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02 septembre 2018

Rentrée… dans le lard !


Fendre la pointe acérée pour un exil démultiplié. Au cœur de l’ultime version de soi, l’émotion ne se chiffonne plus, elle accentue les pesanteurs psychiques, congruence des entités à sublimer. Une brassée automnale au sein de la verdoyance persistante : que les âges en finitude ne se sabordent pas encore. Du ludique pour l’inspiration vitale, des tourments pour l’expiration terminale.
Offrons-nous la charpente de l’introspection, dépassant les scories de la vitrine permanente, obsédante et privée de ces espaces invisibles qui consolident nos fondations. Que se déploie l’existence-iceberg, enracinement pour une plus lumineuse fluidité, délaissant les paradeuses excroissances, dérisoire instantanéité vouée aux fosses insondables des inutiles données.
Ainsi, le sonore abruti qui, chaque soir, fait son tour sur un scooter péteur pour s’imaginer une quelconque importance. Déjà passé, déjà évacué : anonyme dont la crotte de vie ne vaut pas plus que l’éphémère vacarme qu’il doit renouveler pour que la gêne des autres lui procure la sensation de compter ici-bas.
Tous ces supports, vains exhausseurs de notre piètre condition, paralysent l’émergence épurée, l’essentiel cultivé. Tracer sa voie, via les signes qui m’échoient, assumant d’être incompris, comme un art outre-tombe qui résiste aux lecteurs de la mono-dimension romanesque. Le « rot ment », il va encore empuantir la rentrée littéraire, étaler ses mastodontes emplumés, enfumer la scène créative. Cravache d’un grognon amer ? Peut-être… mais qui, au moins, tutoie le confort de n’avoir de compte à rendre à strictement personne sur ce plan. Liberté absolue par le fait de ne pas vivre de son art, mais de l’investir comme une impérieuse nécessité existentielle, l’arrachant ainsi à toute contrainte contractuelle, comptable, à tout cet univers du redevable, de la frilosité expressive… Ne jamais coller à la simplicité au risque d’atrophier ses horizons, d’annihiler l’ambiguïté complexe, de différer son épanouissement protéiforme.
Se connaître soi-même suppose d’abord d’assumer la part qui nous coupe de l’autre, simple révélateur d’une incompatibilité qu’il faudrait combler, atténuer, ignorer au nom de quoi ? La socialisation, le vivre-ensemble, l’échange, le convivial partage : autant de trompe l’œil sociaux qui obstruent la réalité du chacun-pour-soi et les saccages toujours amplifiés qui en résultent.
Radicalités aiguisées par les charognards de la religion, ces croyances qui ne devraient jamais passer la frontière du culte intérieur ; démocraties dévitalisées par la conjugaison d’opportunisme sans vision affirmée, de stratégies à la miteuse semaine, de communication valant doctrine, de gestion sondagière singeant le parcours inspiré ; populisme dopant les démocratures ; affairisme saignant l’alentour et au-delà tant que cela sert sa courte-vue engrangeuse : le tableau vaut croûte invendable, mais il faut bien que le show mondial se perpétue et que les angoissés, surtout, se taisent. Le lard est bouffé, vive la rentrée !

03 octobre 2016

L'avis extrapolitique attendu

Après la publication d’un sondage où plus de soixante pour cent des citoyens interrogés réclament une retraite politique anticipée pour les deux derniers occupants de l’Elysée, je me prends à fantasmer un moment de grâce politique comme les professionnels du pouvoir ne nous en offrent que deux ou trois par siècle…


