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01 janvier 2012

Une clé de 12 pour la 11, vite…

… avant que je perde mon titre AAA…bscons.

Un certain mercredi 29 décembre 2010, j’entamais dans la brume d’une pièce incertaine le Manus XXI de ce Journal fourre-tout. Trois cent soixante-cinq jours plus tard exactement, je l’achève sans pitié.

Lecture du Journal d’un mythomane de Nicolas Bedos que je découvre couché sur le papier. Plume alerte, charges aiguisées pour mieux pénétrer les proies, je me trouve un peu fade à côté. Fini le temps de gros niqueurs minitellien où je cassais la rondelle de Sophie Marceau répandue dans un Zulawski en rut : elle « a l’air d’un tubercule pour charcutier poids lourd, enviandé par un cheptel butyreux de pâlots gras du bide. » (18 février 1988).

J’émousse ma pique sans raison rationnelle puisque rien ne peut me retenir ni me contraindre. Peut-être une frilosité croissante, la part d’existence à vivre se réduisant. Les places de polémistes et pamphlétaires en vue sont prises et rien ne me motive pour aller jouer des coudes et parader sur la scène médiatique. Grotesque je serais ! Se contenter de cette obscure parcelle infinitésimale sur le Net et pondre, pondre jusqu’à ce que crève et fin s’en suivent.

Jalouser en secret les réussites littéraires, pourquoi pas : ça entretient le semblant de substance de ses écrits. Justifier ses propres inconséquences par un retrait proclamé volontaire, allons-y : l’illusion s’érige comme le confort des insatisfaits, des sous-vivants au regard de leurs inavouables aspirations. Laisser les ascensions aux autres, bichonner son stoïcisme et garantir ainsi le minimum excitatif. L’heure de la libération absolue est très loin d’être venue.

Après la flagelle comme préliminaires, une petite rétrospective à la Bedos s’impose. Que retenir de la croulante 2011 aux affres consommées ? Elle n’a vraiment pas tourné rond : ça fuite de partout, ça grogne et ça s’éparpille…

Janvier frigorifie : je me refuse d’émerger, à d’autres les érections. Quelques populations arabes chamboulent les équilibres géopolitiques chers à nos réservoirs et aux séjours d’autruches-touristes pour nous infliger de l’islamisme radical qu’on mijote déjà dans nos meilleures cités.

Pas mieux en Février, d’autant que la MAM s’enlise. Allez, je me retourne un coup pour replacer la couette. Vous connaissez la chanson : « Michelle sans selle, s’est vautrée d'avoir lâché sa sangle ». Elle confirme ainsi son double effet : une impression de rectitude à la limite du psychorigide pour mieux camoufler ses bourdes, la gourde, ses boulettes et son nécessaire de survie à la sauce Ben Ali. Loin d’être la seule, mais la maladresse médiatique est la sentence suprême pour un personnage public. Exit l’Alliot-Marie !

Voilà que Mars prend des couleurs atomiques. La percée de la centrale de Fukushima, ouverte à tous les vents, nous permet de humer ses profondeurs énergisantes. De là à couvrir les terres de France d’éoliennes, la Joly plissée a sauté le pas et au-dessus des mottes. Mon sac de provisions me l’avait pourtant conseillé : « Trier, c’est simple. En vrac, dans la poubelle verte » les Mamère, Duflot, Joly et Lipietz. Action citoyenne en attendant que le réchauffement nous engloutisse via les eaux hostiles. Finalement, je pète un coup et je me rendors.

De qui se moque Avril ? J’attendais la danse touchante de deux moineaux et je me retrouve avec le ballet de la longue desséchée se frottant contre l’otarie gloutonne. Le Lagarde et Nanard, ça ne vous dit rien ? Une compilation très financière avec du trop complexe pour vraiment révolter le bon pôple. Les arguments de la Christine tiennent la route, mais celle-ci se borde déjà de gibets pour que les enragés mélenchonniens se soulagent à coups de banquiers, d’affairistes et de traders, mais pas encore des salopards du ballon rond obscènement payés. Quelques idoles à préserver pour que les apprentis révolutionnaires ne se pendent pas eux-mêmes.

