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20 décembre 2015

Comptes de vos haines et fin damnée

Chez les Daechiens, le vit ne se dresse qu’au gré des carnages menés : une flambée humaine par-ci, une flopée de décapitations balnéaires par-là. Pour les plus voraces, la gueule goutteuse du sang des autres, l’apothéose jouissive : dispersion finale de leur corps en confettis de chairs parmi les boulons, les vis et les écrous, autant de projectiles tueurs.

Les enragés ne peuvent assumer, comme minables mortels, les déchainements barbares. Il leur faut une caution pseudo spirituelle : un certain Dallaech l’Asperge leur sert d’alibi moral. Tellement grande, l’entité suprême, que les Daechiens doivent la répéter jusqu’au filet de bave pour en faire le tour… Cette clique affamée de tripes à la mode des Croisés s’est dotée d’un chefaillon au menton à poils longs… Une espèce de Daechiant qui Daechie depuis son balcon.

Avec leur Kalaech comme moyen d’expression, que visent-ils comme projet de civilisation ? Ils ne piffrent pas que des talents humanistes dessinent leur Mahomaech, mais ils répandent le sang d’innocents comme une toile immonde : quelle cohérence ? Leur dessein pue la mort là où nos dessins croquent la vie.

La meute des Daechiens fait mine d’exécrer notre convivialité aux terrasses des cafés, notre sensibilité musicale, alors qu’elle pratique le rythme mortifère, le fracas inaudible, les airs d’un enfer malfamé… La finalité semble à rebours de ce qu’une jeunesse serait en droit d’attendre de l’avenir qui se profile : la manipulation pseudo religieuse qui incite à cette perdition programmée désarçonne tant l’archaïsme de ce qu’elle propose devrait faire fuir ses proies.

On peut toujours critiquer notre régime politique, mais il a le mérite précieux de pacifier les relations sociales et de laisser une certaine liberté d’épanouissement à nos choix d’existence tant qu’ils n’attentent pas à ceux des autres. Un contrat social en somme alors que les Daechiens pissent leurs balles là où leur vessie cérébrale l’impose.

Petiot, le village des Schtroumpfs apaisait mes tourments, malgré le vent mauvais du Gargamel. Avec l’Iznogoud Daechié et sa bande, l’impact s’inverse : une sérénité existentielle salopée par leur impuissance à vivre sans nuire à l’autre.
Un vœu pour 2016 ? Il coule de source…


13 février 2012

Prenons l’air « civilisé »…

Un C dans l’air d’une exceptionnelle hauteur et profondeur (si, si, c’est cumulable chez Calvi !) d’analyse. L’approche de Jean-Paul Delevoye, murie par ses expériences de Président de l’Association des maires de France et surtout de médiateur de la République, en a été la source première. Son diagnostic des déviances du système politico-médiatique, dans une démocratie dénaturée, éclaire un demi-siècle d’évolution de notre régime. Avec comme interlocuteurs le subtil et européen Dominique Reynié, le percutant Christophe Barbier et un historien chevronné, les échanges ont fouillé les dysfonctionnements sans faux semblant.

La gestion du temps politique, obsédé par la séduction d’un électorat volatil, ne peut s’accorder avec les impératifs d’une nation surendettée. La démocratie succombera-t-elle d’avoir fait la place trop belle à la démagogie de carriéristes talentueux et rhétoriciens ? Tout ne tient encore que par le crédit accordé aux branches protectrices.

Une part croissante de la population se détourne de ce qui devrait former le fameux contrat social avec ses valeurs censées être partagées. La délicate question de la compatibilité de notre société avec les schémas d’individus faisant de leur religion un objectif politique, par conviction profonde ou provocation systématique, ne doit pas être éludée par frilosité intellectuelle.

La campagne des présidentielles 2012, avec cette explosivité du tissu social, doit-elle se concentrer sur la rébarbative déclinaison des propositions techniques et laisser les grands desseins enflammés à des lustres plus apaisés ? Si vœu il y a, il est illusoire. Le pluralisme exige la confrontation jusqu’à la mauvaise foi. Exalter son premier cercle militant pour mieux enthousiasmer les sympathisants qui eux-mêmes influenceront une partie du corps électoral.

Ça vente, les formes se brouillent, les sens dérivent, la pesanteur sociale et ses obligations maintiennent encore nos repères, mais l’effondrement n’est plus impossible.



01 février 2009

Du coup de pouce au doigt… bancaire

Rappelez-vous le poupouce sympathique de la Société générale : une aide à s’installer, à entreprendre et à s’épanouir dans une vie tout en pastels harmonieux. Belle vitrine pour inciter à la consommation par de gentils prêts.


L’acte premier s’ouvrait sur l’adorable monde des Bisounours financiers : « Je te prête, tu me payes… tu ne payes plus, je te relance, je te balance ! ». Les poupouces américains ont ainsi soutenu vaillamment, ardemment, sur l’impulsion des pouvoirs publics d’alors – une nation de propriétaires à tout prix, ça ne vous rappelle rien ? – quelques millions de personnes aux revenus modestes ou inexistants, avant de les faire expulser. La tragédie du pauvre trop crédule ? L’affaire Madoff a démontré magistralement que la voracité naïve imprègne aussi des gens de la Haute.


