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24 février 2013

Quand la morue bouffait du porc…


Pas besoin de plonger dans ses pages pour apprécier la magistrale salauderie de l’amante démoniaque, mante vorace et sans scrupule. Elle invente un nouvel objet artistique, en phase avec l’époque : le produit littéraire pourri, un subprime éditorial.

Mettre tout en œuvre pour approcher un personnage public en perdition, haï par les trois quarts de la planète. Pour conforter son lien avec lui, faire paraître quelques articles de soutien libertaire, iconoclaste, sans faire état de sa situation vis-à-vis du défendu. Première tromperie sur la marchandise d’une redoutable efficacité : côté public, on souligne la hardiesse non conformiste de ses écrits ; côté DSK, l’élan intime se renforce. Par ce double jeu, la spécialiste en bioéthique a pu nourrir son projet dissimulé : saigner le porc au moment opportun par un compte rendu clinique de leur relation.

Seconde trahison : un viol de la sphère sexuelle. En l’espèce, aucune agression du bougre, aucun abus, juste l’effusion des sens apparemment partagée. En réalité : une stratégie captatrice pour servir sa carrière. Bien mieux que la prostitution qu’elle défend. Là, elle s’adonne à une sexualité nihiliste : s’immiscer dans l’intimité de l’autre, et pas n’importe quel autre, avec pour unique visée d’étaler le tout sous couvert d’une hypocrite étiquette d’autofiction. Abjection sans fard.

Restait à trouver le vecteur pour sa petite entreprise d’abus de confiance : Le Nouvel Obs…édé fera l’affaire. Joffrin s’est surpassé : prendre prétexte d’une qualité littéraire hors norme pour appuyer sa couverture politico-racoleuse. L’auteur peut se targuer de ne pas citer le nom du cochon dans son ouvrage et l’hebdomadaire peut afficher la photo du coupable comme au bon temps de sa chute abyssale.

La décontraction de son sphincter littéraire est parvenue à infecter notre village hexagonal. Iacub devra se méfier de ses relations en cours ou à venir. Initiant cette glasnost sexuelle, elle pourrait tenter quelques séducteurs opportunistes voire quelque revanchard sadique. Plus de répit pour la morue qui a voulu se farcir un porc aux petits oignons. La gratinée pourrait bientôt sentir le roussi.

07 juillet 2011

Des bandits pas manchots pour un sou

Il était une fois une ‘tite Créancia à qui l’on avait prédit une longue et juteuse existence. Et le fait fut.

Elle était née, au détour d’une année de crise économique à la fin du XXème siècle, de la volonté de Big Bisounours, le Vorace tout de vert vêtu. Il lui avait déniché un débiteur au cuir tendre, bleu en affaires, englué dans ses sociétés en perdition, réfugié dans un sordide Purgatoire parisien et surtout à la moelle sonnante… Ne restait plus qu’à le faire trébucher pour assurer les beaux jours de sa protégée.

Pour cela, une arme magique : le droit hexagonal. A la première défaillance de la proie, se précipiter chez le Juge pour obtenir une belle ordonnance d’injonction de payer, qui fait fi de tout débat contradictoire, la faire signifier par un agent assermenté qui s’arrangera pour que le débiteur nourricier ne l’ait jamais en main. Moins de trois mois plus tard, aller faire apposer le sésame exécutoire et hop ! le tour est joué !

Va ma ‘tite Créancia t’étoffer sans bruit faire… tu as tout le temps pour toi : trente ans pour te gaver. Miam ! miam ! Te voilà à la tête du plus long délai prescriptif, hors l’inatteignable crime contre l’humanité. Regarde tes pénaux cousins, les vilains meurtre, viol, trafic de drogue, braquage, enlèvement… Eux, en dix ans, c’est fini : à la trappe ! Va comprendre ce qui motivait notre Justice jusqu’à une réforme récente, mais pas rétroactive… C’est bon pour toi ma joufflue Créancia.

Merveilleuse contrée juridique. Big Bisounours vert n’a plus qu’à attendre le moment adéquat pour exiger l’exécution ou, mieux encore, faire adopter la Créancia par un compère encore plus glouton. Pour ce faire, une trouvaille outre atlantique : la cession de créance par titrisation. L’infection du système financier mondial par les subprimes révélée en 2007 et qui a failli tous nous engloutir, ça vous rappelle quelque chose ? Et bien dans notre vieille France aussi ça se pratique sans vergogne.

Pour faciliter la culbute spéculative des adoptants de Créancias en masse, le Législateur s’est torché avec l’article 1690 du Code civil et, plus fort encore, avec l’article premier de notre Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, tout débiteur puisse-t-il être. C’est pour tes bourrelets d’intérêts mon engraissée Créancia ! L’article L214-43 alinéa 8 du Code monétaire et financier dispense du devoir d’informer le débiteur, source du profit, de la venue d’un nouveau tuteur pour l’empesée Créancia… Du quasi biblique : selon qui sera l’adoptant tu auras droit ou pas à ton statut protecteur. Ne serait-ce pas de la magistrale rupture d’égalité des citoyens devant la loi ça ? Seul coup d’arrêt possible : soulever une Question prioritaire de constitutionnalité pour mettre un terme à cette impunité financière.

