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06 avril 2014

Désunis dans l’adversité

Incapacité des peuples et des dirigeants à faire de l’Union européenne l’instrument d’une réelle puissance qui s’impose d’un seul tenant à l’extérieur. L’assemblage disparate dépense la majeure partie de son énergie à tenter de résoudre les tergiversations internes. Au modèle d’un volontariat constructif a succédé la persistance d’une stagnation entretenue. Ce sur-place exacerbe les défauts institutionnels et de plus en plus est dénoncé le technocratisme illégitime de la Commission.
Genèse de l'Union européenne.

En quoi les commissaires européens seraient moins légitimes à leur poste que les ministres nationaux ? Les premiers sont choisis et non élus, certes, mais tout comme les seconds, et l’adoubement par le Parlement européen – instance qu’on ne peut faire plus représentative de l’opinion des peuples de l’Union – vaut bien le vote de confiance à un gouvernement national.

Répartition des pouvoirs dans l'UE.
Dernièrement, paradoxale confirmation de la place considérée comme secondaire, voire accessoire, de certaines fonctions européennes : un ministre français en échec, critiqué de toutes parts, non retenu pour l’équipe de combat de Valls, va prétendre au poste de… commissaire européen ! Calamiteuse image de cette institution qui devrait, au contraire, réunir des personnalités en réussite et dont le mordant donne envie. Prendre cette instance exécutive comme le mouroir politique de responsables déchus ne peut qu’entretenir la défiance.
Commission européenne.

Inconséquence des ténors politiques qui se prétendent pro-européens (il est vrai qu’on en compte de moins en moins, surtout à l’approche des élections) mais ne veulent surtout pas faire don de leur temps et de leur talent à la cause européenne en détechnocratisant des instances victimes d’un manque de personnel attractif et reconnu médiatiquement.

Conseil européen
Résultat : le système se sclérose faute d’être animé par des personnalités d’envergure. Le contenant n’a jamais fait la saveur d’un plat. L’insipidité d’une Union dénoncée comme castratrice tient au désengagement des sociétés nationales censées la constituer : désaffection des mastodontes politiques – le Conseil européen délivre de moins en moins d’impulsions pour une construction exaltante et se ratatine aux conciliabules gérant les désaccords – indifférence médiatique et désintérêt des peuples.
Politiques de l'U.E.

Faudra-t-il une déflagration économique bien plus dévastatrice pour qu’un choix clair s’impose ? Cette U.E., à force d’être bouc émissarisée, non plus seulement par les anti-européens, mais aussi par une classe politique nationale à bout de souffle, devient un verni écaillé peinant à couvrir une désunion dans l’adversité, l’anti-devise malheureusement en cours. L’Union post 2005 a perdu cette âme fragile qui en faisait une espérance politique pour nous grandir.

Si la consultation de juin prochain dégage une majorité de députés eurosceptiques qui, par exemple, n’approuvent pas la Commission choisie par les chefs d’Etat et de gouvernement en déphasage avec l’idéologie dominante du nouveau Parlement (anti-) européen, nous pourrions assister à une implosion institutionnelle. Ajoutons à ce blocage la décision d’un des gros Etats fondateurs de quitter le navire en perdition et c’en serait fini du projet initié soixante-quatre ans plus tôt… Dans le chaos généré émergeraient des accords multilatéraux consacrant de fait la scission en deux modèles européens devant affronter des épreuves bien plus aiguës.
Construction à "petits pas".

La nouvelle équipe hexagonale donne la part belle aux défenseurs du Non au « traité établissant une constitution pour l’Europe ». Les deux premières têtes étaient, dans leur intime conviction, contre ce projet : l’un, Fabius, l’a assumée jusqu’au bout alors que l’autre, notre nouveau Premier ministre censé sortir l’action gouvernementale de l’ornière, a rallié la position officielle de son parti – par discipline ou opportunisme, on ne le saura jamais. Je n’oublie évidemment pas le tempétueux Montebourg désormais détenteur de l’économie nationale.
Chronologie de la construction européenne.


L’harmonisation des discours lors de la campagne des européennes devrait obliger certains à des contorsions intellectuelles douloureuses. En attendant, observons ce que ces « nonistes » au pouvoir sont capables de réaliser en restant en phase avec leur souhait d’une autre Europe et souhaitons que ce soit autre chose qu’un « vent mauvais »…

10 novembre 2010

Pandémonium... pour rire

Nos Présidents
Général ayant connu des débuts difficiles, notamment par une difficulté à se faire entendre des Français : quatre terribles années pour son Appel et douze ans pour son discours de Bayeux. Lui, au contraire, a parfaitement compris les démons de son peuple : une épuration, mais pas trop longtemps, une décolonisation, mais pas trop vite, la chienlit, non ! Le gaulliste demeure encore aujourd’hui le déguisement préféré de nos politiques.

