’artiste accompli, mais victime de ses sources inspiratrices, de ses addictions comme le résumerait l’approche clinique.

Alain Bashung

Sans être un inconditionnel de son œuvre musicale, quelques joyaux s’imposent comme autant de singularités esthétiques au riche pays onirique du créateur. Au premier rang, Madame rêve, où les vocables suggestifs de Grillet épousent les notes aspirantes de Bashung. Une ambiance ? Non, trop mesquin ! Un univers captateur d’émotions, oui, qui vous enroulent pour vous submerger. Une portée de grâce.

La mort de Bashung, c’est une part de mon existence qui s’éloigne pour se fondre dans les restes vaporeux du définitivement perdu. Une tranche de passé sans le moindre rapport avec mes choix de vie d’aujourd’hui. Bashung, comme un révélateur d’une enfance en marge du modèle commun.

Château d'Omiécourt (Somme)

1980, après quinze ans de tâtonnements artistiques, il accède enfin au succès espéré avec sa Gaby le long des golfes pas très clairs. Moi, comme le susurre l'un de ses aînés en chanson, j’ai dix ans, mais je n’appelle pas ma maman pour confier mes bobos. Je me sens, au contraire, dans mon élément vital au château d’Omiécourt, en pleine Picardie – aujourd’hui exploité comme chambres d’hôtes de luxe. Parmi les quelques mélodies choisies, via les médias, des airs de Bashung habillent les souvenirs qui me restent de cette vie de hobereau.

Je me revois ainsi, une nuit d’été, dans le grenier d’une dépendance du château, pour des moments fraternels avec Hermione et Karl, enfants du même âge qui me sont alors si chers, complices de jeux et d’aventures improvisées, et ce soir-là de musiques partagées. Les trois dix, comme on nous surnomme en cette année de révélation d’Alain Bashung, inventent d’extraordinaires épopées au Fort Alamo, dans l’un des sous-bois de la propriété, reste d’un énorme tas de terre devenu mont touffu. Les trois onze poursuivent leurs jeux alors que le Vertige de l’amour peuple les ondes et ancre, pour toujours, le son Bashung dans le panthéon musical français. Pousser ses gambettes jusqu’aux grands bois, après un passage à travers champs désertés par les bœufs, pour y retrouver la magie d’une géographie torturée par les obus de 14-18 et sur laquelle arbres et lianes ont insufflé une esthétique reposante : plus de carnage ni d’explosions, mais des complicités enfantines qui semblent éternelles. Bombez le torse, bombez ! comme un délire familier qui me vient en écho de nos châtelains egos.

Au château d'O., 198X

Ainsi, éparses, quelques parcelles qui me restent et Bashung remuant ces souvenirs qui n’auront eu comme sens que les instantanés vécus, avant les désillusions, les séparations et les rancunes… Avoir perdu ce chanteur si tôt, ne pas avoir su prolonger l’accroche avec ce frère et cette sœur de cœur, cela rend un peu coupables ses choix et son approche du passé. Bon vent à toi, Alain l’enChanteur !

08 mars 2009

Capuches à découvert


Alors que le film Banlieue 13 Ultimatum n’est pas programmé par le diffuseur UGC dans certains complexes aux abords de cités, les haines encapuchonnées se révèlent au détour d’une séance… pédagogique.


Mon activité me met parfois au contact de jeunes en rupture sociale et dont l’approche du monde est conditionnée par quelques exécrations non négociables. Ainsi, le cas d’Omar Al-Bachir, l’autocrate-président du Soudan, accusé par la Cour pénale internationale de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité : là où chaque citoyen lambda se réjouirait qu’un sanguinaire en exercice soit poursuivi pour la tragédie du Darfour qu’il a provoquée et entretenue, les en-capuche n’y voient qu’un infâme acharnement contre le dirigeant musulman d’un pays pauvre. Ils ne tardent pas, produisant ainsi une tambouille idéologique hétéroclite, à le rapprocher du feu et tellement humaniste Saddam Hussein qu’ils arborent tel un martyr de l’abjecte Amérique et de l’Europe inféodée.

Début 1991, commentant le succès de l’opération Tempête du désert menée par l’administration Bush père, j’écrivais ceci : « Ne doutons pas que l'histoire manichéenne made in Occident lui fera une place d'honneur parmi ses démons. Le monde arabe, lui, portera longtemps Saddam dans son cœur, et il restera une figure essentielle alors que plus un américain moyen ne saura mettre une fonction sur le patronyme Bush. » Si je me suis totalement fourvoyé sur la résonance à venir du nom que le fils a contribué à inscrire pour longtemps dans les pages sombres de l’histoire universelle, l’incroyable popularité du sunnite irakien se confirme dans la tête sous capuche de jeunes qui n’étaient parfois même pas nés lorsque son armée s’est faite sortir du Koweït.