Attendre encore, pour avoir une Créancia à monstrueuse maturité avec près de 300% de prise de poids monétaire : voilà la finalité. Et puis, d’un coup, après quatorze ans de silence, multiplier appels et courriers pour obtenir un versement, un seul, et le piège s’accomplira. Principal et intérêts de la dette seront alors confondus et pourront être récupérés par tous moyens : faire dégorger ce débiteur pour que notre Créancia s’accomplisse. Et si les relances n’harnachent pas le bougre, il faudra retourner à la case Signification de l’ordonnance exécutoire augmentée de toutes ces années d’intérêts rondement calculés. Voilà comment faire une manne de rendement financier de ce qui, dans l’esprit de la loi – mais en a-t-elle encore vraiment avec un tel géniteur lobotomisant ? – doit servir à pallier les difficultés provisoires du débiteur ou l’incapacité à le retrouver.

Pour la grosse Créancia ne compte que l’engrangement maximal avant la succion finale, celle qui lui fera défoncer le plancher du contrat social et de ses principes élémentaires.

Mise et gagne : impasse humaine mais boulevard financier !

"Les hommes d'action manquent ordinairement de l'activité supérieure : je veux dire l'individuelle. (...) On ne peut, par exemple, demander au banquier qui amasse de l'argent le but de son incessante activité ; elle est irraisonnée. Les gens d'action roulent comme roule la pierre, suivant la loi brute mécanique" (Friedrich Nietzsche, Humain trop humain, n°283)


Pour prolonger le conte sordide, si le cœur bien accroché vous en dit.


Coup de pouce... dans l’cul !, 25 Janvier 2008,
- Angles de vie, 16 Mars 2008
Les gras sous, 20 Septembre 2008,
En vert et pour tout... financer, 11 Février 2010,
Prose vagabonde, 18 Avril 2010,
Dark Kerviel & Mister Pool, 10 Octobre 2010.


10 octobre 2010

Dark Kerviel & Mister Pool

La même semaine tombe la condamnation de l’ex trader de la Société générale et j’apprends le développement en Europe, depuis deux ans, des dark pools. Sans doute mon aversion pour l’anglais qui m’a fait passer à côté de ce nouvel outil bien dégoulinant de bonnes intentions financières. Rapprochons ! rapprochons ! il en sortira toujours quelque fosse… nauséabonde.

Parmi les nombreuses accusations contre le malfaisant Kerviel, celle d’avoir persévéré dans une « stratégie occulte », dixit le jugement. Tout le monde sait bien que l’irrésistible instinct du spéculateur tient dans un goût prononcé pour la transparence. Illustrons ce trait clair de caractère par les brumeux dark pools : il y avait les bains de boue pour la peau, voici les bassins de liquidités opaques pour nous faire la peau, pour qu’enfin le système financier s’effondre. Je vends, j’achète actions, titres et produits juteux divers, mais surtout en restant ANONYME ! La belle posture : tout pour ma poche, quitte à faire s’emballer la bête à dépecer jusqu’au précipice, rien, pas une cacahouète à contrôler pour les instances naphtalinées. Un ‘tit exemple d’obscène culbute qu’autorisent ces marchés de l’ombre ? Un maousse opérateur vend sa quincaille immatérielle sur une place officielle, bien en vue, sans chichi et même avec un poil d’ostentation. L’objectif : obtenir un effondrement du cours pour pouvoir la racheter clandestinement dans un dark pool. Je me crée mes propres soldes, quel pied !

Les enfanteurs de ces places sans visage, sans signature, avec ce qu’il faut de gros ronds à faire fructifier ? Les banques, au moment même où la gabegie des subprimes gangrénait les circuits financiers. Comme une immonde sortie de secours qui leur a permis de laisser leurs déchets titrisés à la charge des États-épongeurs. Et c’est Kerviel, et lui seul, qui a « porté (…) atteinte à l’ordre public économique international » ! Mais de quel ordre nous parle le tribunal correctionnel de Paris ? Celui qui permet aux établissements bancaires de parachever des zones d’anti-droit ? Avec les crossing network, décidément le jargon anglo-saxon me révulse, ils peuvent proposer à leurs plus gros clients de jouer à la bourse sans être soumis à la réglementation de cette activité. Comment ? Simplement parce que les banques ne sont pas considérées, au regard myope du droit, comme des opérateurs de marché. CQFD. Vous n’avez pas la tronche de tueur ? L’article L 221-1 du Code pénal ne vous concerne pas : vous pouvez trucider en toute quiétude.

