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23 décembre 2020

Deux crocs osent l'absolu

 Les pendus se balancent au bout des rets asociaux : le chanvre numérique couine au sinistre rythme des puanteurs anonymes.

Deux crocs osent l’absolu, l’idéal à portée et contre tous les modèles au mauvais vent. Ne rien céder à la révulsante socialisation, à la profilisation en quelques illusoires clics.

En ligne de vie, l’horizon oxygéné, l’espace au temps réalisé à coups de tourments assumés ; le temps de l’espace pour l’irréductible fusion. Au large de l’ère mesquine, des aires masquées, de la vierus qui se ronge pour perpétuer ses entassements sous vide…

…un Texte aux Signes Magnétiques, Sisyphéens : 985 786 mots essaimés sur 3 587 pages.


Quelques zests tapotés par Musiney :

 

I – Exaltation

Mucey

J’ai ton parfum au creux de mes paumes : mmmmm ma madelusine de fou… de toi !

 

Musine

Maintenant tu es en moi tout le temps.

 

II – Déception

Mucey

Me reste l’immatérialité de ta présence. Je dois me concentrer sur cela.

Je le redoutais depuis le début de ce projet… Et cela arrive comme un coup de massue.

 

Musine

Je t’aurais bien emmené avec moi si tu étais là. Il n’y a personne aujourd’hui. Je t’aurais fait plein de gros bisous entre deux enregistrements. Toujours cette idée : t’enfermer quelque part. Je me pose des questions sur ma santé mentale.

 

III – Fusion

Musine

Je trouve que je suis taillée sur mesure pour toi pour tout.

 

Mucey

et réciproquement : de la très haute couture existentielle.

Le Général dressé… entouré de ta Marquise… fais-le boire mon amour…

Un feu liquide à siroter de toutes mes papilles.

Nos velours épidermiques s’unissent comme une seule peau…

 

IV – Divulgation

Mucey

Je veux que ces messages soient comme des petits cailloux ouatés qui te conduisent à moi… ma belle Poucette.

Tu sais ce que m’évoque ce qu’a fait la Crotalâtre ? C’est comme si elle était entrée par effraction dans nos intimités et qu’elle avait répandu ses excréments dessus.

 

Musine

Je suis là et je serai toujours là.

 

V – Sanctuarisation

Mucey, 7h41

Dix mois… sans toi.

8h06

Dis-moi… juste pourquoi.

8h42

L’émoi m’échoit loin de toi.

9h03

Sans mot dit je me sens maudit…

9h30

Cent maux à mon cœur transi.

 

Musine

Surtout ne t’éloigne pas.

Et si tu veux le faire, alors en douceur pour que je puisse m’habituer à ton absence.

 

Mucey

Petit délire sémantique : de l’ambiguïté du “de”.

Dans le supplice de Tantale il introduit le mortel qui a trahi les dieux et est condamné à voir s’assécher le fleuve dans lequel il veut boire et s’éloigner l’arbre porteur des fruits qu’il souhaite croquer.

Dans le supplice de Crotalâtre “de” introduit l’auteur du tourment qui a trahi ma déesse, laquelle doit s’éloigner de moi à chaque fois que notre symbiose est proche de son paroxysme.

 

Musine

On va créer notre propre monde.

 

Mucey

Je voudrais être ton Adam mon Ève primordiale…

 

VI – Affliction

Mucey

Je me sens désemparé… Je voudrais t’aider et te soutenir davantage dans cette épreuve… mais comment faire ?

 

Musine

Juste de te savoir là m’aide énormément.

 

Mucey

Trouver le bon équilibre pour rester un soutien et ne pas devenir un poids… Je dois sans doute travailler sur cela…

 

Musine

Une année merveilleuse auprès de toi.

 

Mucey

Dur de ne pas t’avoir retrouvée. Je ne peux m’en prendre qu’à moi de m’être acharné à rester… à déambuler dans les rues en t’espérant… comme le vilain petit canard que je suis… Et ton appel est mort-né…

 

Musine

Tu es mon merveilleux cygne.

 

Mucey

Parfois je suis plutôt l’Albatros de Baudelaire… avant son dernier soupir, mais toujours illuminé par ta présence.

 

VII – Fluctuations

Mucey

L’année va être lourde… Je ne pensais pas que cela allait basculer de cette manière. Au moins une maladie on peut la combattre… Là c’est comme une condamnation. Je dois effectuer ma peine : je dois la mériter.

 

Musine

Non, tu m’es essentiel.

 

Mucey

Pire qu’un deuil… c’est comme un arrachement renouvelé. Supplice de Tantale et peine de Sisyphe réunis.

J’irai sur un de nos bancs… en imaginant ta présence.

Et après je me ferai interner au Vinatier.

 

Musine

Ça c’est l’histoire pour me faire dormir ?

 

Mucey

Heu… touché-coulé, je suis…

Je l’aurais conçu plus douce et enveloppante, l’histoire… et nous aurions été tous les deux dedans, réellement.

 

Musine

Alors raconte-moi.

 

Mucey

Deux êtres aériens qui, par une brise enchanteuse, trouvèrent les courants les portant l’un vers l’autre… comme une évidence cosmologique.

Depuis lors ils ne pouvaient plus rien faire l’un sans l’autre au risque que l’un manque d’oxygène et de courant porteur…

Ils s’aimaient comme jamais ce sentiment n’avait été incarné… et chaque battement de leurs ailes angéliques engendrait de merveilleux arc-en-ciel.

Alors ils se prirent dans les ailes l’un de l’autre et atteignirent ainsi les plus insoupçonnés sommets d’humanité.

Depuis ce jour est né un fabuleux univers : l’il d’elle… que jamais plus ils ne quittèrent.

 

VIII – Perdition

Mucey

Je ne sais plus ce que je dois faire : d’habitude, même au pire des épreuves, j’avais un signe : là rien, le néant. Je ne suis même plus certain que ces messages te parviennent, que tu les lises…

Comme une tragique évaporation…

Comme si tout cela n’avait été qu’un rêve…

Humainement, je ne m’en relèverai pas.

 

IX – Compulsion

Mucey, 13h04, après ce moment partagé.

Amour de ma vie…

Bonheur pur ces retrouvailles vitales pour moi.

 

Musine, 13h31

Oui, ça m’a fait du bien mon amour.

Tes messages sont très beaux. Je suis fan de tes écrits. Fan de toi.

 

Mucey

Une fusion psychocorporelle passionnée.

 

Musine

Oui, c’est incroyable.

 

X – Intensification

Mucey

Avec les reflets de lumière au fond de la piscine, j’avais la sensation de nager au cœur de tes connexions neuronales, mais en sortant, retour sur la berge réelle : rien de toi.

 

Musine

Je brûle pour toi.

 

Mucey, 0h56

L’orage se rapproche, des éclairs partout, une touffeur prononcée, mais des images de toi qui apaisent et exaltent.

 

Musine

Là je n’ai plus le choix. Je sors marcher un peu.