Sa prescience des facteurs qui devaient compter l’a poussé à déclarer, en pleine période des Trente Glorieuses, que l’emploi serait à considérer comme un problème permanent, non traitable définitivement, mais que l’on devrait accompagner pour en atténuer les conséquences.
Lors de son dernier Conseil des ministres, le visage gonflé par son traitement, il confie à l’assemblée qu’il « souffre comme un damné ». Le contraste entre les responsabilités considérables assumées et le tiraillement constant de souffrances atroces qui vous incitent à l’abandon de poste, mérite le respect posthume de l’homme d’État.

Ci-gît une présidence au d’Estaing contradictoire : des intentions modernistes, un phrasé IIIe République, un physique d’Ancien Régime.

Mitterrand (François)
L'homme a su satisfaire jusqu'au tréfonds son ambition politique, s’accordant un septennat bis en assumant les contradictions de cette longévité présidentielle. Pour résister aux coups de boutoir quotidiens, aux tentatives de sabordage de son système, aux dénonciations en rafale des noirceurs de son labyrinthique passé, il a su intégrer les propriétés de la toile cirée. L’esprit agile, le caractère déterminé, il s’est imperméabilisé : et s'écoulent les éclaboussures...

Chirac (Jacques)
Autruche présidentielle. Bien caché dans son sable élyséen, il n’a toléré aucun affront, aucune remise en cause de sa superbe avec ses gourdes, ses ratages et ses écarts lexicaux.
Sa plus belle trouvaille institutionnelle, après la dissolution de sa majorité parlementaire en 1997 : la promulgation fantôme du CPE ! Mitterrand déblatérait sur Le Coup d’État permanent du chef historique de la France libre ; la première décennie du siècle se sera avachie dans les à-coups du fat déprimant.

A quarante  ou soixante ans de distance, que subsistera-t-il de la trajectoire du Sarkozy courant ? Quelques griffonnages insipides sur le menu du Fouquet’s ? Les abondances médiatiques du « court Sarko show » démultipliant annonces et explications, initiatives et déplacements pour occuper puis embrumer les esprits ?
Paradoxe : les mêmes qui se sont ingéniés, depuis quarante ans, à désacraliser la fonction présidentielle se courroucent aujourd’hui d’avoir un chef d’Etat aux écarts de buvette. Les Américains ont eu leur Bush, innommable vulgarité politique pour les condescendants Français qui ont porté au pouvoir celui dont ils connaissaient sans ombre le Cirque d’Etat permanent. Toujours insatisfait, toujours à s’en prendre à ceux qui ont la charge de gouverner ce pays, le peuple de France maintient son ancestral penchant à brûler ses idoles, même lorsqu’elles lui ressemblent jusqu’au bout des mots.

Quelques Premiers ministres
Debré (Michel)
Mitterrand, lorsqu'il assumait les fonctions de ministre de l'intérieur, avait rassemblé suffisamment d'éléments pour décapiter le père de l'E.N.A., futur artisan de la Constitution de la Vème République. Pas un mince gibier donc. Debré, mis au parfum, vint pleurnicher dans le bureau du ministre, le suppliant de ne pas révéler l'affaire.
Quelques années plus tard ce même Debré, le vent en poupe, décide d'achever politiquement le Mitterrand en phase descendante. Il charge son ami Pesquet d'amener le futur Président à la bonne idée d'un faux attentat qui pourrait le remettre à l'avant-scène médiatique. « Il faudrait faire en sorte que l'idée vienne de lui » comme dans le film L'aile ou la cuisse de Zidi. Le parlementaire remplit sa mission d'approche et de suggestion. La révélation de la supercherie ne tardera pas, évidemment.

Fabius (Laurent)
Scandale autour du Centre national de Transfusion sanguine qui aurait, en 1985, injecté du sang contaminé par le virus du sida à des hémophiles, alors que des techniques existaient pour stériliser le sang. Les inculpations défilent et Fabius saponifie un max. Le voilà qui revendique le droit à la dignité et qui défend son honneur. Le fœtus du monde politique nourrit ses convictions de poncifs douceâtres et de colères avec petits poings en avant.
Dieu Tout-Puissant, si tu existes un tant soit peu, fais que le Fafa ne pose jamais son derrière sur le trône élyséen. Fanfan le vieux nous aura suffi. (1991)

Le piquant Rocard n’a pas pu décoller de l'oubliette, en tête de proue sur la liste chiassocialiste et en prétendant élyséen. Son Little Big-bang vient de lui péter à la gueule, ce qui doit réjouir Fanfan Mité. Recalé, Rocard laisse les intellectualisations au ronronnant Delors. (1994)

Mitterrand son quatre heures et sa Cresson toujours vivants, aux dernières nouvelles. (Novembre 1991)

Quand j'appris la nouvelle de son suicide, je roucoulais avec ma douce Kate dans le Grand Hôtel de Cabourg où nous avions décidé de passer un week-end prolongé. A nuitée, découvrant en voiture les beautés alentour, je gardais au fond de la gorge un étrange relent de dégoût pour la clique médiatique, qui enterrait hier et désormais encense le feu Premier Ministre.
Pour l'homme, sensible jusqu'à la moelle, je ruminais l'impression confuse d'un magistral gâchis. Ce petit homme, si anodin à première vue, cachait probablement une loyauté trempée qui, au-delà d'une compétence sans cesse améliorée par sa remise en cause quotidienne, alliait sa survie au sens de l'honneur. Je reste profondément ému de cette intime tragédie.