Interrogeons-nous sur la détermination de la Société générale à poursuivre Kerviel si, au lieu de 4,9 milliards de perte, le trader en avait fait gagner deux, trois quatre à la banque par des prises de position monstrueuses, mais inspirées. Aurait-on alors pris le risque de stopper une telle dynamique pour des règles qui ne tiennent qu’à la place attribuée à un instant donné ? N’est-ce pas davantage l’échec abyssal de Kerviel que son abus de confiance qui est sanctionné ? En outre, que penser des déclarations de professionnels des marchés financiers qui affirment l’impossibilité d’une telle dissimulation sur des semaines ? La sainte Justice a choisi de ne faire peser la faute que sur un individu aujourd’hui hors circuit, comme pour préserver la banque sanctifiée de toute attaque par des actionnaires remontés contre une négligence fautive, voire une complaisance criminelle.

S’imprégner de ces opacités liquides pour ne surtout pas se laisser couler. Un bon coup de talon salvateur…


03 mai 2010

L’UE au piquet… (d’) exécution !

De sacrés veinards les évaluateurs cornaqués par Fitch Ratings, Moody’s ou Standard & Poor’s. Ce n’est pas de la mauvaise graine, du fumiste à l’occiput rasé de près qu’ils doivent noter. Ils laissent cette ingrate tâche, qui se densifie parfois d’une lame au cœur en représailles, aux enseignants reconvertis en garde-chiourme terrorisés.

Chez ces censeurs-là, on ne fait pas sous soi, non ! On fourre bien profond des nations en perdition. Alors comme ça, d’un coup, une obscure société privée peut faire chuter un pays – Etat et peuple pour le même abyme – simplement par le sordide panurgisme des investisseurs internationaux ! Ce monde se délite, pas de doute !

Avec le cancre de l’UE, celui qui se fait dorer près du soleil, qui n’a que le farniente rémunéré en tête, qui a même trafiqué ses résultats au début de la décennie quatre-vingt du Vingtième pour passer l’épreuve d’entrée, on a du je-m’en-fichiste de premier choix ! Alors on dégrade, hop ! Le comble ? C’est que le bonnet d’âne grec devra payer l’agence qui l’a mis au piquet. Une jouissance en deux temps.


De simples agences de notation pourraient ainsi mettre en pièce la zone la plus pacifiée du globe, après soixante ans d’ambition européenne, au risque d’exacerber les pires réflexes nationalistes des peuples. Et rien, pas l’ombre d’un poing sur la table ou dans la tronche des invisibles censeurs par les dirigeants, soi-disant solidaires, de l’UE.

Alors oui, laxisme grec, portugais et espagnol. Ces Etats dépensent trop. Selon ce critère, la France n’a pas à être épargnée. Dans quelques semaines, mois, années, les mêmes agences pourraient faire joujou avec le triple A de la France : la fin des largesses budgétaires sonnerait. Les investisseurs se détourneraient alors vers de plus juteuses zones et le déficit cumulé ne pourrait être comblé sans d’énormes sacrifices de la population.


Resterait l’Allemagne, et quelques satellites budgétairement exemplaires, pour revendiquer le label UE, telle une coquille vide de sens. Péril à venir pour une construction européenne qu’aucun n’a voulue politique. A ménager les intérêts de chacun, on en a sacrifié la viabilité globale ouvrant la voie aux charognards. On est arrivé à une complexité institutionnelle tournant à vide où chacun des membres n’a comme obsession que de préserver ses intérêts propres.

L’UE volerait alors en éclats pour un retour aux nations accolées pour la rivalité. Mesurera-t-on qu’à l’origine du cataclysme il y aura eu ces quelques sociétés qui auront émis une opinion engendrant un chaos immaîtrisable à court terme.


Faut dire qu’elles avaient une revanche à prendre. Rappelez-vous leur crasse incompétence lorsqu’il a fallu anticiper la gabegie Subprimes… Là, plus de raideur inflexible, mais une suspecte abstention. Aucune impartialité chez les bougres. Des traînées de merde bien puante, ils en charrient des kilos sous leurs godasses vernies. Alerter sur ces produits financiers pourris, c’était se flageller avant l’heure. Ces agences de notation financière globales ont participé, plus ou moins directement, à l’élaboration des modèles de titrisation des crédits hypothécaires à risque. Une culbute financière de plus avant d’aller tirer l’oreille d’Etats qui, eux-mêmes, ont dû, dans l’urgence, colmater le système au bord de la banqueroute explosive. Un tirage du lobe qui ressemble bien plus au supplice du pal pour Papandréou ! Perfides officines qui ont une vertu, par incidence : confirmer l’avancée du délabrement de la construction européenne.