Tant que le monde occidental fera de la CPI son suppôt, empêchant à l’embryonnaire justice pénale internationale l’initiative de stigmatiser les dérives sanglantes de pays riches aux traités protecteurs, nos laissés-pour-compte à capuche s’en tiendront au simplisme dérangeant : de Bush à Israël, la crispation de leur rejet ne souffre d’aucun argument, d’aucune amorce d’éclairage historique.


Le racisme virulent et l’antisémitisme expectoré qui s’amplifient dans les périphéries à l’abandon ? On n’en parle surtout pas : comme si cette indignité rampante de notre République prétendument intégrative devait être minorée pour ne pas provoquer l’embrasement général. Hypocrisie à tous les étages : on laisse enfler les haines en espérant qu’elles ne submergent pas le contrat social de plus en plus ravalé à une missive d’inatteignables intentions.


Finalement, la crise économique, claironnée par les médias qui fournissent ainsi un carburant indispensable pour l’entretenir et maximaliser ses effets, dissimule la crise réelle d’une part croissante de la population qui a perdu l’affectio nationis et s’en remet aux litanies d’intégristes, aux sermons mortifères qui inclinent à mettre au-dessus de tout son clan, son quartier, sa communauté. Faites vos jeux… rien ne va plus !


08 février 2009

Les coups de la crise

Signe, pour l’anecdote révélatrice, de la dépression économique en forme de débâcle humaine : la fonte vertigineuse des recettes publicitaires de la première chaîne de télévision.

Là où la volonté présidentielle a débarrassé les chaînes publiques des scories commerciales aux pointes d’audience, la crise nettoie les programmes de TF1 des longues et indigestes coupures publicitaires. Si report de la manne du public vers le privé il y a eu, le marasme mondial a désintégré son contenu.


Ainsi, la flopée de séries américaines qui permettent de réviser les quatre coins des USA et la palette infinie des salauderies humaines : je les purge des séquences dont on les a truffées, grâce à l’efficace DVD-enregistreur-nettoyeur, pour que ma BB puisse les visionner dans un total confort, sans la répétitive pause-pipi qu’imposent les bruyantes réclames, même en l’absence d’incontinence.



En septembre 2008, j’avais encore fréquemment de gros morceaux de sept à huit minutes, bien polluants mais détectables à tous les coups par le défilé des chapitres de six minutes. 2009 ne laisse poindre que des tranches de pub
efflanquées, parfois d’à peine deux minutes qui se perdent au beau milieu des épisodes comme une saucisse William Saurin dans une bassine de topinambours. La crise impose ses changements de comportement : fini la rythmique des chapitres pour retrouver les plages de publicité, bonjour l’accélération fastidieuse des images…


Finalement, les adeptes de la décroissance vont avoir l’occasion d’observer la réalisation brutale, par la contraction de la production, de leurs aspirations. Pas sûr que les dizaines de millions d’individus qui auront perdu leur emploi au cours de cette période en deviennent de fervents partisans. A moins qu’on les leurre, ici et là, en leur vantant un anti-capitalisme primaire dont on ne comprend toujours pas la teneur du projet concret et viable qu’il recouvre.


Et sinon ? Je n’achète toujours pas d’actions, encore moins de produits financiers, je ne conduis décidément pas et je reste sur mes gardes lorsque je croise un congénère…


Le volontarisme politique n’empêchera pas l’instinct prétendument salvateur du nationalisme social. La mondialisation est morte ? Vive la relocalisation avec purin bien de chez nous coincé au creux des godasses ! Rigolade, sinistre farce pour tenter de contrer le sauve-qui-peut en marche. Les pauvres, les miséreux, les laissés sur la berge comprendront bientôt que les riches, les très riches n’ont pas de plus raisonnable comportement qu’eux lorsque la gabegie menace.


Quoi que puisse proposer, d’applicable, les dirigeants en place, les mécontentements croîtront. Ce qu’il faut avant tout éviter c’est le dérapage, aux sources multiples possibles, qui justifierait la voie barbare, laquelle se déchaînerait d’abord contre ceux qui apparaissent comme privilégiés ou protégés dans leur emploi, par nature public pour ces derniers. Le paradoxe ? Les fonctionnaires formaient encore très largement le gros des cohortes revendicatives des dernières manifestations en France.