« Attendu que la situation critique du pays requiert un sursaut de lucide dignité ;
attendu que notre occupation successive des fonctions présidentielles n’a pu permettre de redresser ou de changer favorablement la France ;
attendu que le constat s’impose d’une incapacité à honorer les plus importantes de nos promesses électorales ;
attendu que notre mandat respectif s’est tiraillé entre stratégie politicienne en vue de l’échéance électorale suivante et gestion improvisée dans des contradictions néfastes pour le pays ;
attendu que de bling-bling en couac, de couac en tweet-tweet, nous n’avons pas su préserver la sacralité de la fonction ;
attendu que la place hypertrophiée accordée à la communication au détriment de l’engagement véritable n’a fait que décrédibiliser davantage l’exercice du pouvoir rendu gesticulatoire ;
attendu que la vitalité démocratique commande de ne pas s’acharner dans une dynamique purement opportuniste ;
attendu que nous devons tendre à l’exemplarité en reconnaissant nos erreurs et en affrontant de pesantes accusations ;
attendu que nos candidatures font courir le grave risque, par l’absentéisme accru d’électeurs écœurés, de la consolidation des extrêmes ;
attendu que sans notre présence les débats de la prochaine campagne s’en trouveront renouvelés et que le sens frais aura ainsi une chance d’émerger ;
attendu qu’un nouveau souffle de l’Union européenne ne peut se concevoir avec une France présidée par un déjà-vu ;
attendu que l’hypothèse d’un monde agité par le stratège Poutine et Trump l'imprévisible impose la régénération d’une forte voix française ;
attendu que notre vénération affichée, feinte ou réelle, pour l’intégrité gaullienne de l’occupation de la présidence de la République française exige qu’une fois, dans notre déjà long parcours politique, nous nous hissions à la hauteur de notre référence ;
attendu qu’est venu le temps d’une éthique de l’exercice du pouvoir tout entier dédié à l’intérêt général et non à la satisfaction de visées personnelles inavouables ;

Par ces motifs, nous, François Hollande et Nicolas Sarkozy, sains de corps et d’esprit, avons l’honneur de ne pas solliciter vos suffrages afin de ne pas obérer les chances pour notre pays chéri et pour l’Union espérée de viser au mieux un cap salvateur. »



Auraient-ils assez d’épaisseur humaine, de sens du sacrifice d’une carrière déjà suffisamment comblée, de perception assez aiguë de l’exaspération furieuse du pays pour oser ensemble ce choix, laissant ainsi, pour un court instant, la sphère médiatique sans voix et, pour un moment à prolonger, la France avec une perspective plus enthousiasmante ? Evidemment non… Si la vie extraterrestre apparaît de plus en plus probable, l’avis extrapolitique ci-dessus ne peut prétendre qu’au néant.

04 octobre 2015

Ça chlingue l’ochlocratie !

Ayant fait mes premières classes idéologiques dans le giron manipulatoire d’un anarcho-droitiste oscillant entre l’antidémocratisme primaire et l’exécration de la Gueuse républicaine, j’observe avec stupéfaction l’évolution doctrinale d’une société avec laquelle je n’aurai décidément jamais été en phase…

J’ai, depuis belle lurette, quitté les traverses extrêmes : je m’européanise dans un humanisme circonspect alors que de plus en plus de citoyens se complaisent dans d’infectes vulgarités mentales et se contentent du bout crotté de leur nez auquel les médias offrent un écho redoublé. Mesquinerie sans empathie, égoïsme irréaliste, surenchère indigente : la vacuité frileuse règne désormais sur nos ondes. L’adversatif hargneux, voire haineux, devient le réflexe social et les fracturations nationales s’exacerbent.

Pas nouvelle, la dérive ochlocratique, mais les temps hoquetants épaississent la perversion du système. Ainsi, en 2006, lorsque les croisés pour l’enlisement ont fait reculer le bravache de Villepin sur le projet de contrat destiné à aider les jeunes aux études légères et sans emploi dans certaines cités. Parmi les bardés de diplômes qui ont défilé contre cet assouplissement du droit du travail, certains s’épanouissent aujourd’hui à Londres, la capitale du contrat zéro heure. Une intention louable tuée dans l’œuf par la simple peur des grondements estudiantins : le mauvais pli du pouvoir ne devait que s’accentuer par la suite.

