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04 octobre 2015

Ça chlingue l’ochlocratie !

Ayant fait mes premières classes idéologiques dans le giron manipulatoire d’un anarcho-droitiste oscillant entre l’antidémocratisme primaire et l’exécration de la Gueuse républicaine, j’observe avec stupéfaction l’évolution doctrinale d’une société avec laquelle je n’aurai décidément jamais été en phase…

J’ai, depuis belle lurette, quitté les traverses extrêmes : je m’européanise dans un humanisme circonspect alors que de plus en plus de citoyens se complaisent dans d’infectes vulgarités mentales et se contentent du bout crotté de leur nez auquel les médias offrent un écho redoublé. Mesquinerie sans empathie, égoïsme irréaliste, surenchère indigente : la vacuité frileuse règne désormais sur nos ondes. L’adversatif hargneux, voire haineux, devient le réflexe social et les fracturations nationales s’exacerbent.

Pas nouvelle, la dérive ochlocratique, mais les temps hoquetants épaississent la perversion du système. Ainsi, en 2006, lorsque les croisés pour l’enlisement ont fait reculer le bravache de Villepin sur le projet de contrat destiné à aider les jeunes aux études légères et sans emploi dans certaines cités. Parmi les bardés de diplômes qui ont défilé contre cet assouplissement du droit du travail, certains s’épanouissent aujourd’hui à Londres, la capitale du contrat zéro heure. Une intention louable tuée dans l’œuf par la simple peur des grondements estudiantins : le mauvais pli du pouvoir ne devait que s’accentuer par la suite.

Les Bonnets rouges ont aussi pu se targuer d’avoir fait se renier un exécutif ayant investi massivement pour respecter des engagements et qui annule tout pour contenter quelques factions régionalisées. Le politique aux manettes semble ne plus avoir pour objectif d’éclairer les citoyens sur l’intérêt général d’une décision : il capitule face aux résistances menaçantes. Après cent trente années cumulées de démocratie représentative, les gouvernants s’exécutent désormais devant la pression d’une opinion publique incohérente.

Désormais, les incontournables réseaux sociaux, qui n’ont du réseau que la masse informe et suiviste d’un méga zinc malfamé et de social que l’illusoire impression d’avoir une quelconque importance dans cette infecte tambouille, dictent leurs borborygmes aux médias traditionnels obsédés par leur devanture prétendument en phase avec les miasmes anonymes.

La Morano incarne cette déliquescence politique qui n’a pour seule obsession que de renifler ce que peut bien expectorer la simpliste vox populi pour s’en faire le porte-voix opportuniste. Accompagner, voire précéder les plus bas instincts, voilà la stratégie électoraliste de nombre de ceux qui devraient avoir pour horizon de tirer vers le meilleur notre destin collectif.

On reproche parfois à la démocratie représentative d’être coupée de la souveraineté populaire ; avec l’ochlocratie la volonté instinctive de la masse, même la plus régressive, devient paroles d’évangile.

Ainsi foire-t-elle.

13 février 2012

Prenons l’air « civilisé »…

Un C dans l’air d’une exceptionnelle hauteur et profondeur (si, si, c’est cumulable chez Calvi !) d’analyse. L’approche de Jean-Paul Delevoye, murie par ses expériences de Président de l’Association des maires de France et surtout de médiateur de la République, en a été la source première. Son diagnostic des déviances du système politico-médiatique, dans une démocratie dénaturée, éclaire un demi-siècle d’évolution de notre régime. Avec comme interlocuteurs le subtil et européen Dominique Reynié, le percutant Christophe Barbier et un historien chevronné, les échanges ont fouillé les dysfonctionnements sans faux semblant.

La gestion du temps politique, obsédé par la séduction d’un électorat volatil, ne peut s’accorder avec les impératifs d’une nation surendettée. La démocratie succombera-t-elle d’avoir fait la place trop belle à la démagogie de carriéristes talentueux et rhétoriciens ? Tout ne tient encore que par le crédit accordé aux branches protectrices.

Une part croissante de la population se détourne de ce qui devrait former le fameux contrat social avec ses valeurs censées être partagées. La délicate question de la compatibilité de notre société avec les schémas d’individus faisant de leur religion un objectif politique, par conviction profonde ou provocation systématique, ne doit pas être éludée par frilosité intellectuelle.