Balladur (Édouard)
Il n'a pas résisté aux gueulantes des jeunes agités. Les démocrasses ne peuvent plus rien faire à la tête d'un régime mou. Incapable de mater les vandales et les voyous déterminés au destroy de ce qui est à leur portée, incapable d'imposer ses vues à une jeunesse en quête d'un avenir sécurisant, ce gouvernement liquéfié va barboter jusqu'aux élections présidentielles, ne se risquant pas aux grands coups de latte dans le fondement dont a besoin notre société. (1994)

Juppé (Alain)
Il choisit de lancer de profondes réformes pour assainir les comptes du pays, mais sa méthode, pour faire passer ces nouveaux efforts, se révèle désastreuse et autorise tous les à-peu-près des grévistes.
La réaction gouvernementale pouvait se résoudre à une alternative simple : négocier immédiatement ou réprimer efficacement. Faire l'autruche est la pire des attitudes. Jouer le pourrissement en donnant l'impression d'une fermeté accommodante, c'est risquer la réaction violente des gesticulateurs.
Au bout du compte, Juppé en viendra à négocier plus ou moins profondément son plan, et le pays aura perdu quelques semaines, quelques milliers d'entreprises contraintes au dépôt de bilan et sa crédibilité sur la scène internationale. (10 décembre 1995)

Jospin (Lionel)
Le miraculé Jospin, que le pouvoir a transfiguré au point de lui redonner une bouille regardable, sans yeux globuleux et bouffissures inquiétantes, est passé chez Big Média d’Arvor, les gonades étatiques bien gonflées pour lustrer sa pilule et distribuer les baisses fiscales à tous vents. Peu enclin à le critiquer, je peux l’avouer. (2000)

Raffarin (Jean-Pierre)
Face aux braillards inconséquents de la rue, un certain panache du Raffarin. Passé chez notre institution journalistique, l’inaltérable Poivre d’Arvor, le Premier ministre a communiqué très limpidement, sans pathos excessif, sans technocratisme rébarbatif, mais en remettant les réformes vitales proposées en perspective : une réforme des retraites, étalée sur dix-sept ans, ne peut s’assimiler à un coup de massue ou de poignard comme le beuglent les fonctionnaires grévistes. A ne revendiquer que pour la sauvegarde de leurs illégitimes privilèges et faire accroire qu’ils se battent aussi pour le secteur privé, les employés à vie confirment la pesanteur pachydermique du système public. Le corps enseignant du public abonde dans cette sale manie de rejeter tout changement au nom d’un ensemble disparate dont le socle commun fantasme dans des interprétations abusives des intentions du gouvernement. Les mises au point ont donc été faites, ce qui ne calmera pas les excités sociaux. (Mai 2003)

De Villepin (Dominique)
Dans La tragédie du président de Franz-Olivier Giesbert, il apparaît comme le plus imbu de lui-même, et son discours off comme le plus en décalage avec sa tartine démagogique officielle. Habitude langagière révélatrice du personnage : tout ramener au fait « d’en avoir ou pas… » dans le pantalon. Le critère des gonades semble être l’alpha et l’oméga de son sens critique. Des couilles plein la bouche, il en sert à ses interlocuteurs en coulisse, certain d’être lui-même doté des plus impressionnants spécimens…
Le désastre du CPE, cette piteuse retraite en rase campagne, a révélé la texture et le contenu des testicules du Premier ministre tout juste calibrés pour jouer aux billes. Exit le mauvais poète des roubignolles !

Fillon (François)
 Fillon, nous et l’autre, l’agité en sursis qui accapare l’impopularité traditionnelle du Premier ministre français. Fions-nous au premier, négligeons le second, il reste tellement de choses à réformer… Courage, Fillon !



Quelques figures politiques
Cohn-Bendit  & Marchais
Dany a conservé intacte sa réactivité. Dans le Droit d’inventaire : Mai 68, il n’hésite pas à gratifier d’« ordure » feu Georges Marchais qui l’avait stigmatisé dans une chronique parue dans L’Humanité et empreinte d’antisémitisme en filigrane. (2008)

Delors (Jacques)
Jacques philosophal qui transmue en technocratisme tout ce qu'il envisage. (Juin 1994)

De Villiers (Philippe)
Echevelé Vendéen en bonnet phrygien qui, il y a quelques décennies, s’était secoué le complet-veston sur les grilles de l'Assemblée nationale. Cheveux en bataille, tour du menton hirsute, il vivait là sa petite poussée révolutionnaire.