Les Bonnets rouges ont aussi pu se targuer d’avoir fait se renier un exécutif ayant investi massivement pour respecter des engagements et qui annule tout pour contenter quelques factions régionalisées. Le politique aux manettes semble ne plus avoir pour objectif d’éclairer les citoyens sur l’intérêt général d’une décision : il capitule face aux résistances menaçantes. Après cent trente années cumulées de démocratie représentative, les gouvernants s’exécutent désormais devant la pression d’une opinion publique incohérente.

Désormais, les incontournables réseaux sociaux, qui n’ont du réseau que la masse informe et suiviste d’un méga zinc malfamé et de social que l’illusoire impression d’avoir une quelconque importance dans cette infecte tambouille, dictent leurs borborygmes aux médias traditionnels obsédés par leur devanture prétendument en phase avec les miasmes anonymes.

La Morano incarne cette déliquescence politique qui n’a pour seule obsession que de renifler ce que peut bien expectorer la simpliste vox populi pour s’en faire le porte-voix opportuniste. Accompagner, voire précéder les plus bas instincts, voilà la stratégie électoraliste de nombre de ceux qui devraient avoir pour horizon de tirer vers le meilleur notre destin collectif.

On reproche parfois à la démocratie représentative d’être coupée de la souveraineté populaire ; avec l’ochlocratie la volonté instinctive de la masse, même la plus régressive, devient paroles d’évangile.

Ainsi foire-t-elle.

29 décembre 2014

Partis et repartis… comme en 14 !

Petit jeu littéraire : les personnalités et les sujets évoqués ne sont pas nommés directement dans le texte mais apparaissent à travers les premières lettres d’une suite de mots utilisés. Par exemple, Freud se distinguerait dans la phrase suivante : il faut dépasser toutes ces Frustrations Repérées En Un Divan. Retrouvez-les tous (une soixantaine) en ne tenant pas compte des accents. Petit coup de pouce initial : j’ai fait ressortir le premier nom glissé au fil des mots en signalant les lettres en rouge.
Pour illustrer la balade sémantique, je vous propose quelques clichés pris à la très réussie "Fête des Lumières" lyonnaise 2014.


L’année avait bien mal commencé, nous privant dès la fin janvier d’un styliste surtout pas planqué, toujours prêt au no man’s land littéraire. Sans conteste, cet anar vitriolait avec noblesse nos apathies.

Pour les toiles, le deuil s’est imposé en plein été avec la fin d’une rare oxygénation bravant ici notre week-end indolent ; là les interprétations aux merveilleuses sonorités. Un ton, une voix, une implication artistique : tout y était pour que l’on s’y attache.

La discrétion féminine trouvait son incarnation dans cette liane accomplissant une rencontre étrangement nitescente : Bogart apprivoisé, cette alchimie les liera. Il ne reste plus qu’à s’enfoncer dans son fauteuil pour se repasser sa séduisante présence.

Les ondes portent encore ses nocturnes conversations, l’aide précieuse de celle qui laissait la parole libre. Mères, épouses naviguaient ici en grand respect : écouter, guider ou initier restent essentiels à l’heure de l’étalage artificiel égocentré et des haines anonymes en réseaux.

Avant de sauter dans le vide, méditons un instant devant ce frontispice accueillant votre inépuisable époque révolue. Le Moyen Age avait la solidité des époques vivaces, notre âge très moyen lui s’hystérise, se fait peur et retombe comme un flan maladroitement renversé. La solution ? Voleter avec souplesse sans intégrer les irritants ultimatums. Celui-là c’était un vrai et tendre singulier.

Allez, je me risque aux gros mots : la France a perdu un dirigeant économique moustachu aux réussites grandioses, en rivalité internationale efficace. Une disparition qui a réjoui un crypto-député tout fier de sa grossière éructation radotant avec répugnance de fangeuses insanités : légèrement obtus cet hargneux emportement.