En Mai, fourre ce qu’il te plaît ? Le cher DSK égaye l’année, enfin ! Ce Dangereux Satyre (pas encore) Knouté comble bien profond sa voie présidentielle évitant ainsi à la Marianne de se trimballer un SEXtennat avec un addict du coït dominateur. Exit l’excité !

Le rut se prolonge en Juin : la verge en tête de proue pour un Tron mis à pied trop massé. Strauss-Khan était resté dans l’assouvissement du mâle de base : mains aux nibards, pénétration sans doigté et fellation imposée. Du primaire dont la seule obsession est de faire traire ses gonades encombrantes de gré ou de plus en plus de force… Avec Georges Tron on quitte la sphère du cul pour celle de la voûte plantaire avec orteils bien dessinés. Le dadais, villepiniste avant qu’on lui offre un sous-maroquin, a caressé et mâchouillé du panard délicat sans l’entier consentement des propriétaires. Du viol assimilé dont la seule accusation suffit pour le débarquer. Ne surtout pas s’encombrer de brebis libidineuse dans le camp du fidèle Sarkozy. Au trou le Tron !

L’été s’annonçait bandant, Juillet liquéfie les ardeurs et impose du Guérini comme plat de suffisance. Beaucoup moins bellâtre que le Georges piétiné, même carrément patibulaire, le président du Conseil général des Chiottes-du-Rhône arbore la complète panoplie de la barbouze politique avec dérive mafieuse. Quand l’impunité fait sa parade… Heureusement, le Montebourg veillait au grain pour nous dispenser de cette nuisible ivraie.

Début Août, j’ai cru un instant que l’ami Pagnol était revenu, avec sa Pomponnette… et non, encore raté ! Le temps des fadettes rappelle simplement que la liberté de la presse n’est jamais acquise. Stop ! la grandiloquence dormitive, c’est l’été ! Monokini et courbes à croquer pendant que notre triple A est à la diète. Comme une revanche du cancre : le pays dans son entier, et notamment ces empafés de profs, doit subir les foudres de censeurs incorruptibles. Une dégradation annoncée qui porte un coup à la fierté patriotique mal placée. Pour le chaos claironné, attendons qu’il arrive. Les U.S. n’ont pas l’air de se porter si mal avec un A de moins…

Berk ! la rentrée de Septembre : les cartables pour les mioches de la République, les mallettes pour les moches de la politique. Vieilles affaires à se bouffer jusqu’en Octobre face aux arcanes cathédralesques de Karachi. Tête dans le baquet des deux crocos de la droite aux Présidentielles de 1995 : de l’argent sale à profusion, de la trahison en tartines écœurantes, des cadavres même… Toute la pourriture cumulée d’un jeu de massacre affiché démocratique et que les deux croulants ennemis, le sourd Alzheimer et le Goitreux coincé, voudraient que la Justice oublie. Pas de bol, Chirac a reçu sa sentence fin 2011 comme un vulgaire délinquant ; pour l’équilibre, espérons que Balladur ne puisse plus se tenir loin du pot crado des délits commis en son nom et avec sa doucereuse bénédiction.

La belle saison a vraiment trépassé : Novembre et son automne poisseux accentuent la déprime. Le cœur antique de l’Europe ne peut plus nous offrir le moindre raffinement d’une grandeur perdue, mais juste se prendre quelques claques pour une prestation budgétaire calamiteuse. Après la Grèce disciplinée de force sous peine de banqueroute hors de l’UE, l’Italie sort de son ère de capotes à paillettes pour une rigueur déberlusconisée. Fin de cycle, récré terminée !

En Décembre, mieux que Laurel et Hardy avec leur piano de Sisyphe, Merkel et Sarkozy s’ingénient (ni saints, ni génies, je précise pour les empoussiérés du cortex) à entretenir leur romance, évolutive comme un meuble Ikéa pour cage à lapins : du « je t’aime moi non plus… » au « je t’encule moi aussi ! » sur le plancher clouté de leur baraquement branlant. La partouze à vingt-sept, malgré les deux Sex Toys en chef, n’a vraiment plus rien de jouissif. Adenauer, Spaak, De Gasperi, Schuman revenez : butiner vos brioches poilues sera toujours plus inspirant que le bal des gougnafiers infligé par vos lointains successeurs. Dix ans d’Euro et toujours pas d’État européen… On a élargi jusqu’au grand écart douloureux sans accélérer l’intégration avec abandon conséquent de souveraineté. La mosaïque, ça va très bien pour l’esthétique immobilière, mais pas pour une entité politique. Bouc émissaire de tous nos malheurs, l’UE se traîne : impasse et perd… Les finances, plus que jamais à sec, vont faire encore plus mal en 2012, point l’année de la fin du monde, mais du poing râpeux dans le fonds national : un fisting pour sonner le rappel, nous faire trébucher, avant l’achèvement.

