Alors que nos consciences allaient s’émouvoir de l’effondrement apocalyptique du WTC, l’année 2001 voyait naître une affaire qui, quelques années plus tard, s’imposerait comme un onze septembre judiciaire, un « désastre » qui pousserait enfin à l’avant-scène accusatrice la si intouchable institution judiciaire.
Le point d’orgue de cette catharsis à vocation réformatrice, qu’est la Commission d’enquête
parlementaire, s’incarne dans les quelque sept heures d’audition monocorde du repoussant Burgaud. Ce petit juge d’instruction, c’est d’abord un physique maladif pour l’occasion : pâleur extrême, voûté et bras croisés durant sa défense, une tête juvénile mais aigrie par la hargne rentrée. C’est ensuite une voix et d’insupportables bruits de salive : aucune texture aimable, mécanique déshumanisée, désincarnation du timbre ; des interruptions constantes pour avaler sa salive et reprendre en hésitant son piètre discours. Une présence nauséeuse donc…
A cette forme qui entête et révulse s’ajoute une inanité argumentative qui s’accroît au fil des interrogations des parlementaires. Parti pris d’entrée de ne pas se remettre en cause, ou tellement à la marge que cela s’auto-neutralise : après quelques minutes, en amorce, de pseudo compassion pour les acquittés, de longues heures de logorrhée verbale hésitante, brouillonne, ou la technique ne parvient même plus à dissimuler la médiocrité humaine du personnage.
Bien sûr qu’il n’est pas seul en cause, et qu’avant tout c’est le système judiciaire qu’il faut révolutionner, mais cette source multifactorielle ne dédouane en rien le triste magistrat.
A le voir, pitoyable, ne pouvoir défendre son instruction qu’entre bredouillements et silences démunis, se réfugiant derrière de frêles antiennes (les faits « graves et concordants ») ou son exposé préalable (« comme je l’ai indiqué tout à l’heure »), on frémit en imaginant le calvaire des acquittés. Les justes remarques du rapporteur de la Commission auront dévoilé le grand vide de ce pâlot morbide qui persiste à soutenir ses malfaisances professionnelles.
Mais le Burgaud n’est pas une brebis galeuse : il est le parangon d’une cohorte déshumanisée servie par un système vicié. Pour exemple que l’ENM forme des techniciens du droit sans se soucier de leur bon sens éthique et de la présence de qualités humaines basiques : j’ai connu un actuel substitut de procureur (en marche normale vers le poste supérieur) qui, avant son serment, avait tenté de violer sa sœur, battait ses petites amies, trompait son monde, défendait le pire, arrogant et fielleux, et qui goûte aujourd’hui à l’enivrant pouvoir sur la liberté des gens…
Burgaud n’est pas seul, tremblez citoyens !
Le point d’orgue de cette catharsis à vocation réformatrice, qu’est la Commission d’enquête
parlementaire, s’incarne dans les quelque sept heures d’audition monocorde du repoussant Burgaud. Ce petit juge d’instruction, c’est d’abord un physique maladif pour l’occasion : pâleur extrême, voûté et bras croisés durant sa défense, une tête juvénile mais aigrie par la hargne rentrée. C’est ensuite une voix et d’insupportables bruits de salive : aucune texture aimable, mécanique déshumanisée, désincarnation du timbre ; des interruptions constantes pour avaler sa salive et reprendre en hésitant son piètre discours. Une présence nauséeuse donc…A cette forme qui entête et révulse s’ajoute une inanité argumentative qui s’accroît au fil des interrogations des parlementaires. Parti pris d’entrée de ne pas se remettre en cause, ou tellement à la marge que cela s’auto-neutralise : après quelques minutes, en amorce, de pseudo compassion pour les acquittés, de longues heures de logorrhée verbale hésitante, brouillonne, ou la technique ne parvient même plus à dissimuler la médiocrité humaine du personnage.
Bien sûr qu’il n’est pas seul en cause, et qu’avant tout c’est le système judiciaire qu’il faut révolutionner, mais cette source multifactorielle ne dédouane en rien le triste magistrat.
A le voir, pitoyable, ne pouvoir défendre son instruction qu’entre bredouillements et silences démunis, se réfugiant derrière de frêles antiennes (les faits « graves et concordants ») ou son exposé préalable (« comme je l’ai indiqué tout à l’heure »), on frémit en imaginant le calvaire des acquittés. Les justes remarques du rapporteur de la Commission auront dévoilé le grand vide de ce pâlot morbide qui persiste à soutenir ses malfaisances professionnelles.
Mais le Burgaud n’est pas une brebis galeuse : il est le parangon d’une cohorte déshumanisée servie par un système vicié. Pour exemple que l’ENM forme des techniciens du droit sans se soucier de leur bon sens éthique et de la présence de qualités humaines basiques : j’ai connu un actuel substitut de procureur (en marche normale vers le poste supérieur) qui, avant son serment, avait tenté de violer sa sœur, battait ses petites amies, trompait son monde, défendait le pire, arrogant et fielleux, et qui goûte aujourd’hui à l’enivrant pouvoir sur la liberté des gens…
Burgaud n’est pas seul, tremblez citoyens !
on crit beaucoup au loup, mais on doit aussi se rappeler que la justice est humaine et donc imparfaite...