La voix de Radioscopie maîtrisait ses entretiens. Sa méthode, il aurait pu nous la confier : « J’affinais chaque question utile et savais comment harmonieusement ausculter nos contemporains enfin libérés. » Nous pouvons ainsi, sans appréhension, atteindre le jaillissement orageux et cataclysmique outrant ce kaiser es rock !



Le cimetière pour personnalités récemment disparues apparaît bien menu lorsqu’on parcourt la décharge des déviances pseudo politiques. Pour s’acclimater aux rances effluves, rien ne vaut le sourire crispé du détenteur d’un compte assurément helvétique : une zone à cacher jusque devant la représentation nationale… Ce sens obsessionnel de la dissimulation tranche avec la pratique brouillonne d’une ministre toujours en poste. Comment diagnostiquer un total amateurisme ? Une bourde invraisemblable raillée aussitôt jusque dans cette presse nostalgique du petit État tenu aux indignités nationales et qui laisse couler son miasme infect, nullement utile, tellement écœurant.

Progresser dans les allées défoncées du cloaque permet la découverte de pratiques peu reluisantes. Le vieux Serge, craignant pour son immunité  lors d’une première demande pour sanctionner ses tripatouillages électoraux, a dû adorer son Sénat arrangeant : une levée terrassée. La salauderie atteint le grotesque avec le conseiller de l’ombre qui s'acharne à berner une intimité servant son opération navrante. Enregistrez, enregistrez, cela nuira toujours à quelqu’un.

Si Sarkozy, traqué, aiguise ses imprécations, Hollande, largué, doit se séparer de maillons encombrants du cercle rapproché. D’abord, le bougre contaminé par un mal incurable : la phobie administrative qui interrompt brusquement une carrière prometteuse. Cette tartuferie hasardeuse étrille votre engagement nullement opportun : un désastre !
Et que penser de cet accusateur qui ulcère ; irrité, l’indésirable nervi outrage : « Mon odieux renvoi ? Épuration logique, laidement ethnique ». Le parallèle qu’il ose faire avec le génocide rwandais laisse songeur. On finit presque par s’habituer aux comportements improbables, notamment avec un autre cas, le jaspineur étourdi alimentant nos pires interprétations : encombrantes révélations ravageuses et jouant où une ypérite électorale tuera. Chacun reconnaîtra la dirigeante de parti incarné dans cette explosive recette : méfiance à répétition, intolérance nocive et lourds excès pour exciter nationalement.

Préserver sa santé exige de ne pas s’attarder dans ces marais infâmes mais avant, de s’éloigner, évoquons encore quelques cas hexagonaux à moucher. D’un côté, la maniaque opposition restant au niveau offensif ; de l’autre celle qui, dans la majorité, développe une philosophie politique imbuvable : « Mon archaïsme rejette toute idée neuve et alimente un blocage : restons- y ! ». Bonne chance à ses administrés… Quelques élus voient d’ailleurs en elle la solution pour remplacer le Premier ministre actuel, sauf qu’après l’époque des godillots, voici venu le temps d’une faiblarde rébellion où nos députés expérimentent un ridicule soufflet. Les charentaises ça peut se révolter, mais en douceur… Donner l’impression de s’insurger contre quoi, au fait ? Sans doute contre ce qu’ils perçoivent comme une horripilante orientation : le louvoiement approximatif nourrit des égarements. Pourtant, depuis quelques mois, la présidence privilégie une méthode accrocheuse nécessaire : un État liquéfié vaut assurément la ligne sévère laquelle, selon les chapelles idéologiques sollicitées, mène au capitalisme réaliste ou nocif.