D’ici là, entonnons en joie : « C’est la Merkel, Moi Sarkozy / C’est elle la Grosse et moi le Petit / C’est la Merkel, Moi Sarkozy / Et nous sommes de faux amis ! »

2011 fut vraiment une année de merde, alors imaginez ce que sera 2012.



09 octobre 2011

Lions Yeux, Oreilles, Nez...

... pour affûter nos sens et entailler l'actualité.

La ville des sens : base idéale pour fustiger l’essence des vils. Lyon, pour croquer plus en profondeur les agités du cloaque. Tout en perspectives, en dénivelés dentelés, cette capitale de vie éclaire les voies à cheminer et celles à carboniser. Suffisamment vaste pour s’y fondre, assez intime pour s’y reconnaître, je loue son espace et me catapulte sans effort vers le bleu du ciel depuis ses berges enchanteresses.

Je n’ai évidemment pas attendu Stéphane Hessel pour réagir aux travers du monde. Dès 2005, je baptisais mon premier blog, à la technique rudimentaire, Indignation. Lyon, enfonçons sans retenue nos crocs dans la chair des tordus, élaguons les circonvolutions des postures convenues, arrachons la graisse pour dénuder l’os. Lyon, ta crinière rhôno-saônienne influence mes confluences enflammées. Savoir prendre l’élan depuis ton double i, échasses efficaces pour transcender sa vision des soubresauts du temps.

Visiblement, Al Qaida vient de ridiculiser le discours négationniste de l’insane Ahmadinejad et, à travers sa repoussante carcasse, de tous les complotistes qui font leur beurre par la remise en cause des évidences du Onze Septembre. La nébuleuse terroriste réaffirme avec force la paternité du plus gros attentat jamais commis, ravalant le dirigeant iranien à un suppôt des Américains qui ne trouverait rien de mieux que de nier la capacité d’Al Qaida à effectuer un tel coup de force. C’est la plus cinglante réponse qu’on pouvait espérer : un peu comme si Hitler lui-même venait botter le cul de tous les révisionnistes en leur rappelant l’efficacité de sa Solution finale, fours crématoires et chambres à gaz inclus.

Curieuse naïveté des adeptes du complot qui ont cru au silence complaisant des ennemis de l’Occident. Ces démonstrations pseudo scientifiques sonnent comme l’insupportable relégation de leur sanglant coup de maître en minable tromperie sur le déroulé des événements et leurs protagonistes. A force de n’avoir en ligne de mire que le Grand Satan Sam, ils ont négligé l’affront que pouvait constituer leur logorrhée argumentative chez les disciples de feu Oussama.

Ne doutons pas de la ressource régénérative des phares de l’escroquerie intellectuelle. Les anonymes de la toile n’auront aucune difficulté à se carapater sans un mot d’excuse ou de regret en attendant que les meneurs trouvent une nouvelle faille à la version officielle renforcée puisqu’elle est revendiquée par les deux parties ennemies. Les Meyssan and Co vont sans doute révéler une machination anglo-saxonne au cœur de l’organe de propagande al qaidien…

A écouter le yoyo rhétorique des experts économico-financiers, l’humeur s’écartèle sans accroche certaine.

Alors qu’on connaît depuis ses débuts la part dévastatrice du nucléaire, on commence tout juste à découvrir les menaces que nous fait courir l’informatique algorithmée via le grand casino boursier. La recette explosive pour générer un effondrement systémique suivi d’une dépression mondiale : des dettes souveraines hors de contrôle, un panurgisme démultiplié au son de la rumeur et l’amplification des mouvements par des algorithmes déchaînés. Derrière ce trio à l’œuvre, tel un activateur d’anti-économie, des sociétés en lambeaux prêtes à s’étriper pour quelque prétexte exacerbé.

