01 novembre 2023

Tsahale guerre amasse les morts

Le traitement à œillères pro-israéliennes de la guerre Hamas-Tsahal décrédibilise Big Media français. Entendre, par exemple, Christophe Barbier légitimer les bombardements parce qu’ils proviennent d’une armée étatique bien propre sur elle, les chairs broyées et brûlées ne pouvant l’atteindre, mais condamner les troupes du Hamas pour leur tuerie de proximité signe la tendance politico-journalistique du moment.

Soixante-quinze ans d’occupation répressive, d’humiliation, de conditions effroyables de survie imposées à la population de la bande de Gaza et l’on voudrait une réaction mesurée, calibrée et pleine d’humanisme envers les colons israéliens qui ont envahi des terres palestiniennes. Quand considèrera-t-on à sa tragique hauteur l’interminable agonie des Gazaouis entretenue par les autorités israéliennes ? Une vie entière à subir des occupants qui bafouent avec morgue le droit international puisque le bibendum américain les couvre… Cette loi du plus impitoyable, qu’ai-je à foutre qu’elle soit suivie par des Israéliens de confession juive pour la quasi-totalité ? Ils pourraient être Bantous, Auvergnats de souche ou Tartempions d’outre-Terre que ça ne changerait rien au fait : le génocide perlé en cours depuis l’équivalent d’une existence est le premier des crimes.


Au nom de quel diarrhéique principe les bombardements massifs sur Gaza-camp de concentration seraient tolérables ? Parce qu’il y a eu actes ignobles, dits « terroristes », de combattants du Hamas ? Tsahal peut donc, avec la bénédiction occidentale, mener son opération criminelle selon une hémorragique loi du Talion : plus de huit mille Palestiniens tués – chiffre très provisoire – pour mille quatre cents morts chez les colons...

Soyons lucide : ce que veulent Netanyahou et sa clique c’est la disparition de toute trace palestinienne en Palestine. Comment cela se nomme-t-il lorsqu’on planifie et met en œuvre les moyens nécessaires à une telle fin ? Ce qui aurait été commis par n’importe quel autre Etat, tiens, au hasard, la Russie de Poutine, dans un territoire ne relevant pas de sa souveraineté, aurait déclenché des condamnations sans appel, des sanctions tous azimuts, la mobilisation de la justice pénale internationale et surtout une aide militaire massive pour la nation victime… mais avec Israël, rien, mieux même : le soutien aux sanguinaires représailles disproportionnées.

L’attaque du Hamas apparaît déjà bien modeste par rapport à tout ce qui a été perpétré depuis. Et si l’on ajoute à cela les décennies d’une tyrannie israélienne qui étouffe méthodiquement Gaza et dévore jour après jour la Cisjordanie, la violence déchainée du Hamas prend des airs de baroud suicidaire.

Seule solution : un coup d’arrêt immédiat imposé de force à la vengeance hypertrophiée de l’Etat israélien et la décision internationale de rendre l’intégrité territoriale à la Cisjordanie tout en désenclavant la bande de Gaza. Malheureusement les extrêmes de tous bords ont le vent mauvais en poupe et rien de viable ne se profile : d’un massacre l’autre comme seul horizon. Et ce n’est pas le croulant Biden qui aura l’envergure historique de lancer un ultimatum au Premier ministre israélien : un cessez-le-feu suivi de vraies négociations pour qu’enfin vive un Etat palestinien. Ça, ce sera lorsque les colons israéliens auront un cortex insulaire accessible à l’empathie pour les Gazaouis sans avenir…





04 avril 2023

Immonde état...

Tout ce qui se déroule incite à se retirer du champ humain. Les dirigeants criminels qui jouent avec la vie des autres pour assouvir leurs archaïques ambitions et combler leur ego grotesque, avec la complicité d'une partie de la population pour qui la "servitude volontaire", décrite par le fulgurant La Boétie, est devenue une raison d'être ; la dérive climatique qui rend dérisoire toute initiative à l'échelle d'un ou de quelques pays ; les manifestants et grévistes français qui s'acharnent dans leur pseudo révolution d'autruches... et tant d'autres facteurs qui pourraient s'agréger ici avec un peu plus de suivi de ma part.