Prends soin de toi.

 

Mucey

J’effleure chacune de tes cellules et les ventricules de mon cœur font comme des bras entourant ton âme.

 

XI – Ébullition

Mucey, 1h03

Quatrain mortifère :

Ton retrait laisse un si vague terrain aride

Où rien ne poussera, pas une herbe, aucun brin,

Tous ces sillons creusés par des larmes acides

Avec un goût tombal rongeant les lendemains.

 

Musine

Ce matin, si je pouvais, comme Rodin, t’avoir en trois exemplaires, tu sais comme dans sa sculpture : les trois ombres, pour voir toutes les facettes de toi.

 

Mucey

Comme c’est adorable ça…

Oh oui ! Toi tu es mon triptyque paradisiaque…

 

XII – Privation

Mucey

Dans la pénombre, chez moi, en attendant que le temps passe.

Je m’imperméabilise au monde.

 

Musine

Ça va passer Mucey.

 

Mucey

Bien sûr que non.

Pour toi c’est sans doute passé, moi ça ne passera jamais.

Ça restera une plaie ouverte et atroce à ressentir.

 

Musine

Passé pour moi !!! Explique-moi comment on peut s’éloigner de soi.

 

Mucey

Je croyais, Musine…

Je n’ai plus aucun repère pour te ressentir. Tu sembles si sereine.

Je suis comme suspendu dans le vide et tu incarnes les éléments précieux auxquels je peux m’accrocher…

 

XIII – Convulsions

Mucey, 9h39

Mes sueurs froides reviennent. Tout s’effondre à nouveau.

9h43

En un instant tu me fais passer de tes bras au néant !!!

Atroce.

 

Musine, 9h44

Pour moi aussi.

On n’a pas le choix, notre amour est une chimère !!!

 

Mucey

Tout ça balayé !!!

Une chimère, carrément !!!

Atroce.

Là tu m’achèves donc.

 

Musine

Oui, il est impossible.

 

Mucey

La tête de lion pour caresser ton visage de sa crinière,

Le corps de chèvre pour me coller à toi,

La queue de dragon…

Je veux être ta chimère réelle…

 

XIV – Permission

Mucey, 4h26

Lorsque l’enracinement se fait aérien,

Que la ramure feuillue favorise l’ombre lumineuse,

Que la rugosité du tronc se mue velours ancien,

Et que la pousse centenaire s’anime d’une sève en flammes aqueuses,

C’est que notre Amour siège en son sein.

 

Je voudrais te voir, entendre ton souffle, m’occuper de chaque parcelle de toi…

Tu es mon Amour, Musine, tu me comprends ?

Encore… prononce mon prénom à mon oreille…

 

Musine

Et toi le mien.

Mucey

 

XV – Raréfaction

Mucey, extrait de son Carnet de mort :

Amputation à vif, pour moi, alors que l’esprit ne peut se détacher. Du tourment en boucle délétère…

Plus aucune actualité, nulle accroche littéraire ne peut retenir mon attention. Je passe mon temps à rafraichir la page de réception des mails, et c’est toujours ce déprimant “Aucun résultat n’a été trouvé”…

(…)

Ce vide qui infecte tout mon être deviendra bientôt maladif, incurable, dévastateur.

 

XVI – Diffamation

Musine, 19h11

Je viens de finir.

19h25, capture d’écran jointe.

Tu t’es trompé de destinataire.

 

Mucey, 20h08

Heu, c’est quoi ce dialogue, Musine ? ça ne vient pas de moi…

Tu es rentrée ?

20h12

Tu m’as envoyé un extrait de dialogue de jeunes qui doit provenir de quelqu’un d’autre, Musine…

 

Musine, 21h09

Ça n’a pas d’importance. C’est ta vie privée. Je n’ai pas à réagir.

 

Mucey

Musine, tu te rends compte ? Imaginer que je puisse être à l’origine de ce torchon textuel ??? Ou que je me fasse le réceptacle de ça ?

 

XVII – Désolation

Mucey, 13h28

Sans doute que je ne te mérite pas, Musine… ta perception de moi m’édifie, même si elle ne correspond pas à ce que je vis depuis que tu es entrée miraculeusement dans mon existence.

Et moi je t’aimerai comme un fou jusqu’à mon dernier souffle, même unilatéralement.

 

Musine, 14h39

Te voir pleurer m’a bouleversée.

 

Mucey, extrait de son Carnet de mort, 21h45 :

Je n'aurai, désormais, plus rien à attendre de la vie. Juste laisser filer le temps en attendant la fin ; le néant, lui, est déjà là, en moi. Je me sens déjà mort.

 

XVIII – Résurrection

Mucey, 19h20

Quelle idyllique journée.

 

Musine, 19h27

Mucey, c’est fou.

 

Mucey

Oui… mais vital pour moi ma Musine.

 

Musine, 19h31

Comment je vais faire ?

 

Mucey

Musine…

Ne m’inflige pas du radical, c’est tout ce que je demande.

 

XIX – Émotion

Mucey

Je vais laisser le chagrin me submerger.

Le sursis aura été de courte durée.

À moi l’enfer, la souffrance et le plein calvaire.

 

Musine, 21h52

Mucey

 

Mucey

Et une nuit blanche cadavérique pour moi.

Je n’ai plus qu’à hurler intérieurement mon désespoir.

 

Musine

On est dans l’impasse.

 

Mucey

Je ne peux revenir en arrière, donc je me cognerai au fond de l’impasse jusqu’à la fin.

11h24

Comme un reclus, je suis, sans toi.

11h30

Je regarde un documentaire sur Jupiter… pour tenter de calmer ma peine.

Je t’aime.

11h35

Tu savais qu’un gaz ordinaire soumis à des pressions extraordinaires devenait noir ?

11h36

Jupiter serait notamment constitué d’hydrogène métallique… d’où l’énorme champ magnétique qui l’entoure, mon cœur… et qui lui permet d’avoir des aurores sans l’intervention du soleil, ma Musine…

11h41

Mon aube a besoin de toi pour devenir clarté lumineuse…

11h43

Pour ces aurores : seraient dues à l’interaction entre Jupiter et ses lunes, notamment Yio…

11h46

L’attraction de cette lune par Jupiter crée des éruptions qui retombent sur sa glace…

11h47

Tu me mets en état d’éruption existentielle, ma Musine…

11h48

La rencontre lave-glace provoque des radiations par le souffre vaporisé.

11h50

Les particules atteignent le pôle de Jupiter quasiment à la vitesse de la lumière… d’où les aurores cent fois plus lumineuses que sur Terre.

11h51

Mes cellules fusionnent aux tiennes avec l’intensité d’une vie nécessaire.

 

XX – Machination

Mucey, 10h36

Que tu ne veuilles même pas que je sois avec toi pour cette épreuve me blesse infiniment, après tout ce qu’on s’est dit : tout ça parce qu’un vil anonyme t’a envoyé quelque chose en prétendant que cela vient de moi. L’immonde manipulation triompherait ? Je n’ose y croire, ce serait tellement injuste, absurde et effroyable.