La senteur des affaires d’Etat écœure : un peu comme si l’on nous obligeait à plonger dans un alcool de truffes pourries. Les remontées karachiennes rendent l’opportunisme d’un Balladur encore plus méprisable. Son discours ronronnant et policé cachait donc la salauderie des rétro-commissions… En face, le Chirac a parfaitement su éviter la claque finale par une pirouette cérébrale : le service rendu à la nation méritait bien une Justice sourde et aveugle. On ne traite pas un ancien locataire de l’Élysée comme un vulgaire délinquant anonyme… Les adages, les devises et les principes ne valent que pour les façades et une Constitution de la Cinquième… colonne sûrement. Le président du Conseil constitutionnel d’alors a bien sûr validé les comptes de campagne des deux tripatouilleurs en lice, pour compléter le panorama. La chansonnette institutionnelle du Roland n’a vraiment aucun panache : Dumas envers et contre tout l’intérêt général !

Et dire que les disciples de tout ce petit monde sont en charge de l’État ou prêts à le diriger…

10 novembre 2010

Pandémonium... pour rire

Nos Présidents
Général ayant connu des débuts difficiles, notamment par une difficulté à se faire entendre des Français : quatre terribles années pour son Appel et douze ans pour son discours de Bayeux. Lui, au contraire, a parfaitement compris les démons de son peuple : une épuration, mais pas trop longtemps, une décolonisation, mais pas trop vite, la chienlit, non ! Le gaulliste demeure encore aujourd’hui le déguisement préféré de nos politiques.

Sa prescience des facteurs qui devaient compter l’a poussé à déclarer, en pleine période des Trente Glorieuses, que l’emploi serait à considérer comme un problème permanent, non traitable définitivement, mais que l’on devrait accompagner pour en atténuer les conséquences.
Lors de son dernier Conseil des ministres, le visage gonflé par son traitement, il confie à l’assemblée qu’il « souffre comme un damné ». Le contraste entre les responsabilités considérables assumées et le tiraillement constant de souffrances atroces qui vous incitent à l’abandon de poste, mérite le respect posthume de l’homme d’État.

Ci-gît une présidence au d’Estaing contradictoire : des intentions modernistes, un phrasé IIIe République, un physique d’Ancien Régime.

Mitterrand (François)
L'homme a su satisfaire jusqu'au tréfonds son ambition politique, s’accordant un septennat bis en assumant les contradictions de cette longévité présidentielle. Pour résister aux coups de boutoir quotidiens, aux tentatives de sabordage de son système, aux dénonciations en rafale des noirceurs de son labyrinthique passé, il a su intégrer les propriétés de la toile cirée. L’esprit agile, le caractère déterminé, il s’est imperméabilisé : et s'écoulent les éclaboussures...

Chirac (Jacques)
Autruche présidentielle. Bien caché dans son sable élyséen, il n’a toléré aucun affront, aucune remise en cause de sa superbe avec ses gourdes, ses ratages et ses écarts lexicaux.
Sa plus belle trouvaille institutionnelle, après la dissolution de sa majorité parlementaire en 1997 : la promulgation fantôme du CPE ! Mitterrand déblatérait sur Le Coup d’État permanent du chef historique de la France libre ; la première décennie du siècle se sera avachie dans les à-coups du fat déprimant.

A quarante  ou soixante ans de distance, que subsistera-t-il de la trajectoire du Sarkozy courant ? Quelques griffonnages insipides sur le menu du Fouquet’s ? Les abondances médiatiques du « court Sarko show » démultipliant annonces et explications, initiatives et déplacements pour occuper puis embrumer les esprits ?
Paradoxe : les mêmes qui se sont ingéniés, depuis quarante ans, à désacraliser la fonction présidentielle se courroucent aujourd’hui d’avoir un chef d’Etat aux écarts de buvette. Les Américains ont eu leur Bush, innommable vulgarité politique pour les condescendants Français qui ont porté au pouvoir celui dont ils connaissaient sans ombre le Cirque d’Etat permanent. Toujours insatisfait, toujours à s’en prendre à ceux qui ont la charge de gouverner ce pays, le peuple de France maintient son ancestral penchant à brûler ses idoles, même lorsqu’elles lui ressemblent jusqu’au bout des mots.

