12 mars 2023
Vie de boue : horizon crevé
01 décembre 2022
Des cendres, en fait !
19 novembre 2022
Virez-le de son poste !
La forme des débats, dans Droit de réponse, pouvait certes atteindre la tonitruance et parfois l'outrance - notons que le cendrier jeté vers la tête d'un invité l'avait été par un invité et non par l'animateur - mais gardait une assise intellectuelle que Polac savait entretenir. Chez l'autre, et son poste vide jusqu'à l'effondrement sur lui-même, rien que de l'invective de caniveau coulant de celui qui doit tenir les échanges.
Il y a quelques années, d'aucuns voyaient dans les vers du bourge mal rappé Booba les dignes successeurs de l'incandescence célinienne ou des fulgurances d'Artaud. Rien que ça ! Pas étonnant qu'aujourd'hui le primaire Hanouna soit considéré comme de la même veine que l'érudit Polac. Le tout-se-vaut devient la norme.
"Adieu les cons !"
10 septembre 2022
Mont carné de vers
Ondulatoire
Écœurante vie grouille dans chaque coin de soi
Tripes ensevelies, festin de mauvaise aloi
Cristallins parcourus de gourmands vers
Oscillatoires
Entre deux glaises, la cohorte s'acharne
Ne laisser que de vagues traces carnées
S'évacuer enfin vers les entrailles célestes
Combler ainsi ses entailles terrestres
Territoire fendu, moribonde trajectoire :
Dans lit à bascule, à poings fermés se faire saigner
Plaie cachée sous lèvre supérieure
Marrons originels
Se hérisser au monde, stratifier ses peines
Dans la cour de dégradation
Réconfort d'un tronc
Observer les braillards scolarisés
Puis
Leurres d'un château l'autre
À la sordide sauce heïmienne
D'O...miécourt à Au...tremencourt
Pituite pseudo affective
Pervers en chef, le mesnique libidineux
Défonceur de chairs fraîches
Posture de hobereau
Vomissures de salaud
Cloisonner pour mieux pédiquer
La gondole exemplaire : engagement, combats, publications
Les entrepôts éjaculaires : progénitures, ouailles confiées
Tout à l'aune de ses spermatiques défécations
Minablocrate
Crevé sans avoir été jugé
15 mars 2022
Aux larmes Ukrainiens !
Encore faucher des vies au nom d’abstractions : nation, pays, frontières… L’acharnement du belliqueux Poutine comme du résistant Zelensky va faire s’affoler le compteur cadavérique. Les obstinations réciproques retardent à coups de ruines tombales l’inéluctable survenue des négociations.
Le
coup d’éclat salvateur d’un Zelensky, ayant appris des morbides leçons de l’histoire,
consisterait à oser déclarer la reddition d’un pays qui, au contraire de ce que
développent de fumeux experts, ne peut militairement pas vaincre l’armée russe.
Le tragique de l’histoire c’est l’entêtement à faire empirer la situation en
remettant à plus tard l’issue négociée.
L’humanité
est-elle vraiment en âge de dépasser cette sempiternelle mécanique de la
surenchère sacrificielle ? Ecouter les larmes de son peuple plutôt que les
armes de l’ennemi.
05 mars 2022
Carnet de mort
Affleurent les plaies entre deux prières décharnées. L'écho d'une dévastation : à tant couler ses larmes dans le plomb, le son tombal s'impose. Horizon sans courbe, aspiration étouffée, en voie de fission délétère.
Que les Etats tissent leurs sacs mortuaires avec l'arrière-goût du cadavérique Vingtième qui n'en finit pas d'empuantir son convulsif successeur.
Tout cela n'a plus aucune emprise. Détachement : surplus de souffrance qui insensibilise et rend incongru le fait même d'appartenir à l'espèce humaine. Nausée à gerber son restant d'âme : retrait sans aménagement, juste fondre en fosse, seul.
Pour toi, seule source de vie ôtée, ces quelques mots pliés et repliés avec pour fenêtre tes méninges légendées. Ne surtout pas être lu, encore moins commenté. Que cette page demeure sans lien.
A midi, le ciel est noir : les yeux se ferment.