 

Musine, 18h57

Moi aussi je ne vais pas bien Mucey.

 

Mucey, 0h14

C’est comme si un malfaisant m’avait abattu en plein vol paradisiaque avec toi et que je gisais agonisant dans un cloaque.

6h54

Sans toi mes sens s’égarent, se perdent :

La vue, pour un regard vers le néant vague,

Le toucher qui ne sent plus le bout de tes doigts, le creux de tes paumes,

L’odorat qui a perdu tes senteurs,

L’ouïe au rythme de mes affres,

Le goût… de plus rien.

10 octobre 2014

L’anonymat à pleine gorge… tranchée !

Quelle perception du monde immédiat aurait l’anonyme moyen coupé de toute actualité hors de son champ de vie ? Sans doute serait-elle à des années-lumière des trépidations tourmentées de la focale médiatique. L’existence sereine, évidemment répétitive, n’a aucune similitude avec cette agitation concentrée. Accorder trop de place à ce compte rendu permanent revient à garder le nez sur un microscope qui résumerait la vie aux mouvements moléculaires avec chaos apparent parce que surexposés et grossis.

De la même façon, le défoulement des commentaires odieux sur Internet vient contraster avec l’habituelle retenue de leurs auteurs dans la vie réelle. Le moindre fait qui trouve un écho sur Big Media déclenche aussitôt une flopée d’interventions que leurs auteurs n’assumeraient pas s’ils devaient les prononcer physiquement en public. En cela, nous sommes au-delà des simples emportements de comptoir. Il s’agit, par l’anonymat et l’espace virtuel, de ne rien contenir de sa facette outrancière. La virulence clandestine devient la règle et dévoie les échanges sociaux. Avant, cela oscillait entre le for intérieur et le cercle des proches. Désormais, chacun peut publiquement s’improviser petit pamphlétaire sous pseudonyme. Le débat s’en trouve d’autant perverti, se colorant chaque fois de ces excès sans visage.

Le recours au pseudonyme encourage les vociférations du hargneux planqué derrière la toile. Se promener sous les articles du jour, avec leurs dizaines de commentaires, donne l’ampleur de la pratique. Peut-être 1% de signatures correspondant à des personnes identifiables. Internet devient une gigantesque boite crânienne collective dans laquelle chacun peut découvrir la part jusqu’alors inavouable des pensées des autres : transparence des flots orduriers, opacité des sources. Une glasnost psychologique nullement révélatrice d’une détérioration de ce qui est pensé : simple obscénité technique de la publication immédiate sans l’once d’une démarche artistique, sans le début d’une revendication courageuse.

Autrement plus dramatique, la mise à mort motivée par la mise en ligne terrorisante. Si les barbares intégristes dégouttent d’obscurantisme dans leur conception du monde, ils maîtrisent parfaitement les moyens modernes de communication. Là, c’est à qui usera le plus de cette fabuleuse caisse de résonance. Les opérateurs de cet Internet, au premier rang desquels Google, pourraient-ils aider à lutter contre ces égorgeurs ? Ethique minimale et technique ne peuvent-ils, pour une fois, se combiner ? Les malheureux égorgés n’émeuvent-ils pas plus les propriétaires des supports télématiques que les traders qui achètent le pétrole à Daech pour maximaliser leurs culbutes financières ? L’argent n’a, paraît-il, pas d’odeur, mais l’or noir et les cadavres si, une très forte qui devraient longtemps empuantir les narines des complices par abstention.


La liberté à tout prix ? Quitte à laisser prospérer et parader ces assassins en bandes très organisées ? Autant la liberté d’expression est un principe quasiment sans bornes, au contraire de ce que voudraient nombre de religieux, autant la liberté de colporter ses crimes doit être neutralisée. Un éditeur ouvrirait-il son catalogue à Michel Fourniret, Guy Georges ou Francis Heaulme pour qu’il raconte en détail ses assassinats en série ? Pas encore, en tout cas… Alors pourquoi Internet, dont chaque parcelle virtuelle est la propriété d’une personne physique ou morale, ne peut-il imposer un encadrement ? Je connais la réponse : pas de frontières possibles… Si, celles du globe : une autorité mondiale avec des moyens technico-militaires réels s’imposera peut-être lorsque nous verrons grandir dangereusement la part de leur territoire, au point de grignoter les nôtres… En attendant, il nous faut assister (ou pas, mais ça ne changera rien) aux parades mortifères avec leurs sacrifices d’un autre âge. Les archaïques caverneux en réseau immatériel : pas le moindre des paradoxes…

27 octobre 2012

Petites frappes clandestines


Certaines scories à prétention humaine voudraient bien que je sois affecté par leurs crottes anonymes… Raté ! Cela ne fait qu’endurcir mon féroce mépris pour ces vagues commentateurs sans l’once d’un argument. Le groin maintenu dans ce qui s’écoule de leur fondement malade, c’est à peu près la seule utilité de ces lâches inconsistances.

Je devine leurs frustrations, leur amertume revancharde, la bien triste musique du faux-semblant qu’ils fantasment engagement. Ils singent la fulmination, oubliant la vase qui clapote au fond de leurs pas très saines embouchures. Du rebut répugnant, du quasi rien à finir d’écraser… par distraction.

Au cours de mes jeunes années, je suivais les peu reluisantes pérégrinations des « Innommables », personnages de BD qui avaient la fraîcheur d’amuser par le grotesque d’horreurs assumées. Des caractères exemplaires comparés aux immondes non identifiables qui vessent sur la toile.

Chacun dans son coin, moi le premier, excelle dans la critique de personnalités médiatisées. Elles ont au moins le courage de ne pas se dissimuler, au contraire de la majorité de ceux qui s’excitent aux inassumés signes assassins. De la petite frappe sur clavier, sur écran ou sur tablette pour de l’indigente tentative d’attaque. Branlette honteuse du cortex en service minimum : lot des corbeaux pelés du Net.

Je songe aux dernières amabilités reçues, survolées avant d’être supprimées : leur auteur très très bas n’aura eu pour tout lecteur attentif que la souris cracra de son ordi ronflant dans un vilain salon !
Avis d’encombrants à évacuer au plus vite.


02 août 2012

En vrac, l'actu alitée !




Depuis quelques mois, je m’essaye à une nouvelle pratique d’écriture quasi quotidienne : le commentaire cinglant sous article de presse. Un peu plus long qu’un tweet, bien plus court qu’un texte, il oblige à tendre vers la fulgurance accrocheuse, à viser le cœur du sujet sans digression : éventrer au scalpel, attiser au vitriol et laisser agonisant. Il faut marquer l’esprit venu par hasard vous lire au milieu d’un fatras d’autres interventions dominées par l’illettrisme sans gêne et les poncifs du zinc de quartier.
Par commodité, pour ces quelques lignes à diffuser immédiatement, je ne passe plus par la plume via les pages quadrillées du Journal en retrait. Les cliquetis de l’Azerty remplacent le glissement encré sur feuille.
Florilège des plus féroces, pour hérisser l’attention sur ce monde malade dans toutes ses entournures :

(En cliquant sur le titre de chaque commentaire, vous trouverez l’un des articles à l’origine de ma réaction.)