La campagne des présidentielles 2012, avec cette explosivité du tissu social, doit-elle se concentrer sur la rébarbative déclinaison des propositions techniques et laisser les grands desseins enflammés à des lustres plus apaisés ? Si vœu il y a, il est illusoire. Le pluralisme exige la confrontation jusqu’à la mauvaise foi. Exalter son premier cercle militant pour mieux enthousiasmer les sympathisants qui eux-mêmes influenceront une partie du corps électoral.

Ça vente, les formes se brouillent, les sens dérivent, la pesanteur sociale et ses obligations maintiennent encore nos repères, mais l’effondrement n’est plus impossible.



05 septembre 2011

Au gueuleton de Brassens


Auprès de son arbre, je voudrais rester pour mieux digérer le monde qui se lézarde. Au bois de son cœur, nos vagabondes pensées s’aiguiseront contre les pitres tirailleurs. En tous sens, au tréfonds désabusé, ils s’ingénient à faire mourir les autres pour leurs ineptes idées. A cette valetaille de jusqu’aux boutistes, aux fossoyeurs d’une douce rentrée, je souhaite une cohorte de gorilles obsédés.

Le temps ne fait décidément rien à l’affaire : la technique galopant vers le confort ultime, l’humanité s’étourdissant dans un ballet moutonnier à la sauce Panurge. Une lueur, tout de même : si quelques Rois ont toujours des cons pour leur servir la soupe, des peuples ardents dégagent ces tartuffes qui monopolisent le pouvoir ; un long, un petit, un frisotté, un empâté… Une maturité populaire dont nous, qui sommes nés quelque part en France, devrions nous inspirer pour empêcher la Marine de jeter ses amarres sur nos terres.

Alors oui, divin Brassens, je trinque à ta mauvaise réputation persistante, toi qui as laissé croître tant de vers dressés comme autant de mauvaises herbes urticantes. Voyou poète à la trompette débouchée, vous arrachiez les guêtres suspectes des faussaires emplumés. En vous, vraiment, il n’y a rien à jeter : d’abord et surtout mécréant pornographe à perpétuer comme une précieuse résistance à l’ère du tant religieux. Pudibonds et censeurs de tout voile garnissez-vous ! car le Moyenâgeux a des disciples qui vous foutront jusqu’à la garde pour dégorger vos préceptes.

Multiplier les rendez-vous musicaux avec vous pour ne pas flancher face aux croquants de la finance, aux experts en concurrence déloyale, aux casseurs de vie qui se gargarisent tant et plus. Vivifiez notre esprit, Monsieur Brassens, et nos poings dans leur moche tronche en seront plus lourds, avec tout l’irrespect qu’on leur doit.

Non, je n’attendrais pas le Vingt-Deux Septembre, et encore moins le Vingt-Neuf Octobre pour passer le pont avec celui qui a mal tourné et fondre sur les papillons en fête à l’ombre du cœur de ma mie. Laissons derrière nous les sanglants vergers des rois boiteux, improvisons, comme au temps jadis, une balade en chaleureuse compagnie. Retrouvons-nous sous le grand chêne, avant que les opportunistes ne se pressent, étreignons-nous affectivement, avant que les charognards ne le dépècent.

Toi d’abord, Jeanne ma bonté, pas très loin de ton compagnon au cœur chaud, l’Auvergnat qui me sourit, qui me comprend. Jeanne, femme d’Hector peut-être, trésor de femme sans nul doute, tu entraînes dans ton sillage ceux dont la société ne veut plus sous ses cieux imbus de performances, de résultats et de culbutes… financières : la brave Margot et le pauvre Martin, le petit joueur de flûteau et ce vieux Léon en proie au siècle d’airain. Sur ta lancée, garde aussi le doux Bonhomme et son impeccable Pénélope, celle qui eut voulu, par une subversive distraction, être surnommée « Petit Verglas » pour enivrer quelque poète éperdu. Passons le ruisseau, là où trempèrent les vénérés orteils d’Hélène, à sucer sans retenue, où se reflétèrent les silhouettes de Marinette et de troublantes passantes croisées entre loup et chien par une fraîche fin d’été, comme une promesse d’humanité, la vraie pas la soldée du XXIème siècle. Tapis de mousse sous toit feuillu : couche idéale pour convier la bandante Fernande, Mélanie l’inassouvie et ses trente cierges, comme une paillarde supplique pour que tu nous reviennes.