Hollande (François)
« Omniprésident » ironise-t-il à propos du locataire de l’Elysée. Hollande jubile de sa trouvaille, oubliant un court instant le champ de ruines qu’il secrétarise comme charcutier en chef de la farce socialiste, Sert-à-rien général du parti des sots en lice pour… 2012. (2007)

Après le renvoi en Algérie de l’imam de Vénissieux qui a défendu, dans Lyon Mag, la légitimité religieuse de battre une femme qui trompe son mari, une seule voix politique s’insurge contre cette mesure de délit d’opinion : celle de Le Pen ! L’extrême droite en sympathie avec les islamistes, voilà qui laisse songeur sur la notion d’opportunisme… Des barbus ben ladénistes invitent, pour des conférences, des sympathisants nationalistes et chrétiens : cela ressemble à un rapprochement de circonstance où l’hypocrisie des rapports prédomine. (2004)

Royal & Bayrou
La crispante Royal n’a vraiment plus le vent en poupe, même si sa méthode Coué fonctionne toujours à merveille. Le rapprochement d’avec Bayrou semble de plus en plus naturel tant leur stratégie de conquête du pouvoir s’identifie par le culte d’une marche solitaire avec leurs soutiens militants en bandoulière, et par l’exaspération des plus proches compagnons d’armes qui finissent par se détourner de ces fantasques politiques égocentrés.
Qu’on les rapproche pour qu’ils s'entre-dévorent. Après La princesse et le président du déclinant V.G.E. qui s’autorise une dernière gâterie littéraire, nous aurions droit à La Royal et le président… du Modem, plus une romance à l’eau de rose, mais une pitance à l’eau de boudin… (2009)


30 octobre 2007

Les fossoyeurs de l'UE

La mixture idéologique du PS français exhale un relent d’intime contradiction à l’égard du traité de Lisbonne qui devrait, enfin, offrir un cadre institutionnel pour l’UE à vingt-sept.

Si Vincent Peillon et quelques parlementaires, partisans du Non en 2005, ont enfin reconnu l’échec absolu de la stratégie de rejet (« espérant créer un rapport de forces qui permettrait de renégocier le traité (…) ce n’est pas ce qui s’est passé ») certains socialistes prônent la plus contradictoire des alternatives : l’appel à un nouveau référendum ou l’abstention des élus ! Crainte de servir Nicolas Sarkozy en reconnaissant la réussite de sa volonté de relancer la locomotive européenne, ou peur d’assumer au grand jour ses divisions internes persistantes ? Si Hollande, le Sert-à-rien général, en arrive à ce degré zéro de la position politique, le mouvement de refondation sera mort-né.


Valéry Giscard d’Estaing revient, dans un article teinté d’amertume condescendante (« La boîte à outils du traité de Lisbonne », Le Monde du 27 octobre), mais pertinente, sur les paradoxes et faux-semblants de ce traité. Il glorifie ainsi, à rebours, la qualité du projet constitutionnel qui avait une vraie cohérence et l’objectif de simplifier (eh oui !) les textes fondamentaux de l’UE.


Avec Lisbonne, on en revient à la bonne vieille pratique technocratique de l’ajout par amendements à des traités antérieurs (Rome et Maastricht en l’espèce). Résultat : sous couvert d’une appellation première de « traité simplifié », une forme indigeste, illisible pour le citoyen, sauf à lui pondre une version compilatrice. Là où le traité constitutionnel formait un ensemble autonome pour une avancée notable dans cette construction d’intégration pacifique, le traité de Lisbonne reprend les seuls aspects techniques pour faire fonctionner les institutions, laissant à l’état de capharnaüm inaccessible pour le citoyen les dispositions des autres traités synthétisées dans la partie III de la Constitution rejetée par les Français et les Néerlandais.

On a donc « bricolé », pour l’ancien Président, délaissant toute allusion à l’envergure constitutionnelle, une « maladie honteuse » sans doute, comme le déplore VGE.


Que les nonistes hostiles à la construction européenne aient soutenu de casser la dynamique, rien de plus logique. La vraie faute politique revient à tous ces modérés prétendus qui ont détourné la question référendaire pour servir leurs ambitions nationales (avec un échec cinglant pour la plupart, suite aux résultats de l’élection présidentielle). Ceux-là devraient au moins admettre la stérilité de leur positionnement claironné, deux ans et demi plus tard. Et bien non, certains s’obstinent à vouloir avoir raison.


Ainsi Laurent Fabius, de passage sur France Inter, qui s’adonne à une démonstration en règle de la mauvaise foi politique. A nouveau, le voilà s’érigeant en censeur du nouveau projet européen. Ses arguments s’entrechoquent, et parfois se contredisent, sans que cela lui pose le moindre cas de conscience.


« Déni de démocratie », formule choc qu’il assène pour stigmatiser la voie parlementaire retenue pour ratifier le traité de Lisbonne. Outre que cela révèle son total mépris pour la démocratie représentative, tout aussi légitime que la démocratie directe comme le rappelle l’article six de la Déclaration des droits de l’homme, cela constitue la plus éclatante manifestation d’un populisme de gauche qui sacralise à outrance la voie populaire. Dangereux penchant qui pourrait décider, à ce titre, à remettre en cause quelques grandes lois de la République (sur l’IVG, sur l’abolition de la peine de mort) sur lesquelles le peuple n’a pas été convié à se prononcer.