Europe

Que le paysage politique prenne enfin la mesure du seul vrai clivage qui doit recomposer les partis prétendant au pouvoir ou se cabrant dans la contestation urticante : l’Europe et la suite de sa construction. Le reste, la gestion du pays, obéit à de tels impératifs indépendants de notre volonté, à moins de croire au salut de notre isolement, que les antiennes idéologiques s’apparentent de plus en plus à des barouds d’honneur.
                                           
Avec Hollande c’est l‘UE version Noël et conte de fée réunis. Coué-Hollande va nous pondre de la croissance rien qu’avec quelques dispositions dans un traité. Et surtout, il compte faire naître l’enthousiasme chez des partenaires qu’il aura d’entrée froissés en se torchant avec le travail consensuel accompli… Hollande, l’autre politique du dommage… européen.

Fabius, le roquet de l’époque Chirac, a évidemment pris de la bouteille, mais il s’est aussi totalement décrédibilisé en prenant part à l’attelage hétéroclite des défenseurs politiques du « non » en 2005 pour y substituer… rien, nib, zob, puisqu’aucun n’a obtenu le pouvoir national par le même corps électoral. Étonnant non ? comme disait Monsieur Cyclopède.

La Grèce rappelle immédiatement la réalité européenne au nouveau pouvoir français. Si les prêteurs n’ont pas déserté la France, la situation politique de la Grèce se dégrade et repose le dilemme : veut-on d’une Europe fédérale ou d’un retour aux nations pleinement souveraines ? La voie de l’entre-deux ne permet que la stagnation et l’enlisement.

L’introuvable majorité grecque veut bien de l’aide financière européenne, mais sans l’austérité réclamée par les prêteurs. La Grèce ne veut pas être dépossédée de sa souveraineté et dans le même temps son administration est incapable d’aller chercher l’argent là où il est (professions libérales, armateurs, église). Et voilà que le plan de sauvetage de ce pays est à l’eau du fait des élections législatives. Inextricable.
                                                                                          
Et voilà ! les pays membres attendent que le bord du gouffre effraye vraiment pour se résoudre à des mesures efficaces pour éviter le chaos économico-financier. Enfin, ce n’est qu’une supposition. Après des pays modestes, voilà le premier des poids lourds de l’UE à afficher ses impossibilités à se financer. On attend quoi pour un Conseil européen d’urgence et des décisions radicales, au premier rang desquelles les Eurobonds ?

Le 4 juin, un commentaire, laissé sous mon article Ruine de la Grèce en kit , critiquait mon conformisme à ne voir dans cette Daube foirée qu’un nid de brutes primaires. Je serais sous-documenté et je survolerais l’information ! Trois petits jours plus tard, un élu de ce parti violente courageusement une femme sur un plateau de télévision. Quelle subtilité doit-on chercher pour expliquer cette Aube crépusculaire de l’échange démocratique ? Il me surnomme Monsieur Mouton, dans sa charge dérisoire… venant d’une Autruche avec œillères, ça fait tristement sourire…

Le cœur franco-allemand a des ventricules qui s’écartèlent… jusqu’à l’arrêt cardiaque ? A bricoler un compromis on risque de ne rien résoudre. Voilà des années que le souffle de la construction n’y est plus, que l’asthme européen siffle ses incohérences. Se replonger dans ces soubresauts édifie sur la tâche qui reste à mener. Il faut une plus grande intégration pour éviter la désintégration de l’Union : jusqu’à quand les tergiversations ?

Europe en Sphinx… durable ?
Je n’ai pas entendu Fabius sur les résultats obtenus par ce sommet historique. Il voudrait peut-être faire croire, comme maître du quai d’Orsay, que cette affaire lui est totalement étrangère. Incohérence, quand tu nous guides… En tout cas, bravo aux chefs d’Etat d’avoir à nouveau pu sauver la zone euro du chaos. On va encore entendre les protestations des partisans d’une autre UE, avec tout ce que ces allergiques à cette construction cumulent comme incompatibilités entre eux. Souvenez-vous 2005, depuis lors avons-nous eu un seul partisan du Non ayant occupé une fonction politique de premier plan en France par la volonté des urnes ? Rien ! Le seul, c’est Fabius, nommé par un ardent défenseur du feu traité.

International

On en revient à la sale époque d’une ONU version SDN, incapable d’une résolution sitôt que la situation est vraiment critique. Plus de guerre froide, mais des membres permanents dont le cynisme ne se tarit pas. Ce fonctionnement archaïque, combien de temps va-t-on se le traîner ?

Une balance chez les Anonymous ! Voilà qui devrait ternir un chouia la prétendue chevalerie de ces adeptes du pillage en bande désorganisée. Rappelons-nous que récemment ils portaient aux nues l’escroc plein de soupe fondateur de MegaUpload. A quand un début de cohérence et d’autocritique chez ceux qui tapent sur les banquiers et les traders tout en louant ce symbole du capitalisme dévoyé, bâfreur de tout ce qui se présente, surtout si on peut léser les autres.

Effroyable nouvelle pour la demoiselle Cassez et sa famille. Comme un acharnement de cette justice mexicaine pour sauver les apparences. S’indigner et souhaiter que sautent au plus vite ces potentats d’un régime corrompu et inique. A part boycotter tout ce qui vient de ce pays, que faire d’autre ? Que la retenue de force ne cède surtout pas au désespoir, qu’elle sache qu’on pense densément à elle, qu’elle nous manque même sans la connaître personnellement.

La Corée du Nord, voilà le résultat d’un pays en quête de protectionnisme absolu, de pseudo générosité communiste et d’affirmation d’une souveraineté quasi autiste. Les chantres de la dictature du prolétariat et tous ceux séduits par ces envolées altruistes devraient y regarder à deux fois sur la faisabilité de leur programme révolutionnaire. La présidentielle française se distingue par la présence de candidats en quête d’un modèle ayant criminellement échoué. Suivez le petit livre rouge…

La politique cryptique existe : c’en serait presque comique si, en ligne de mire, il n’y avait le joujou nucléaire entre les mains d’un régime déjanté, affameur de son peuple et à la conscience imperméable à l’évolution du monde. Quels que soient les défauts de la mondialisation, il fait toujours meilleur vivre dans nos contrées capitalistes. Hein ! les Arthaud, Poutou, Mélenchon ?

De pire en pire ces réunions internationales sur l’environnement. Voilà maintenant que l’infinitésimal sujet de consensus est signé d’avance pour laisser les responsables exécuter leur parade d’autosatisfaction sans l’ombre d’un stress ni le début d’un enjeu. Quel est l’intérêt, à part d’entretenir une honteuse hypocrisie généralisée ? Le paradoxe : chacun s’accroche à ce qu’il considère ses intérêts premiers alors que cette question rend les parties du monde interdépendantes. Depuis mon texte de 2009 sur le sommet de Copenhague, aucune évolution. Fiasco en double couche.

