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21 janvier 2018

Pile en équilibre

Chaparder l’intuition pour s’en ruisseler de bonnes tranches : vive l’empilement ésotérique de vocables en équilibre. Je ne rédige pas sans sens, même dans les instants de perdition. Au plus cristallin des points d’accroche se reflète une facette existentielle qui se grime de complexité conceptuelle. Et peu m’importe la désertion du lectorat, de toute façon infinitésimale même lorsque je fais dans l’accessible, dans le formulé clairement selon les critères ras de la créativité expressive.
Pas l’histoire, pas l’intrigue, encore moins les personnages ou les décors qui galvanisent ma plume. Seul compte le ressenti échevelé et sa transcription arachnéenne.
2018 apporterait maturité à un siècle en convulsions perpétuelles ? Avec les quelques tronches dirigeantes de paranos égocentrés alliées au nationalisme-social de peuples en liquéfaction mentale, rien du monde d’ici-bas ne motive à concocter de bien troussées narrations.
L’essoufflante litanie d’événements de l’actualité, en réalité faits divers qui se gonflent d’importance, perd de son emprise sur moi. Juste savoir que la voie macronienne est tenue en cohérence et que les boursouflures américano-nord-coréenne n’ouvrent pas le bal de la guerre nucléaire me suffisent comme pitance informative.

Je préfère explorer le prétendu indicible, fainéantise sémantique des affectés, pour lui donner sa juste courbe calligraphique… et contraindre au vrai silence les cortex étroits qui brident ce qui leur semble obscur. La clarté comporte toujours une part d’éblouissement.

22 janvier 2017

L'Investitrump Power

En rouge, le sous-titrage et le bas-titrage du premier discours de Donald Trump investi président des Etats-Unis d'Amérique. De la Trump Tower à l'Investitrump Power :

