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01 décembre 2022

Des cendres, en fait !


Assumer  de consumer ses restes en lambeaux, dans un isolement forcené, à l'aune de sa révulsion gangrénante. Dévastation en rage, amorphe tutoyant le nihilisme, perdition sans retour. Reste le silence, seule voie de l'ancrée souffrance : se laisser ronger par l'impossible, abandonner toute trace d'humanité et rejoindre le néant, doucement, en nuances cadavériques.

Etre dans l'angle mort de l'existence pour ne surtout pas être perçu, voilà le résultat de décennies scripturales : monomaniaques indignations, confessions infimes, retrait terminal. Objets, accueillez-vous un drame ? De la plume inutilement coulante aux feuilles zébrées d'absconses courbes, il faudrait assécher la prisonnière expression, s'enterrer au fond de l'impasse. Emotion sans issue, analyse débilitante, réaction léthargique.

Se minéraliser pour supporter le calvaire : au bout du sentier embrasé, le précipice. En cendre, pour s'éparpiller au gré des courants, sans plus d'attache, en route pour l'infinitésimal. Disparaître.

24 décembre 2020

Réveillons-nous !

Les ondes en boule se laissent enguirlander tant que le sapin sent. Une saleté de récidive nodulaire empoisonne le corps, dévaste l’esprit, éprouve l’âme…


Aux aguets du moindre signe inquiétant, à ne pouvoir expectorer le mal diffus, entre l’incertitude des mois à venir et les combats qui imposeront leurs dégâts collatéraux : sinistre cadeau à ouvrir au bistouri.

Ô Papa Noël, garde tes présents, je ne me déchausserai pas : offre-nous juste quelque avenir où la peine serve l’issue des tempétueuses épreuves.

Oh ! père-Noël ! n’essaye pas nos cheminées bouchées, elles ne font que supporter nos babioles à souvenirs. L’âtre au glacial rictus ne crépite plus depuis des lustres et la sagesse reste sur les dents : aux larmes si Terrien…


02 septembre 2018

Rentrée… dans le lard !


Fendre la pointe acérée pour un exil démultiplié. Au cœur de l’ultime version de soi, l’émotion ne se chiffonne plus, elle accentue les pesanteurs psychiques, congruence des entités à sublimer. Une brassée automnale au sein de la verdoyance persistante : que les âges en finitude ne se sabordent pas encore. Du ludique pour l’inspiration vitale, des tourments pour l’expiration terminale.
Offrons-nous la charpente de l’introspection, dépassant les scories de la vitrine permanente, obsédante et privée de ces espaces invisibles qui consolident nos fondations. Que se déploie l’existence-iceberg, enracinement pour une plus lumineuse fluidité, délaissant les paradeuses excroissances, dérisoire instantanéité vouée aux fosses insondables des inutiles données.
Ainsi, le sonore abruti qui, chaque soir, fait son tour sur un scooter péteur pour s’imaginer une quelconque importance. Déjà passé, déjà évacué : anonyme dont la crotte de vie ne vaut pas plus que l’éphémère vacarme qu’il doit renouveler pour que la gêne des autres lui procure la sensation de compter ici-bas.
Tous ces supports, vains exhausseurs de notre piètre condition, paralysent l’émergence épurée, l’essentiel cultivé. Tracer sa voie, via les signes qui m’échoient, assumant d’être incompris, comme un art outre-tombe qui résiste aux lecteurs de la mono-dimension romanesque. Le « rot ment », il va encore empuantir la rentrée littéraire, étaler ses mastodontes emplumés, enfumer la scène créative. Cravache d’un grognon amer ? Peut-être… mais qui, au moins, tutoie le confort de n’avoir de compte à rendre à strictement personne sur ce plan. Liberté absolue par le fait de ne pas vivre de son art, mais de l’investir comme une impérieuse nécessité existentielle, l’arrachant ainsi à toute contrainte contractuelle, comptable, à tout cet univers du redevable, de la frilosité expressive… Ne jamais coller à la simplicité au risque d’atrophier ses horizons, d’annihiler l’ambiguïté complexe, de différer son épanouissement protéiforme.
Se connaître soi-même suppose d’abord d’assumer la part qui nous coupe de l’autre, simple révélateur d’une incompatibilité qu’il faudrait combler, atténuer, ignorer au nom de quoi ? La socialisation, le vivre-ensemble, l’échange, le convivial partage : autant de trompe l’œil sociaux qui obstruent la réalité du chacun-pour-soi et les saccages toujours amplifiés qui en résultent.
Radicalités aiguisées par les charognards de la religion, ces croyances qui ne devraient jamais passer la frontière du culte intérieur ; démocraties dévitalisées par la conjugaison d’opportunisme sans vision affirmée, de stratégies à la miteuse semaine, de communication valant doctrine, de gestion sondagière singeant le parcours inspiré ; populisme dopant les démocratures ; affairisme saignant l’alentour et au-delà tant que cela sert sa courte-vue engrangeuse : le tableau vaut croûte invendable, mais il faut bien que le show mondial se perpétue et que les angoissés, surtout, se taisent. Le lard est bouffé, vive la rentrée !