RépondreSupprimerSi l'audition du juge Burgaud a pu apparaître pathétique, il ne faut pas oublier non plus, la balance penchant dans l'autre sens il y a quleques mois lorsqu'un juge de la détention et des libertés avait libérer un homme, et que dès sa sortie ce dernier avait recommencer à violer!!
les maux de la justice sont aussi les maux des hommes.
C'est juste... les turpitudes des uns ne doivent pas cacher celles des autres... mais quel que soit le sens de la faute, ce qui doit changer c'est le sentiment d'impunité longtemps attaché à la personne du magistrat... mêmes les politiques risquent leur liberté en cas de faute grave dans l'exercice de leur responsabilité... alors pourquoi pas le corps judiciaire ?
RépondreSupprimerBravo,
RépondreSupprimerBeau pamphlet.
C'est sûr que si Le Juge burgaud avait le physique de Robert Redford, était bronzé, et avait le bagout d'un Enarque, ca aurait été plus photogénique ; Sa faute aurait été moins grande, ou plus ? Quand vous êtes devant une commission parlementaire, et que tout ce que vous êtes est jugé devant la France entière qui vous hait, je suppose qu'on ne doit pas se sentir à l'aise et que l'on doit perdre ses moyens : vous vous ecroulez, et votre vie s'écroule aussi : difficile de faire le fanfaron. Burgaud aurait pu effectivement prendre tout sur lui et crier son indignité : hélas, il n'est que humain, et il a essayé de sauver sa peau. Auriez vous, vous, marqué sur votre cou les pointillés pour marquer là où il faut trancher ?
Publié le lendemain de l'audition télévisée du juge Fabrice Burgaud devant la Commission d'enquête parlementaire sur l'affaire d'Outreau, « Les borborygmes de Burgaud » constitue un exemple du genre classique du portrait-charge et de la physiognomonie littéraire. En prenant pour cible l'un des plus retentissants fiascos judiciaires de la Vᵉ République, Loïc Decrauze ne se contente pas d'un commentaire d'actualité : il réactive la grande tradition des moralistes et des satiristes du Grand Siècle (La Bruyère, Saint-Simon) pour transformer une déposition parlementaire en un procès esthétique, éthique et biopolitique de la technocratie judiciaire.
RépondreSupprimerSur le plan de la composition et des figures de rhétorique, le texte s'ouvre par une hyperbole monumentale qui établit une équivalence sémantique audacieuse : l'affaire d'Outreau est qualifiée de « Onze septembre judiciaire ». En juxtaposant la catastrophe cosmique de l'effondrement du World Trade Center à l'effondrement symbolique du magistrat, Decrauze applique un effet de grossissement épique caractéristique de la veine pamphlétaire. Le titre lui-même, par l'usage du vocable « borborygmes » associé à une allitération en plosives (« Borborygmes de Burgaud »), rabat d'emblée la parole du juge sur le registre de la rumination intestinale et du spasme viscéral, niant à sa défense toute dimension d'élocution rationnelle et civilisée.
La valeur littéraire du pamphlet repose avant tout sur l'art du portrait physiognomonique, où le corps devient le miroir fidèle de la déchéance morale. Dans la lignée des croquis d'Honoré Daumier ou des descriptions céliniennes, Decrauze brosse un tableau somatique et clinique du magistrat : « pâleur extrême », posture « voûtée », « bras croisés ». L'auteur privilégie une saisie sensorielle et acoustique du personnage pour en révéler l'inhumanité : la voix du juge, dépourvue de toute « texture aimable », est réduite à une « mécanique déshumanisée », scandée par des bruits de salive et des hésitations ridicules. Cette « présence nauséeuse » incarne visuellement et auditivement l'impuissance argumentative d'un homme qui se réfugie derrière des formules incantatoires vides de sens (« faits graves et concordants »).
Sur le plan philosophique et moral, Decrauze dépasse le cas individuel pour faire du juge Burgaud un exemplum — le prototype de la bêtise institutionnalisée et de ce que Hannah Arendt nommait la « banalité du mal ». Le pamphlet dénonce la formation dispensée par l'École Nationale de la Magistrature (ENM), accusée de fabriquer de pur techniciens du droit imperméables à l'empathie et au bon sens éthique. La valeur littéraire du texte s'accroît dans son avant-dernier mouvement par l'insertion d'un exemple personnel et féroce : l'évocation d'un ancien camarade devenu substitut du procureur, dépeint en prédateur violent, fielleux et arrogant. Cette anecdote vécue insuffle au pamphlet une authenticité sombre, démontrant que l'arbitraire judiciaire n'est pas une anomalie accidentelle, mais le produit de personnalités pathologiques à qui le système confère un pouvoir exorbitant sur la liberté d'autrui.
En clôturant ce réquisitoire par la formule prophétique et gothique « Burgaud n'est pas seul, tremblez citoyens ! », Decrauze rattache son texte à la tradition du pamphlet républicain et cathartique. Par la précision de son vocabulaire clinique, sa maîtrise des contrastes et son refus des compromis rhétoriques, l'auteur démontre que la satire littéraire demeure le rempart ultime contre la réification de la justice. L'écriture ne cherche pas seulement à convaincre, mais à provoquer chez le lecteur un dégoût salvateur capable de réveiller les consciences assoupies face aux dérives de l'appareil d'État.