Pétrifiant panorama qui impose un changement radical de fonctionnement de l'espèce humaine : l'anthropocène requiert une organisation politique à la hauteur de l'ère ouverte par notre genre vivant qui exploite, saccage et détruit massivement. Victor Hugo appelait en son temps à la naissance des "États-Unis d'Europe", mais la situation rend cette ambition, qui nous semble pourtant encore, pour nous Européens, inaccessible, trop timide et inadaptée aux défis imposés. Seule une gouvernance mondiale réelle - un Etat-Monde - pourrait atténuer la suite du processus provoqué par la frénétique activité humaine... Montaigne affirmait que ne rien faire constitue la première et la plus fondamentale des occupations, car elle se concentre d'abord sur l'acte de vivre : suivre ce précepte humaniste nous aurait fait économiser et mieux respecter les trésors de la Terre.


Nous voilà dans le chaos du changement climatique et des décérébrés aux manettes s'acharnent dans leur dérisoire, mais hautement criminel, déferlement militaire. Tant de vies, d'énergie et de moyens dédiés à la stérile folie de quelques-uns : voilà ce que devrait juger une juridiction pénale internationale, voilà ce que jaugeront, avec dégoût, les générations des siècles suivants si la dévastation engendrée par notre époque leur laisse la simple perspective d'exister. Honteuse arriération comportementale qui se déroule sans qu'individuellement on puisse influer en quoi que ce soit.


Alors modérer son rapport au monde aliénant reste la seule voie sans issue supportable.

12 mars 2023

Vie de boue : horizon crevé

En février j'ai effectué 53 kilomètres à pied, 299 à vélo et... zéro en voiture selon le relevé mensuel fourni par Google Maps.

Du fond d'un lit à la température corporelle j'ai bien conscience du privilège d'être en vie dans "le silence des organes" pour reprendre l'une des citations préférées des aspirants étudiants en médecine lors de leur épreuve écrite de SSH. Le chaos dépeceur est lui fortement aux basses œuvres en ce début d'année : une Terre dont on sait qu'elle tremble par nature en certains territoires, ce qui n'empêche pas des salauds-criminels de l'immobilier d'utiliser du sable comme matériaux de construction, donnant ainsi la patte tombale à leurs sordides édifications. Plus de cinquante mille morts en quelques secousses entre Turquie et Syrie : suppliciés Syriennes & Syriens d'un Vingt-et-Unième siècle qui ne leur aura épargné aucune tragédie.

Par centaines de milliers de charognes, l'Europe fournit aussi son obole généreuse à la Camarde via la guerre dont on commente tous les aspects techniques, logistiques, stratégiques, géopolitiques... jusqu'à la nausée. Tous ces morts pour quoi ? Encore et toujours défendre son bout de terre qu'une fois souverainement (re)conquis on pollue, défigure, malmène dans toutes ses couches...

Une strate d'hexagonal, pour finir, bien pitoyable. Le comportement de parlementaires, notamment issus du malfamé repaire LFI, beugle comme un révélateur de médiocrité : ils ne parlent plus, ils font juste du bruit ; ils n'agissent pas davantage, ils gesticulent ; plus de pensées élaborées, juste des saillies mal ficelées. Minable représentation nationale parfaitement à l'image de cette société. La députée Rousseau précise que l'Assemblée n'est pas un salon de thé... quelle lucidité ! Mais l'Hémicycle a-t-il pour autant vocation à singer les coulures d'une quelconque buvette aux pochtrons incommodants ? Cette manière de se croire important parce qu'on braille plus fort que son haï voisin rappelle celle des tocards en taule ondulée ou sur deux roues motorisées qui parcourent à toute berzingue les artères urbaines pour pétarader au maximum. Du dérisoire pur jus cracra.

01 décembre 2022

Des cendres, en fait !


Assumer  de consumer ses restes en lambeaux, dans un isolement forcené, à l'aune de sa révulsion gangrénante. Dévastation en rage, amorphe tutoyant le nihilisme, perdition sans retour. Reste le silence, seule voie de l'ancrée souffrance : se laisser ronger par l'impossible, abandonner toute trace d'humanité et rejoindre le néant, doucement, en nuances cadavériques.