"Juge en Chef Roberts, Président Carter, Président Clinton, Président Bush, Président Obama, mes concitoyens américains et peuples du monde: merci.
Entrée en matière classique : Trump se normaliserait-il ?
Nous, citoyens d'Amérique, sommes maintenant unis dans un grand effort national pour reconstruire notre pays et pour restaurer ses promesses à l'égard de tout notre peuple.
Finalement non, revoilà la délicatesse trumpienne : j’hérite d’un pays en ruines et au fond du trou.
Ensemble nous déterminerons la voie pour l'Amérique et pour le monde pour des années.
La voie ou l’impasse ?
Nous ferons face à des défis. Nous serons confrontés à des épreuves. Mais nous finirons le travail.
Première tâche : structurer ma pensée et… me retenir.
Tous les quatre ans, nous nous rassemblons sur ces marches pour procéder dans l'ordre et la paix à ce transfert de pouvoir et nous sommes reconnaissants au président Obama et à la Première Dame Michelle Obama pour leur aide courtoise pendant la transition. Ils ont été magnifiques.
Moi aussi, je sais manier la langue de bois.
La cérémonie d'aujourd'hui cependant a une signification très particulière. Parce qu'aujourd'hui non seulement nous transférons le pouvoir d'une administration à une autre ou d'un parti à un autre, mais nous transférons le pouvoir de la capitale Washington et le donnons à nouveau à vous, le peuple Américain.
Mais faut pas pousser : je préfère flinguer les élites et lancer mon hyperbole mensongère.
Pendant trop longtemps, un petit groupe dans notre capitale a récolté les avantages du gouvernement tandis que le peuple en a assumé le coût.
L’obsession du complot : des noms, des noms ! Qui est donc ce « petit groupe » ? Et lui, il a fait quoi ? De la philanthropie ?
Washington a prospéré mais le peuple n'a pas eu de part de cette richesse.
Supprimer l’Obamacare et baisser drastiquement l’impôt sur les sociétés ça va aider le peuple, c’est certain.
Les politiciens ont prospéré mais les emplois se sont taris et les usines ont fermé.
Une analyse tout en finesse, à moins que ce soit une extrême synthèse.
L'establishment s'est protégé lui-même mais n'a pas protégé les citoyens de notre pays.
Couche supplémentaire de populisme bas du front, mais une incohérence de taille : c’est avec une équipe de ploutocrates qui a abusé du système qu’il compte protéger son cher peuple.
Leurs victoires n'ont pas été les vôtres; leurs triomphes n'ont pas été les vôtres; et pendant qu'ils festoyaient dans la capitale, il n'y avait guère à célébrer pour les familles démunies dans tout le pays.
Et lui, que faisait-il ? Il forniquait en Russie ! A quel moment a-t-il montré la moindre compassion, la plus petite parcelle d’attention pour ces « familles démunies » ? Quand la voracité se grime altruisme…
Tout cela va changer, ici et à partir de maintenant parce que ce moment est le vôtre: il vous appartient. Il appartient à tous ceux réunis ici aujourd'hui et à tous ceux qui regardent à travers l'Amérique.
Cette journée vous appartient. C'est votre célébration.
Et cela, les Etats-Unis d'Amérique, c'est votre pays.
Vous, vous, vous… tant que vous ne m’emmerdez pas dans la jouissance de mes, mes, mes pouvoirs, sinon…
Ce qui importe vraiment ce n'est pas quel parti contrôle notre gouvernement mais si notre gouvernement est contrôlé par le peuple.
Et JE suis le peuple.
Le 20 janvier 2017 restera dans les mémoires comme le jour où le peuple dirige à nouveau la nation.
Ça va être étroit la Maison-Blanche pour 320 millions d’Américains.
Les hommes et femmes oubliés de notre pays ne seront plus oubliés. Tout le monde vous écoute maintenant.
Tout le monde écoute tout le monde : vous, toi, moi, nous, eux... La surdité serait parfois préférable.
Vous êtes venus par dizaines de millions faire partie d'un mouvement historique, tel que le monde n'en a jamais vu.
La fameuse « hyperbole réaliste » : le candidat le plus fabuleux, l’élection la meilleure, le Présidentissime de tous les présidents passés et futurs… Gâtés ces Américains !
Au cœur de ce mouvement, réside une conviction fondamentale: celle qu'une nation existe pour servir ses citoyens.
Je croyais que c’était à l’Etat de servir la nation. « Bonjour Madame la Nation, m’sieur Trump m’a dit d’m’adresser à vous : un cheeseburger, please ! »
Les Américains veulent de bonnes écoles pour leurs enfants, des quartiers sûrs pour leurs familles et de bons emplois pour eux-mêmes. 
Ajoutons, dans l’ordre des priorités : un beau garage pour leur maousse automobile qui pollue comme il faut, une niche sensas pour leur chien, une femme superbe pour leur braquemart…
Ce sont des revendications légitimes et raisonnables pour un public juste.
Suis-je légitime en ayant été élu avec presque trois millions de voix de moins que la candidate démocrate et en ne cumulant que 40% d’opinion favorable au premier jour de mon mandat ? Suis-je raisonnable en tweetant toutes les saloperies que j’ai tweetées ?
Mais pour trop de nos concitoyens, une réalité différente existe: mères et enfants sont piégés dans la pauvreté de nos quartiers défavorisés; des usines délabrées sont essaimées comme des pierres tombales dans le paysage de notre nation; un système éducatif, plein d'argent, mais qui laisse nos jeunes et beaux étudiants privés de savoir ; et le crime, les gangs et la drogue qui ont volé tant de vies et spolié notre pays de tant de potentiel non-réalisé.