Incertaine politique dans laquelle s’est perdu un ministre : il critique, houspille, ensevelit les selfies accumulés pour inesthétisme numérique. Malgré sa tronche de mérou mal péché, il n’a pas eu tort de stigmatiser cette singerie egocentrique laidement figée, imbécilement enjouée, surtout lorsqu’elle s’étale devant les lieux d’une prise d’otages… L’air des cohortes sociales n’est donc pas plus sain que celui de nos dirigeants. Pour s’en convaincre, jaugeons la fange commerciale et ses suspectes offres léchant des envies superfétatoires à l’image de cette innovation périodique hystérisant obscènement notre enthousiasme. Ce suivisme décervelé a pu inciter des cigarettiers à une pratique honteuse : infiltrer les initiatives parlementaires. Manœuvrer ou rétribuer royalement : implacable stratégie.

Une partie de la société s’est agitée autour d’une monomanie archaïque nous incommodant : familles prétendant opposer une raisonnable tradition ou union sectaire ? L’interrogation reste en suspens mais revitalise l’objectif de faire afficher chaque existence bien obéissante : ogresque kaléidoscope proche du glouton orientant ou gavant les explorations selon la pratique de l’internaute. Ni pire, ni mieux que la transmission éclectique laissant évidemment votre intelligence sélectionner : inspirant ou navrant. L’ambivalence structure plus que jamais notre fonctionnement social. Ainsi, un même banal objet peut, chez l’un, garantir une clandestine approche supposant quelque urgence épique, chez d’autres répondre à la question : comment atteindre sa quintessence ? Une évidence !



Cette forme ravissante aux nombreux coins enivrants ne peut tolérer les hordes innommables. D’abord et avant tout celles de l’entité terroriste aux tentaculaires intentions : ses légions arriérées massacrent, initient quelquefois un égorgement. Rien d’autre, en réalité, qu’un dépotoir aux excréments criminellement haineux. L’archétype des intégristes c’est le damné jobard, il hait automatiquement : des ignominies satanisent tout embrigadement. Ces nuisibles ne sont rien d’autre que de terrorisants assassins liant intégrisme barbare au nihilisme suffocant.

L’actualité internationale a charrié des scories géopolitiques qui pourraient bien faire disjoncter 2015. Au premier rang des dangereux incontrôlables, celui qui a pu occuper un territoire indépendant : nul empêchement à l’horizon. Ainsi a été scellé le sort d’un croupion russophone inspirant Moscou : éperonnement exprès.

Pas mieux à proposer quelques mers et langues de terre plus loin, et ce depuis tant de décennies que cela en devient presque constitutif du territoire disputé. Une confrontation obérant notre faiblarde lucidité, inhibant toute initiative salutaire : roquettes accumulées et lourdes opérations pourrissent allègrement les échanges sains ; terre initiale noyée invariablement, enfer nourri. Alors que faire ? Se croiser les bras et attendre, aller voir outre Atlantique ? Pas sûr que la fracassante exécution raciste générant un soulèvement odieusement nettoyé apaise le désespoir.



Une seule solution, très provisoire, très fragile : revenir au festif intimiste et imaginer l’inconcevable tablée de la très prochaine Saint-Sylvestre :

- le dessinateur doté d’une prodigieuse liberté arrondissant notre terrible univers ;

- la comédienne charismatique, telle une ondine radieuse nous entraînant loin, laissant au monde une trace incandescente ;

- l’acteur magistral qui sait tout autant jouer et apprivoiser, nutritives résolutions où chaque hardiesse enthousiasme forcément : osons rêver tranquillement ;

- la chanteuse au timbre envoûtant, à faire revenir d’urgence parmi nous car elle libérait les airs : fertiles improvisations, tonique zique galvanisant et rythmant aussi la délicatesse ;

- le philosophe lumineux aux théories ontologiquement nécessaires ;

- l'admirable femme politique qui, par son intégrité ministérielle, ouvrit nos esprits : valeureuse européenne impliquée loyalement ;

- l’écrivain aux ragoûtantes aventures braisées et liées aux ivresses supercoquelicantieuses ;

- la journaliste exemplaire, portée par une activité novatrice nous éclairant sur internet : nulle complaisance liée aux informations rassemblées ;

- le Résistant qui incarne l’âge d’homme et nous rappelle que ces actions valeureuses atteignent idéalement le louable engagement solitaire ;