17 mars 2018

Irrationalité sensifique


Ça pointe, douce urgence d’une particule accélérée,
Eveille en nous le halo vaporeux d’un Hawking au carré.
L’énergie stellaire entrechoque nos instabilités en
Apesanteur primordiale.
A la partie non écrite de l’existant :
Ses réseaux immuables aux
Côtés chuchotant une nucléaire liaison.
Le noyau désintègre l’échelle mesquine du temps ;
Long sera le voyage vers le haut
Des périodes acoustiques sans vision.
Rues ou ruelles, avenues à venir tant
Elle, la vie, parcourt d’acides laminés.
Seule la trace métabolique
Fait sens éclectique.
Paraître libéré de cette froidure
Tout en insufflant quelque mouvement à l’absolu qui dure
En fantasmé : une arborescence de
Fleurs aux pétales qui fondent.
Mi-sonore, mi-diffuse, l’ère sait graviter sans masse,
Elève chimique du sablier qui passe
Sans jamais se retourner.
Factice propagation ?
Nos horizons se nourrissent, légèretés
Vagabondes fluidifiant la passion.
Marches entropiques qui ondulent
En aléatoires destinations,
Doux désordres à l’aube de
Délires algorithmiques qui nous rendent
Complices d’exhibitions numériques sans
Sève, au sang sec, toile si peu
Naturelle, loin du mélange qui
Irrigue l’effet du feu.
Notre unité de mesure émotionnelle :
Si elle rayonne sans battre de l’aile,
Belle sera sa courbe, vive
Osmose, si active,
Qui ruissèle au détour d’une
Etincelle en selle ;
Lien hypnotique,
Qui s'enroule vers l’extatique,
Rend cosmologique la houle
Un poil épique, aussi
Peu rivé sur la foule :
Dingue complexité saisie
Bien loin des modèles affadis.
A la dimension parallèle
Se démultiplie l’exquis enclin.
Faire place à l’inédite parcelle
Sans restriction, aux confins.
Seringue à dézinguer
Au lieu où affleure ce
Miel élémentaire pour naviguer.
Prendre au centre le chœur avec
Soin et triturer le chaos high tech
De dérisoires constellant
Ce monde bouffé de Nutella :
Fol aboutissement d’un consternant
Entrain qui piétine, encéphalogramme plat
Qu’une déviation quantique calmerait.
On chevauche le papillon pour que le rai
Etreint soulage nos glaciations chroniques.
La réflexion infuse, sans panique,
Innerve, au seuil des possibles,
Mes choix imprescriptibles.
Songes grand ouverts
En effervescence filamenteuse,
Somme aux extrémités lumineuses
De toutes ces saillances en vers,
Formes si peu linéaires
Qui sondent les utopies que je creuse,
Résonnent près des lobes, sur mesure,
Loin des structures formatées
Du bien-vivre ambiant
Trop compassé.
Mièvre sentiment
Et perspectives atrophiées
M’atterrent,
Eperonnent les visées salutaires.
Ma théorie intime suit son intuition,
Muse clandestine,
Orfèvre d’une expression :
Ça m’assiège dans les ravines,
Enfièvre l’orchestration.
Les constantes personnelles forgent nos
Sens aux erratiques sollicitations ;
Le gouffre universel grignote jusqu’au
Cœur désarticulé,
Sans attaches,
Peur qui s'arrache aux principes que
J’enfreins, déjanté.
Effleure le boson de Higgs,
Ce format ultime à l’infinitésimale optique,
Prodige magnétique
Du morcellement énergétique.
Bonheur physique qui tutoie les touffus
Regards en friche,
A la lisière mise à nu.
Taire l’attraction qui s’affiche,
Fous élans aux ruades inespérées,
Rires aux couleurs magnifiées
Sur la gamme des espoirs portés.
Pont infini entre les matières extrêmes,
De-ci de-là éparpiller son dilemme :
Pierre tombale ou lierre monté ?
Densité minérale, aérienne volupté :
Singulière équation
Mi-inconnue, mi-familière,
Un casse-tête aux cent solutions :
Rêve gravitationnel,
Réel en suspension,
La sensifique contrée croît de plus belle.