Quelques Premiers ministres
Debré (Michel)
Mitterrand, lorsqu'il assumait les fonctions de ministre de l'intérieur, avait rassemblé suffisamment d'éléments pour décapiter le père de l'E.N.A., futur artisan de la Constitution de la Vème République. Pas un mince gibier donc. Debré, mis au parfum, vint pleurnicher dans le bureau du ministre, le suppliant de ne pas révéler l'affaire.
Quelques années plus tard ce même Debré, le vent en poupe, décide d'achever politiquement le Mitterrand en phase descendante. Il charge son ami Pesquet d'amener le futur Président à la bonne idée d'un faux attentat qui pourrait le remettre à l'avant-scène médiatique. « Il faudrait faire en sorte que l'idée vienne de lui » comme dans le film L'aile ou la cuisse de Zidi. Le parlementaire remplit sa mission d'approche et de suggestion. La révélation de la supercherie ne tardera pas, évidemment.

Fabius (Laurent)
Scandale autour du Centre national de Transfusion sanguine qui aurait, en 1985, injecté du sang contaminé par le virus du sida à des hémophiles, alors que des techniques existaient pour stériliser le sang. Les inculpations défilent et Fabius saponifie un max. Le voilà qui revendique le droit à la dignité et qui défend son honneur. Le fœtus du monde politique nourrit ses convictions de poncifs douceâtres et de colères avec petits poings en avant.
Dieu Tout-Puissant, si tu existes un tant soit peu, fais que le Fafa ne pose jamais son derrière sur le trône élyséen. Fanfan le vieux nous aura suffi. (1991)

Le piquant Rocard n’a pas pu décoller de l'oubliette, en tête de proue sur la liste chiassocialiste et en prétendant élyséen. Son Little Big-bang vient de lui péter à la gueule, ce qui doit réjouir Fanfan Mité. Recalé, Rocard laisse les intellectualisations au ronronnant Delors. (1994)

Mitterrand son quatre heures et sa Cresson toujours vivants, aux dernières nouvelles. (Novembre 1991)

Quand j'appris la nouvelle de son suicide, je roucoulais avec ma douce Kate dans le Grand Hôtel de Cabourg où nous avions décidé de passer un week-end prolongé. A nuitée, découvrant en voiture les beautés alentour, je gardais au fond de la gorge un étrange relent de dégoût pour la clique médiatique, qui enterrait hier et désormais encense le feu Premier Ministre.
Pour l'homme, sensible jusqu'à la moelle, je ruminais l'impression confuse d'un magistral gâchis. Ce petit homme, si anodin à première vue, cachait probablement une loyauté trempée qui, au-delà d'une compétence sans cesse améliorée par sa remise en cause quotidienne, alliait sa survie au sens de l'honneur. Je reste profondément ému de cette intime tragédie.

Balladur (Édouard)
Il n'a pas résisté aux gueulantes des jeunes agités. Les démocrasses ne peuvent plus rien faire à la tête d'un régime mou. Incapable de mater les vandales et les voyous déterminés au destroy de ce qui est à leur portée, incapable d'imposer ses vues à une jeunesse en quête d'un avenir sécurisant, ce gouvernement liquéfié va barboter jusqu'aux élections présidentielles, ne se risquant pas aux grands coups de latte dans le fondement dont a besoin notre société. (1994)

Juppé (Alain)
Il choisit de lancer de profondes réformes pour assainir les comptes du pays, mais sa méthode, pour faire passer ces nouveaux efforts, se révèle désastreuse et autorise tous les à-peu-près des grévistes.
La réaction gouvernementale pouvait se résoudre à une alternative simple : négocier immédiatement ou réprimer efficacement. Faire l'autruche est la pire des attitudes. Jouer le pourrissement en donnant l'impression d'une fermeté accommodante, c'est risquer la réaction violente des gesticulateurs.
Au bout du compte, Juppé en viendra à négocier plus ou moins profondément son plan, et le pays aura perdu quelques semaines, quelques milliers d'entreprises contraintes au dépôt de bilan et sa crédibilité sur la scène internationale. (10 décembre 1995)