Je loue vos belles figures féminines, mais je néglige vos pics misogynes. Maux infinitésimaux lorsqu’on les compare à ceux des mâles copains : eux d’abord, quatre-vingt-quinze fois sur cent, les promoteurs d’hécatombes, les faiseurs de 14-18, les exécuteurs de malheureuses Tondues… Cupidon s’en fout, certes, mais la Camarde a tout du travesti aux gonades explosives.

Restons encore sur ce banc, au vent fripon, mirer les mirages aquatiques de la si claire fontaine. Une rose à humer, une bouteille à partager et nos mains à serrer sans arrière-pensée. Par un soir d'orage, le petit cheval fut foudroyé.



20 juin 2010

Domenech nique, niqué !

Raymond Domenech vient d’être retrouvé pendu au milieu de sa luxueuse suite, ultime acte de cette sordide tragédie. Dans sa poche, une lettre d’insultes : « Fils de pute, ta race on va te la faire bouffer jusqu’aux couilles ! Enculée de balance ! Coach de merde ! Tu vas crever ! » La chasse au traître, préconisée par le capitaine des bleus délavés, désormais rouge sang, s’achève. L’enquête doit déterminer les circonstances du décès.

C’est bien l’entraîneur qui avait osé révéler à sa compagne journaliste les mots doux d’Anelka. A l’affront des insultes, Domenech ne voulait pas ajouter la lâcheté du silence.

Avec cette mort violente, on doit enterrer un système qui a favorisé les salauds aux gros egos surfriqués. Ce groupe n’était qu’un conglomérat d’opportunistes. Ils cultivaient une solidarité de coqs enfiévrés pour le combat interne, certains mettant au cœur de leurs principes l’indigne omerta sur les crasses qui s’opéraient dans cette équipe de rances.

La main baladeuse de Henry, le zob suintant de Ribéry, la sale gueule d’Anelka et désormais la langue pendante de Domenech : l’aventure, non pas jouée mais tristement singée, de l’équipe nationale française se résume à un sommaire puzzle organique à gerber.


Et dire que soixante-dix ans après l’engagement d’un homme cardinal contre une calamiteuse capitulation, notre pays s’agite pour une défaite risible à la baballe. La France de 2010 a le symbole qu’elle mérite : un peu de merde sous un cadavre qui se balance…



11 novembre 2007

Digression

La nature automnale défile en ce matin bleu, quelques gelées blanches émergeant au gré du frimas en volutes prégnantes. Qu’elle est belle cette France effleurée à grande vitesse : les pastels d’une nature en voie d’hibernation s’écoulent au fil des courbes agrestes ; les logis truffent, sans jurer, les vallons et mamelons mis en branle par notre fuite vers le Nord. Trompeuse immuabilité de ce fragile enchantement du hasard et de la vitalité dardé par les rayons de l’astre ascendant. La vie ennoblit terres et roches ; l’esprit vagabonde, aspirant à une harmonie utopique.


L’humanité déçoit par son contingent de malfaisants. Aucune catégorie, section, parcelle de l’espèce désignée dans cette cohorte hétéroclite : de la petite frappe profiteuse, centrée sur la satisfaction immédiate de ses ineptes besoins, surtout au détriment du bien commun, jusqu’au notable se torchant avec le contrat social pour combler ses intérêts. Chacun, dans sa sphère méprisante de l’autre, désespère un peu plus du système collectif salopé. Se contenter d’observer illusionne sur sa propre capacité à échapper à la bourbe ambiante. Revenir aux beautés sans conscience d’une nature offerte. La tension vocale d’Alanis Morissette, l’émotion croissante de That particular Time bouleverse mes ronchonnements, plongé dans cette nappe brumeuse qui occulte les merveilles d’un espace débarrassé des fatuités sonores, des salauderies braillées, des inepties débitées pour se rassurer de sa présence à l’autre.

