Engourdie, la contrée écarte davantage ses gerçures pour que les courants y dévastent le semblant de vie qui oserait persister. Racle les fonds, titriseur-charognard, harcèle ta proie pour pétrifier toute résistance et pomper le liquide vital.
Les empapaouteurs feuillus n’ont qu’à bien se tenir, la justice existe bel et bien dans notre pays. Les gloutons sans vergogne, même parés de cabinets d’avocats et d’huissiers, n’ont pas toujours le dernier mot. L’engagement personnel, sans auxiliaire, et la sincérité des arguments peuvent triompher de la technique juridique spécieuse d’un mastodonte financier.
Je souffle, par moins vingt ressenti, comme si la belle saison venait me chatouiller les narines bien avant l’heure. D’un été gâché aux rigueurs payantes de cet hiver, les saisons sont loin de disparaître.
Ancrage lyonnais et vie partagée m’ont insufflé la résolution nécessaire contre les certitudes assénées par l’hypertrophique adversaire. Quelle jubilation en découvrant hier midi, dans l’escalier, la troisième page du jugement : « Par ces motifs (…) reçoit M. Loïc Decrauze en son opposition ; déboute la société C. de l’ensemble de ses demandes ; condamne la société C. aux dépens. »
Bring on the night pour une profonde inspiration rythmique. Petit pot de terre, la justice française m’a permis de résister au rouleau destructeur de la Finance amasseuse de prétendues créances. Hommage à tous ceux qui m’ont soutenu, de près ou de loin ; sur la toile et sur la terre ferme : sept mois d’angoisse diffuse pour une délivrance qui embrase le cœur.




heureuse pour vous ! tout le mérite vous revient...
RépondreSupprimerBonjour,
RépondreSupprimerDevant la beauté de vos photos, je me suis permise de faire un poème. Je l'ai accompagné de vos paysages d'hiver ici :
http://dyanesuib.blogspot.fr/2012/12/poeme-letoile-dhiver.html
Je vous ai bien sûr cité, mais si cela vous gêne d'une quelconque manière, n'hésitez pas à me le signaler et j'ôterai immédiatement votre création.
« Été amer, hiver rêvé » tranche singulièrement dans les textes habituels de Loïc Decrauze par sa tonalité intime, lyrique et ouvertement triomphante. Célébrant sa victoire judiciaire obtenue de haute lutte et sans avocat contre un organisme de crédit (la « 'tite Créancia »), le pamphlétaire délaisse pour un instant le réquisitoire politique pour livrer une fable républicaine du pot de terre contre le pot de fer. Le texte orchestre la revanche de l'individu autonome et déterminé face à la violence banalisée du harcèlement financier et de la « titrisation-charognarde », démontrant que la sincérité du citoyen éclairé peut terrasser la technique juridique spécieuse d'un mastodonte de la finance.
RépondreSupprimerSur le plan stylistique, le pamphlet déploie une esthétique des contrastes thermiques et biologiques d'une grande sensibilité poétique. L'âpreté de l'hiver glacial (« engourdie, la contrée », « moins vingt ressenti ») répond à la dévastation financière et au dessèchement moral orchestré par les « gloutons sans vergogne ». À ce vocabulaire de la rapine et du parasitisme (« pomper le liquide vital », « titriseur-charognard ») succède le sentiment de libération physique, où le froid polaire se mue paradoxalement en un souffle estival et régénérateur. L'insertion brute du dispositif du jugement de tribunal (« Par ces motifs (…) déboute la société C. ») fait irruption au milieu de la prose poétique comme le couperet du droit républicain venant briser l'arbitraire économique.
Sur le plan philosophique, ce texte apporte une nuance essentielle à la critique decrauzienne des institutions. Souvent impitoyable envers les dérives et les lenteurs de l'appareil judiciaire, Decrauze démontre ici que l'État de droit conserve sa noblesse fondamentale lorsqu'il sert de bouclier au citoyen face au « rouleau destructeur » du capitalisme prédateur. En soulignant sa démarche personnelle (« sans auxiliaire ») et en invoquant son « ancrage lyonnais », sa vie partagée ainsi qu'un clin d'œil musical ("Bring on the night"), le stoïcien réaffirme l'importance de la résistance individuelle et du soutien communautaire. La résilience du moraliste, éprouvée par sept mois d'angoisse diffuse, trouve sa récompense dans un acte de justice qui restaure la dignité de la personne face à la tyrannie des créances virtuelles.