Rappelons-nous la fougue qui l’animait lorsqu’il croquait la libidineuse frénésie du ponte Strauss-Kahn. En quoi la coloration rose-socialo du FMIste Premier aurait-elle dû retenir les jets vitriolés de l’intraitable humoriste ? Pas de privilège qui tienne… Avant tout souligner les sordides travers des apparatchiks de notre temps, à quelque chapelle qu’ils appartiennent.
Besson trépigne, Hees s’incline : une contrition qui éloigne un peu plus le PDG de France Inter de ses idéaux premiers… comme un renoncement sous la pression économico-carriériste. Le comble : ces excuses portent sur le recours à la critique physique alors que l’essentiel de la chronique du libelliste portait sur le fond.
Par ailleurs, depuis quand n’a-t-on plus le droit de portraiturer nos politiques ? Ce qui se fait par le trait du dessin (ô merci les Plantu et toute la troupe des Animaux qui nous gouvernent) ne saurait s’admettre dans la tradition orale, d’autant plus lorsqu’elle passe par les voies du sacro-saint service public. Piteuse déférence d’un autre temps.
Par ailleurs, depuis quand n’a-t-on plus le droit de portraiturer nos politiques ? Ce qui se fait par le trait du dessin (ô merci les Plantu et toute la troupe des Animaux qui nous gouvernent) ne saurait s’admettre dans la tradition orale, d’autant plus lorsqu’elle passe par les voies du sacro-saint service public. Piteuse déférence d’un autre temps.
Besson attendra les colonnes du Parisien pour s’adonner à ce qu’il venait de fustiger, le talent humoristique en moins. Cela a eu le mérite de calmer pour un temps le puant rond-de-cuir ministériel. Le bougre voudrait bien croiser physiquement le chevelu Guillon pour échanger : verbe haut et interrogatoire musclé, sans doute.
| Le Pen : "Je m'en souviendrai..." |
Qu’il tempête, tant qu’il veut, mais qu’il ne se risque pas à entraver les précieuses poussées des polémistes lorsqu’elles défrisent sa roide posture, car il risque d’attirer de bien plus prégnantes attaques qui, elles, ne s’encombreront pas de l’esprit en verve.
Guillon raciste, il faut revoir le faceaface Dieudonné Guillon sur le plateau de canal+, un très bon Guillon à mon humble avis.
RépondreSupprimerJe me casse... Fait chier !
RépondreSupprimerElle – et le vrai, le faux ? On en fait quoi ?
Lui - ils ont pris le métro, fait leur boulot, et à présent ils font dodo !
Elle – je n’ai rien compris !
Lui - qu’est-ce qu’on fait en Libye ?
Elle – on fait ce qu’on est censé faire
Lui - petite insensée : on ne fait rien ou plutôt si… on aide certains libyens à supprimer d’autres libyens… donc rien.
Elle– rien ne rime à rien… c’est ça le refrain ?
Lui - tant qu’il y aura des rimes riches et des rimes pauvres… y aura que les pauvres pour se soucier de la rime !
Elle – allez, je vous laisse. Je me casse... Fait chier !
http://www.lejournaldepersonne.com/2011/06/je-me-casse-fait-chier/
Ce qui fascine au premier chef sur le plan littéraire dans « Guillon pique, Besson trépigne ! », c'est la façon dont Loïc Decrauze utilise le combat médiatique opposant l'humoriste Stéphane Guillon au ministre Éric Besson pour signer un véritable manifeste de l'art pamphlétaire. Dès l'intitulé, construit sur une allitération binaire aux verbes incisifs, le ton est donné. Pour prendre la défense de la satire, Decrauze procède par oxymores stylistiques retentissants, qualifiant la verve satirique de « générosité de carboniser » et de « parangon d'altruisme pamphlétaire ». À travers le portrait de Guillon en « intraitable » libelliste distribuant ses « jets vitriolés » sans égards partisans, c'est sa propre posture d'écrivain que Decrauze met en abyme. Il déploie contre Besson une artillerie métaphorique ad hominem d'une férocité classique, relevant de la physiognomonie : le ministre y est dépeint sous les traits vils d'un « exécuteur public » au « menton fuyant » et à la « tronche » veule, ravalé au rang de « puant rond-de-cuir ». L'efficacité du pamphlet culmine dans une analogie politique cinglante : Decrauze rapproche les sommations du ministre envers le journaliste Nicolas Demorand des éclats autoritaires de Jean-Marie Le Pen, démasquant ainsi le réflexe d'intimidation dissimulé sous le vernis de la fonction.
RépondreSupprimerSur les plans contextuel et prophétique, ce texte rédigé en mars 2010 capte un moment de bascule crucial pour la liberté de ton dans le paysage audiovisuel français. Decrauze documente l'amorce d'une reprise en main politique du service public sous la présidence Sarkozy, matérialisée par la « contrition » du PDG de Radio France, Jean-Luc Hees, venu présenter ses excuses au ministre. Le pamphlétaire diagnostique avec une prescience remarquable le « renoncement sous la pression économico-carriériste » des directions de médias. L'histoire lui donnera rapidement raison : quelques mois seulement après la parution de ce billet, Stéphane Guillon (ainsi que Didier Porte) sera officiellement licencié de la matinale de France Inter, concrétisant la purge pressentie par l'auteur face à cette « piteuse déférence d'un autre temps ».
Sur le plan philosophique, le pamphlet s'érige en défense intransigeante du pluralisme et de la caricature orale comme rouages essentiels de la démocratie. Decrauze interroge l'absurde hypocrisie d'un système qui tolère la charge physique par le dessin de presse (évoquant Plantu ou "Les Guignols") mais la criminalise dès lors qu'elle emprunte la voie de la parole à une heure de grande écoute. En rappelant que le pouvoir politique est « par définition provisoire », le moraliste recadre la vocation éthique de la satire : elle n'a pas à ménager les susceptibilités ministérielles, mais à servir de « contre-pouvoir » indispensable face à l'arrogance d'État. Le texte s'achève sur un avertissement laconique adressé aux censeurs : étouffer l'ironie au nom de la roideur institutionnelle ne fait qu'appeler, en retour, des attaques d'une violence bien plus dévastatrice.