Avec la Syrie, la tradition sanguinaire des vraies dictatures est parfaitement respectée. Et dire qu’on jugeait son dirigeant fréquentable il y a peu : l’air propre sur lui comme un occidental démocratique et superbement accompagné. Leurre comportemental comme avait pu l’afficher aussi l’un des fils du feu Kadhafi. Que la Russie et la Chine le soutiennent encore, rien d’étonnant. Que peut-on attendre de ces régimes impitoyables pour les libertés publiques, même si leur commerce s’imbrique au nôtre ? Méfions-nous de trop baisser la garde.

Revoilà le pilleur d’œuvres qui pointe le bout de son nez gras. Mon univers Internet n’a pas varié d’un poil depuis la fermeture de sa plate-forme. Lorsque je songe à l’adulation dont il a fait l’objet alors qu’il a privé de droits d’auteur des milliers de créateurs qui ont choisi de vivre de leur art, cela m'écœure. Toujours la prime au traficotage qui se pare de la teinte Robin des bois pour faire croire à sa vertu antisystème.

Du printemps arabe 2011 on passe à l’été syrien 2012 qui pourrait enfin carboniser la tête tyrannique du pouvoir politique, à moins que la riposte sanglante reporte la victoire des opposants à une autre saison. Celui qui avait l’apparence la plus conciliante des dirigeants de la région affiche à son compteur la plus féroce et durable résistance aux révolutionnaires. Il faut dire que les deux membres permanents encore non démocratiques du Conseil dit de Sécurité ont tout fait pour bloquer une quelconque initiative onusienne.

Politique

Les Cannes de la Bassine

Bassine Le Pen, la charretière en chef du Front bas, poursuit sa mission de séduction pour faire oublier le père, lequel ne rate pas une occasion pour ajouter son grain dès qu’un micro se tend. Le vieux ne veut pas laisser gagner cette fin désœuvrée. La Jeanne, pas la douce philanthrope de Brassens, mais la guerrière aux voix autosuggérées, mobilise les politiques toujours en quête d’une virginité médiatique pour mieux s’ébattre dans la fange d’une carrière à tout prix. Les 600 ans supposés de sa naissance forment une rondeur idéale… et les longues cannes de la président du FN n’y changeront rien : sourire forcé, rhétorique engraissée, entourage puant. La Bassine confine au pot de chambre pour égrotant en phase de purge finale.

 

Décontraction sphinctérienne

Un cru bien vinaigré cette campagne belliqueuse et accessoirement présidentielle. Sans aller jusqu'à utiliser des GROS MOTS comme "civilisation", contentons-nous de nous inquiéter de nos mœurs politiques de plus en plus à ras de terre. Alors qu'un débat intelligent aurait pu émerger sur la situation de larges zones du monde désertées par les principes premiers qui nous inspirent, la représentation nationale s’invective dans un hémicycle qui s'apparente aujourd'hui à un vague bac à sable.

En couple avec Merkel, en duo avec Cameron, la vie politique de Sarkozy pourrait relever de la pièce de boulevard avec portes claquées et antichambres occupées. Il ne faudrait juste pas que, par les frasques du Président, Marianne s’apparente à une bête à cornes.

Il ne manquait plus que le président sortant prenne l'UE comme bouc émissaire. Au nom d'une tactique pour éviter le fiasco électoral, il racle les fonds de tiroir des anti-européens mâtinés d'un nationalisme frileux. Piocher çà et là pour ratisser large ne changera pas grand chose aux courbes sondagières : chez ceux qui le cultivent, l'antisarkozysme a la même profondeur que chez d'autres (ou les mêmes) l'anti-américanisme époque Bush Jr. Rédhibitoire, donc. (mars 2012)

Il semble que les observateurs ont zappé son désastreux lapsus, corrigé de justesse lorsqu’elle lance, un peu éteinte, que sa candidature résulte d’un combat gagné « contre toutes les démocraties »… Oups ! Maousse boulette, halal ou pas, qu’il faudrait se repasser en boucle avant de passer dans l’isoloir. Décidément, la Bassine n’en rate pas une !

La (re)prise de la Bastille ? Rappelons que les détenteurs du pouvoir exécutif ont une légitimité démocratique au cas où les soutiens de Mélenchon l’aient oubliée. « Prenez le pouvoir ! », harangue qui pourrait s’assimiler à un appel au putsch si l’on n’était pas dans une campagne électorale. Attendons avril pour voir si le peuple s’exécute…
Avant de se décider, qu’il ait à l’esprit qu’en janvier 2011 l’effronté de gauche s’érigeait grand défenseur de la clique castriste, égrenant les circonstances atténuantes comme l’aurait fait un Marchais pour son Brejnev. Quel touchant esprit de corpus idéologique !

Doit-on faire un lien entre la démence idéologico-pathologique du tueur implacable de militaires et d’enfants, de maghrébins de juifs, et d’antillais, et l’ambiance de castagne qui régnait jusqu’alors dans la campagne présidentielle et qui pourrait reprendre après la parenthèse de solidarité ? Difficile de répondre, mais sans doute des prises de conscience vont s’opérer et modifier le déroulement des rapports entre candidats. L’empathie avec les familles victimes de cette horreur est une chose, le débat démocratique, même musclé en est une autre. Le nivellement des discours n’a jamais été signe de bonne santé du pluralisme.

Impossible pour ces politiques de tenir ne serait-ce qu’une journée dans un hommage consensuel. Duflot lance les nouvelles hostilités par l’angle de la psychologie enfantine pour laquelle elle semble la spécialiste incontestable. Avec le point symbolique d’Éva Joly dans les sondages il n’y avait aucune minute à perdre, pas même celle de silence en souvenir des pauvres victimes.

Mélenchon correspond à l’air révolté du temps, soit. Mélenchon vocifère comme pas un sur la scène politique formatée, c’est une évidence. Une seule question : quelles conséquences aurait une application stricte de son programme ? En 2009, à l’occasion de l’affaire Coupat, je notais : « La générosité révolutionnaire a toujours un arrière-goût cadavérique, terreau à entretenir pour se maintenir en place une fois le Grand Soir éloquent devenu sordide petit matin aux affaires. »

Qu’il chemine vers le score néant ce Cheminade, ce sera à la hauteur de ses infectes allusions. Je ne l’avais d’ailleurs pas retenu pour mon passage au crible des affiches présidentielles de la campagne, quelle judicieuse inspiration j’ai eu !