Etre dans l'angle mort de l'existence pour ne surtout pas être perçu, voilà le résultat de décennies scripturales : monomaniaques indignations, confessions infimes, retrait terminal. Objets, accueillez-vous un drame ? De la plume inutilement coulante aux feuilles zébrées d'absconses courbes, il faudrait assécher la prisonnière expression, s'enterrer au fond de l'impasse. Emotion sans issue, analyse débilitante, réaction léthargique.

Se minéraliser pour supporter le calvaire : au bout du sentier embrasé, le précipice. En cendre, pour s'éparpiller au gré des courants, sans plus d'attache, en route pour l'infinitésimal. Disparaître.

19 novembre 2022

Virez-le de son poste !


Un journaliste, sur le plateau de C dans l'air, avance l'équivalence entre l'inculte Hanouna, rigolard tout juste compétent pour ânonner ses insultes, et feu Polac, littéraire, subtil, réfractaire... Aucune réaction parmi les autres invités, comme si ce grotesque parallèle allait de soi.

La forme des débats, dans Droit de réponse, pouvait certes atteindre la tonitruance et parfois l'outrance - notons que le cendrier jeté vers la tête d'un invité l'avait été par un invité et non par l'animateur - mais gardait une assise intellectuelle que Polac savait entretenir. Chez l'autre, et son poste vide jusqu'à l'effondrement sur lui-même, rien que de l'invective de caniveau coulant de celui qui doit tenir les échanges.

Sur le tempérament de chacun : là où Polac a eu le brio d'envoyer paître Bouygues et sa "télé de m...", le si conformiste Hanouna lèche consciencieusement la raie financière de Bolloré. Il entretient ainsi, jusqu'à l'écœurement, un poste à ne surtout pas approcher et à encore moins toucher, sous peine de se tacher d'incommodantes éclaboussures.

Il y a quelques années, d'aucuns voyaient dans les vers du bourge mal rappé Booba les dignes successeurs de l'incandescence célinienne ou des fulgurances d'Artaud. Rien que ça !  Pas étonnant qu'aujourd'hui le primaire Hanouna soit considéré comme de la même veine que l'érudit Polac. Le tout-se-vaut devient la norme.

"Adieu les cons !"

10 septembre 2022

Mont carné de vers


Grappes nées de moi se tortillent
Ne plus être, paître au néant
Ondulatoire
Écœurante vie grouille dans chaque coin de soi

Tripes ensevelies, festin de mauvaise aloi
Cristallins parcourus de gourmands vers
Oscillatoires
Entre deux glaises, la cohorte s'acharne
Ne laisser que de vagues traces carnées
S'évacuer enfin vers les entrailles célestes
Combler ainsi ses entailles terrestres
Territoire fendu, moribonde trajectoire :
Dans lit à bascule, à poings fermés se faire saigner
Plaie cachée sous lèvre supérieure
Marrons originels
Se hérisser au monde, stratifier ses peines
Dans la cour de dégradation
Réconfort d'un tronc

Observer les braillards scolarisés
Puis
Leurres d'un château l'autre
À la sordide sauce heïmienne
D'O...miécourt à Au...tremencourt
Pituite pseudo affective
Pervers en chef, le mesnique libidineux
Défonceur de chairs fraîches
Posture de hobereau
Vomissures de salaud
Cloisonner pour mieux pédiquer
La gondole exemplaire : engagement, combats, publications
Les entrepôts éjaculaires : progénitures, ouailles confiées
Tout à l'aune de ses spermatiques défécations
Minablocrate
Crevé sans avoir été jugé
Désormais
L'Être de Vie m'étant inaccessible
Je laisse couler le temps
Avec juste quelques montées massacreuses
Contre les raclures du XXIème siècle.

15 mars 2022

Aux larmes Ukrainiens !

 Encore faucher des vies au nom d’abstractions : nation, pays, frontières… L’acharnement du belliqueux Poutine comme du résistant Zelensky va faire s’affoler le compteur cadavérique. Les obstinations réciproques retardent à coups de ruines tombales l’inéluctable survenue des négociations.

A l’inverse de la gestion mondiale de la Covid-19 qui nous avait démontré que la préservation des vies passait enfin devant les contingences bassement économiques, la guerre entamée impose l’infâme et multiséculaire modèle du territoire avant la vie : devoir attendre un, deux, trois millions de morts pour, à la fin, finir autour d’une table. Le coût des vies payées n’est-il pas outrageusement disproportionné par rapport aux gains obtenus dans ce combat sans merci ?