L'auteur, "petiot"
Poussée misanthropique, comme un gênant urticaire à dissimuler… je ne veux pourtant pas l’ignorer. Elle rythme, depuis petiot, mon rapport à ce monde. Des plongées dans son histoire à l’imprégnation quotidienne de l’actualité, je ne parviens pas à rester enthousiaste.
Si l’extrême majorité, à laquelle je m’agrège, ne fait que vivoter en s’accordant quelques excroissances jouissives, la part malfaisante dévoie les règles collectives du bien vivre pour enfler leur ego et satisfaire leurs folies ordinaires.

Revenir aux étendues esthétiques pour reposer un peu ses tourments et espérer que l’aventure humaine ne s’achève pas dans un chaos nihiliste…

03 septembre 2007

Vélo'vandales en Véliberté

Les grands médias se sont récemment enthousiasmés pour le Vélib’ à Paris alors que nous avons déjà largement entamé la troisième saison (mise en libre service le 19 mai 2005) des Vélo’v à Lyon.

Big Lutèce a-t-elle trouvé sa voie pour une décrue des quatre roues ? L’initiative du Tourangeau Jean-Claude Decaux (aujourd’hui de ses deux fils Jean-Charles et Jean-François) devrait réjouir tout être sensé. Ce grand industriel, qui fête ses soixante-dix ans cette année, n’en est pas à sa première grande inspiration : pionnier des Abribus avec placards publicitaires qu'il avait expérimentés avec succès à Lyon, avant d’étendre la recette à plus d’une quarantaine de pays.


Aujourd’hui, sans forcer qui que ce soit, JCDecaux offre simplement un déplacement doux et rapide, sans encombre et énervement. Offrir est le vocable adéquat à Lyon : cinq euros d’abonnement annuel (contre vingt-neuf à Paris !), voilà le coût du confort urbain. Sans doute quelques défauts émaillent le tableau : ainsi le retour de soirée avec l’impossibilité de dénicher une borne libre pour restituer sa monture chaînée ; idem pour certains départs qui se heurtent à des stations Vélo’v vides (Vélo'vides en abrégé) ou ne proposant plus qu’un vélo hors d’usage.

N’ayant jamais passé le permis de conduire par choix, je n’ai désormais quasiment plus besoin des transports en commun. Entre marche à pied et vélocipède, chacun de mes déplacements n’émet que quelques millilitres de saine sueur.


Evidemment, JCDecaux n’est pas un philanthrope désintéressé, mais sa négociation commerciale avec les mairies engagées a finalement facilité une quasi gratuité : encore mieux que les traditionnels services publics de transport pour les habitants valides et un chouia courageux. Au terme d’un contrat signé pour treize ans, le groupe industriel bénéficie de quelques centaines de supports publicitaires en ville, s’engageant en contrepartie à mettre à disposition et à entretenir un parc de vélos. Le capitalisme revêt ici les atours les plus séduisants pour le citoyen. Et pourtant…

Pourtant quelques individus non identifiés trouvent sans doute à y redire et prennent un abject plaisir à la destruction : chambres à air sorties des pneus et découpées, chaînes dégradées ou subtilisées, selles volées, pneus crevés, pièces diverses cassées, et même Vélo’v coupé en deux au niveau du tube central (vu dans le quartier La Guillotière) ! Voilà ce qu’on rencontre quotidiennement aux stations d’arrêt. Ne doutons pas un instant que d’autres vandales séviront (ou sévissent déjà) à Paris.


Pas nouveau, bien sûr, comme pratique : la dégradation du mobilier urbain a toujours excité des traîneurs de médiocres existences, mais ne jamais stigmatiser ces actes dégénérés revient à les accepter comme une part nécessaire de la vie en collectivité.

Ne doit-on pas dénoncer de temps en temps, sans en faire non plus un cataclysme, cette minorité agissante pour le mal commun qui conchie en permanence le contrat social et incline, au final, les électeurs à porter du sécuritaire au pouvoir ? Alors oui, pour une fois, le petit bout de la lorgnette doit mobiliser notre indignation. Ces petites crapules du quotidien, incapables d’un début de conscience du fonctionnement serein d’une société, s’adonnent au facile défoulement du « tous-responsables-sauf-moi ».