- le poète à l’art révulsé, tourbillons accrochant une démence ;

- le peintre qui, par son approche labyrinthique, vous arrache d’oblongues réminiscences déjantées attisant les interdits ;

- l’auteur-compositeur interprète aux rimes salutaires : belle rossée aux salauds, saines envolées non sectaires ;

- le scientifique avec son dépaysant espace inclinant notre sinueux temps : éclairage intelligemment nuancé ;

- l’animateur déjanté aux boutades acérées flinguant force interlocuteurs estomaqués ;

- enfin, le réalisateur attachant qui suscite les louanges à un tonton novateur et ragaillardissant.



Bon d’accord, j’ai perdu de vue la parité, mais ces quinze invités d’exception parviendront peut-être à transfigurer l’année à venir, loin de tous ces manipulateurs insidieux, calomniant beaucoup en restant très habiles.


Belle année 2015, espérons…



25 août 2014

L’îlot d’enfantillages

Il y eut Casimir Périer, parangon du tranchant politique… Voici venu le temps de Casimir Hollande, spécialisé dans l’engagement émoussé. Sa troisième rentrée présidentielle ne pourra leurrer davantage : ses pactes au gloubi-boulga pourrissent avant même d’avoir été réellement goûtés. Ses flopées d’intentions rappellent les égarements immobiliers de certains pays qui laissaient tomber en ruines les fondations sans que jamais les bâtisses ne vissent le jour.
Casimir Hollande a le teint avenant, les courbes conviviales, le ton léger à souhait, mais son allergie au conflit l’empêche d’imposer le traitement nécessaire. Résultat : la guimauve prolifère là où le remède requerrait quelque acidité dans le lard hexagonal.
Bonne nature, Casimir tournicote dans ce manège désenchanteur précipitant les îlots encore émergés vers une mélasse pétrifiante. Valls n’y changera rien : le froncement de ses sourcils n’est dû qu’au fait de se positionner systématiquement face au soleil pour répondre aux interrogations : ne prenons pas pour une détermination ce qui n’est qu’une incommodité circonstancielle.
Est-ce pour autant la faute du bonhomme Casimir ? Le Goldorak en carton-pâte qui l’avait précédé connut-il davantage de réussite ? La réponse électorale fut cinglante.
L’échelle actuelle du pouvoir politique n’est en fait pas la bonne. Tant que le saut vers un Etat européen ne sera pas effectué, nous n’aurons que peu de prise sur les courants économiques mondiaux et les mesures adoptées seront aussi efficaces que les moulinets d’un nageur débutant perdu dans une baïne. Les Etats-Unis d’Europe, voilà un vœu toujours aussi utopique qu’à l’époque de Victor Hugo : il suffit d’assister aux résistances d’un autre âge que provoque la très nationale réforme territoriale.

Freinés par notre mille-feuille administratif, engoncés dans les limites d’une France à bout de souffle, nous entretenons toutes les conditions pour une asphyxie terminale. Pom pom pom pom pom pom… bonne nuit le pays !

Article également publié sur AgoraVox.

24 avril 2014

Royal : un dérèglement intérieur ?

En ces temps de crise rabâchée, le serrage de ceinture ne lui suffit pas. Si Antoine-Gaston de Roquelaure se distinguait par des bons mots, au point d’être fait chevalier de l’ordre du… Saint-Esprit, la Ministre-Maréchal s’attaque aux dérèglements de son ministère par des consignes dont elle rappelle, dans une formule pléonastique, la vocation : un « règlement intérieur (…) destiné à l’interne » ! Accessoirement, n’omettons pas de monter en haut nos affaires et de bien descendre en bas en fin de journée…

Parmi les réjouissances ségolènisées : finies les suggestions mammaires entre les murs de Roquelaure. Désormais, il faut du boutonné, du col roulé voire de l’écharpe cadenassée… L’époque des troubles pour cause de plongeon vestimentaire est révolue ! On se concentre sur les dossiers et pas sur les rebondis de sa voisine.