Le coup d’éclat salvateur d’un Zelensky, ayant appris des morbides leçons de l’histoire, consisterait à oser déclarer la reddition d’un pays qui, au contraire de ce que développent de fumeux experts, ne peut militairement pas vaincre l’armée russe. Le tragique de l’histoire c’est l’entêtement à faire empirer la situation en remettant à plus tard l’issue négociée.

A l’obscène pouvoir d’un Poutine lançant sa machine de guerre répond l’héroïque jusqu’au boutisme du Président ukrainien qui shakespearise les perspectives : la dignité d’une nation par la mort de ses habitants. L’OTAN a clamé dès le premier jour de guerre qu’elle n’interviendra pas ; l’Ukraine doit se montrer plus civilisée que l’autocrate qui l’agresse. Une reddition unilatérale aurait une salutaire saveur alors que tout n’est qu’escalade guerrière avec sa floppée de charognes innocentes. Prendre le contrepied de la tentation du talion, faisant ainsi taire les armes, est le seul risque louable à tenter pour échapper au sombre crescendo.

Tant à perdre dans l’obstination que cela vaut bien une volte-face. Songer à tous ces massacres inutiles, à ces ravages insensés, aux haines démultipliées qui servent les semeurs de mort ; oser tout de suite le courage de la reddition, plutôt que d’être submergé par les corps de ceux qui n’aspirent qu’à une tranquille existence, loin des fracas géopolitiques, et reconnaître la vanité des voies guerrières.

L’humanité est-elle vraiment en âge de dépasser cette sempiternelle mécanique de la surenchère sacrificielle ? Ecouter les larmes de son peuple plutôt que les armes de l’ennemi.

05 mars 2022

Carnet de mort

Affleurent les plaies entre deux prières décharnées. L'écho d'une dévastation : à tant couler ses larmes dans le plomb, le son tombal s'impose. Horizon sans courbe, aspiration étouffée, en voie de fission délétère.

Que l'hémorragie des rets asociaux pour toile sans fonds perpétue son trop-plein d'infections : pseudo monde aux hystéries binaires.

Que les Etats tissent leurs sacs mortuaires avec l'arrière-goût du cadavérique Vingtième qui n'en finit pas d'empuantir son convulsif successeur.

Tout cela n'a plus aucune emprise. Détachement : surplus de souffrance qui insensibilise et rend incongru le fait même d'appartenir à l'espèce humaine. Nausée à gerber son restant d'âme : retrait sans aménagement, juste fondre en fosse, seul.

Pour toi, seule source de vie ôtée, ces quelques mots pliés et repliés avec pour fenêtre tes méninges légendées. Ne surtout pas être lu, encore moins commenté. Que cette page demeure sans lien.

A midi, le ciel est noir : les yeux se ferment.

16 décembre 2021

Cas Fusion


D'abord il y eut ce cas contact, inespéré, qui ouvrit la contrée des possibles dans l'improvisation. La terminologie scientifique culbute parfois le langage courant au point de tordre la réalité vécue : être décelé positif, du Sida à la Covid-19, c'est embrasser l'optique du virus et de son insatiable quête d'hôtes en masse. 

Puis il y eut l'administreux, la couenne double du dérisoire administreux qui se prend pour quelque chose : particulaire pouvoir tuméfié en volonté de nuire.  Seule issue : aplatir sans ménagement sa malodorante et disgracieuse grotondité. Rage de passer outre les convenances, les règles, les formalités  pour enfoncer dans cette graisseuse occupation un pic empalatoire et lui apprendre, le temps qu'elle débarrasse la Terre de son pseudo vivotage, le sens de sa fonction et de l'intérêt général. Avec ce gras, les sciences cognitives se résument à une révulsante mêlasse désinhibée. Berck ! 


Enfin enfin enfin l'insistance pour s'arrêter chez Georges, cesser ainsi d'être brassés par l'épisode précédent et s'immerger dans la féerie fusionnante. Jamais, sans doute, une tablée passa si vite du convenable face à face au côte en côte submergeant...  Parmi les invités du XIXème, se distingue le lyrique proclamateur de la deuxième République,  Alphonse de Lamartine : 


"Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !

Suspendez votre cours :"

Accordez-nous l'espace éternel qui nous hisse

À hauteur de velours. 


Éventail des souffles conjugués. Traversée de la salle cathédralesque. Vagabondage au long cours d'une presqu'île en pierre de taille. À chaque voie semi-éclairée, l'empreinte d'une densité semée. Petit détour vers l'arbre à thé malheureusement disparu, brève escale autour d'un chocolat dégusté... et de la marche dans notre écrin mobile : rejoindre le quai requis via le droit tracé du Héros des deux mondes. En chemin, feu Bocuse touille son firmament, témoin d'une déraison étoilée. 

Au présent intime, rester à jamais ; à l'instant infime hurler son secret : une évidence qui rend forcené ; l'acharnement jusqu'à s'écarteler. Vie d'horizon sans ligne de fuite...


09 mai 2021

Invariants spasmodiques

 Fin de matinée, non loin d'Interpol.

Misanthropie nihiliste pour m'effacer. Mettre un gouffre entre moi et le vivant. Le rien comme oripeaux mortuaires. Un virus et je bricole du confinement, une vierus sonne l'ensevelissement. Ne surtout pas le vaille que vaille, le tourner-la-page, le chapitre suivant, l'accommodement dans le faux-semblant. Pourquoi devrais-je esquisser une sociabilité quand tout en moi s'anéantit ? Non foi pour un désastre révulsé. Que les gorges s'ouvrent vers ce désert calcinant. Pas de conte à pendre, juste une équation à presque huit milliards d'inconnu-e-s. Repoussoir en quête de pourrissoir. Ne plus croiser un regard ni échanger d'encombrantes paroles : en vase clos avec sa brisure d'absolu.

En face, six gugusses avec leur brassard jaune de haute visibilité attendent les usagers à contrôler. Le premier bus s'arrête : un seul voyageur, en règle ! Se faire un hargneux olibrius sans titre de transport. Défouler ce vide. Le deuxième sera le bon : binôme frauduleux à verbaliser.

[Inachevé]

Julius Payer - Tegetthofff im Eis


21 avril 2021

Baudelaire l'effleure sans mal

Corolle hérissée aux rimes liquides expulse ses bal(l)ades, agrippe une douloureuse exhalaison : lézarde affolante instille rêverie entêtante.

Charles Baudelaire : Autoportrait sous l’influence du haschich.
Charles Baudelaire - Autoportrait sous l’influence du haschich.


« Durant ces grandes nuits d’où le somme est banni, »

À Musine j’écris en pleurs, à l’agonie.

« Te regarder toujours avec des yeux de feu »

Irrigue de velours ta braise qui m’émeut.

« Ô douleur ! ô douleur ! Le Temps mange la vie »

Et sans Musine l’Instant saigne ses envies.

 

« Moi-même, dans un coin de l’antre taciturne,

Je me vis accoudé, froid, muet, enviant, »

Laissant les angoisses ronger mon sort nocturne,

En un cri sépulcral m’exhiber déviant.

« Au somnambule errant au bord des édifices, »

Reste un sort délirant, le roide sacrifice.

« Comme les sons nombreux des syllabes antiques »

S’exhalent les tons feu qui accrochent nos criques.


 

« Qui, comme moi, meurt dans la solitude,

Et que le Temps, injurieux vieillard,

Chaque jour frotte avec son aile rude... »

Sait que l'âme s'use et tombe aux pillards

Qui souillent l'envol, griment l'élan prude

Pour qu'il ne reste qu'un laid vétillard

Aux songes étroits, ternes certitudes.

« Quand la terre est changée en un cachot humide,

Où l'Espérance, comme une chauve-souris, »

S'épuise et s'assomme contre ces pans acides,

Je reste là, goûtant son cadavre tout gris.

« Pour engloutir mes sanglots apaisés

Rien ne me vaut l'abîme de ta couche : »

Et si je suis arraché de ta souche,

Privé de sève : une vie à raser.

 

« Fortes tresses, soyez la houle qui m’enlève ! »

Loin du phare, aspirant l’écume qui m’élève.

« L’air est plein du frisson des choses qui s’enfuient, »

Volutes sans retour, restes d'âmes en suie.