Dimanche 9 mai 2010, vers dix-sept heures, j’aurai une pensée pour les inspirateurs de l’UE. Fêter Schuman, Monnet et leur aspiration commune à une terre européenne enfin pacifiée, oui, vingt-sept fois oui ! Les soixante ans de cet appel fondateur rappelleront à nos esprits en vrac tout le bien-exister qu’on leur doit… même si la belle bête initiale n’a plus de charme pour les peuples toujours enclin au réflexe accusatoire dès que la solidarité européenne leur coûte.

Un hommage mérité donc, mais pour une intention brisée ; un anniversaire en forme d’incantation d’un modèle moribond. Bien plus que le coup de férule de Standard & Poor’s à la Grèce, c’est la navrante tergiversation des membres de cet ensemble qui désespère. Piteux spectacle de dirigeants prêts à laisser tomber un des leurs. Là c’est le triple E pointé !

Faire entrer de nouveaux pays, ça on est doué : performant, glouton, on est, au point même que nos dirigeants d’alors ont ouvert la porte à douze nouveaux copains sans même avoir changé, AVANT, les règles du jeu. Tout confiants, exaltés par l’enthousiasme post 1989 et la volonté aveuglée d’un retour d’ex pays de l’Est dans le giron de l’Europe capitaliste. Inconséquents, concons comme leurs pieds nos dirigeants pour croire au même enthousiasme populaire sitôt les flonflons rangés et le sujet institutionnel à l’ordre du jour. Ah ! le Chirac, quand il en balançait une, l’autre se décrochait ! A force d’animer ses gonades avant d’écouter sa Raison, il a dézingué l’attelage européen.

J’étais pour le Oui à la feue Constitution, mais je n’allais sûrement pas contester la légitimité du débat, tout comme la légalité du refus dans les urnes. C’est la gigantesque connerie du Conseil européen dans le choix chronologique des objectifs qui est à stigmatiser.

Quelques années inutiles suite à cette gourde gestion du planning, puis l’espoir d’un nouvel élan avec le tout nouveau frétillant de l’Elysée. Traité de Lisbonne adopté au forceps, tellement simplifié qu’il en est évanescent à la pratique. Une tartufferie que la crise rend plus grinçante encore à chaque annonce d’une dégringolade économique, financière et aujourd’hui budgétaire.

Un exemple révélateur ? On devait mettre fin à la présidence tournante de six mois qui donne le tournis et n’a plus aucun sens à vingt-sept. Un président élu pour deux ans et demi devait être le visage stable et la voix forte de l’UE : lui apporter l’impulsion vitale. Qui peut croire que nos dirigeants souhaitent une véritable unité politique ? Ils ont foutu un personnage sans envergure, falot, un ectoplasme inaudible avec des manettes atrophiées et ont surtout conservé le système du pays membre qui donne le La pendant deux trimestres. Le prochain, c’est la Belgique, au bord de l’implosion-scission. Comme un signe…

Autant le dire : on nous a pris pour des cons et aucune réforme réelle n’a eu lieu. Adopter un texte sans modifier ses comportements, c’est se torcher avec ses engagements en se limitant à l’annonce médiatisée. Une pratique politique de plus en plus courante.

Jean Monnet
Alors il reste quoi ? La devise « Unis dans la diversité » ? Pierre Uri, conseiller économique et financier de Jean Monnet, l’inspirateur de la CECA, résumait dans un article du Monde, le 9 mai 1975, l’état d’esprit qui régnait au début de cette incroyable initiative : « les difficultés de chaque pays étaient considérées comme des difficultés communes à résoudre en commun. » Soixante ans plus tard, tragique régression : divisés par égoïsme à courte vue serait le triste résumé à placarder au fronton d’une UE complexe par ses instances, mais sans plus aucun souffle. Alors quoi, on laisse tomber la Grèce, puis le Portugal, puis l’Espagne, puis l’indigne Irlande ?

Pour Monnet et Schuman, le mal suprême, payé si cher en Europe, est « l’esprit de domination, qui avilit autant celui qui domine que celui qui est dominé. » On n’en est pas loin.

01 février 2009

Du coup de pouce au doigt… bancaire

Rappelez-vous le poupouce sympathique de la Société générale : une aide à s’installer, à entreprendre et à s’épanouir dans une vie tout en pastels harmonieux. Belle vitrine pour inciter à la consommation par de gentils prêts.


L’acte premier s’ouvrait sur l’adorable monde des Bisounours financiers : « Je te prête, tu me payes… tu ne payes plus, je te relance, je te balance ! ». Les poupouces américains ont ainsi soutenu vaillamment, ardemment, sur l’impulsion des pouvoirs publics d’alors – une nation de propriétaires à tout prix, ça ne vous rappelle rien ? – quelques millions de personnes aux revenus modestes ou inexistants, avant de les faire expulser. La tragédie du pauvre trop crédule ? L’affaire Madoff a démontré magistralement que la voracité naïve imprègne aussi des gens de la Haute.