16 décembre 2021
Cas Fusion
Puis il y eut l'administreux, la couenne double du dérisoire administreux qui se prend pour quelque chose : particulaire pouvoir tuméfié en volonté de nuire. Seule issue : aplatir sans ménagement sa malodorante et disgracieuse grotondité. Rage de passer outre les convenances, les règles, les formalités pour enfoncer dans cette graisseuse occupation un pic empalatoire et lui apprendre, le temps qu'elle débarrasse la Terre de son pseudo vivotage, le sens de sa fonction et de l'intérêt général. Avec ce gras, les sciences cognitives se résument à une révulsante mêlasse désinhibée. Berck !
Suspendez votre cours :"
Accordez-nous l'espace éternel qui nous hisse
À hauteur de velours.
Au présent intime, rester à jamais ; à l'instant infime hurler son secret : une évidence qui rend forcené ; l'acharnement jusqu'à s'écarteler. Vie d'horizon sans ligne de fuite...
09 mai 2021
Invariants spasmodiques
Fin de matinée, non loin d'Interpol.
Misanthropie nihiliste pour m'effacer. Mettre un gouffre entre moi et le vivant. Le rien comme oripeaux mortuaires. Un virus et je bricole du confinement, une vierus sonne l'ensevelissement. Ne surtout pas le vaille que vaille, le tourner-la-page, le chapitre suivant, l'accommodement dans le faux-semblant. Pourquoi devrais-je esquisser une sociabilité quand tout en moi s'anéantit ? Non foi pour un désastre révulsé. Que les gorges s'ouvrent vers ce désert calcinant. Pas de conte à pendre, juste une équation à presque huit milliards d'inconnu-e-s. Repoussoir en quête de pourrissoir. Ne plus croiser un regard ni échanger d'encombrantes paroles : en vase clos avec sa brisure d'absolu.
En face, six gugusses avec leur brassard jaune de haute visibilité attendent les usagers à contrôler. Le premier bus s'arrête : un seul voyageur, en règle ! Se faire un hargneux olibrius sans titre de transport. Défouler ce vide. Le deuxième sera le bon : binôme frauduleux à verbaliser.
[Inachevé]
| Julius Payer - Tegetthofff im Eis |
21 avril 2021
Baudelaire l'effleure sans mal
Corolle hérissée aux rimes liquides expulse ses bal(l)ades, agrippe une douloureuse exhalaison : lézarde affolante instille rêverie entêtante.
| Charles Baudelaire - Autoportrait sous l’influence du haschich. |
« Durant ces grandes nuits d’où le somme est banni, »
À Musine j’écris en pleurs, à l’agonie.
« Te regarder toujours avec des yeux de feu »
Irrigue de velours ta braise qui m’émeut.
« Ô douleur ! ô douleur ! Le Temps mange la vie »
Et sans Musine l’Instant saigne ses envies.
« Moi-même, dans un coin de l’antre taciturne,
Je me vis accoudé, froid, muet, enviant, »
Laissant les angoisses ronger mon sort nocturne,
En un cri sépulcral m’exhiber déviant.
« Au somnambule errant au bord des édifices, »
Reste un sort délirant, le roide sacrifice.
« Comme les sons nombreux des syllabes antiques »
S’exhalent les tons feu qui accrochent nos criques.
« Qui, comme moi, meurt dans la solitude,
Et que le Temps, injurieux vieillard,
Chaque jour frotte avec son aile rude... »
Sait que l'âme s'use et tombe aux pillards
Qui souillent l'envol, griment l'élan prude
Pour qu'il ne reste qu'un laid vétillard
Aux songes étroits, ternes certitudes.
« Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris, »
S'épuise et s'assomme contre ces pans acides,
Je reste là, goûtant son cadavre tout gris.
« Pour engloutir mes sanglots apaisés
Rien ne me vaut l'abîme de ta couche : »
Et si je suis arraché de ta souche,
Privé de sève : une vie à raser.
« Fortes tresses, soyez la houle qui m’enlève ! »
Loin du phare, aspirant l’écume qui m’élève.
« L’air est plein du frisson des choses qui s’enfuient, »
Volutes sans retour, restes d'âmes en suie.
« Dans le suaire des nuages
Je découvre un cadavre cher, »
Celui que je deviens, en nage,
Sueur glacée perlant sans chair.