Acte deuxième : la Société générale communique sur l’abominable trader abuseur de confiance, îlot de perversité dans un océan de vertus tranquilles. Gare ! Le tapis gondolait un peu trop pour parvenir à dissimuler toutes les pourritures financières que son personnel expérimenté, au faîte de l’art spéculatif, s’était vu refiler par la voie de brenneuses arcanes.


En outre, on commence à découvrir la réalité des responsabilités dans l’affaire Kerviel. Une Mission impossible de la culbute financière : « utilisez tous les moyens possibles, jusqu’à l’illégalité, pour multiplier la mise, mais nous nierons toute connaissance de vos agissements en cas de découverte. Ce poupouce s’autodétruira dans cinq secondes… » 


Finalement, le conte de la Générale est limpide comme un Perrault : goinfrez-vous tant que vous pourrez, jusqu’à l’écœurement de vous-même, abusez des règles, rapaces, et fientez sur le contrat social pourvu qu’avec un large sourire vous affirmiez : « C’est pour mieux vous aider, mon épargnant ! »


Troisième acte, le plus sordide. La figure du Banquier, que j’ai si souvent brocardée dans mon Journal, est devenue le punching-ball idéal pour exacerber ses ressentiments.


Ce qui fait enrager, c’est l’impossibilité d’une suite naturelle pour les fautes graves de gestion, à savoir la mise en liquidation, sous peine de provoquer une implosion en chaîne du système. Voilà donc des entités commerciales qui usent et abusent des règles du capitalisme, mais qui ne peuvent en aucun cas se voir infliger une quelconque sanction. Le pompon : quelques dirigeants de ces établissements financiers doivent se faire tirer l’oreille par l’exécutif pour se résoudre, en rechignant, à ne pas toucher les primes et autres parachutes dorés.


De là à lancer le bon pôple étriper ou décapiter quelques gros lards à cigare et à lunettes, comme Plantu les stigmatise, il n’y a plus que l’épaisseur d’un euro. Nos caricaturistes du XXIe siècle ont tout de même abandonné, pour représenter ces indécents hommes d’argent, le nez crochu qui tombe dans la bouche. Un progrès notable de ne retenir que la fonction sans l’associer à une catégorie ethnico-religieuse…


Chacun attend, redoute, espère, selon sa posture face à la crise, l’explosion sociale, le déchaînement révolutionnaire avec quelques barbaries justifiées comme purgatives…


Ce qui irrite, dans l’ambiance colportée, c’est le leurre d’une prime à la vertu pour les modestes, les planqués, les revanchards échoués. La résonance du discours contre les salopards qui réussissent incite à occulter les crasses des ternes citoyens, mais la petite musique sonne bien, alors les médias la relaient sans jamais égratigner la France d’en bas.

11 novembre 2007

Digression

La nature automnale défile en ce matin bleu, quelques gelées blanches émergeant au gré du frimas en volutes prégnantes. Qu’elle est belle cette France effleurée à grande vitesse : les pastels d’une nature en voie d’hibernation s’écoulent au fil des courbes agrestes ; les logis truffent, sans jurer, les vallons et mamelons mis en branle par notre fuite vers le Nord. Trompeuse immuabilité de ce fragile enchantement du hasard et de la vitalité dardé par les rayons de l’astre ascendant. La vie ennoblit terres et roches ; l’esprit vagabonde, aspirant à une harmonie utopique.


L’humanité déçoit par son contingent de malfaisants. Aucune catégorie, section, parcelle de l’espèce désignée dans cette cohorte hétéroclite : de la petite frappe profiteuse, centrée sur la satisfaction immédiate de ses ineptes besoins, surtout au détriment du bien commun, jusqu’au notable se torchant avec le contrat social pour combler ses intérêts. Chacun, dans sa sphère méprisante de l’autre, désespère un peu plus du système collectif salopé. Se contenter d’observer illusionne sur sa propre capacité à échapper à la bourbe ambiante. Revenir aux beautés sans conscience d’une nature offerte. La tension vocale d’Alanis Morissette, l’émotion croissante de That particular Time bouleverse mes ronchonnements, plongé dans cette nappe brumeuse qui occulte les merveilles d’un espace débarrassé des fatuités sonores, des salauderies braillées, des inepties débitées pour se rassurer de sa présence à l’autre.

L'auteur, "petiot"
Poussée misanthropique, comme un gênant urticaire à dissimuler… je ne veux pourtant pas l’ignorer. Elle rythme, depuis petiot, mon rapport à ce monde. Des plongées dans son histoire à l’imprégnation quotidienne de l’actualité, je ne parviens pas à rester enthousiaste.
Si l’extrême majorité, à laquelle je m’agrège, ne fait que vivoter en s’accordant quelques excroissances jouissives, la part malfaisante dévoie les règles collectives du bien vivre pour enfler leur ego et satisfaire leurs folies ordinaires.

Revenir aux étendues esthétiques pour reposer un peu ses tourments et espérer que l’aventure humaine ne s’achève pas dans un chaos nihiliste…