A la traîne de ces déviances destructrices, tous les comportements anodins à l’unité, mais qui participent à ce pernicieux principe de profiter sans se sentir redevable d’un quelconque respect envers les systèmes et biens communs. Nul besoin d’un catalogue d’exemples, chacun identifiera la foultitude des actes concernés.

Alors comment sanctionner ces vandales urbains ? Les prisons débordent et l’insolvabilité de la plupart des petites frappes rend vaines toutes représailles financières. Ne faudrait-il pas s’en prendre à leur psychologie primaire en leur imposant une humiliation publique ? Un coin des Etats-Unis oblige les petits délinquants à porter un écriteau sur la voie publique qui mentionne leurs méfaits… J’entends déjà sourdre les protestations des pseudo humanistes effarouchés ou des anti américains primaires. 

Face à l’impasse de notre panel répressif, il conviendrait peut-être d’expérimenter autre chose. Se contenter de protester en jugeant inconcevable une telle évolution de la sanction revient à un immobilisme de complaisance.

Je ne prétends à aucune vérité révélée, mais je ne m’interdis aucune piste de réflexion lorsqu’une société laisse perdurer ces géniteurs du moins bien, du plus laid, du moindre fonctionnement, du pire en extension. Exit les foireux dérisoires qui encombrent nos lieux de vie !



Cet article est également paru sur Agoravox
Pour voir le débat créé autour cliquez sur le mot "Agoravox" ci-dessus.

01 juin 2007

Christ à croquer

Me voilà, comme un bon chrétien que je ne suis pas, debout, au fond de la jolie petite église de LB, pour une communion. Bondée, l’antre religieuse, estivales les tenues, et une jeune femme à la robe aguicheuse qui lit les paroles d’un apôtre : notamment « la chair s’oppose à l’esprit ». Pour le moins risible, mais in petto, chut…Familles, amis, accointances : tous en rangs serrés pour ces petits communiants dont on peut douter de l’authenticité de l’engagement. Entre habitude sociale et folklore, je n’arrive pas à adhérer à ces pompeuses déclarations.

Qui, ici, fait réellement attention au contenu du message ? Si, tout de même : un suivi unanime (sauf pour ceux qui n’ont pas trouvé de place) aux ordres de se lever et de s’asseoir.

La métaphore obscène qui justifie le rite : « recevoir le corps de dieu en soi » ! Un programme non charnel, bien sûr. Les paroles du prêtre raisonnent ici, et légitime cette communion, avec une suite d’explications effarantes, et qui fonctionnent encore.

Le béni oui-oui excuserait tous les massacres, toutes les dérives passées… Toutes ces fois au nom d’un postulat de vie supérieure et, bien sûr, dieu innocent et les hommes coupables !

Pitrerie de l’esprit sans une once de distance avec les élucubrations assénées. Démonstration éclatante, sous couvert d’un message prétendu d’amour, d’un système manipulatoire où le confort de l’esprit consiste à pouvoir tout expliquer, tout justifier, alors que nous ne sommes qu’à l’âge primaire de la compréhension du monde. La fiction, voilà ce qui conduit tous ces systèmes rivaux. Et les antiennes enflent grâce au cadre matériel, et le grégarisme fait son œuvre.

Décidément, que ce soit dans ses manifestations ludiques ou vaguement spirituelles, l’humanité en bandes m’effraie. Rien ne pourra vraiment évoluer, au sens d’un changement d’ère humaine, tant que ces religions auront une place autre qu’une curiosité muséologique, à la manière des mythologies grecque et romaine.

La clochette du prêtre rythme le cirque eucharistique… Et cette assemblée en chœur, qui recèle toutes les trahisons, les coups fourrés, les médiocrités rampantes, les excuses vaseuses, représente toute la contradiction humaine, rarement capable d’assumer une ligne de conduite cohérente. Tout cela glisse, et la poussière, nullement divine, recouvrira l’ensemble de ces fariboles d’apparat.

A noter que ces lignes ont été largement inspirées par la coloration intégriste qui officie ici. Amen.

22 janvier 2007

D'un hommage l'autre...

Me restera en mémoire une vie enrichie par les combats d’une générosité renouvelée. En traversant le vingtième siècle, rien n’avait altéré son enthousiasme. Frêle silhouette à la fin de ce parcours, le mental persistait sans faille, jusqu’au bout de soi dans ses possibles. L’âge ne devait surtout pas avoir l’emprise de l’abandon de ses espérances, et sa croyance ne déviait jamais vers l’intolérance intégriste ou le conservatisme stérile. L’approcher, c’était s’illuminer par ses grognes spontanées contre les injustices régnantes.