Corolle
Hérissée
Aux
Rimes
Liquides
Expulse
Ses
Bal(l)ades,
Agrippe
Une
Douloureuse
Exhalaison :
Lézarde
Affolante
Instille
Rêverie
Entêtante.
08 avril 2021
Chiche ! Monsieur Doucet : végétalisons !
| Projet Nexity au 191 avenue Félix Faure - Lyon |
Au coin de l'avenue Félix Faure et de
la rue Meynis (troisième arrondissement) se prépare une opération immobilière de
poids, et ce malgré la lyonnaise ère écologique : un immeuble atteignant
les trente mètres, pour sa partie la plus haute, jetterait son ombre
bétonnée sur la cour de récréation de l'école élémentaire juste en face. Ses petits
bâtiments classés seraient alors inesthétiquement
surplombés.
| L'école élémentaire classée située en face |
Une archaïque pradélisation de ce coin de Lyon se prépare, donc... Pour les
non-Lyonnais, petite digression d'histoire communale : Louis Pradel dit
"Zizi béton", à la tête de la capitale des Gaules de 1957 à 1976, eut
la charmante idée de faire passer l'autoroute Paris-Marseille au cœur de la
ville et d'ériger le hideux pôle d'échanges multimodal qui défigure l'espace
alentour de la Brasserie Georges, institution culinaire et merveille
architecturale. L'infect "plat de nouilles" grises avait alors
l'apparence de l'irrésistible modernité. Rappelons également, pour finir de
croquer cette laide politique urbanistique complaisamment soutenue par la
presse locale (Le Progrès de Lyon
d'alors) que le maire Pradel envisageait de détruire les quartiers d'époque
Renaissance du vieux Lyon. Sans le combat de Régis Neyret pour éviter ce patrimonocide, nous aurions peut-être
une enfilade de parallélépipèdes verticaux à l'indigeste sauce béton en lieu et
place d'un ensemble classé au patrimoine mondial de l'humanité ! Heureusement,
pour l’intégrité et le rayonnement de Lyon, le ministre de la Culture Malraux
s'empara de l'affaire…
![]() |
| Vue d'en haut, état actuel. |
Eh bien ! voilà ce que je vous
demande aujourd'hui, à l'échelle d'un quartier, Monsieur Doucet : ne pas
laisser se construire cette verrue immobilière manifestement trop haute pour
respecter l’esprit de la loi.
| A droite se dresserait l'immeuble de 30 mètres |
Alors voilà, Monsieur Doucet :
Lyonnais depuis 1999, ayant fréquemment déclaré ma flamme à cette ville de cœur, je me permets d'interpeller votre fibre végétalisante et d'appeler à la mobilisation écocitoyenne contre ce très contestable projet. Préemptez la
parcelle n°6 du cadastre et faites naître un vrai "petit jardin" qui
ne renifle pas trop la "fleur de béton" et ne se limite pas à ce qui
est concédé par les promoteurs : une malheureuse bande de quatre mètres de
large sur l'un des flancs du colosse immeuble.
| Permis de construire délivré |
Une pétition est en cours de diffusion
pour tenter d'éviter cette anachronique bétonisation.
28 mars 2021
Carnet de mort d'un sans-visage
Respirer son air expiré pour ne pas empoisonner l'autre.
Ne pas supporter l'inconnu(e) à moins de deux mètres.
Désinfecter paumes et doigts à chaque contact : le toucher est désormais présumé infecté.
Enrager contre la patibulaire trogne à nu ou l'horripilant sous-nez (le masque) à qui il faudrait expectorer une bonne dose covidée.
À moi, l'enfermement apathique
Pour qu'aux tréfonds je me déchiquette
Et brise l'air asymptomatique.
Entre ces murs la vie léthargique
Fait lâcher la poudre d'escampette,
Cernée par les stats cadavériques.
Fauteuil paralysant enracine
À cran sur l'écran pour toute vie
Des touches sortent de blafards signes.
Confiné aux confins de moi-même,
Cadenassé de gestes barrières,
J'étreins la condition inhumaine.
Le vide éventre ce qui subsiste
En silence et surtout sans toucher
Le sens perdu de ce qui existe.
Gisant sans masque et les deux mains nettes,
Quatre murs, un plafond, un plancher,
Détresse exécutoire s'entête.