Jospin (Lionel)
Le miraculé Jospin, que le pouvoir a transfiguré au point de lui redonner une bouille regardable, sans yeux globuleux et bouffissures inquiétantes, est passé chez Big Média d’Arvor, les gonades étatiques bien gonflées pour lustrer sa pilule et distribuer les baisses fiscales à tous vents. Peu enclin à le critiquer, je peux l’avouer. (2000)

Raffarin (Jean-Pierre)
Face aux braillards inconséquents de la rue, un certain panache du Raffarin. Passé chez notre institution journalistique, l’inaltérable Poivre d’Arvor, le Premier ministre a communiqué très limpidement, sans pathos excessif, sans technocratisme rébarbatif, mais en remettant les réformes vitales proposées en perspective : une réforme des retraites, étalée sur dix-sept ans, ne peut s’assimiler à un coup de massue ou de poignard comme le beuglent les fonctionnaires grévistes. A ne revendiquer que pour la sauvegarde de leurs illégitimes privilèges et faire accroire qu’ils se battent aussi pour le secteur privé, les employés à vie confirment la pesanteur pachydermique du système public. Le corps enseignant du public abonde dans cette sale manie de rejeter tout changement au nom d’un ensemble disparate dont le socle commun fantasme dans des interprétations abusives des intentions du gouvernement. Les mises au point ont donc été faites, ce qui ne calmera pas les excités sociaux. (Mai 2003)

De Villepin (Dominique)
Dans La tragédie du président de Franz-Olivier Giesbert, il apparaît comme le plus imbu de lui-même, et son discours off comme le plus en décalage avec sa tartine démagogique officielle. Habitude langagière révélatrice du personnage : tout ramener au fait « d’en avoir ou pas… » dans le pantalon. Le critère des gonades semble être l’alpha et l’oméga de son sens critique. Des couilles plein la bouche, il en sert à ses interlocuteurs en coulisse, certain d’être lui-même doté des plus impressionnants spécimens…
Le désastre du CPE, cette piteuse retraite en rase campagne, a révélé la texture et le contenu des testicules du Premier ministre tout juste calibrés pour jouer aux billes. Exit le mauvais poète des roubignolles !

Fillon (François)
 Fillon, nous et l’autre, l’agité en sursis qui accapare l’impopularité traditionnelle du Premier ministre français. Fions-nous au premier, négligeons le second, il reste tellement de choses à réformer… Courage, Fillon !



Quelques figures politiques
Cohn-Bendit  & Marchais
Dany a conservé intacte sa réactivité. Dans le Droit d’inventaire : Mai 68, il n’hésite pas à gratifier d’« ordure » feu Georges Marchais qui l’avait stigmatisé dans une chronique parue dans L’Humanité et empreinte d’antisémitisme en filigrane. (2008)

Delors (Jacques)
Jacques philosophal qui transmue en technocratisme tout ce qu'il envisage. (Juin 1994)

De Villiers (Philippe)
Echevelé Vendéen en bonnet phrygien qui, il y a quelques décennies, s’était secoué le complet-veston sur les grilles de l'Assemblée nationale. Cheveux en bataille, tour du menton hirsute, il vivait là sa petite poussée révolutionnaire.

Hollande (François)
« Omniprésident » ironise-t-il à propos du locataire de l’Elysée. Hollande jubile de sa trouvaille, oubliant un court instant le champ de ruines qu’il secrétarise comme charcutier en chef de la farce socialiste, Sert-à-rien général du parti des sots en lice pour… 2012. (2007)

Après le renvoi en Algérie de l’imam de Vénissieux qui a défendu, dans Lyon Mag, la légitimité religieuse de battre une femme qui trompe son mari, une seule voix politique s’insurge contre cette mesure de délit d’opinion : celle de Le Pen ! L’extrême droite en sympathie avec les islamistes, voilà qui laisse songeur sur la notion d’opportunisme… Des barbus ben ladénistes invitent, pour des conférences, des sympathisants nationalistes et chrétiens : cela ressemble à un rapprochement de circonstance où l’hypocrisie des rapports prédomine. (2004)

