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07 janvier 2015

Allah ! Pan ! Pan ! Sang de Charlie…

Presque 40 ans après le "Papa Tango Charly" de Mort Shuman, voilà le nihiliste Allah ! Pan ! Pan ! Sang de Charlie... Hebdo.



Depuis le Onze Septembre 2001, je n’avais jamais suivi en boucle France Info entre deux déplacements, mais aujourd’hui l’effroi est vraiment trop fort.

J’écoutais en début de matinée l’écrivain Houellebecq sur sa troublante Soumission et la bascule sidérante opéra quelques heures plus tard. Le douillet début 2015 n’aura même pas tenu une semaine. Fin des confiseries, début de la Terreur clandestine, ciblée ou aveugle, obscurantiste dans tous les cas. Ces innommables ont assassiné de talentueuses incarnations de la liberté d’expression pour se venger d’efficaces caricatures.
La résistance à cette peste pseudo religieuse doit s’imposer plus que jamais. Tous avec Charlie désormais quotidiennement dans nos esprits. L’adorable Cabu qui laisse orphelin son Grand Duduche, le mordant Wolinski et son trait rapide, et toutes les autres victimes ne doivent pas être tombés dans ce combat pour que nous capitulions.
Dernier dessin de Charb
Ces lâches intégristes, ces « connards », pour citer Jean Plantu, courent toujours… De notre côté, pour reprendre le titre du, j’espère, non-prophétique Houellebecq, pas de soumission, aucune, jamais !


26 mars 2010

Guillon pique, Besson trépigne !

Raciste, Guillon ? Besson ne pouvait viser plus mal. La férocité guilonnesque a cette générosité de carboniser sans s’effaroucher de l’origine politique, physique ou philosophique des proies. Un parangon d’altruisme pamphlétaire.

Rappelons-nous la fougue qui l’animait lorsqu’il croquait la libidineuse frénésie du ponte Strauss-Kahn. En quoi la coloration rose-socialo du FMIste Premier aurait-elle dû retenir les jets vitriolés de l’intraitable humoriste ? Pas de privilège qui tienne… Avant tout souligner les sordides travers des apparatchiks de notre temps, à quelque chapelle qu’ils appartiennent.

A découvrir la mine déconfite du Besson, pétri d’une hargne revancharde, haineuse et comminatoire, on peut être rassuré qu’il ne soit pas ministre d’un exécutif totalement liberticide. Lorsqu’il somme Nicolas Demorand de bien prendre conscience de ce qu’implique l’appartenance à une radio de service public (« Vous devriez y réfléchir… »), on entend le « Je m’en souviendrai » d’un Le Pen déchaîné contre un représentant de l’ordre qui l’empêche de tenir son meeting.

Que sous-entend le sinistre Besson ? Qu’il faudrait passer au poteau les membres de cette famille du service public qui osent s’en prendre aux serviteurs de l’Etat ? Le menton fuyant, selon Guillon, je dirais même veule : la tronche d’un très ordinaire exécuteur public.

Besson trépigne, Hees s’incline : une contrition qui éloigne un peu plus le PDG de France Inter de ses idéaux premiers… comme un renoncement sous la pression économico-carriériste. Le comble : ces excuses portent sur le recours à la critique physique alors que l’essentiel de la chronique du libelliste portait sur le fond.

Par ailleurs, depuis quand n’a-t-on plus le droit de portraiturer nos politiques ? Ce qui se fait par le trait du dessin (ô merci les Plantu et toute la troupe des Animaux qui nous gouvernent) ne saurait s’admettre dans la tradition orale, d’autant plus lorsqu’elle passe par les voies du sacro-saint service public. Piteuse déférence d’un autre temps.

Besson attendra les colonnes du Parisien pour s’adonner à ce qu’il venait de fustiger, le talent humoristique en moins. Cela a eu le mérite de calmer pour un temps le puant rond-de-cuir ministériel. Le bougre voudrait bien croiser physiquement le chevelu Guillon pour échanger : verbe haut et interrogatoire musclé, sans doute.

Le Pen : "Je m'en souviendrai..."
Le torve Besson a été nommé à un poste pour remplir des fonctions précises, pas pour intimider une voix indispensable au contre-pouvoir et à la liberté d’expression. Interférer ainsi dans le programme phare d’un média sous le prétexte de fumeuses exigences d’un service public, c’est nier la vocation même d’une radio qui se doit de défendre, y compris contre le pouvoir en place et par définition provisoire, le pluralisme dans ses rangs.

Qu’il tempête, tant qu’il veut, mais qu’il ne se risque pas à entraver les précieuses poussées des polémistes lorsqu’elles défrisent sa roide posture, car il risque d’attirer de bien plus prégnantes attaques qui, elles, ne s’encombreront pas de l’esprit en verve.