« Ségolène, la voilà ! » : la sonorisation de ses déplacements intra-muros dispensera ses collaborateurs de guetter sa venue pour se remettre au boulot tout en leur permettant de vérifier que le bouton du haut tient militairement… « Sa Sérénissime Royal traverse ton bureau, sous-fifre ! alors tu te lèves debout par respect pour notre sacré règlement intérieur à usage interne ! Tu as bien intériorisé ? » La majesté de la Ségolène, avec son phrasé aux gutturales banlieusardes, quoiqu’empourprées, méritait bien ce ramage d’huissier.

Ultime brimade pour son personnel infantilisé, la course à la « popote » : ne surtout pas prendre un appel en fin de matinée, lorsque les gargouillis fendent la bedaine, au risque d’être privé de cantine si Madame la Sérénissime Royal prend ses quartiers de fruit dans son Salon…

L’écologie rose en baille des vertes et des mûres…

06 avril 2014

Désunis dans l’adversité

Incapacité des peuples et des dirigeants à faire de l’Union européenne l’instrument d’une réelle puissance qui s’impose d’un seul tenant à l’extérieur. L’assemblage disparate dépense la majeure partie de son énergie à tenter de résoudre les tergiversations internes. Au modèle d’un volontariat constructif a succédé la persistance d’une stagnation entretenue. Ce sur-place exacerbe les défauts institutionnels et de plus en plus est dénoncé le technocratisme illégitime de la Commission.
Genèse de l'Union européenne.

En quoi les commissaires européens seraient moins légitimes à leur poste que les ministres nationaux ? Les premiers sont choisis et non élus, certes, mais tout comme les seconds, et l’adoubement par le Parlement européen – instance qu’on ne peut faire plus représentative de l’opinion des peuples de l’Union – vaut bien le vote de confiance à un gouvernement national.

Répartition des pouvoirs dans l'UE.
Dernièrement, paradoxale confirmation de la place considérée comme secondaire, voire accessoire, de certaines fonctions européennes : un ministre français en échec, critiqué de toutes parts, non retenu pour l’équipe de combat de Valls, va prétendre au poste de… commissaire européen ! Calamiteuse image de cette institution qui devrait, au contraire, réunir des personnalités en réussite et dont le mordant donne envie. Prendre cette instance exécutive comme le mouroir politique de responsables déchus ne peut qu’entretenir la défiance.
Commission européenne.

Inconséquence des ténors politiques qui se prétendent pro-européens (il est vrai qu’on en compte de moins en moins, surtout à l’approche des élections) mais ne veulent surtout pas faire don de leur temps et de leur talent à la cause européenne en détechnocratisant des instances victimes d’un manque de personnel attractif et reconnu médiatiquement.

Conseil européen
Résultat : le système se sclérose faute d’être animé par des personnalités d’envergure. Le contenant n’a jamais fait la saveur d’un plat. L’insipidité d’une Union dénoncée comme castratrice tient au désengagement des sociétés nationales censées la constituer : désaffection des mastodontes politiques – le Conseil européen délivre de moins en moins d’impulsions pour une construction exaltante et se ratatine aux conciliabules gérant les désaccords – indifférence médiatique et désintérêt des peuples.
Politiques de l'U.E.

Faudra-t-il une déflagration économique bien plus dévastatrice pour qu’un choix clair s’impose ? Cette U.E., à force d’être bouc émissarisée, non plus seulement par les anti-européens, mais aussi par une classe politique nationale à bout de souffle, devient un verni écaillé peinant à couvrir une désunion dans l’adversité, l’anti-devise malheureusement en cours. L’Union post 2005 a perdu cette âme fragile qui en faisait une espérance politique pour nous grandir.