Acte deuxième : la Société générale communique sur l’abominable trader abuseur de confiance, îlot de perversité dans un océan de vertus tranquilles. Gare ! Le tapis gondolait un peu trop pour parvenir à dissimuler toutes les pourritures financières que son personnel expérimenté, au faîte de l’art spéculatif, s’était vu refiler par la voie de brenneuses arcanes.


En outre, on commence à découvrir la réalité des responsabilités dans l’affaire Kerviel. Une Mission impossible de la culbute financière : « utilisez tous les moyens possibles, jusqu’à l’illégalité, pour multiplier la mise, mais nous nierons toute connaissance de vos agissements en cas de découverte. Ce poupouce s’autodétruira dans cinq secondes… » 


Finalement, le conte de la Générale est limpide comme un Perrault : goinfrez-vous tant que vous pourrez, jusqu’à l’écœurement de vous-même, abusez des règles, rapaces, et fientez sur le contrat social pourvu qu’avec un large sourire vous affirmiez : « C’est pour mieux vous aider, mon épargnant ! »


Troisième acte, le plus sordide. La figure du Banquier, que j’ai si souvent brocardée dans mon Journal, est devenue le punching-ball idéal pour exacerber ses ressentiments.


Ce qui fait enrager, c’est l’impossibilité d’une suite naturelle pour les fautes graves de gestion, à savoir la mise en liquidation, sous peine de provoquer une implosion en chaîne du système. Voilà donc des entités commerciales qui usent et abusent des règles du capitalisme, mais qui ne peuvent en aucun cas se voir infliger une quelconque sanction. Le pompon : quelques dirigeants de ces établissements financiers doivent se faire tirer l’oreille par l’exécutif pour se résoudre, en rechignant, à ne pas toucher les primes et autres parachutes dorés.


De là à lancer le bon pôple étriper ou décapiter quelques gros lards à cigare et à lunettes, comme Plantu les stigmatise, il n’y a plus que l’épaisseur d’un euro. Nos caricaturistes du XXIe siècle ont tout de même abandonné, pour représenter ces indécents hommes d’argent, le nez crochu qui tombe dans la bouche. Un progrès notable de ne retenir que la fonction sans l’associer à une catégorie ethnico-religieuse…


Chacun attend, redoute, espère, selon sa posture face à la crise, l’explosion sociale, le déchaînement révolutionnaire avec quelques barbaries justifiées comme purgatives…


Ce qui irrite, dans l’ambiance colportée, c’est le leurre d’une prime à la vertu pour les modestes, les planqués, les revanchards échoués. La résonance du discours contre les salopards qui réussissent incite à occulter les crasses des ternes citoyens, mais la petite musique sonne bien, alors les médias la relaient sans jamais égratigner la France d’en bas.

21 décembre 2008

À venir : crèves, des conflits, heurts !

8h27. Bientôt la trêve des confiseurs, et après ?

Je laisse émerger un bout de nez de la couette, juste pour sentir et ressentir les formes sombres qui se profilent. L’an 2009 va-t-il donc nous péter à la gueule, deux cent vingt ans après les grondements révolutionnaires de nos aïeux ? Ça couve… Un signe, un seul, si j’avais à choisir : la virulence, que dis-je, la rage qui imprègne les commentaires d’articles sur Internet. Fossoyer, sans distinction, avant de guerroyer, peut-être…

Contre l’Union européenne dans son dernier acte, le plus ambitieux, jusqu’à prêter à la feue Constitution les plus invraisemblables travers. Débat passionnant ? Passionné, oui, jusqu’à la défécation argumentative. Le nationalisme social des ténors du Non, de l’extrême droite à l’extrême gauche, a caressé dans le sens du poil hérissé une population en quête de sanction du pouvoir essoufflé en place… Tout ça pour quoi ? Un Parti de Gauche de plus, une U.E. à l’élan brisé, un populisme stérile… Et vive la démocratie directe !

Contre les politiques, toujours, malgré la parenthèse aux quelques ardeurs entretenues lors des présidentielles 2007. À droite, on s’organise, à gauche on hystérise. Depuis la parade Royal, celle qui transmue en victoire tout ce qu’elle échoue, rien de constitué, de crédible et d’attractif n’a rassemblé sans bisbille au sein même du Parti socialiste. Alors n’évoquons pas les divergences avec et entre les plus radicales formations. Chacun se croit – pas vrai Besancenot, Buffet, Mélenchon et Artaud ? – le légitime noyau dur que devraient rejoindre les autres, ceux qui s’égarent à éparpiller les voix de gauche !