21 janvier 2018

Pile en équilibre

Chaparder l’intuition pour s’en ruisseler de bonnes tranches : vive l’empilement ésotérique de vocables en équilibre. Je ne rédige pas sans sens, même dans les instants de perdition. Au plus cristallin des points d’accroche se reflète une facette existentielle qui se grime de complexité conceptuelle. Et peu m’importe la désertion du lectorat, de toute façon infinitésimale même lorsque je fais dans l’accessible, dans le formulé clairement selon les critères ras de la créativité expressive.
Pas l’histoire, pas l’intrigue, encore moins les personnages ou les décors qui galvanisent ma plume. Seul compte le ressenti échevelé et sa transcription arachnéenne.
2018 apporterait maturité à un siècle en convulsions perpétuelles ? Avec les quelques tronches dirigeantes de paranos égocentrés alliées au nationalisme-social de peuples en liquéfaction mentale, rien du monde d’ici-bas ne motive à concocter de bien troussées narrations.
L’essoufflante litanie d’événements de l’actualité, en réalité faits divers qui se gonflent d’importance, perd de son emprise sur moi. Juste savoir que la voie macronienne est tenue en cohérence et que les boursouflures américano-nord-coréenne n’ouvrent pas le bal de la guerre nucléaire me suffisent comme pitance informative.

Je préfère explorer le prétendu indicible, fainéantise sémantique des affectés, pour lui donner sa juste courbe calligraphique… et contraindre au vrai silence les cortex étroits qui brident ce qui leur semble obscur. La clarté comporte toujours une part d’éblouissement.

23 décembre 2017

Texte aux projections enivrées

Lorsque le texte aux signes magnétiquement symbiotiques pourra se feuilleter, il effeuillera les âmes déliées. Les correspondances aux saveurs mâchées pâliront à côté des volcaniques immatérialités tapotées. Le cordon textuel maintient en braises les ivresses saisies et nourrit les sensitives submersions. Tel un écran aux trois-cent soixante degrés couplés aux accents multidimensionnels, l’horizon se laisse effleurer : lui, en général si distant, le voilà qui s’érige pour une fresque intérieure esquissée à l’unisson.

La mélodie de gestes sur toile de fond essaime ses inédites fragrances. Indexer les élans mirifiques régénère la foi en la substance essentielle : jamais un souffle de trop, quitte à s’enhardir ; aucune rétention de sens pour toujours fluidifier les paroxysmes débridés. Aux lèvres de l’aube subsistent les germes d’un ancrage éclairé : aspirer la vie par l’écho dingue d’un bien à se faire sans seringue.