La touche lyrique pour des Etats-Unis qu’on dirait tout droit sortis du tiers monde.
Ce carnage américain s'arrête ici et maintenant.
Je vous propose, à partir d’aujourd’hui : la vulgarité, l’incohérence, l’irascibilité, le machisme, le racisme, le chaos… pour commencer.
Nous sommes une nation et la douleur des autres est la nôtre. Leurs rêves sont nos rêves; et leurs succès seront notre succès. Nous partageons un cœur, une patrie et un glorieux destin.
Sortez vos mouchoirs…
Le serment de fonction que je viens de prononcer est un serment d'allégeance envers tous les Américains.
Chiche !
Pendant des décennies, nous avons enrichi l'industrie étrangère aux dépens de l'industrie américaine; subventionné les armées d'autres pays tout en permettant le très triste appauvrissement de notre armée; nous avons défendu les frontières d'une autre nation tout en refusant de défendre les nôtres; et dépensé des milliards de milliards de dollars à l'étranger pendant que les infrastructures de l'Amérique se sont délabrées et abimées.
Le masochisme national, j’irai le butter jusqu’au fond des chiottes, comme dirait mon Poutinou. Nous, nous, nous d’abord ! Je surtaxe toutes les importations : tant pis si l’Américain modeste doit payer trois fois le prix de l’ancien système. Dépenser pour nous, nous, nous… Chacun chez soi, chacun pour soi, les non-Américains derrière le mur ! L’humanité vient de faire un grand pas !
Nous avons rendu d'autres pays riches alors que l'abondance, la force et la confiance de notre pays ont disparu de l'horizon.
Les Etats-Unis auraient investi massivement dans d’autres pays sans que ça leur rapporte ?
Une par une, les usines ont fermé leurs portes et quitté nos rives sans même une pensée pour les millions et millions de travailleurs américains laissés sur le carreau.
Retour en force des industries du textile aux Etats-Unis… Chaussettes et culottes dix fois plus chères : ça va leur plaire aux consommateurs-citoyens puisque ce sera du « maaade in USA ! I am… maaade in USA ! ». Voilà comment pallier l’absence de stars à mon investitrump…
La classe moyenne a été privée de son patrimoine qui a été distribué à travers le monde.
J’en suis le plus bel exemple : je ramasse tout et j’emmerde la classe moyenne qui n’est bonne qu’à m’élire. Merci la classe moyenne !
Mais cela appartient au passé. Et maintenant, nous ne regardons que l'avenir.
Un mandat pour regarder l’avenir : c’est con, mais plus on tente de s’en approcher, plus il s’éloigne… Y a comme un problème !
Nous nous sommes retrouvés aujourd'hui et nous décrétons, pour être entendus dans chaque ville, chaque capitale étrangère et dans chaque lieu de pouvoir, qu'à compter d'aujourd'hui une nouvelle vision prévaudra dans notre pays: ce sera l'Amérique d'abord et seulement l'Amérique. L'Amérique d'abord.
Et nous, et nous, et nous, voilà la grande avancée trumpienne. Qu’on se le dise : tout pour nous, rien pour les autres. Gnathon-Trump sacrifierait bien l’ensemble des dérisoires âmes non-américaines contre l’assurance divine que chaque Américain puisse s’empiffrer deux fois plus.
Chaque décision sur le commerce, les impôts, l'immigration, les affaires étrangères sera prise pour le bénéfice des familles et des travailleurs américains.
Chaque fois qu’un des membres de mon gouvernement fera la culbute financière pour ses affaires avec des conflits d’intérêts d’une puissance inégalée, ce sera d’abord, évidemment, pour le bénéfice de ceux de nos concitoyens qui suent pour gagner trois dollars l’heure.
Nous devons protéger nos frontières des ravages des autres pays fabriquant nos produits, spoliant nos entreprises et détruisant nos emplois. La protection conduira à une grande force et prospérité.
Je combattrai pour vous de toutes mes forces et je ne vous laisserai jamais tomber.
Pour résumer : détruisons les pays étrangers, spolions leurs entreprises et fabriquons tout sur notre sol sacré, nom de dieu !
L'Amérique va recommencer à gagner, à gagner comme jamais auparavant.
Peut-être simplement un champion de la méthode Coué.
Nous ramènerons nos emplois. Nous reconstruirons nos frontières. Nous regagnerons notre prospérité. Et nous retrouverons nos rêves.
Des rêves à très haute valeur ajoutée : que ça jute de bénefs, qu’on croule sous le bonheur monétarisé, qu’on s’étouffe de prospérité bien gluante…
Nous construirons de nouvelles routes, autoroutes, ponts, aéroports, tunnels et voies ferrées à travers notre merveilleux pays.
Et s’il reste un peu d’huile de coude, on lancera un gigantesque chantier de construction des plus belles, des plus spectaculaires latrines pour chacune de nos villes, même les plus reculées, même les plus perdues au milieu du fabuleux nulle part américain. Des latrines, comme il n’en a jamais existé.
Nous extrairons notre peuple de l'aide sociale pour le mettre au travail, rebâtissant notre pays avec des bras américains et du labeur américain.
Pour ceux qui ne veulent pas en branler une, ce sera le camp de travail illico !
Nous allons suivre deux règles simples: acheter américain et embaucher américain. 
Allez ! deux autres en plus, c’est ma tournée : chier américain, virer américain !