A l’époque chiraquienne on était dans l’abracadabrantesque rimbaldien, le Président avait alors la hauteur anatomique pour repousser une affaire cathédralesque. Avec Sarkozy on descend vers la « boule puante » lâchée dans un coin et qui incommode le candidat. Dans les deux cas, les mis en cause tentent de tourner en dérision ce qui relève de coups terribles contre l’intégrité de la République. Ainsi, prétendre que les comptes de la campagne 2007 ont été validés par le Conseil constitutionnel de Dumas est vrai, mais il faut ajouter que l’institution a fait alors l’autruche pour éviter d’avoir à annuler la toute fraîche élection. Il faudrait un minimum d’exemplarité des prétendants à l’Élysée.

Le permis de conduire… c’est ça le grand dessein de la France ? La présidentielle bouillonne pour ce genre de sujet ? Même plus une puissance moyenne notre pays, juste une excroissance territoriale. Finalement, le sujet est bien révélateur de notre ruine économique. On ne peut se passionner que pour des sujets secondaires au regard des enjeux mondiaux (j’entends déjà quelques braillards s’insurger de ma hiérarchie). Le futur Président sera à la tête d’une terre sans fonds, alors gardons au moins le permis d’en rire.

De l’humour corrézien jusqu’au fond de l’isoloir, voilà qui doit beaucoup faire rire le président sortant. Chirac n’aura jamais digéré la trahison de Sarkozy aux Présidentielles de 1995. S’il avait une info de première main dans l’affaire Karachi pour traîner son petit successeur devant un tribunal pénal, cela lui rendrait plus douce sa retraite molletonnée.

Les Mille pour Un conte mélenchonnien, avec crocs tranchants, se figurent que tout va se résoudre avec quelques relents insurrectionnels et une chasse en règle des possédants. Chiche ! Confions-lui le pouvoir cinq années et nous verrons l’état de la France après cette mise en coupe réglée version front de gauche… Nous sommes mercredi soir, et je n’ai toujours pas reçu les programmes des candidats. A l’aveugle et selon l’inspiration.

Dans une campagne à vive prestation ajoutée, Eva Joly n’a pas trouvé sa place. Nombre de militants écologiques ont dû regretter leur choix lors des primaires. Nicolas Hulot aurait su trouver les voies médiatiques avec une rhétorique autrement plus percutante. On peut regretter cette prime à l’apparence, mais cette élection n’est pas celle d’un gestionnaire du pays : il faut le souffle et la représentativité. Eva l’évanescente, Joly mal logée chez les carnassiers de la politique, se prépare à un score quasi transparent.

Un président sortant pas choqué d’une infraction pénale ! Bravo ! Ce qui est tout aussi stupéfiant c’est qu’aucune réforme législative n’ait pris en compte la réalité de la mondialisation médiatique. Le dilemme était pourtant simple : soit maintenir l’ensemble des bureaux ouverts jusqu’à 20h, soit interdire tout dépouillement avant 20h. Là encore, le politique ne réagit que lorsqu’il a le nez sur le problème alors que sa vocation est d’anticiper. Lamentable !

Avec son SEXtennat manqué, il ne manquait plus que lui pour parachever le désastre du débat présidentiel d’entre-deux-tours ! Après le vote des étrangers, la question des frontières et la nature du vrai travailleur, DSK remet une couche complotiste pour atténuer sa responsabilité sans apporter l’ombre d’une preuve. Quand débattra-t-on des vrais sujets pour le devenir du pays ? Lorsqu’on sera au fond du gouffre sans doute…

Hollande investi, Ayrault nommé et déjà deux incongruités dans le gouvernement conçu.
Le quai d’Orsay à Fabius : après avoir été le plus jeune Premier ministre de la République, il devient le plus étrange, pour ne pas dire bizarre, chef d’orchestre des affaires étrangères. Pour mémoire, il fut le chantre opportuniste du Non à la Constitution européenne, il y a déjà sept ans, qui n’a abouti à  strictement rien d’autre que de couper le souffle à l’UE, depuis lors grabataire. Rappelons que le même électorat n’a depuis lors confié à aucun du camp hétéroclite les rênes du pouvoir pour appliquer cette fameuse orientation sociale à l’Europe. L’incohérence d’une partie du peuple, sujet tabou ? Espérons que le Fafa ne laisse pas le quai ministériel sur la berge mondiale. Au moins nous ne devrions pas assister à une démondialisation des affaires étrangères puisqu’on a confiné l’Arnaud national au suranné « ministère du redressement productif », à prononcer avec la voix de canard des premières actualisées télévisées. On dirait l’objectif d’un célibataire cacochyme nouvellement converti au viagra ayant l’obsession, sur le tard, d’être à la tête d’une famille nombreuse. Le concepteur de l’obscure démondialisation engagera-t-il l’érection industrielle par une soustraction du pays aux règles du commerce mondial ? Les nouvelles du « Démonde » vous seront offertes par les petits pâtés de Montebourg. Chapeau ! à mâcher puis avaler, pour sûr !

On est au cœur d’une éphémère bulle médiatico-politique là ! Alors on vire Montebourg et on redonne son 6-7 à Audrey Pulvar ? Laissons-le plutôt s’épuiser dans sa tentative de « redressement productif ». Qu’il se confronte un peu aux puissances de l’argent tant dénoncées. On ne va pas le laisser se défiler pour un malheureux euro symbolique, lequel euro pourrait bientôt devenir le symbole de l’Europe moribonde.

La solidarité gouvernementale à la Duflot c’est « passe le oinj et je te pondrai des villes et villages non atomiques ! ». Et pour remplacer les centrales je te mets quoi ? De l’éolien et du solaire avec du gaz et du charbon ! Bel avenir énergétique… Il y a un autre fléau qui menace nos contrées : la pollution du débat politique.

Et voilà Mélenchon qui vient de faire sa chute finale après un parachutage bien provocateur. Il aurait mieux fait de laisser les prétendants du coin s’engager sans le ramdam médiatique. L’effet s’est très certainement retourné contre lui… Elle est belle la France du Non au traité européen qui s’écharpe dans une localité du Nord ! Quand vous pensez que ces deux là étaient dans le même camp pour détruire le texte honni qui nous manque tant aujourd’hui pour un nouveau souffle à l’UE moribonde.
                               
Alors que Bassine Le Pen exultait d’avoir poussé Mélenchon à la chute finale dans son fief, je regardais le magnifique documentaire de David Korn-Brzoza « 1919-1939 : la drôle de paix ». Edifiante incapacité d’une majorité de citoyens, en période de crise économique et d’instabilité politique, de se détacher des sirènes de mauvais augure. Le gouffre est pourtant perceptible, mais on s’acharne à repousser les décisions drastiques nécessaires. Une Bassine pour faire l’autruche électorale, en somme.

Le Président Bling Bling est mort, vive le Président Tweet Tweet ! Pas une nouveauté ce mélange délétère entre les affaires politiques et les débâcles du cœur. Déjà en 2007 la chronique hollando-royaliste avait entretenu un acte vaudevillesque avec chambres à part et cornes en guise de couronne. On découvrait alors que le PS était dirigé ou inspiré par une détonante proximité tête-cœur dans ce qu’il a de plus aléatoire. Désormais, c’est un pays en crise que le Normal élyséen doit guider, alors évitons les affalements déplacés.