Attisons les connexions pour un réseau effréné qui dilate ad vitam le pantagruélique enclin. Enfin, qu’exulte le songe exalté.

15 octobre 2017

Rives osmotiques

D’une rive l’autre, l’oscillation vitale emplit les fibres en battements irisés… Culminer toujours, mais à rebours des frénésies du siècle, de ce modernisme tapageur qui englue ses meutes de petits porteurs. L’arracheur de temps se suffit d’un rien authentique, d’une attention engageante, de la vie en floraisons suggérées.
Pourquoi pas l’allégorie des inspirations : Musine serait comme la source des beautés du monde à portée. Sans tapage, loin des ravageurs du Vingt-et-unième, l’onde pastellée effleure sa pérennité sans certitude criarde… Patience en pétales féériques gravite par l’écho moelleux et revient ribambelle de velours.
L’âge de lierre enlace puis enserre les rejetons du Big Plan comptable aux codes obstruant. Une respiration suffit à faire craquer les marges enflées de leurs vulgaires obsessions. Coup de paume dans l’étouffoir. Jeu de férule qui obnubile dans les conciliabules.

La mousse turgide, face aux courants enjôleurs, enveloppe son terreau et fait luire sa rosée. Pousses en vers et contrant surtout les serfs du temps éperdu. Aux  premières notes de The Run s’évanouit le semblant de blues bleuté. Une parcelle de la Tête d’Or, un coin de banc vert défraîchi, quelques songes musiniens comme présence ascendante et le jaillissement textuel sera. Une si soyeuse aile trace son firmament. Ainsi soit l’île onirique.

03 septembre 2017

Crocs lascifs, aiguisé zigzag

Si la découverte de la philosophie politique de John Rawls et des fascinantes matière et énergie noires de l'univers irrigue mon séjour dans le cocon vert de la roseraie du parc Tête d'Or, c'est d'abord l'imprégnation de rencontres cardinales qui conforte une forme lucide de plénitude.



Lorsque le choix n'est surtout pas à faire, que le cumul cultivé élève les sens, humanise l'esprit à la façon d'un escalier gravi vers un parc insoupçonné,  les doigts tout en effleurements osmotiques, il faut juste prendre conscience de l'incroyable vigueur de l'émotion et s'en remettre aux vagues euphorisantes.




Un jazz existentiel qui butine ses notes pastelles pour en extraire la densité partagée : l'évidence comme règle instinctive accroît les feux joyeux d'un élan indomptable. 

Comment attiser mon insatiable liberté, lévitation attentive ? Mon univers sait engranger : zones identifiées avec nos enivrements, pour les chérir sans rougir, colportant au cœur de soi le suc enflammé. Incandescence.




Douce foultitude des ressentis, flots impénétrables du seuil à surpasser, iris troublé, brûlure légère qui s'atténue par un simple geste sur ce velours épidermique  : rayonnons sans attendre les crevasses et la fosse. Effervescence.



Ainsi soient les songes vagabonds qui s'effeuillent au gré du sens, initiatiques envolées pour ne rien abandonner de sa salutaire gravité et tournoyer à la crête du fonds vital. Appétence.

(Photos de Loïc Decrauze, août 2017)

30 mai 2015

Sur la berge...


Les restes de vie s’irisent au flambeau dégradé. Ligne d’existence reniflée à l’amorce ailée : pas comme ce vrombissement fracturant qui décalque toutes les menues manies, idées enlisées en parade austère…

Les berges en travers, l’étoile de côté, je tends les cils vers la passerelle étirée. Accroissement implosé en vagues intentions.

Alanis fulgure ici haut et je pastelle ma ville surgissante : rugir ses piliers transcendants et dégager les fanatiques de tous poils au tranchant qui éclabousse, ces furoncles humanoïdes pressés de faire crever. Trancher leur lard inconsommable et les frire dans ce brasier jauni.