Nous rechercherons l'amitié et la bonne volonté des autres nations du monde mais nous le ferons avec l'idée que c'est le droit de tout pays de mettre ses propres intérêts en avant.
Chacun chez soi, la loi du plus fort pour nous : tu la fermes amicalement, sinon c’est notre poing nucléaire dans ta gueule !
Nous ne cherchons pas à imposer notre mode de vie mais plutôt à le rendre éclatant comme un exemple à suivre.
Faut suivre : chacun chez soi, on fabrique tout chez nous et, en plus, on diffuse notre modèle à tous les autres. Du protectionnisme universaliste en somme. « Tais-toi quand tu parles », comme disait le père du grand Duduche !
Nous renforcerons nos vieilles alliances et en forgerons de nouvelles et unirons le monde civilisé contre le terrorisme islamique radical, que nous allons éradiquer complètement de la surface de la Terre.
Voilà un objectif qu’il est bon… mais pas un peu utopique, Donald ? T’avais même dit en trente jours, je crois…
Le fondement de notre politique sera une totale allégeance aux Etats-Unis d'Amérique et grâce à notre loyauté au pays, nous redécouvrirons la loyauté envers les uns les autres.
Hey ! vous ! les autres pays ! vous nous mangez dans la main bien gentiment et on sera loyal, sinon…
Quand vous ouvrez votre cœur au patriotisme, il n'y a plus de place pour les préjugés.
Mais quand vous vendez votre âme au nationalisme, il y a encore plus d’espace pour les apriorismes.
La Bible nous le dit "qu'il est bon de vivre quand le peuple de Dieu vit ensemble dans l'unité".
Elle dit aussi : tu ne mentiras point, tu ne feras pas d’impureté, tu ne désireras pas injustement le bien des autres… On rappelle ta biographie Donald ?
Nous devons nous exprimer franchement, discuter nos désaccords honnêtement mais toujours rechercher la solidarité.
La solidarité du coup de massue pour tous ceux qui n’auront pas rallié notre position.
Quand l'Amérique est unie, on ne peut absolument pas l'arrêter.
Le rouleau compresseur, « maaade in USA ! »
On ne doit pas avoir peur, nous sommes protégés, et nous serons toujours protégés.
Le bouton rouge, c’est moi, désormais, alors tenez-vous à carreau.
Nous serons protégés par les grands hommes et femmes de notre armée et de nos forces de sécurité, et surtout, nous sommes protégés par Dieu.
Ouf, il nous a évité : le prochain dieu, ce sera moi !
Enfin, nous devons voir grand et rêver encore plus grand.
Ça va en faire des séances de psychanalyse quand tout ce beau monde aura déçu.
En Amérique, nous comprenons qu'une nation n'est vivante que dans l'effort.
Et surtout dans les forts, les très très forts : moi et moi !
Nous n'accepterons plus des hommes politiques qui parlent et n'agissent pas, tout le temps en train de se plaindre sans jamais rien faire.
Il fallait bien tenter d’égratigner son prédécesseur.
Le temps des paroles creuses est fini. Maintenant, c'est l'heure de l'action.
…et de la pensée creuse qui fait résonner les aberrations.
Ne laissez personne vous dire que cela ne peut pas être fait. Aucun défi n'est assez grand pour le cœur, la combativité et l'esprit de l'Amérique.
Et si quelqu’un vous le dit, éradiquez-le !
Nous n'échouerons pas. Notre pays va être florissant et prospérer à nouveau.
Heu, je crois qu’on a compris… Tout le pays il est grand, tout le pays il est florissant !
Nous sommes à l'orée d'un nouveau millénaire, prêt à dévoiler les mystères de l'espace, à libérer la terre des fléaux et à exploiter les énergies, les industries et technologies de demain.
Pas modeste le gars ! Je vais vous l’empuantir votre millénaire. On se souviendra de mon sublissime passage à la Maison que j’aurai rendu encore plus Blanche que blanche jusqu’au-delà de l’univers…
Une nouvelle fierté nationale va animer nos âmes, élever nos regards et guérir nos divisions. Il est temps de se remémorer ce vieux dicton que nos soldats n'oublieront jamais: que l'on soit noir, métis ou blanc, le même sang patriote court dans nos veines, nous jouissons tous des mêmes libertés et nous saluons tous le même grand drapeau américain.
Ça, c’est pour faire oublier ses papouilles au Ku Klux Klan…
Et qu'un enfant soit né dans la banlieue de Detroit ou dans les plaines balayées par les vents du Nebraska, ils regardent tous le même ciel la nuit, leur cœur est plein des mêmes rêves et ils sont habités du même souffle de vie du Créateur tout-puissant.
On en pleurerait… Le Trump humaniste est-il né ?
Ainsi, à tous les Américains, dans chaque ville, qu'elle soit proche ou lointaine, petite ou grande, d'une montagne à l'autre, d'un océan à l'autre, entendez ces mots: vous ne serez plus jamais ignorés.
Je vous ai à l’œil, mes chers Américains…
Votre voix, vos espoirs, et vos rêves vont définir notre destinée américaine. Et vos courage, bienveillance et affection nous guiderons tout au long du chemin.
… qui sent la noisette…
Ensemble nous allons rendre à l'Amérique sa force. Nous allons rendre à l'Amérique sa prospérité. Nous allons rendre à l'Amérique sa fierté. Nous allons rendre à l'Amérique sa sécurité. Et oui, ensemble, nous allons rendre à l'Amérique sa grandeur.
Quel sens du marketing politique, un petit rappel de son slogan électoral pour finir. Du grand art !
Merci, Dieu vous bénisse et que Dieu bénisse l'Amérique.
… et qu’il m’évite, surtout, de faire trop de conneries. Signé : un tweeter compulsif.