Le premier poste de dépenses de l’Etat reste, de très loin, le paiement de la
fonction publique. Toute politique d’aide aux plus exposés à la crise, les salariés du secteur privé, ne peut se financer qu’en réduisant, grâce à l’opportunité du papy-boom, les effectifs du public. Le reste, c’est du bruyant folklore d’un autre temps, celui où les caisses de l’Etat pouvaient encore supporter l’accroissement de son personnel.


Pour l’instant, le rapport de force se cristallise entre une partie de la population, via les syndicats, et un Etat perçu comme l’unique solution, un centralisme de crise en somme. Espérons que cela ne se déporte pas entre catégories de populations, quel que soit le critère de scission violente retenu.

01 février 2009

Du coup de pouce au doigt… bancaire

Rappelez-vous le poupouce sympathique de la Société générale : une aide à s’installer, à entreprendre et à s’épanouir dans une vie tout en pastels harmonieux. Belle vitrine pour inciter à la consommation par de gentils prêts.


L’acte premier s’ouvrait sur l’adorable monde des Bisounours financiers : « Je te prête, tu me payes… tu ne payes plus, je te relance, je te balance ! ». Les poupouces américains ont ainsi soutenu vaillamment, ardemment, sur l’impulsion des pouvoirs publics d’alors – une nation de propriétaires à tout prix, ça ne vous rappelle rien ? – quelques millions de personnes aux revenus modestes ou inexistants, avant de les faire expulser. La tragédie du pauvre trop crédule ? L’affaire Madoff a démontré magistralement que la voracité naïve imprègne aussi des gens de la Haute.


Acte deuxième : la Société générale communique sur l’abominable trader abuseur de confiance, îlot de perversité dans un océan de vertus tranquilles. Gare ! Le tapis gondolait un peu trop pour parvenir à dissimuler toutes les pourritures financières que son personnel expérimenté, au faîte de l’art spéculatif, s’était vu refiler par la voie de brenneuses arcanes.


En outre, on commence à découvrir la réalité des responsabilités dans l’affaire Kerviel. Une Mission impossible de la culbute financière : « utilisez tous les moyens possibles, jusqu’à l’illégalité, pour multiplier la mise, mais nous nierons toute connaissance de vos agissements en cas de découverte. Ce poupouce s’autodétruira dans cinq secondes… » 


Finalement, le conte de la Générale est limpide comme un Perrault : goinfrez-vous tant que vous pourrez, jusqu’à l’écœurement de vous-même, abusez des règles, rapaces, et fientez sur le contrat social pourvu qu’avec un large sourire vous affirmiez : « C’est pour mieux vous aider, mon épargnant ! »


Troisième acte, le plus sordide. La figure du Banquier, que j’ai si souvent brocardée dans mon Journal, est devenue le punching-ball idéal pour exacerber ses ressentiments.


Ce qui fait enrager, c’est l’impossibilité d’une suite naturelle pour les fautes graves de gestion, à savoir la mise en liquidation, sous peine de provoquer une implosion en chaîne du système. Voilà donc des entités commerciales qui usent et abusent des règles du capitalisme, mais qui ne peuvent en aucun cas se voir infliger une quelconque sanction. Le pompon : quelques dirigeants de ces établissements financiers doivent se faire tirer l’oreille par l’exécutif pour se résoudre, en rechignant, à ne pas toucher les primes et autres parachutes dorés.


De là à lancer le bon pôple étriper ou décapiter quelques gros lards à cigare et à lunettes, comme Plantu les stigmatise, il n’y a plus que l’épaisseur d’un euro. Nos caricaturistes du XXIe siècle ont tout de même abandonné, pour représenter ces indécents hommes d’argent, le nez crochu qui tombe dans la bouche. Un progrès notable de ne retenir que la fonction sans l’associer à une catégorie ethnico-religieuse…


Chacun attend, redoute, espère, selon sa posture face à la crise, l’explosion sociale, le déchaînement révolutionnaire avec quelques barbaries justifiées comme purgatives…


Ce qui irrite, dans l’ambiance colportée, c’est le leurre d’une prime à la vertu pour les modestes, les planqués, les revanchards échoués. La résonance du discours contre les salopards qui réussissent incite à occulter les crasses des ternes citoyens, mais la petite musique sonne bien, alors les médias la relaient sans jamais égratigner la France d’en bas.