Enfin ! Dernière élection pour 2012 ! La déclaration de politique générale devra commencer à gravir la montagne de Sisyphe, et la session extraordinaire de l’Assemblée nationale devra lui emboîter le pas sans circonvolution. Espérons que la stratégie choisie par ce gouvernement n’empirera pas la situation. Jusqu’à présent, l’apparent exercice du pouvoir a pris le contrepied de la présidence précédente, mais la rude réalité à gérer, c’est bien maintenant.

Montebourg gérait avec panache ses effets de manche. La pratique du pouvoir face aux réalités mondiales doit déjà laisser un goût amer au Don Quichotte socialiste. Si son ministère du redressement productif verse dans les vœux pieux, cela aura au moins l’avantage d’ouvrir l’esprit de ses partisans à plus de pragmatisme, à moins qu’ils ne le vouent aux gémonies, tel un traître à la cause, et s’entêtent à l’archaïque combat.

Enfin la réalité brute des chiffres débarrassée du tintamarre électoral : une France au bord de l’asphyxie financière sans réaction drastique du pouvoir en place. Voilà des années qu’un candidat laminé aux dernières élections le clame. Chacun va profiter de ses vacances sans y penser, mais la rentrée devra se faire sous les auspices de l’austérité, à moins que la capacité à l’aveuglement persiste. Dans ce cas, notre « engrècement » financier nous sera fatal.
                              
Jean-Marie va-t-il perdre sa Marine qui souhaite sûrement, in petto, prendre les voiles ? Grotesque sortie du chenu briscard de la politique dont on se demande à quoi elle sert, hormis rappeler sa turgidité idéologique affichée par contraste avec une démarche plus tacticienne de l’ouaille affranchie ? Qu’ils s’étripent en famille, ça préservera le pays d’irrattrapables déconvenues.

Il peut bien hausser le ton, du haut de sa grandeur physiologique, comment une entreprise privée qui perd 200 millions d’euros par mois peut-elle continuer sans tenter de réduire ses coûts ? Rester en l’état pour aller directement à l’étape finale : la liquidation d’un fleuron de l’industrie automobile française ? Cela pourrait être plus radical, en effet, mais peut-être pas dans le sens que le chantre de la démondialisation souhaiterait. Le pouvoir en place voudrait faire renaître le bon temps de l’interventionnisme pour un redressement national et en couleur s’il vous plaît ! Bonne vacance… du réalisme politique.

Je n’ai jamais été porté vers le courant de Madame Duflot, mais là, d’instinct, je prends sa défense : comment des membres de la représentation nationale peuvent-ils se permettre ces comportements de bac à sable ? Une honte pour l’hémicycle ces mâles médiocrement députés qu’il faudrait stigmatiser en diffusant les photos pour qu’à notre tour on puisse se moquer bien grassement de leur bedaine et de leur accoutrement.

Qu’ils sont beaux tous les deux, l’ex et l’actuel, oubliant même qu’entre leur mandat respectif il y eut un quinquennat d’un certain Nicolas, négligeable sans doute… Heureusement que l’influence soviétique ne sévit plus car nous aurions eu droit à un patin gourmand : une vraie histoire d’humour corrézien adaptable à toute situation.

Société
                 
Tout comme Guaino, Guéant est l’un des grands défenseurs de la petite cause sarkozyenne, soit. Pour la gauche, le voilà trempant allègrement son fondement dans la Bassine Le Pen… Mais sur le fond, n’y a-t-il pas dans cette indignation un peu de mauvaise foi de ceux qui se targuent de toutes les vertus humanistes ? On sait très bien que les trois quarts des nations sur Terre sont encore aujourd’hui très loin d’avoir reconnu les libertés de base telles que nous les avons ici. Est-ce le terme de « civilisation » qui dérange ? Il faudra ainsi s’interroger, dans quelques années, sur le résultat des révolutions arabes pour l’avancement ou la régression de la condition féminine. De rampantes circonvolutions en perspective.

Ce soir, en émotion et en rage extrême en songeant au criminel qui, de sang froid, met son arme sur la tempe d’une petite fille et tire, sans l’once d’un remord. Me reviennent par gerbe ces bourreaux qui s’accomplissaient par la déshumanisation de l’autre, par son massacre systématisé. Écoutons les actants de l’époque et méfions-nous de la bouc émissarisation excessive. En attendant, le tueur savoure. Ignominieux.

Tout en admettant la nécessité d’une médiatisation hors norme des crimes de l’assassin à bout touchant, je ne peux occulter le malaise ressenti d’une telle consécration de ce tueur. Il est placé de fait sur le piédestal de la folie meurtrière et va même modifier la science criminologique en France. La fascination morbide fait son œuvre et on peut supposer que la foule anonyme des internautes se presserait pour visionner la séquence des exécutions si le nouvel ennemi public numéro un décidait de la proposer.

Pas que les automobilistes à fustiger, voilà une belle perle qui niche sa paire de gonades quelque part dans les pistons de son moteur à deux roues. Profitons de l’occasion pour se demander ce qui pousse certains motards à vouloir faire toujours plus de bruit avec leur taule motorisée alors qu’on impose le silence aux voitures.

Breivik-Merah, les deux faces d’une même tare mortifère : faire primer son idéologie sur la vie des autres. Se croire investi d’une mission pour purger son territoire des parasites décelés ou pour imposer son intégrisme religieux. Un petit délire perso : si Merah était encore vivant, nous aurions pu les mettre dans deux geôles voisines avec un mur de verre incassable pour les obliger à vivre l’un à côté de l’autre, à se voir sans pouvoir éliminer l’autre, à perpétuité réelle.

Et certains osent nous dire que les conducteurs sans permis seraient beaucoup plus prudents que les autres, notamment par la peur de se faire contrôler ! Si on chope ce criminel, pas simplement un « chauffard », j’espère qu’il ne sera pas mis en cause pour simple homicide INvolontaire, mais bien pour assassinat. Marre de ces impunités sur route !
[Quelques jours plus tard]
Et voilà ! ce que je redoutais il y a quelques jours est arrivé : une mise en examen pour homicide INvolontaire de cette crapule multirécidiviste dans la délinquance routière ! Il est donc assimilé au pauvre bougre qui perd la maîtrise de son véhicule et tue, sans le vouloir, un piéton. Là, ce criminel a VOULU faire cette action violente de dépassement interdit et mettre en danger la vie d’autrui. Il a, de fait, VOULU ôter la vie à cet enfant sur un passage protégé. Honte à ce laxisme juridique dans ce domaine !

Quand il s’agit d’entériner des comptes de campagne manifestement illégaux (campagne de 1995), pas de problème. Là, en revanche, une ‘tite imprécision, et hop ! on annule tout donnant ainsi l’absolution aux harceleurs de tout poil libidineux. Lamentable décision. Et c’est ça notre instance suprême ?