Au creux des lattes, la réconciliation transporte vers les cimes écartelées. Une chevelure solaire, une plume ciblant ses humaines fêlures : Lolita musienne aux courbes systémiques qu’un rayon ne peut embrasser.

Entre saccage et luminescence, mon tracé déraisonne, sectionnant les braillards de la berge du dessus pour humer en profondeur ce qu’exhale l’instant délicatement scriptural.


Son Talent Infini Nous Galvanise pour fouler le satellite aux quartiers réverbérants.


01 janvier 2015

Premier ensoleillement

A Marie & Laurent

Prendre la plume pour remercier ces amis avec qui j’ai vu naître 2015. Chaleureuse tablée pour des instants de bonheur simple qui réordonnent sainement la hiérarchie des choses : entre ce qui compte à partager et ce qui encombre l’existence.


Ecrire la plénitude ressentie au petit déjeuner ensoleillé d’un premier janvier serein, régénéré. Échanger sur les vraies priorités à cultiver, sur les affections à entretenir sans rabougrir ses élans, sans économiser ces instants de précieuse vie laquelle, sans coup férir, peut s’interrompre, laissant ceux qui restent avec le sentiment de n’avoir pas assez multiplié les moments dédiés à la complicité d’évidence.

Résolution de publier ici de plus fréquents ressentis, dans des domaines plus personnels, et de ne jamais minorer les parenthèses enchantées.


A cette douceur première, donc…

30 mars 2014

Artaud-van Gogh : ombilic au vent

Une adolescence en rupture, mais sans chambard ni esclandre : réfractaire en retrait de tout pour mieux apprécier l’expression de quelques esprits en marge.

La prose d’Artaud vous happe sans concession : cataclysme intérieur en résonance avec l’impossible élan vers les autres. L’obscène quotidienneté lamine les aspirations et atrophie toute volonté : Artaud l’avait évincée pour mieux scruter ses carences et faire frissonner ses imperfections hallucinées.

Sans attendre se jauger, extraire les boyaux de la pomme quitte à vraiment se couper du reste de la laide ville nouvelle. Aucune conciliation permise : chaque vers, toute phrase percera les décompositions par vagues de suffocation.

Dans l’urne le citoyen, en petit tas de cendre après avoir goûté à l’isoloir : le boutoir fouissant l’enveloppe gris-bleu pour une liste que je ne peux même pas plier en quatre. Rien à gagner : « a voté ! ».


Portraiturer au vent goguenard ;

Virevolter pour sentir les herbes folles sous le ciel écumant ;

En vase pour qu’éclosent les niches colorées ;


Le trait torturé contracte sa moisson au tracé lumineux ;


Une pesanteur supplicie bicoques et masures engourdies au milieu d’une nature perdue.


Aux vers oiseux s’incline la farce cachée, hideuse dépendance à l’indicible, l’innommable abscons. Reste à paraître en courbes dorées pour suivre l’ascendant minéral : s’écorcher sans troubler le ciel à la pâleur entêtante.


Je m’accroche à ses toiles, j’étoile mes anicroches pour un regard verdoyant : l’humanité éperdue, l’oreille cachée, la vie tranchée…



13 février 2014

Paroles d'enterrement...

Ça commence par un gros coup de massue qui éclate ses certitudes. Neuf années de bons et loyaux services et, au cœur de l’été, la perspective de perdre son emploi. Pas chez un mastodonte économique, avec la possible résonance médiatique, mais dans une micro structure qui condamne son cas à l’anonymat : situation la plus courante, celle des invisibles.