18 janvier 2009

Paroles de "Palisraéniens"

Rester terré dès que la menace pèse. Pour nous, simples civils, ça ne va pas au-delà de cela. Soixante ans de tressaillements morbides… une vie d’homme, d’un côté comme de l’autre. Pourquoi devrait-on, en plus, s’obstruer l’esprit par la haine de l’autre, celui d’en face, notre voisin, qui lui aussi doit se protéger dès que ça gronde ou que ça siffle ?


Cette terre sublime, paradisiaque au sens originel, nous l’avons truffée, dans le temps et dans l’espace, de zones infernales : atrocités, corps en charpie, déshonneur humain de s’attaquer ainsi à l’autre… Notre faute ? Nous avons suivi, sans rechigner, les dérives des meneurs en place, des agitateurs de la discorde, de la voie idéologique, de la crispation sur son propre intérêt sans percevoir que le plus prégnant des impératifs est de satisfaire les aspirations légitimes de ceux d’en face pour assurer la pérennité de nos propres attentes, au bout du compte si proches les unes des autres… un peu de reconnaissance, est-ce illusoire ? En attendant je me cache, je n’ai que cela à faire, le temps que ça passe…


Pourquoi faut-il que ceux qui veulent tenter la voie de la paix, en allant au-delà des cadavres, des destructions et des malheurs engendrés, réalisme douloureux mais nécessaire quel que soit le moment choisi pour tourner la page mortifère, soient tôt ou tard écartés, bâillonnés voire éliminés par les boutefeux, par ceux qui s’enivrent du sang de l’autre versé quitte à produire, de facto, l’horreur dans son propre camp ? Vu de haut, vu de loin… quelle terrible absurdité ce dialogue de sourds où le bruit des armes et des explosions nous fait perdre la faculté d’écouter l’autre. Absurde à en pleurer toutes les larmes de son corps… oui mais voilà, je suis là, immergé dans cette terre violentée… et ma pauvre existence en sursis ne peut qu’espérer un miracle humain : que, de part et d’autre, la lucidité l’emporte ou qu’un dirigeant, venu d’ailleurs, parvienne à convaincre qu’il faut changer, que le revirement doit s’imposer…



Moi aussi, dans mon trou, j’ai fait un rêve… A l’heure où un métisse va prendre les destinées de la première puissance mondiale dans la tourmente, l’époque est opportune pour un électrochoc salutaire…


Je songe à nos voisins de Méditerranée, ces Français qui, six ans seulement après la fin de l’horreur absolue de la Seconde Guerre mondiale et de l’évidente haine totale éprouvée envers les Allemands, ont appelé, par la voix de Robert Schuman, à dépasser ce gouffre des consciences hostiles en construisant ensemble. Comme un modèle… nous avons attendu dix fois plus longtemps pour faire ce pas… n’est-il pas urgent d’y songer ? Simple, si simple à invoquer, même la peur de crever au ventre, si monumental à réaliser…

01 janvier 2009

2009, la bananée ?

Encore un bout de truffe coincé au hasard d’une commissure, un reste de foie gras au fond du bide, des textos de bons vœux qui m’arrivent et auxquels je ne peux que chaleureusement répondre, mais déjà la déprimante tessiture de cette année naissante oppresse.

Il faut dire qu’on s’est bien tous chargé, les médias comme les simples citoyens, de la faire échouer avant même qu’elle nous déroule ses immanquables surprises. De l’anti-méthode Coué, ce défaitisme claironné.
Mon activité rémunérée ne m’autorise pas cette résolution, pourtant seule résistance possible au cafardeux conditionnement : au diable toute source d’information pendant un an ! Une purge pour se préserver des effets d’entraînement qui ne vont pas manquer.



L’irrationnel des aires financières, avec panurgisme primaire comme refuge délétère, devrait contaminer bien d’autres pans de la sphère sociale. Surenchère, catastrophisme cultivé, déferlement du pire : si passage d’un système l’autre se dessine, il ne se fera pas dans la guimauve. Entre l’acide opportunisme d’une minorité agissante et l’amère passivité du reste, en sombrant, par à-coups, dans l’indigeste déchaînement des barbares à l’affût de zones à dévaster, de groupes à terroriser, la palette de l’humanité 2009 ne fera qu’accommoder à sa sauce les réflexes classiques pour périodes incertaines.


Encore quelques jours d’autarcie affective… Une guitare aux cordes harmoniquement pincées par le frérot, des photos de ma jeunesse – un été à Fontès autour de ma grand-mère, des cousins joyeux avec qui partager – que maman fait revivre sur l’ordinateur, qu’elle légende pour catalyser l’émotion, chacun à sa tâche, à son loisir dans la maisonnée réchauffée, loin, très loin des froidures arides d’un extérieur souvent hostile.