29 décembre 2014

Partis et repartis… comme en 14 !

Petit jeu littéraire : les personnalités et les sujets évoqués ne sont pas nommés directement dans le texte mais apparaissent à travers les premières lettres d’une suite de mots utilisés. Par exemple, Freud se distinguerait dans la phrase suivante : il faut dépasser toutes ces Frustrations Repérées En Un Divan. Retrouvez-les tous (une soixantaine) en ne tenant pas compte des accents. Petit coup de pouce initial : j’ai fait ressortir le premier nom glissé au fil des mots en signalant les lettres en rouge.
Pour illustrer la balade sémantique, je vous propose quelques clichés pris à la très réussie "Fête des Lumières" lyonnaise 2014.


L’année avait bien mal commencé, nous privant dès la fin janvier d’un styliste surtout pas planqué, toujours prêt au no man’s land littéraire. Sans conteste, cet anar vitriolait avec noblesse nos apathies.

Pour les toiles, le deuil s’est imposé en plein été avec la fin d’une rare oxygénation bravant ici notre week-end indolent ; là les interprétations aux merveilleuses sonorités. Un ton, une voix, une implication artistique : tout y était pour que l’on s’y attache.

La discrétion féminine trouvait son incarnation dans cette liane accomplissant une rencontre étrangement nitescente : Bogart apprivoisé, cette alchimie les liera. Il ne reste plus qu’à s’enfoncer dans son fauteuil pour se repasser sa séduisante présence.

Les ondes portent encore ses nocturnes conversations, l’aide précieuse de celle qui laissait la parole libre. Mères, épouses naviguaient ici en grand respect : écouter, guider ou initier restent essentiels à l’heure de l’étalage artificiel égocentré et des haines anonymes en réseaux.

Avant de sauter dans le vide, méditons un instant devant ce frontispice accueillant votre inépuisable époque révolue. Le Moyen Age avait la solidité des époques vivaces, notre âge très moyen lui s’hystérise, se fait peur et retombe comme un flan maladroitement renversé. La solution ? Voleter avec souplesse sans intégrer les irritants ultimatums. Celui-là c’était un vrai et tendre singulier.

Allez, je me risque aux gros mots : la France a perdu un dirigeant économique moustachu aux réussites grandioses, en rivalité internationale efficace. Une disparition qui a réjoui un crypto-député tout fier de sa grossière éructation radotant avec répugnance de fangeuses insanités : légèrement obtus cet hargneux emportement.

La voix de Radioscopie maîtrisait ses entretiens. Sa méthode, il aurait pu nous la confier : « J’affinais chaque question utile et savais comment harmonieusement ausculter nos contemporains enfin libérés. » Nous pouvons ainsi, sans appréhension, atteindre le jaillissement orageux et cataclysmique outrant ce kaiser es rock !