Contradiction interne révélatrice de l’opportunisme argumentatif de Fabius : tout en estimant que le Parlement ne peut se prononcer sur un texte rejeté par référendum, ce qui sous-entend traité de Lisbonne = traité constitutionnel, il affirme, dans le même temps, que les défenseurs du Oui avaient bien (dès 2005, sans doute !) un plan B, contrairement à ce qu’ils prétendaient, ce qui suppose deux textes bien différents. Alors quoi ? Il faut que le prétendu portefaix de la parole du peuple choisisse et cesse ses escroqueries intellectuelles.


Laurent Fabius
Sans vergogne, l’anti-européen de fait reproche au traité de Lisbonne d’être illisible ! Incroyable. Le même reprochait au traité constitutionnel d’être trop compliqué, alors que son objectif était bien de se substituer aux autres traités et donc de simplifier la lisibilité des règles institutionnelles de l’Union. Fabius s’est pourtant battu pour son rejet et le voilà aujourd’hui qui reproche au traité de Lisbonne d’avoir abandonné cette perspective, renouant avec la tradition cumulative par amendements. Là encore, c’est tout et son contraire à dénoncer également, sans honte de son incohérence absolue à deux ans et demi de distance. Et ça se revendique encore partisan de l’UE.


Autre reproche invraisemblable de l’ex Premier ministre reconverti en fossoyeur de l’Europe : le traité de Lisbonne ne serait pas assez ambitieux, car il ne prévoit rien sur les politiques communes à mener. Le traité constitutionnel reprenait, dans sa partie III, le contenu des politiques antérieures en développant ou simplifiant certains points : ça ne lui convenait pas. Le traité de Lisbonne se contente, dans une certaine urgence, de fixer les règles institutionnelles : ça ne va pas mieux. Il faut que les Fabius et compères assument pleinement leur rôle d’opposants à la construction européenne, sauf à ne retenir qu’un seul Etat membre, si possible peuplé des seuls adeptes de leurs fumeuses positions.


Il est grave que des élus, s’affichant pro-européens, se permettent de tels écarts avec l’honnêteté intellectuelle de base. C’est bien d’un déni de représentativité auquel ces élus vont se livrer en refusant de prendre part au vote sur la ratification de ce texte vital pour une UE paralysée. Et ils prétendent encore défendre l’élargissement des pouvoirs du Parlement, alors qu’ils conchieront ainsi son rôle actuel en ne se prononçant pas sur le traité soumis.


Les coups de boutoir sans masque des souverainistes valent presque mieux que les tortillements pernicieux de ces hypocrites contempteurs.


Cet article est également paru sur Agoravox

13 janvier 2007

La Vase ou le Mur

Au-delà d’un penchant naturel, mon métier nécessite le suivi attentif de l’actualité. La petite musique préélectorale française, où se multiplient les notes discordantes, semble rassurer sur la santé démocratique de notre pays, pour les partisans de ce système.

Ce qui navre, c’est l’absence sidérante du thème européen. Depuis le rejet grotesque du projet de traité constitutionnel, la démonstration de l’immaturité du prétendu « camp du Non » s’est ébrouée d’indigne façon : aucune union constructive n’a été accouchée de leurs gesticulations en fanfare, aucun interlocuteur crédible n’a pu porter leurs protestations scandées comme une première marche fondatrice d’une nouvelle Europe : rien, nada, nib !

Malheureusement, tout ce que j’avais écrit au moment de la campagne référendaire (cf. L'Europe en berne, publiée ici le 23 juin 2005), dénonçant l’illusoire union en cas de triomphe du Non, a pris corps dans la trajectoire de ces Fabius, Buffet, Besancenot, Laguiller… sans parler de la part qui revenait aux Le Pen, de Villiers, Dupont-Aignan et qui, d’entrée, ne pouvait être associée à l’élan salvateur claironné.


De quoi se compose-t-il aujourd’hui ce fumeux mouvement ? D’une bande de falots drilles incapables de s’accorder sur une personnalité unitaire aux élections présidentielles, condition minimale pour peser, un tant soit peu, aux législatives. Pitoyable résultat à l’image des arguments malhonnêtes enfournés dans l’esprit d’une majorité de citoyens. Amer ? Oui, je le suis d’avoir trop eu raison ! L’opportunisme en couches de ces nauséeux carriéristes a sali et embourbé la construction européenne.


A vingt-sept, engoncée dans des règles institutionnelles trop étriquées, l’UE va hoqueter pour tenter de faire bouger cette ingérable mosaïque. L’erreur première est d’avoir voulu mettre la charrue avant les bœufs : faire entrer douze nouveaux membres avant d’avoir instauré un cadre constitutionnel viable… un non-sens à la portée du premier candide en stratégie politique débarqué. Sans doute, les concepteurs de cette marche à suivre n’avaient-ils pas appréhendé la funeste inspiration de notre Président, puis des Pays-Bas, de consulter le peuple sur cette complexe question.