« Dans le suaire des nuages

Je découvre un cadavre cher, »

Celui que je deviens, en nage,

Sueur glacée perlant sans chair.



Corolle

Hérissée

Aux

Rimes

Liquides

Expulse

Ses

 

Bal(l)ades,

Agrippe

Une

Douloureuse

Exhalaison :

Lézarde

Affolante

Instille

Rêverie

Entêtante.

08 avril 2021

Chiche ! Monsieur Doucet : végétalisons !

 

Projet Nexity au 191 avenue Félix Faure - Lyon

Au coin de l'avenue Félix Faure et de la rue Meynis (troisième arrondissement) se prépare une opération immobilière de poids, et ce malgré la lyonnaise ère écologique : un immeuble atteignant les trente mètres, pour sa partie la plus haute, jetterait son ombre bétonnée sur la cour de récréation de l'école élémentaire juste en face. Ses petits bâtiments classés seraient alors inesthétiquement surplombés.

 

L'école élémentaire classée située en face

Une archaïque pradélisation de ce coin de Lyon se prépare, donc... Pour les non-Lyonnais, petite digression d'histoire communale : Louis Pradel dit "Zizi béton", à la tête de la capitale des Gaules de 1957 à 1976, eut la charmante idée de faire passer l'autoroute Paris-Marseille au cœur de la ville et d'ériger le hideux pôle d'échanges multimodal qui défigure l'espace alentour de la Brasserie Georges, institution culinaire et merveille architecturale. L'infect "plat de nouilles" grises avait alors l'apparence de l'irrésistible modernité. Rappelons également, pour finir de croquer cette laide politique urbanistique complaisamment soutenue par la presse locale (Le Progrès de Lyon d'alors) que le maire Pradel envisageait de détruire les quartiers d'époque Renaissance du vieux Lyon. Sans le combat de Régis Neyret pour éviter ce patrimonocide, nous aurions peut-être une enfilade de parallélépipèdes verticaux à l'indigeste sauce béton en lieu et place d'un ensemble classé au patrimoine mondial de l'humanité ! Heureusement, pour l’intégrité et le rayonnement de Lyon, le ministre de la Culture Malraux s'empara de l'affaire…

Vue d'en haut, état actuel.

Eh bien ! voilà ce que je vous demande aujourd'hui, à l'échelle d'un quartier, Monsieur Doucet : ne pas laisser se construire cette verrue immobilière manifestement trop haute pour respecter l’esprit de la loi.

 Oui, la faille juridique à cet inadapté projet Nexity semble exister : dix-sept places de parking prévues pour... trente-quatre logements ! Comment le permis de construire a-t-il pu être délivré le 2 mars dernier ? L’article R. 111-25 du Code de l’urbanisme dispose que « le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable peut imposer la réalisation d'installations propres à assurer le stationnement hors des voies publiques des véhicules correspondant aux caractéristiques du projet » L'un des points faibles de ce quartier tient justement à la difficulté d’y trouver une place pour son véhicule (je n'ai pas ce souci ayant choisi de ne jamais passer mon permis de conduire et de faire mes deux mille kilomètres de vélo'v par an) : cet aberrant projet ne fera que multiplier les stationnements sauvages et les voitures qui tournent, tournent et tournent pour dénicher un coin libre. Le plan local d’urbanisme est-il si laxiste qu’il autoriserait la construction d’un mastodonte ne proposant une place de parking qu’à un occupant sur deux ? Y aurait-il de tels intérêts financiers en jeu que cela dispenserait de respecter une règle de bon sens ?

 

A droite se dresserait l'immeuble de 30 mètres

Alors voilà, Monsieur Doucet : Lyonnais depuis 1999, ayant fréquemment déclaré ma flamme à cette ville de cœur, je me permets d'interpeller votre fibre végétalisante et d'appeler à la mobilisation écocitoyenne contre ce très contestable projet. Préemptez la parcelle n°6 du cadastre et faites naître un vrai "petit jardin" qui ne renifle pas trop la "fleur de béton" et ne se limite pas à ce qui est concédé par les promoteurs : une malheureuse bande de quatre mètres de large sur l'un des flancs du colosse immeuble.

 

Permis de construire délivré

Une pétition est en cours de diffusion pour tenter d'éviter cette anachronique bétonisation.