Le cimetière pour personnalités récemment disparues apparaît bien menu lorsqu’on parcourt la décharge des déviances pseudo politiques. Pour s’acclimater aux rances effluves, rien ne vaut le sourire crispé du détenteur d’un compte assurément helvétique : une zone à cacher jusque devant la représentation nationale… Ce sens obsessionnel de la dissimulation tranche avec la pratique brouillonne d’une ministre toujours en poste. Comment diagnostiquer un total amateurisme ? Une bourde invraisemblable raillée aussitôt jusque dans cette presse nostalgique du petit État tenu aux indignités nationales et qui laisse couler son miasme infect, nullement utile, tellement écœurant.

Progresser dans les allées défoncées du cloaque permet la découverte de pratiques peu reluisantes. Le vieux Serge, craignant pour son immunité  lors d’une première demande pour sanctionner ses tripatouillages électoraux, a dû adorer son Sénat arrangeant : une levée terrassée. La salauderie atteint le grotesque avec le conseiller de l’ombre qui s'acharne à berner une intimité servant son opération navrante. Enregistrez, enregistrez, cela nuira toujours à quelqu’un.

Si Sarkozy, traqué, aiguise ses imprécations, Hollande, largué, doit se séparer de maillons encombrants du cercle rapproché. D’abord, le bougre contaminé par un mal incurable : la phobie administrative qui interrompt brusquement une carrière prometteuse. Cette tartuferie hasardeuse étrille votre engagement nullement opportun : un désastre !
Et que penser de cet accusateur qui ulcère ; irrité, l’indésirable nervi outrage : « Mon odieux renvoi ? Épuration logique, laidement ethnique ». Le parallèle qu’il ose faire avec le génocide rwandais laisse songeur. On finit presque par s’habituer aux comportements improbables, notamment avec un autre cas, le jaspineur étourdi alimentant nos pires interprétations : encombrantes révélations ravageuses et jouant où une ypérite électorale tuera. Chacun reconnaîtra la dirigeante de parti incarné dans cette explosive recette : méfiance à répétition, intolérance nocive et lourds excès pour exciter nationalement.

Préserver sa santé exige de ne pas s’attarder dans ces marais infâmes mais avant, de s’éloigner, évoquons encore quelques cas hexagonaux à moucher. D’un côté, la maniaque opposition restant au niveau offensif ; de l’autre celle qui, dans la majorité, développe une philosophie politique imbuvable : « Mon archaïsme rejette toute idée neuve et alimente un blocage : restons- y ! ». Bonne chance à ses administrés… Quelques élus voient d’ailleurs en elle la solution pour remplacer le Premier ministre actuel, sauf qu’après l’époque des godillots, voici venu le temps d’une faiblarde rébellion où nos députés expérimentent un ridicule soufflet. Les charentaises ça peut se révolter, mais en douceur… Donner l’impression de s’insurger contre quoi, au fait ? Sans doute contre ce qu’ils perçoivent comme une horripilante orientation : le louvoiement approximatif nourrit des égarements. Pourtant, depuis quelques mois, la présidence privilégie une méthode accrocheuse nécessaire : un État liquéfié vaut assurément la ligne sévère laquelle, selon les chapelles idéologiques sollicitées, mène au capitalisme réaliste ou nocif.

Incertaine politique dans laquelle s’est perdu un ministre : il critique, houspille, ensevelit les selfies accumulés pour inesthétisme numérique. Malgré sa tronche de mérou mal péché, il n’a pas eu tort de stigmatiser cette singerie egocentrique laidement figée, imbécilement enjouée, surtout lorsqu’elle s’étale devant les lieux d’une prise d’otages… L’air des cohortes sociales n’est donc pas plus sain que celui de nos dirigeants. Pour s’en convaincre, jaugeons la fange commerciale et ses suspectes offres léchant des envies superfétatoires à l’image de cette innovation périodique hystérisant obscènement notre enthousiasme. Ce suivisme décervelé a pu inciter des cigarettiers à une pratique honteuse : infiltrer les initiatives parlementaires. Manœuvrer ou rétribuer royalement : implacable stratégie.