Et à l’Assemblée, sur quoi s’époumonent-ils les parlementaires de l’opposition ? Les lois sur l’audiovisuel et le travail possible le dimanche ! Rien que ça ! En cette époque charnière de bord du gouffre, ils braillent, tonitruent et obstruent l’étude législative sur ces thématiques non vitales, alors que toute leur énergie devrait tendre à pondre une contre-proposition complexe et convaincante au plan de relance de Sarkozy qu’ils ont si précipitamment écarté d’un facile revers de main. Sans opposition institutionnelle réelle, les mécontents passeront outre, explorant la voie violente, sans concession. Contre le système capitaliste et financier, enfin. On y participe activement, on voudrait y réussir, y posséder comme l’autre, mais on le vomit, on l’exècre, on se repaît de simplistes anathèmes sans relier les tares fustigées au comportement humain, mais en portant sa haine vengeresse sur le mode de fonctionnement. Kerviel, subprimes, Madoff : la tragédie médiatique en trois actes recouvre des dérives face à une légalité. Changer de règles n’évitera certainement pas les avidités prêtes à tout. A chaque fois, un cadre réglementaire est dévoyé pour profiter aux plus malins. Alors on peut doubler, tripler les sécurités… le naturel de quelques rapaces sans éthique trouvera la faille. Une évidence… et pourtant, les airs dénonciateurs portent sur le cadre et non le comportemental. Plus facile de mordre le doigt qui montre la planète satellite plutôt que dynamiter la lune…

Les boules, nous en avons plein nos sapins, mais bientôt de moins chaleureuses se nicheront au fond de la gorge. Alors, oui, j’aurais pu me complaire dans ce no man’s land jouissif de la trêve des confiseurs. Faire dans le gentillet anodin, reposant, qui vide la tête pour mieux savourer l’instant… La plume ne se laissait pas porter, accrochant et bloquant dès que m’oppressaient les myriades de drames personnels, conséquence du désastre économique entretenu par le panurgisme-domino.


Serait-ce l’amorce de l’agonie de nos formes de vie avec quelques soubresauts sanglants des désespérés insoumis ? A suivre… de loin.

27 septembre 2008

La revanche du pire

L’air gourmand de certains anticapitalistes qui, enfin, tiennent leur revanche après l’évacuation de l’idéologie criminelle qu’ils soutenaient aux temps de la Guerre froide, n’augure rien de bon.

Si, effectivement, le « tsunami financier » (expression d’Attali) emporte l’économie américaine, l’Europe, l’Union européenne plus précisément, n’aura pas d’autre choix que de construire un nouveau modèle de croissance.

L’inquiétude doit nous tenailler si se dessine comme première puissance, dans un premier temps qu'économique, mais pour la suite militaire, un Etat autocratique. La résurgence des nationalismes, des appétits croisés et des virulences provocantes pourrait faire revenir au premier plan une violence étatique que d’aucuns voulaient croire révolue. Lorsque le regard se concentre sur le terrorisme, il néglige les menaces traditionnelles. Une crise financière qui dégénèrerait en crise économique mondiale favoriserait les stratégies agressives.

Que sait-on réellement de l’objectif des pouvoirs chinois, russes, etc. ? Rien, en dehors des postures officielles. La circonstance exceptionnelle d’un effondrement américain pourrait aiguiser des appétits jusqu’alors bien dissimulés.

Par ces quelques réflexions, je n’excuse en rien les dérives capitalistes. Dès le 18 août 2007, j’écrivais, dans mon Journal, sur la crise des subprimes. L’occasion d’insister sur le crétinisme comportemental de certains milieux financiers, avec ses rumeurs délétères et son suivisme amplificateur :

« Parc désert, étendue d’eau paisible, si loin des agitations boursières. Le libéralisme à tout prix, étendu à l’économie virtuelle, connaît sporadiquement ces hoquets, décrochages qui paniquent les détenteurs de titres. On peut être pour le capitalisme, sans réserve, et considérer comme caverneuses les hystéries de la finance mondiale.

Internet a eu sa bulle boursière inconsidérément gonflée pour, un beau jour, ruiner les plus aveugles. Depuis, pourtant, Internet grandit toujours, tel un univers en expansion, et fait la fortune des plus avertis. La marque Google n’est-elle pas reconnue comme la plus chère du monde, avant Microsoft et Coca Cola ? Les pionniers de cette dimension du réseau mondial n’avaient donc pas tort de croire aux potentialités économiques du système virtuel, mais le grégarisme amateur a fait imploser les valeurs attribuées à des milliers de jeunes pousses du Net.


Si on doit pointer l’inconséquence d’organismes financiers atteints de prêtite aiguë, si l’on doit soupçonner les agences de notation des émetteurs d’emprunts, au mieux, de s’être vautrées dans la complaisance, au pire d’avoir masqué les difficultés de ces établissements qui les financent, on ne peut se limiter à la stigmatisation des boucs émissaires qui évitent de s’interroger sur la tare consubstantielle.

Aujourd’hui, toute la complexité des causes des baisses boursières ne doit pas occulter la simplicité dérisoire du suivisme, de l’amplification des rumeurs, de la méfiance soudaine, du chaos cultivé. De vraies grossières ficelles psychologiques qui déterminent, et c’est là le point inquiétant, une bonne partie de la santé économique mondiale. Poupées gigognes non décoratives, plutôt du genre affligeant, où la tête d’épingle incommode le tout.