Petits bruits familiers, assoupissement pour mieux s’imprégner de la douceur présente, plénitude d’un moment d’évidence, sans un iota d’accroche, sans une trace d’aspérité urticante… Que du bonheur, donc, le plus simple, le pur qui vous étreint le lendemain d’une fête réussie. Du bonheur, oui, et nous sommes bien en 2009 ! Allez savoir ce qui nous attend…

21 décembre 2008

À venir : crèves, des conflits, heurts !

8h27. Bientôt la trêve des confiseurs, et après ?

Je laisse émerger un bout de nez de la couette, juste pour sentir et ressentir les formes sombres qui se profilent. L’an 2009 va-t-il donc nous péter à la gueule, deux cent vingt ans après les grondements révolutionnaires de nos aïeux ? Ça couve… Un signe, un seul, si j’avais à choisir : la virulence, que dis-je, la rage qui imprègne les commentaires d’articles sur Internet. Fossoyer, sans distinction, avant de guerroyer, peut-être…

Contre l’Union européenne dans son dernier acte, le plus ambitieux, jusqu’à prêter à la feue Constitution les plus invraisemblables travers. Débat passionnant ? Passionné, oui, jusqu’à la défécation argumentative. Le nationalisme social des ténors du Non, de l’extrême droite à l’extrême gauche, a caressé dans le sens du poil hérissé une population en quête de sanction du pouvoir essoufflé en place… Tout ça pour quoi ? Un Parti de Gauche de plus, une U.E. à l’élan brisé, un populisme stérile… Et vive la démocratie directe !

Contre les politiques, toujours, malgré la parenthèse aux quelques ardeurs entretenues lors des présidentielles 2007. À droite, on s’organise, à gauche on hystérise. Depuis la parade Royal, celle qui transmue en victoire tout ce qu’elle échoue, rien de constitué, de crédible et d’attractif n’a rassemblé sans bisbille au sein même du Parti socialiste. Alors n’évoquons pas les divergences avec et entre les plus radicales formations. Chacun se croit – pas vrai Besancenot, Buffet, Mélenchon et Artaud ? – le légitime noyau dur que devraient rejoindre les autres, ceux qui s’égarent à éparpiller les voix de gauche !


Et à l’Assemblée, sur quoi s’époumonent-ils les parlementaires de l’opposition ? Les lois sur l’audiovisuel et le travail possible le dimanche ! Rien que ça ! En cette époque charnière de bord du gouffre, ils braillent, tonitruent et obstruent l’étude législative sur ces thématiques non vitales, alors que toute leur énergie devrait tendre à pondre une contre-proposition complexe et convaincante au plan de relance de Sarkozy qu’ils ont si précipitamment écarté d’un facile revers de main. Sans opposition institutionnelle réelle, les mécontents passeront outre, explorant la voie violente, sans concession. Contre le système capitaliste et financier, enfin. On y participe activement, on voudrait y réussir, y posséder comme l’autre, mais on le vomit, on l’exècre, on se repaît de simplistes anathèmes sans relier les tares fustigées au comportement humain, mais en portant sa haine vengeresse sur le mode de fonctionnement. Kerviel, subprimes, Madoff : la tragédie médiatique en trois actes recouvre des dérives face à une légalité. Changer de règles n’évitera certainement pas les avidités prêtes à tout. A chaque fois, un cadre réglementaire est dévoyé pour profiter aux plus malins. Alors on peut doubler, tripler les sécurités… le naturel de quelques rapaces sans éthique trouvera la faille. Une évidence… et pourtant, les airs dénonciateurs portent sur le cadre et non le comportemental. Plus facile de mordre le doigt qui montre la planète satellite plutôt que dynamiter la lune…

Les boules, nous en avons plein nos sapins, mais bientôt de moins chaleureuses se nicheront au fond de la gorge. Alors, oui, j’aurais pu me complaire dans ce no man’s land jouissif de la trêve des confiseurs. Faire dans le gentillet anodin, reposant, qui vide la tête pour mieux savourer l’instant… La plume ne se laissait pas porter, accrochant et bloquant dès que m’oppressaient les myriades de drames personnels, conséquence du désastre économique entretenu par le panurgisme-domino.


Serait-ce l’amorce de l’agonie de nos formes de vie avec quelques soubresauts sanglants des désespérés insoumis ? A suivre… de loin.