Si la consultation de juin prochain dégage une majorité de députés eurosceptiques qui, par exemple, n’approuvent pas la Commission choisie par les chefs d’Etat et de gouvernement en déphasage avec l’idéologie dominante du nouveau Parlement (anti-) européen, nous pourrions assister à une implosion institutionnelle. Ajoutons à ce blocage la décision d’un des gros Etats fondateurs de quitter le navire en perdition et c’en serait fini du projet initié soixante-quatre ans plus tôt… Dans le chaos généré émergeraient des accords multilatéraux consacrant de fait la scission en deux modèles européens devant affronter des épreuves bien plus aiguës.
Construction à "petits pas".

La nouvelle équipe hexagonale donne la part belle aux défenseurs du Non au « traité établissant une constitution pour l’Europe ». Les deux premières têtes étaient, dans leur intime conviction, contre ce projet : l’un, Fabius, l’a assumée jusqu’au bout alors que l’autre, notre nouveau Premier ministre censé sortir l’action gouvernementale de l’ornière, a rallié la position officielle de son parti – par discipline ou opportunisme, on ne le saura jamais. Je n’oublie évidemment pas le tempétueux Montebourg désormais détenteur de l’économie nationale.
Chronologie de la construction européenne.


L’harmonisation des discours lors de la campagne des européennes devrait obliger certains à des contorsions intellectuelles douloureuses. En attendant, observons ce que ces « nonistes » au pouvoir sont capables de réaliser en restant en phase avec leur souhait d’une autre Europe et souhaitons que ce soit autre chose qu’un « vent mauvais »…

07 août 2012

Tout est normal, Monsieur le Président !


Imaginons son été 2013 ou 2014, en musique :

Allô, allô, Ayrault !
Quelles nouvelles ?
A Brégançon pour quelques jours,
D’l’I-phone sans tweet
Je vous appelle :
Que trouverai-je à mon retour ?

Tout est normal, Monsieur le Président,
Tout est normal, tout est normal
Pourtant je dois, je dois dire qu’je pressens
Une babiole, un truc banal,
Qui ne peut pas être très gênant :
La fin précoce de vot’ chang’ment,
Mais, à part ça, Monsieur le Président,
Tout est normal, tout est normal.

Allô, allô, Ayrault !
Quelles nouvelles ?
Mon changement déjà banni !
Éclairez-moi,
Premier fidèle,
Sur ce qui a stoppé ceci.

Y’a rien de grave, Monsieur le Président,
Y’a rien de grave, tout est normal.
Pourtant je dois, je dois dire que je sens
Comm’ un p’tit couac qui n’fait pas mal.
Il s’est fini
Par la faillite
De l’ensemble des compt’s publics,
Mais, à part ça, Monsieur le Président,
Tout est normal, tout est normal.

Allô, allô, Ayrault !
Quelles nouvelles ?
Nos finances n’ont pas résisté ?
Détaillez-moi,
Premier en zèle,
Ce qui a pu le provoquer.

Y’a rien de grave, Monsieur le Président,
Y’a rien de grave, tout est normal.
Pourtant j’avoue, j’avoue que l’embêtant,
C’est une vétille qu’on me signale :
Si Bercy a perdu sa manne
C’est qu’le pays est bien en panne,
Mais, à part ça, Monsieur le Président.
Tout est normal, tout est normal.

Allô, allô, Ayrault !
Quelles nouvelles ?
Notre pays en léthargie !
Révélez-moi,
Sans ritournelle,
Ce qui empêche not’ stratégie.

Eh bien ! Voilà, Monsieur le Président,
A forc’ de dépenses cumulées
Pour étouffer les cris les plus stridents,
Sans éponger les dettes passées,
Nous avons vidé l’escarcelle
Avant notre mis’ sous tutelle,
Jetant toute l’Union à l’eau
Et sa construction dans les flots,
Ce qui coula l’économie,
Paralysant tout le pays :
Nous avons dû logiquement
Renoncer à votre chang’ment !
Mais, à part ça, Monsieur le Président,
Tout est normal, tout est normal.