La France, initiatrice du projet par la voix de Giscard d’Estaing, a fait son caprice, mécontente d’une situation qui lui a garanti plus d’un demi siècle de paix et de développement socioéconomique. Aujourd’hui, aucun candidat à la présidentielle qui soutenait le Oui au traité (curieux, c’est parmi eux qu’on trouve ceux qui ont une chance d’être élu…) n’ose dire que le choix français a été une foncière erreur, que la majorité du peuple s’est fait berner par des agitateurs démagogiques, que la réalité des manettes pour gérer le pays se trouve à Bruxelles et non à Paris, que sans l’UE nous serions encore plus marginalisés sur la scène internationale… La construction européenne a disparu des discours médiatisés.


L’ère démocratique continue donc à nous gratifier des tours d’illusionnistes aspirant au pouvoir : promesses avec des caisses vides, belles lois sans décret d’application, politique étrangère hypocrite à l’égard des superpuissances émergentes faute de poids de l’Europe politique, tours de manège gratuits, destination la vase ou le mur. On végète dans nos illusions ou l’on s’écrase brusquement, à bout de souffle.


A moins que le providentiel revienne faire un tour dans nos contrées, à moins que l’électorat soit soudain saisi d’une lucidité constructive (encore faut-il que ce qui lui est présenté le lui permette).

L’onirisme maintient en vie, à défaut d’enthousiasme.

23 octobre 2006

Dérisoire ? Je sais...

Le jeu politico-médiatique poursuit ses frasques, ses à-coups illusoires, ses semblants de conviction. La semaine passée, premier acte de l’oral télévisé des trois prétendants socialistes.


Chacun s’est essayé à l’équilibre subtil entre savoir se démarquer sans trop s’écarter du programme officiel, ni trop montrer sa haine des deux autres. Des roucoulades, des ronronnements conceptuels et techniques, mais peu d’ouverture de voies nouvelles, décoiffantes, imprégnées d’un projet transcendant.


La voix et les intonations désagréables de Royal s’associaient à un discours se réclamant de la proximité, et, pour le coup, le nez était trop collé à l’accessoire pour vraiment insuffler le renouveau.

L’enveloppe rassurante, et un peu économico-lénifiante de Strauss-Kahn pourrait laisser croire à une stature d’homme d’Etat. Le décryptage au plus près de ses déclarations révèle l’absence d’amplitude des idées qui tournent dans le cercle simpliste de quelques pseudo mécaniques économiques.


Enfin, le transfiguré Fabius, réincarné en révolutionnaire rouge, aux senteurs coco (pas le numéro 5 !) de la plus sovkhozienne époque : bien pour le folklore, pour faire applaudir les militants nostalgiques de la rose mitterrandienne version décennie 80 naissante, mais inconcevable à la tête d’un pays se réclamant du XXIe siècle. Que M. Fabius-Laguiller conserve précieusement son International… dans le formol comme témoignage historique, mais pas comme projet politique, pitié !

A droite on se gausse, mais le bal ne s’annonce pas plus réjouissant : un Sarkozy arc-bouté sur ses ambitions personnelles au détriment des françaises ; un Dupont-Aignan façon blé en herbe qu’il faut laisser mûrir pour apprécier la sincérité de sa démarche ; un Villepin à l’héroïsme rogné qui se contente d’un attentisme discret ; une Alliot-Marie dont la rigidité semble parfois lui interdire la sphère subtilement subversive du pouvoir présidentiel ; et notre président qui pourrait rempiler ? qui peut croire à une quelconque faisabilité ?

Tableau des protagonistes prêts à dégainer dès que possible. Amen !

06 juin 2006

La voie "Royal"

Depuis Fontès, me reviennent par la presse et les ondes radio le tintamarre alambiqué autour des déclarations de la séduisante Royal. Le Strauss-Kahn s’ébouriffe, le Lang tergiverse, l’Aubry s’étrangle, le Fabius sermonne et même le Hollande, son légitime de mari, se voit contraint de reléguer les idées de sa Ségolène sur l’étagère des infréquentables. A l’inverse, quelques voix s’ébrouent pour approuver la fin d’une démarche hypocrite et suicidaire dans le traitement de la délinquance juvénile : des députés, des maires du 9-3 et le toujours alerte Chevènement.

Voilà enfin un véritable schisme dans la gauche : entre les indécrottables adeptes de la prévention à œillères, celle qui excuse a priori toutes les formes de sauvagerie, voire de barbarie, des jeunes terreurs de cité ; et les autres, minoritaires, qui prennent conscience de la vanité des bons sentiments à l’égard des saloperies malfaisantes. Le « tendez-la-joue » de gauche pour résoudre les dérives d’une infime partie de la jeunesse, mais part polluante majeure des quartiers sous leur coupe, a fait son temps. L’exégèse socio-psychanalytique des causes ne doit plus parasiter l’action efficace pour rétablir dans ces zones l’ordre public tant réclamé par les populations locales.