Royal & Bayrou
La crispante Royal n’a vraiment plus le vent en poupe, même si sa méthode Coué fonctionne toujours à merveille. Le rapprochement d’avec Bayrou semble de plus en plus naturel tant leur stratégie de conquête du pouvoir s’identifie par le culte d’une marche solitaire avec leurs soutiens militants en bandoulière, et par l’exaspération des plus proches compagnons d’armes qui finissent par se détourner de ces fantasques politiques égocentrés.
Qu’on les rapproche pour qu’ils s'entre-dévorent. Après La princesse et le président du déclinant V.G.E. qui s’autorise une dernière gâterie littéraire, nous aurions droit à La Royal et le président… du Modem, plus une romance à l’eau de rose, mais une pitance à l’eau de boudin… (2009)


24 août 2007

Le talon de Big Sarko

L’abondance humaine à nouveau dans les artères, veines et capillaires lyonnais.

La présidence a repris (si elle l’avait jamais délaissé…) son rythme
 médiatique frénétique. Une flopée de réunions par-ci pour afficher la réactivité dans l’action, un enterrement par là pour la teinte d’humanité et d’émotion transpirante, quelques déclarations fracassantes, enfin, pour ne perdre ni la main, ni la parole.

Rendre compte de chaque battement de cil de l’«hyperprésident», pour reprendre le néologisme du Sert-à-rien général du PS, est devenu la spécialité de Big Média. Le Big Brother d’Orwell a donc tourné tous les feux de la rampe vers lui, au risque d’une saturation.

Pourtant, Big Sarkozy satisfait encore plus de 60 % de Français et cette base ne s’étiolera pas facilement pour l’analyste Pierre Giacometti : pas du soutien de dernière heure qui s’évapore au premier coup dur politique, à la première grogne sociale.
Son talon compensé d’Achille ne doit pourtant pas être minoré : la surmédiatisation en fait la première cible pour une opposition qui se cherche encore.

Même l‘agité fringuant Chirac, en 1995, savait se ménager des retraits et laisser son Juppé de Premier ministre assumer le charbon de la politique gouvernementale. Ici, dans cette neuvième mandature présidentielle, l’Elysée préserve de fait Matignon qui accomplit dans la discrétion les projets claironnés avant le six mai.

Comment juger, alors, le traitement médiatique des actions et prises de position du nouveau président ? Sans aller jusqu’à la complaisance, peut-on évoquer une prédisposition favorable du corps majeur de Big Média qui ne laisse émerger que de rares appendices hérissés contre ce réflexe pavlovien ?

L’esprit féru de liens, de parallèles à établir, pourrait tenter de lancer
 une passerelle vers les années Balladur, 1993-1995, alors puissant Premier ministre cohabitationniste, soutenu par l’ambitieux Nicolas Sarkozy, qui s’accordait une lune de miel prolongée avec les journalistes, au point de croire (grâce aussi au fortifiant sondagier, convenons-en) à son destin présidentiel. Le diapason peuple-média ne résistera pas à l’échéance électorale, l’Edouard majestueux, gélifié dans ses convenances désuètes, ne collant plus à l’aspiration populaire d’un renouveau dynamique au revigorant goût de pomme verte.

Big Sarkozy a donc surpassé son maître d’alors, Sage de Matignon, en offrant son activisme à cette caisse de résonance jusqu’à présent bienveillante et en phase avec l’attente majoritaire.

L’onde néfaste, marquant le retournement de l’opinion, devrait se renforcer si le dynamisme déployé est en décalage avec les résultats ou le sentiment de résultats obtenus. Un agacement se propagera chez le peuple amnésique, friand de têtes de Turc déresponsabilisantes, et Big Média emboîtera le pas face à l’incontournable vague désapprobatrice. A moins qu’un scandale, une affaire impliquant l’Elysée ne ragaillardisse le microcosme médiatique enclin à brûler ses idoles.

La France anti Big Sarko tiendra alors sa revanche, se cherchant pourtant toujours un leader naturel crédible.

Scénette ordinaire de la vie politique française qui masque les pôles réels d’influence sur la conjoncture nationale, sujet ô combien moins sexy que le bourrelet du chef d’Etat effacé en exclusivité pour Paris Match...

Cet article est également paru sur Agoravox