L'abbé Pierre sur la Fresque des Lyonnais

Cette capacité à affronter la douleur et les aléas d’un physique qui vous trahit, caractérisait son abord de l’existence.

Ce fond d’allant vers l’autre répondait, sans doute, à un besoin d’affection aux explications familiales. L’altruisme en mode de vie s’exhalait naturellement d’une dévotion spirituelle sincère. Moi, mécréant égaré s’il en est, j’en étais très touché. Etre entouré, pour rester en phase avec sa dignité de vie, d’action et restituer ainsi toute l’amplitude de sa bonté, voilà son humanisme premier. Elle est morte à 94 ans, le 26 décembre 2006, c’était ma grand-mère ; il est mort à 94 ans, le 22 janvier 2007, c’était l’abbé Pierre.

Avec ma Grand-Mère en 2002


19 janvier 2007

Haro sur les automobilistes !

L’avancée technologique majeure du siècle dernier révèle la psychologie primaire (juste le temps du volant, heureusement) de nombre de ses utilisateurs. Pour me faire des amis...



Enfin, depuis quelques années, un acharnement médiatique appréciable. L’insécurité routière avec son chargement de délinquance larvée de tous ces bons français conducteurs qui, bien sûr, en savent plus que les autres et maîtrisent comme personne leur sacro-sainte tôle ondulée motorisée.

On rétorquera, là encore, le prisme déformateur des médias qui se focalisent sur quelques écarts marginaux comparés au nombre astronomique de déplacements sans dérive meurtrière. Piéton militant pour 95 % de mes trajets aujourd’hui, je fulmine chaque jour contre ces petits excès prétendument calculés... jusqu’au jour où : perte de maîtrise du véhicule qui vaudrait toutes les absolutions, tous les pardons des assassinats commis.


La préméditation criminelle tient ici dans une prise de risque volontaire
en dehors de la loi. S’impose donc l’intention de mettre potentiellement en danger de mort ceux qui croisent leur route. Quand la technologie et le progrès favorisent le plus primaire des instincts : moi avant les autres et au sacrifice de ces gêneurs, les piétons, les trop lents, les simples existants sur mon passage.

Pire même que les bêtes, que les charognards les plus infâmes, car l’objectif n’est nullement la survie organique, mais le simple contentement d’arriver plus vite. Comme si le boulot, la distraction, l’occupation inepte valaient plus que le respect de la vie de l’autre !

Pourquoi leur caricature comportementale mériterait-elle de subtiles analyses et une législation modérée ? Non, il faut se départir de la molle compréhension criminellement complice, se libérer du si complaisant impondérable que l’on décèle dans tout accident, foutre en l’air les incongruités législatives qui ouvrent des boulevards à la récidive dans l’impunité.

On nous a matraqué le cortex avec le divin Principe de précaution. Il y a quelques années, on abattait plusieurs milliers de chèvres après avoir déniché deux ou trois cas de tremblante qu’on pouvait suspecter de lien avec un dérivé de l’ESB. La subtilité fonctionnait ici à plein pour ériger le moindre soupçon en motif de neutralisation définitive.

Avec la horde d’automobilistes dangereux, inciviques à tours de volant agressif, rien de cette volonté de les écarter. Un principe de précaution social s’imposerait pourtant : on va laisser conduire celui qui a tué ou blessé grièvement, manifestement (selon des témoins) sous alcool mais que les ballons (baudruche technique) n’ont pas scientifiquement confirmé, et ce tant qu’il n’a pas été jugé par un tribunal engorgé d’affaires.

Les autorités politico-administratives prennent donc le risque que s’ajoutent d’autres victimes éclatées ou écrasée par le conducteur tueur ! Ahurissant ! Il faudrait systématiquement interdire la reprise du volant à celui qui a occasionné un accident corporel, et ce préventivement avant tout jugement. De l’autoritarisme ? Face au terrorisme routier, c’est la sécurité vitale qui prime, avant tout autre considération pseudo humaniste, républicaine ou démocratique.