La gangrène n’est évidemment pas nouvelle, et beaucoup d’entre nous peuvent évoquer la présence terrorisante d’une bande dans un immeuble, un quartier, une école. Ma scolarité s’est faite, en partie, sous l’atmosphère tolérante des socialistes au pouvoir. Ainsi, de 1983 à 1985, le C.E.S. de Conflans-Sainte-Honorine (ville administrée par Michel Rocard), pourtant bien plus calme que celui d’Éragny-sur-Oise où je résidais, accueillait un trio de branleurs à qui l’encadrement militaire aurait profité grandement, m’évitant ces nombreuses récréations gâchées jusqu’au jour où l’un d’eux, venu me titiller en solitaire, sûr de sa toute puissance, s’est chopé mon pied au cul avant de prendre les siens à son cou. De ce jour, après quelques stériles menaces de représailles du trio de morveux, j’ai intégré la salubrité de la répression personnelle, et jamais plus personne n’est venu me chercher des noises. Sans doute que l’encadrement socialisant du collège avait une approche compatissante de ces pauvres merdeux délaissés ou martyrisés dès leur jeune âge. Pour ces ratés familiaux, il faudrait tolérer leur empuantissement des lieux publics ? Quelle négation des fondements mêmes de la vie en collectivité. Point de contrat social chez les extrémistes de la tolérance ciblée comme les sbires de Lutte ouvrière, mais un culte du diktat des échoués. On comprend la haine que ces enfarinés du Grand Soir peuvent porter à l’irrévérencieuse Ségolène Royal.

Feu de paille ou vraie naissance d’une conscience à gauche que les méchants ne se focalisent pas que chez les possédants ? A observer le cirque des indignés de la Rose, on peut douter de l’émergence durable d’une approche lucide de ce fléau social chez les héritiers des potes de Tonton.

23 juin 2005

Europe en berne

La clique hétéroclite du "Non"
12 avril 2005


Que veulent les Fabius, Le Pen, Besancenot, de Villiers and Co ? Certainement pas le rayonnement d’une France à la pointe de la construction européenne. Au projet d’inspiration française qui a survécu aux compromis à quinze, à ce traité constitutionnel sans équivalent dans le monde dans ce qu’il consacre comme droits pour les citoyens, les révisionnistes constitutionnels voudraient (du moins ils le laissent croire) y substituer un autre traité qui ne répondrait qu’à leurs fantasmes idéologiques et qui sortirait miraculeusement du chapeau à vingt-cinq ! Ne nous leurrons pas. En cas de non français il ne faudra plus compter avoir un compatriote à la tête d’une très future, voire hypothétique convention en charge de rédiger un texte en phase avec les attentes hétéroclites de cette clique du « Non ».
2005, en Touraine

Un rejet du traité constitutionnel le 29 mai prochain équivaudrait à une démolition pure et simple sans aucune préfiguration bénéfique de l’avenir. L’occasion sera trop belle pour vingt pays membres ayant choisi la voie parlementaire pour la ratification, de détrôner la France de sa fragile place de leader dans la construction européenne et de stigmatiser sa frilosité absurde. Même si nous étions les premiers d’une série de « Non », nous porterions la responsabilité d’avoir attisé les scepticismes, les nationalismes et les chauvinismes de tous poils, et rien ne permettrait avant longtemps de trouver un nouvel accord. Chaque pays, échaudé par ce projet avorté par la nation même qui en est à l’origine, se recroquevillerait sur ses propres intérêts, lesquels n’ont pas grand chose à voir, à l’état brut, avec les desiderata des Fabius-Le Pen and Co qui rassemblent autour du « Non » une impossible ambition commune. C’est donc bien un « Non » à l’avancée européenne et l’embrassement du néant politique.

La malignité démagogique s’est révélée dès l’instant que cette clique a mis sur le dos d’un cadre constitutionnel proposé ce qui relève de la politique menée sous le règne du traité de Nice qui restera bien ancré en cas de victoire des grincheux.


L’entrée automatique de la Turquie ? Mensonge : l’article 58 définit la procédure à suivre pour toute nouvelle adhésion et renvoie aux règles constitutionnelles de chaque Etat membre pour la ratification de celle-ci. Notre récente révision a consacré la voie référendaire pour cette question sensible. A moins d’une abrogation de cette avancée démocratique, la Turquie ne pourra pas entrer dans l’Union sans que le peuple français donne sa bénédiction ! Alors, responsable de quoi le texte de Valéry Giscard d’Estaing ? De la directive Bolkenstein, diabolisée par de Villiers et son piètre dictionnaire des rimes pour mauvais poète balbutiant ? Pas seul le souverainiste bien sûr : les Mélenchon, Buffet, Maigret and Co viennent en renfort pour les arguties et les amalgames. Ce qu’on fait dire à la directive sur la libéralisation (quelle terrorisante perspective !) des services ? Aucun rapport avec le nouveau cadre proposé. L’article 133 fixe le principe pour les travailleurs européens : le bénéfice du système législatif, réglementaire et administratif (le droit du travail plein et entier, donc) du pays membre dans lequel il se trouve. Les services se font avec quoi ? Des travailleurs et non l’œuvre du Saint-Esprit !


Certes on peut interpréter de mauvaise foi des principes généreux et protecteurs. Le négationniste institutionnel Emmanuelli, pas le fondateur du Samu social mais le dangereux démagogue patibulaire, a même décelé dans l’article 62 et son « droit à la vie », qui côtoie l’impossibilité pour un Etat membre d’appliquer la peine de mort, la remise en cause de l’avortement pour les femmes ! Rien que ça !