Une partie de la société s’est agitée autour d’une monomanie archaïque nous incommodant : familles prétendant opposer une raisonnable tradition ou union sectaire ? L’interrogation reste en suspens mais revitalise l’objectif de faire afficher chaque existence bien obéissante : ogresque kaléidoscope proche du glouton orientant ou gavant les explorations selon la pratique de l’internaute. Ni pire, ni mieux que la transmission éclectique laissant évidemment votre intelligence sélectionner : inspirant ou navrant. L’ambivalence structure plus que jamais notre fonctionnement social. Ainsi, un même banal objet peut, chez l’un, garantir une clandestine approche supposant quelque urgence épique, chez d’autres répondre à la question : comment atteindre sa quintessence ? Une évidence !



Cette forme ravissante aux nombreux coins enivrants ne peut tolérer les hordes innommables. D’abord et avant tout celles de l’entité terroriste aux tentaculaires intentions : ses légions arriérées massacrent, initient quelquefois un égorgement. Rien d’autre, en réalité, qu’un dépotoir aux excréments criminellement haineux. L’archétype des intégristes c’est le damné jobard, il hait automatiquement : des ignominies satanisent tout embrigadement. Ces nuisibles ne sont rien d’autre que de terrorisants assassins liant intégrisme barbare au nihilisme suffocant.

L’actualité internationale a charrié des scories géopolitiques qui pourraient bien faire disjoncter 2015. Au premier rang des dangereux incontrôlables, celui qui a pu occuper un territoire indépendant : nul empêchement à l’horizon. Ainsi a été scellé le sort d’un croupion russophone inspirant Moscou : éperonnement exprès.

Pas mieux à proposer quelques mers et langues de terre plus loin, et ce depuis tant de décennies que cela en devient presque constitutif du territoire disputé. Une confrontation obérant notre faiblarde lucidité, inhibant toute initiative salutaire : roquettes accumulées et lourdes opérations pourrissent allègrement les échanges sains ; terre initiale noyée invariablement, enfer nourri. Alors que faire ? Se croiser les bras et attendre, aller voir outre Atlantique ? Pas sûr que la fracassante exécution raciste générant un soulèvement odieusement nettoyé apaise le désespoir.



Une seule solution, très provisoire, très fragile : revenir au festif intimiste et imaginer l’inconcevable tablée de la très prochaine Saint-Sylvestre :

- le dessinateur doté d’une prodigieuse liberté arrondissant notre terrible univers ;

- la comédienne charismatique, telle une ondine radieuse nous entraînant loin, laissant au monde une trace incandescente ;

- l’acteur magistral qui sait tout autant jouer et apprivoiser, nutritives résolutions où chaque hardiesse enthousiasme forcément : osons rêver tranquillement ;

- la chanteuse au timbre envoûtant, à faire revenir d’urgence parmi nous car elle libérait les airs : fertiles improvisations, tonique zique galvanisant et rythmant aussi la délicatesse ;

- le philosophe lumineux aux théories ontologiquement nécessaires ;

- l'admirable femme politique qui, par son intégrité ministérielle, ouvrit nos esprits : valeureuse européenne impliquée loyalement ;

- l’écrivain aux ragoûtantes aventures braisées et liées aux ivresses supercoquelicantieuses ;

- la journaliste exemplaire, portée par une activité novatrice nous éclairant sur internet : nulle complaisance liée aux informations rassemblées ;

- le Résistant qui incarne l’âge d’homme et nous rappelle que ces actions valeureuses atteignent idéalement le louable engagement solitaire ;

- le poète à l’art révulsé, tourbillons accrochant une démence ;

- le peintre qui, par son approche labyrinthique, vous arrache d’oblongues réminiscences déjantées attisant les interdits ;

- l’auteur-compositeur interprète aux rimes salutaires : belle rossée aux salauds, saines envolées non sectaires ;

- le scientifique avec son dépaysant espace inclinant notre sinueux temps : éclairage intelligemment nuancé ;

- l’animateur déjanté aux boutades acérées flinguant force interlocuteurs estomaqués ;

- enfin, le réalisateur attachant qui suscite les louanges à un tonton novateur et ragaillardissant.



Bon d’accord, j’ai perdu de vue la parité, mais ces quinze invités d’exception parviendront peut-être à transfigurer l’année à venir, loin de tous ces manipulateurs insidieux, calomniant beaucoup en restant très habiles.


Belle année 2015, espérons…