Me voilà demandeur d’emploi. Premier réflexe, pour se donner la posture de celui qui garde le moral et cultive l’initiative : aller au-delà de l’étroit espace personnel du troisième Pôle, le moins géographique. La quotidienneté du chercheur – et pas simple demandeur – d’emploi, c’est d’abord la découverte des offres sélectionnées selon son profil pris de côté bien sûr, mais aussi de face, de dos voire de travers ! Quelques centaines consultées plus tard : pas une seule permettant de postuler sérieusement. Premier signe économique d’une marginalisation en marche ?

Surtout, rester en dynamique, quitte à patauger dans l’illusoire. Un mal me guette : l’égyptonite aigue qui consiste à multiplier ses profils numériques. Les Linked in, Viadeo et autre plates-formes tellement virtuelles qu’elles finissent par souligner votre réelle inexistence, mais tout est bien rempli, complété, illustré : les petits cailloux pour venir jusqu’à moi sont en place.
Hors de question d’en rester là. Plus de vingt-cinq ans d’écriture, ça compte un peu quand même, non ?! Certes, mes pleins et mes déliés n’ont que très peu transité par le canal éditorial classique, mais à l’ère d’Internet, quelle importance ? Alors oui, j’envoie mon lot hebdomadaire de candidatures spontanées que j’espère néanmoins séduisantes, mais je dois tenter autre chose, en parallèle.

L’idée émerge, comme une évidence : la prestation poético-littéraire haut de gamme. Le slogan aussi : l’époque est assez folle pour offrir un présent singulier. Le constat : la crise rabâchée n’a pas fait disparaître les occasions festives, au contraire elle en souligne leur vertu euphorisante. Fête, mariage, anniversaire, hommage ont en commun l’acte d’affection potentiel : concevoir des paroles qui incarneront cet élan de sentiments. Faire en sorte qu’elles se fondent dans un air choisi pour l’émotion procurée, c’est le défi créatif passionnant.

Alors actions, tous azimuts : un site mettant en scène des exemples variés et émouvants, un livret synthétisant le projet, une escadrille de courriels pour référencement et partenariat, un service de presse avec courrier accrocheur, des relances téléphoniques à faire fondre son smartphone, le démarchage de centaines de boutiques pour la mise à disposition d’une brochure explicative… Un trimestre d’engagement forcené et… RIEN, pas une demande d’information ! Le néant gagne, ronge.

Le désintérêt de la presse dépite. Le parcours littéraire évoqué pouvait intriguer un chouia : un diariste pamphlétaire repenti. Après deux décennies de grognes incendiaires, la prise de conscience de l’obscénité scripturale à poursuivre ces fulminations dans une quarantaine bien entamée et la volonté de faire coïncider l’amour des mots, de la formule percutante avec la sphère affective. Révolution individuelle qui laisse de marbre les journalistes approchés.

Me voilà sur la berge, le projet en bandoulière, sans un écho, sans une avancée, prêt au sable mouvant… Garde à soi ! Rompez l’errant !
Seule réaction enthousiaste sur le site AgoraVox



17 août 2013

En août, changement de voie ?

L'espace "Paroles de fête" est né sur la toile le 12 août dernier. Pas d'attaque, pas de fulmination, pas de pamphlet, mais de l'hommage affectif. Du cent pour cent positif : inédit pour moi.
Pamphléter deviendrait obscène après quarante ans : j'ai largement entamé cette quatrième décennie d'existence et je voudrais explorer des univers littéraires plus lumineux.
A la lueur d'un probable changement professionnel, saisir ce cap embryonnaire: l'artisanat littéraire pour contribuer aux fêtes singulières de tout un chacun. Susciter l'émotion en apposant des paroles personnelles sur une chanson fétiche : voilà le projet. Pouvoir en vivre modestement : voilà l'objectif.
Faire connaître, diffuser, promouvoir pour accrocher l'attention de ceux qui ont en tête de faire plaisir à leurs proches.
Ça commence ici, avec une évidente humilité mais la volonté effrénée d'y parvenir. Coller au plus près de ce pour quoi l'on se sent fait traduit peut-être une forme de sagesse.

(Photos prises par Loïc Decrauze)