Comme souvent, ce n’est pas le système qui présente des vices, mais les vices humains qui dénaturent le système. Primaires de Cro-Magnon pour encore longtemps, nous sommes. »

20 septembre 2008

Les Gras Sous

Il est une étonnante contrée qui concentre le pire des comportements humains. Les occupants, durables ou éphémères, s’amoncellent en grappes bruyantes, succombent aux rumeurs, cultivent le panurgisme et en surajoutent dans l’effet d’entraînement vers les cimes ou les abysses.


Je n’ai jamais investi volontairement un kopeck, un franc ou un euro dans cette sphère interlope où gesticulation vaut action, coup réalisé vaut engagement et arrivisme vaut ambition. Je m’en pare comme la plus digne des décorations, là où nombre s’encanaillent à miser sur telle ou telle valeur, participant de fait au dévoiement du capitalisme. 
Cette contrée, donc, cumule les tares, les innommables et mobilise pourtant les plus puissants centres financiers pour la sauver de sa logique déliquescence. Ahurissant. Comme le coprophile se repaît de sa matière répugnante, la foultitude d’organismes financiers reçoit les perfusions nourricières des banques centrales. Surtout qu’ils poursuivent ce jeu avec tous les produits anonymes.

Mille milliards de dollars : pas une nouvelle insulte du truculent capitaine Haddock, mais l’estimation de ce que va coûter la récupération des déjections titrisées. Quelle autre cause pourrait, à cette hauteur astronomique, mobiliser de tels fonds ? L’environnement en perdition, les populations africaines aux abois, la lutte contre les fléaux naturels, la recherche fondamentale, l’aide à la création ? Non. Tout ça, juste pour quelques centaines de milliers d’obscurs joueurs sur marchés qui s’entraînent les uns les autres dans un infernal yo-yo. Écœurant.

16 mars 2008

Angles de vie

Alors que les Gens du Nord de mon Journal ne m’enchantent plus depuis bientôt une décennie, voilà une décade que le sourire me vient lorsque je songe aux Ch’tis de Boon. La fraîcheur de ce film, même s’il puise la mécanique de quelques quiproquos langagiers dans l’efficace Dîner de con, ravit, rassure sur l’existence d’un populaire chaleureux, bon enfant, bourvilien.

Cette fête à l’âme m’incite à effectuer mon devoir de citoyen, limité pour ce dimanche à la plus agreste des élections, les cantonales : comme un printemps de l’électorat. Notre bon Gérard Collomb aime Lyon, et notre arrondissement le lui a bien rendu.

A deux pas du bureau de vote, sis dans une jolie petite école primaire classée, aux pierres de taille apaisantes, j’ai participé au dépouillement et fleuré, dès la première centaine de bulletins, la performance de notre maire sortant. J’ai alors profondément ressenti, comme fondu dans ce réjouissant résultat, que mon exil volontaire des terres picardes avait laissé toute sa place à un serein ancrage lyonnais aux côtés de ma BB. Notre élu Collomb m’offrira donc de belles balades des bords du Rhône aux futurs bords de Saône sur un vélo’v confortable. Je lui souhaite le plus constructif des mandats.

Un trader
Goûter cet angle de vie, mais rester sans indulgence pour ce qui se profile par le délire des fous furieux de l’économie virtuelle, une espèce de syndrome Kerviel. Le sujet serait-il minoré par les grands médias, qui lui ont préféré le plus vendeur fait divers du trader avec ses gros pâtés boursiers, en raison d’une panique monstre qui suivrait le premier signe d’un effondrement de notre système financier ? Les nouvelles cumulées, dans les pages intérieures de journaux rébarbatifs pour le grand public, et les analyses de certains spécialistes laissent augurer que le Tchernobyl économique ne nous épargnera (!) pas, là où le directeur de la Banque de France psalmodiait du « Tout-va-très-bien ! ». Que les trois plus importantes réserves étatiques de l’Occident injectent quelque deux cents milliards de dollars dans les circuits financiers, sans que cela rassure durablement les actants grégaires de l’économie virtuelle, suffit pour pressentir le pire.

Jamais je ne me suis adonné à ce petit jeu du boursicoteur en herbe ; en revanche, je suis contraint, par le contrat social, de laisser le petit pécule gagné à la disposition des frileux opportunistes qui s’excitent sur les rumeurs pour forger, de fait, l’économie mondiale. La gabegie des subprimes a infecté tous les réseaux financiers : la malfaisance des responsables sera occultée et les Etats viendront éponger les pertes, dans le meilleur des cas. Pendant ce temps, les fonds souverains d’autocraties (pour certaines revendiquées communistes !) se dorent les bourses en pleine croissance…

Finalement, revenir à l’univers de proximité, aux êtres chers encore de ce monde ou disparus. Centrer ses sens sur la complicité duale de belles âmes choisies pour ne pas sombrer dans de barbares représailles. Ainsi, mon aimée grand-mère, disparue fin 2006, et qui me manque pour toujours et à jamais. S’emplir de son souvenir et embrasser un bel angle de vie.