Aucune éthique de comportement ne modérant nombre de conducteurs, l’accès quasi automatique à ce statut de tueur potentiel quotidien, la tendance civilisationnelle à laisser l’usage au maximum de gens d’engins dangereux, pour le bien-être économique et la satisfaction égocentrique, tout cela mérite un coup d’arrêt : il faut maintenant sévir sans pitié, éradiquer les petits travers journaliers qui minent la conduite sociale, écarter de l’asphalte tous ceux qui se jouent de la règle, qui se torchent avec le contrat social.

Griller un petit feu, pas grave, téléphoner en pleine action roulante, je le peux, fumer du cannabis avant le voyage sur route, quelle conséquence... Chacun légitime ses écarts si anodins et participe au fléau qui atteint l’existence de plus de cent mille personnes par an (106994 morts et blessés comptabilisés en 2006).

18 mai 2006

Lorgnette en fête !

Première journée de 2006 à prendre le soleil au parc de la tête d’Or, en lisière de la roseraie, là où quelques bancs s’offrent dans un cocon vert. Torse nu défendu à l’instant par deux limités de la police municipale, aux aguets pour exercer leurs petits pouvoirs. Sept ans que je fréquente ce lieu, et me voilà prié de remettre le tee-shirt, sans doute pour ne pas troubler la vieille dame qui passe.
Argument avancé par les képis frustrés : on n’est pas à Miribel Jonage. Effectivement, je n’ai ni mon maillot de bain, ni mes saucisses puantes à frire, ni mes gueulantes de braillards… juste un torse encore potable.
Voilà le type d’excès bêtifiants d’un ordre public où l’on s’aplatit devant des barbares-casseurs déchaînés, et où le citoyen calme et respectueux d’autrui se fait emmerder par ces représentants de l’action incohérente.
Avant ce petit accroc dans ma sérénité préestivale, j’observais, sur le banc connexe, un couple âgé en différend à chaque amorce d’échanges. Une femme aboyeuse, un bougre encaissant par bougonnements imprécis : calamiteuse représentation de la dualité.
Zappant sur la FM parmi la vingtaine de stations préréglées : le 96.1 me dévoile en chocs rythmiques bien assénés une des perles singuées de la Diams revendiquée Boulette. Boule d’énergie ciselée, même si le contenu me partage. « Pas l’école qui nous a dicté nos codes ! » : à cent pour cent pour le fond, mais aux antipodes pour les choix. Le firmament (limité) du rap français accueille en tout cas un joyau créatif.
(rédigé le 19 avril 2006)

01 avril 2006

Ambiance raide !

23h au Red Lions.
Déterrer le palmipède boiteux ou s’envoler à la nageoire d’une arête nauséabonde ? L’occasion de renouer avec la charge encrée en ces jours pseudo prérévolutionnaires.
Avant de débarquer à mon pub préféré, encore non fréquenté en 2006, vu Les détectives de l’histoire : objectif de remuer la matière encombrante d’un passé collectif mal assumé. Pour ce premier charcutage, la polémique prise de pouvoir du grand Charles. L’exception du personnage réifie les volutes soupçonneuses sur la légalité de l’accoucheur de la Ve.
Sur Way Come From, divinement vocalisé par B., je dérive du majestueux Général
au dégingandé Chirac, m’effondrant pour entrevoir une quelconque cohérence dans le passage prédémentiel de l’exécuteur en chef de notre Constitution. Sa dernière trouvaille institutionnelle après la dissolution suicidaire de 1997 : la promulgation fantôme ! Pour tenter la conciliation suprême des belliqueux de tous bords et ne pas s’écarter de son rôle premier en matière législative, il exécute tortueusement son devoir, botte l’arrière train de son fidèle de Villepin et gratifie l’opportuniste Sarkozy d’une reprise cautionnée d’initiative.
« Surréaliste » pour le littéraire Bayrou qui reprend les fondamentaux, Robert à l’appui, de la notion de promulgation, laquelle implique l’application immédiate. Mitterrand, l’histrion du faux attentat, déblatérait sur Le Coup d’Etat permanent du chef historique de la France libre ; la première décennie du siècle se sera avachie dans les à-coups du fat déprimant. Le cap du chef de gouvernement vient d’être amputé de sa superbe, dans un galimatias tarte à la crème. Désormais, les boulevards s’offrent aux barbares à capuches, agités ultraviolents à éradiquer sans ménagement. Voilà une légitime cible à haïr pour la masse mobilisée,
au lieu et place des rengaines de frileux. Aspiration des manifestants : le fonctionnariat, une stabilité ouatée par la ceinture, les bretelles et le parachute, le tout sur un matelas de têtes capitalistes fraîchement tranchées…
A l’époque sempiternelle où le sacré ensanglante à tout va, les paumés du pavé s’acharnent contre l’élémentaire liberté d’entreprise, clouant au pilori, par préjugé idéologique, toute tentative pragmatique. L’effet panurge du désespoir cultivé fait le reste. Quelques écarts ludiques entretiennent la distance d’avec la fosse commune, celle qu’un chanteur de bon aloi voit se remplir dangereusement de purin.