Il faudrait faire quoi ? Décréter que toutes les procédures, enquêtes, procès à venir qui touchent DSK sont désormais frappés par le sceau du secret ? Les personnages publics frétillent pour avoir l’écho médiatique quand cela sert leurs intérêts (par exemple le président récemment remercié) et s’érigent grand dénonciateur des raclements journalistiques dès que cela souligne leurs (éventuelles) turpitudes. Trop facile !

Evidemment, des constats ne peuvent être évoqués sans qu’on vous taxe de suite de racisme : abordez certains conflits internationaux avec des occiputs rasés et vous aurez une déferlante d’antisémitisme. Du primaire, certes, mais révélateur d’un laxisme de notre société à l’égard du discours de ces individus, alors que les mêmes propos tenus par des représentants de l’extrême droite seraient sévèrement dénoncés. Problème de cohérence, de courage politique ?

Quand les établissements financiers vireront les traders qui leur gagnent de l’argent tout en se torchant avec le règlement interne, alors on pourra prendre au sérieux leur déontologie proclamée. Pourquoi avoir attendu les pertes pour accuser Kerviel de ne pas suivre la ligne de conduite mise au fronton en tout petits caractères ? N’est-ce pas cela l’opportunisme de l’économie stérilement financière ?

Inhumanité à gerber, littéralement. Ne surtout pas se vautrer à visionner ce que le barbare angélique a livré à la fange publique. L’enchaînement de ses actions suffit à révulser la conscience minimale : attacher, poignarder, égorger, démembrer, se caresser, tronçonner, sodomiser, couper, déguster, se masturber.
Ça ne vous suffit pas ? Cliquez sur le « ôte-toi de mes ténèbres, tu m’indiffères ! » de En retrait, sans raison pour le compte rendu exhaustif. [Ce conseil, en forme de test, m’a rapporté plus de trois mille visites en deux jours, là où la fréquentation moyenne est de cent cinquante quotidiennes. Révélateur d’un voyeurisme toujours actif.]

Le tueur présumé, identifié et ayant avoué a encore des soutiens auxquels certains médias offrent une plage d’expression. Ce midi, au JT de France 3, j’entends deux accointances du criminel qui osent l’excuser : « il ne ferait pas de mal à une mouche » dit l’un, par contre frapper sa mère et tirer sur deux femmes oui ! ; « il n’était violent que par la bouche ; c’est bizarre » suppose l’autre, comme un puant sous-entendu complotiste… Comment peut-on laisser du temps médiatique à ça ?! Cela rappelle les délires autour de l’affaire Merah… on les attend toujours les fameuses vidéos fracassantes !

Cour de destruction
Jour effroyable pour les proches, bien sûr… mais rien de changé sous le ciel des cours de récréation. Je me souviens de ce lieu de braillards mal mouchés où, quelques fois par an, un cercle se formait d’un coup autour de deux forcenés en herbe prêts à en découdre. Autour des sauvages primaires, l’infecte multitude hurlante pour qu’un écharpe l’autre, sans pitié. De quoi vacciner contre tout rousseauisme mal placé.

Vraiment pas un adepte du ballon rond, en 1998 j’avais été séduit par ce que dégageait ce groupe en osmose pour un objectif partagé. Hier, j’ai distraitement jeté un regard sur la prestation poussive des bleus, blancs de toute performance. Une somme incertaine d’individualités, un ensemble sans âme, une équipe en état de mort sportive. Le comble : les entretiens d’après défaite sans l’once d’un début d’auto critique. Ce groupe ne s’est toujours pas débarrassé des tares révélées lors du dernier Mondial.

Trio détonant pour un procès hors norme : le trader ambivalent qui veut sauver sa tête financière, l’avocat dandy décapé réduit à l’état d’handicapé pas joli joli à mirer, et la diaphane Tristane toujours là pour soutenir ceux et celles qui se font prendre à leur insu. Kerviel sera-t-il jugé comme l’infâme trader à pressurer jusqu’à la fin de sa vie en solde ou comme la victime d’un système tout entier dédié à la culbute financière coûte que coûte ?

Avec Jacques Chirac dame Justice n’a pas pu ou pas voulu aller jusqu’au bout. Le cas Sarkozy pourrait bien, au contraire, déchaîner quelques juges ayant très mal digéré les attaques de l’ancien président et ses réformes au forceps. Pas de circonstances médicales atténuantes pour lui, la balance va pencher dangereusement contre le justiciable comme un autre. Alors chiche ! Qu’enfin des affaires d’État aillent jusqu’au bout de l’instruction pour un jugement éclairé.

Encore du Merah pour servir la pâtée aux complotistes qui confondent esprit critique et obsession fantasmatique. Le terroriste qu’il se revendique être a-t-il ou non commis ces crimes ? Pas l’ombre d’une preuve de sa non-implication n’a été mise sur la place publique alors que les racontars pullulent. Pourquoi ne traite-t-on pas les complaisances exprimées envers cet intégrisme criminel comme la République le fait avec les ouailles de Faurisson ? Une infecte tolérance qui nous coûtera de plus en plus cher.

Le comble : indiquer qu’on regrette le passage de problèmes privés à la sphère publique tout en participant à ce phénomène en relançant le thème de cette présidence tweet tweet ! Du marronnier politique digne d’un été indigent : on pourrait presque croire qu’il ne se passe plus rien en France et que la crise est derrière nous…

Je préfère de très très loin les airs de Madame la « vieille chanteuse » Madonna aux mélodies indigestes de la Bassine Le Pen mal accordée et affublée d’un Collard à la mèche vraiment trop tombante. Ils persistent à siffloter un chant prétendument nouveau d’une droite dite nationale : notes éculées, rythme archaïque.

Qu’on use de la faculté qu’offre l’imprescriptibilité de ces crimes contre un nazi vieillard, rien de plus normal : on ne va pas, en plus de l’avoir laissé vivre son existence paisiblement, le laisser rejoindre impuni l’outre tombe. Mais on devrait davantage s’alarmer des dérives idéologiques actuelles favorisées et par la crise économique et par le communautarisme notamment religieux.

Bof ! Sans aucune retenue ces commerçants. Leurs prochains produits : l’entrecôte LRM (Luka Rocco Magnotta) tendre comme un étudiant chinois et le scooter Merah pour rouler plus vite que son ombre sur tous les enfants qui bougent ? Je conseille aux femmes qui tomberaient sur des consommateurs de sodas DSK d’empaler leurs roubignolles à coups de talons aiguilles, juste pour rire, bien sûr !

Dans la description du tueur, les médias insistent sur son caractère solitaire et peu convivial. Pourquoi le peu d’enclin à se taper sur le bide avec l’autre croisé cinq minutes plus tôt devrait être un signe explicatif à ce meurtre de masse ? Cette psychologisation tend à rendre suspect le fait de ne pas considérer son congénère comme un pote potentiel. On peut pourtant avoir une fibre misanthropique sans l’envie de trucider son prochain.