Le mérite de ce délire interprétatif est de faire tomber les masques de ces irresponsables prêts aux pires truquages pour servir leur malodorante carrière. Prêts à tout détruire, y compris l’avancée européenne. Alors, sans doute, le pourfendeur Emmanuelli va-t-il faire trembler les chaumières en imaginant une Union libératrice des pédophiles et des tueurs en série parce que la Constitution proposée consacre dans son article 66 le « droit à la liberté » ! Puis, dans une dénonciation des voies ouvertes à tous les démons, le bougre va sans doute percevoir la promotion cachée du négationisme à la sauce Faurisson dans l’article 71 qui rappelle le droit à la liberté d’expression « sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontières ». Bravo saint Emmanuelli de nous ouvrir les yeux sur ce torchon constitutionnel !


A nous de prendre la mesure du cirque des illusions mises en scène par les animateurs du « Non », lesquels se tireront sans pitié dans les pattes sitôt le scrutin du 29 mai passé, incapables de rédiger un texte remplaçant celui qu’ils auront piétiné et impuissant sur la scène européenne face aux autres Etats membres effarés par tant d’opportunisme. A nous de faire l’effort de plonger dans le projet proposé pour en comprendre la substantifique (et bénéfique) moelle sans relais manipulateur. A nous de démontrer notre maturité démocratique et non de prendre en otage de nos innombrables mécontentements une consultation à visée constructive. A nous de ne pas donner l’exemple d’un repliement stérile qui occasionnerait le délitement du projet européen et réduirait d’autant notre place dans le concert des nations. L’Europe nous regarde et ne nous pardonnera pas cette volte-face mesquine. Le reste du monde raillera notre versatilité de petite envergure.

L'impasse des lamentables "Non"

28 avril 2005

Vu, réunis sur France 3, les principaux leaders politiques ancrés sur le « Non ». Confirmation de l’impossible fonctionnement, au lendemain du 29 mai, en cas de victoire de la tranchée des frileux.


Chacun voudrait se croire dépositaire de la majorité mécontente pour une obscure refondation sous l’égide du Traité de Nice, et ce à vingt-sept pays membres (dès 2007). A ce stade, ce n’est plus de l’utopie, mais de la dangereuse naïveté, ou plus certainement de l’opportunisme à courte vue.
Ce qui forme la différence fondamentale entre les deux camps tient dans la viabilité de l’après référendum : d’un côté, un accord commun pour adopter le cadre institutionnel proposé, quitte à ce que le contenu des politiques menées dans ce cadre diffère selon les obédiences politiques ; de l’autre, un consensus pour rejeter le traité, mais des désaccords irréductibles quant au contenu
d’un projet ultérieur. Aucun d’eux n’étant, à l’unité, majoritaire chez les électeurs prêts à voter Non, comment pourront-ils défendre quelque proposition de nouveau traité aussi ambitieux ?


Remarquons d’ailleurs que tous ces grincheux ne constitue qu’un sac à critiques, et qu’aucun n’a présenté un texte cohérent qui serait le socle de cette irréaliste refondation. En outre, comment les dissonances à l’intérieur d’un « Non » aux couleurs criardes seront-elles perçues par les autres pays membres ? Certainement pas comme un modèle sérieux à suivre.


La victoire du « Non », si elle devait avoir lieu, laisserait très vite place à un terrible désenchantement des votants sitôt la conscience acquise des impuissances intérieures.Chacun cultive sa chapelle argumentative contre le texte proposé en feignant de ne pas entendre les raisons du voisin infréquentable, lequel contribue pourtant à grossir la troupe des contempteurs disparates. Stratégie politique du néant de cette flopée d’autruches ensablées par leur rengaine idéologique respective. Tristes pitres inconséquents !



La Victoire du Vide !
23 juin 2005

Surtout ne pas émettre une seule critique contre les bons citoyens. Leur mécontentement est plus que jamais légitime et on ne peut qu'admettre la voix des urnes... Texte trop compliqué (alors pourquoi s'embarrasser de le consulter ce bon pôple), trop libéral (un modèle du genre à côté du traité de Nice, c'est évident !), incapable de répondre aux aspirations de perfection égocentrique... Savatons tout, en se moquant des incongruités argumentatives qui, de l'extrême droite à l'extrême gauche, ont joué des peurs comme jamais ! Le tableau apocalyptique français n'est plus tolérable ? Que le bon pôple aille voir dans les tranchées insalubres de nombre de contrées...


Que notre pays est devenu frileux, replié sur lui-même, encombrés de petits vieux avant l'heure... et bien qu’ils en bouffent du nationalisme social à la Besancenot... avec ses grands soirs pour pendre du possédant. Quelle puissance d'action que ces Buffet et Bassine Le Pen : le bazar de l'hôtel de passe politique est né...


Et surtout, que l'on supprime tout notre commerce extérieur pour pouvoir mettre en oeuvre cet isolement salutaire pour notre économie moribonde. Et que l'assistanat généralisé continue à creuser sous nos caisses, vides depuis belle lurette.
Et vive la France rance !



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