20 mars 2006

Les Croisés pour l'enlisement... ces péteux !

Jeudi 9 mars
Le son estudiantin gronderait-il sur le parvis des universités françaises ? Nouvelle démonstration d’une cohorte de petits vieux prématurés qui défilent pour l’emploi à vie. Non contents de jouer aux autruches en occultant les réalités économiques (j’entendais ce soir une représentante d’un syndicat d’étudiants réclamer l’embauche massive de l’Etat, pour approfondir nos déficits abyssaux : l’idéal !), ils affichent une conception démocratique qui s’apparente à l’intimidation syndicale pour ceux qui veulent suivre leurs cours, voire qui ne partagent pas leurs analyses. Invocations aux cieux d’une économie florissante pour un plein emploi… et interdiction au gouvernement de toute initiative.
Ces ribambelles gigotantes risquent d’avoir raison du CPE, outil de plus à la trappe, histoire de s’enfoncer un peu plus dans le bourbier.
Le peuple français qui gâche la construction européenne, les gesticulateurs immatures (et pas forcément majoritaires chez les jeunes générations) qui empêchent toute modernisation des moyens socio-économiques : autant j’aime ce pays pour sa terre et son histoire, autant sa population m’écoeure davantage le temps passant. Alors pourquoi s’ingénier à approfondir ?

Lundi 13 mars
Là, seule obsession : la petite, médiocre, mais si rassurante stabilité de l’emploi, rengaine éculée des trente glorieuses, mais colportée par quelques esprits malhonnêtes et opportunistes. Dès demain, le cirque gesticulatoire reprend, avec l’attente forcenée d’un retrait d’une loi votée (49-3 ou pas, l’article majeur avait été accepté par la majorité des députés), bafouant, se torchant ainsi avec le principe de la démocratie représentative.


Samedi 18 mars
Se défaire un peu des rogatons sociaux qui se perdent autour des tentatives de réforme. Aurais-je délaissé mon penchant aux défoulements contre l’Etat ? Brandir ses doléances pour ne surtout rien tenter, vagir contre l’abysse croissant et se raidir à toute amorce de comblement m’inclinent à défendre un geste qui pourrait, au minimum, recevoir le bénéfice du doute.
L’exécutif subit l’effet panurge d’un grondement social. Tenir et s’ouvrir, le fil du pouvoir exige le pire pour de Villepin : se renier par le truchement d’une rue braillarde toujours minoritaire, mais qui tonne le gong médiatique avec l’entrain éperdu d’un âge révolu. La France se cloître dans de suicidaires certitudes. Ainsi, croire que le bon Etat providence doit financer à flot pour contrer les infâmes entrepreneurs arqués, chevillés, empalés sur l’appel du pire : le dévoiement systématique des outils sociaux proposés. Le CPE aurait comme seule raison d’être l’irrésistible congédiement du malheureux, de l’esclavagivisé salarié dans les 730 jours suivant son embauche. Certitude assénée par les Croisés pour l’Enlisement (amuseurs publics, au demeurant, pour leur détournement de l’abréviation vilipendée) qui voient partout des capitalistes prendre les gueux qui traînent, exploités a priori, formés accessoirement, et finalement victimes de la salauderie patronale. Les relents prolétariens s’excitent devant tant de gorges capitalistes à trancher… Les archaïques s’ébrouent et empuantissent notre air !