25 janvier 2008

Coup de pouce... dans l'cul !

Pas que le frénétique Président qui sait adroitement nourrir les médias.

L’image irrésistible de la propagande commerciale de la Société générale, c’est le gentil pouce qui, en toute occasion, fait le geste souteneur, voire salvateur. A l’époque, découvrant le nouveau symbole de l’établissement financier, mon esprit mal placé a immédiatement dérapé : pas besoin d’un grand écart pour que le coup de pouce se transmue en doigt mal placé.

Puéril rapprochement, je l’admets. Pourtant, l’opération de communication de la troisième banque française n’en est aujourd’hui pas si loin. Elle annonce sept milliards de pertes (ce qui correspond à plus de deux ans du chiffre d’affaires d’une société comme TF1), mais dont les deux tiers seraient indépendants de la volonté du gentil pouce bancaire. Le coupable de cet abysse financier : un infâme trader livré en pâture au Média à quatre têtes (TV, radio, presse et Internet) qui se pourlèche de sa bobine version photomaton flou, de son banal parcours rapidement brossé, et même du message de son répondeur hors service. Trémoussements du Média qui a enfin son sujet économico-bancaire sexy en lieu et place de l’indigeste scandale des subprimes qui hoquette depuis août 2007.

Jérôme Kerviel
Résultat de l’opération Poupouce : les premiers titres se focalisent sur l’homme qui perdit cinq milliards, laissant loin derrière les deux autres ridicules envolés dans les choix désastreux d’achats de créances irrécouvrables, et ce avec la bénédiction de la direction bancaire. De là à imaginer de commodes vases communicants pour charger la mule-trader : le pouce reste songeur dans la bouche…

Pourtant, de multiples experts financiers s’époumonent à rappeler qu’un tel gigantisme de pertes cumulées sur une année par un seul et obscur courtier s’avère totalement impossible, sauf à mettre immédiatement à bas les multiples procédures de contrôle en place. Face à ce scepticisme, un homme, turgide, le gouverneur de la Banque de France croit sur parole la version Poupouce…

En attendant, le Tchernobyl financier suit son cours, quitte à nous rappeler douloureusement, tôt ou tard, que les pouces bancaires ne servent pas qu’aux soutiens bien placés. En effet, le vrai scandale, mais de nature mondiale celui-là, et portant probablement sur des centaines de milliards d’euros, c’est l’opportunisme poussé à l’absurde. Des organismes de crédit et des banques acharnés à fourguer des prêts immobiliers à des individus n’ayant manifestement pas les moyens pour rembourser, et empressés de vendre ces créances douteuses annoncées à haut rendement à des traders en quête de juteux placements. La titrisation systématique a donc infecté le réseau financier mondial, et ce jusqu’en France, contrairement aux premières allégations rassurantes de responsables politiques.


La purge s’avère bien nécessaire, mais sans pour autant accorder un quelconque crédit idéologique aux anticapitalistes prêts à descendre globalement le système. A se focaliser sur les indéfendables dérives du « capitalisme financier », pour reprendre le quasi pléonasme du directeur de Marianne, les révolutionnaires rouges s’ébrouent, ravis de légitimer leur argumentaire de mise à bas du système vicié.

Par ce malhonnête raccourci, on condamne l’outil parce qu’il a été utilisé à mauvais escient. Curieux réflexe intellectuel. A ce compte, interdisons l’agriculture puisque des sagouins empoisonnent nos sols, éradiquons la production industrielle face aux infectes exploitations humaines de quelques enseignes, vomissons le tertiaire empuanti par des escrocs de tout acabit… stérilisons l’espèce humaine, par la même occasion, à force de se désespérer des salopards qu’elle accueille dans ses rangs.

Certes, le libéralisme à tout prix, étendu à l’économie virtuelle, connaît sporadiquement ces hoquets, ces décrochages qui paniquent les détenteurs de titres. On peut être pour le capitalisme sans réserve, et considérer comme caverneuses les hystéries de la finance mondiale.

Internet a eu sa bulle boursière inconsidérément gonflée pour, un beau jour, ruiner les plus aveugles. Pourtant, depuis, Internet grandit toujours, tel un univers en expansion, et fait la fortune des plus avertis. La marque Google n’est-elle pas reconnue comme potentiellement la plus chère, avant Microsoft et Coca-Cola ? Les pionniers de cette dimension du réseau mondial n’avaient donc pas tort de croire aux potentialités économiques du système virtuel, mais le grégarisme des amateurs a fait imploser les valeurs attribuées à des milliers de jeunes pousses du Net soutenues inconsidérément par des pouces bancaires… Encore eux !


Aujourd’hui, toute la complexité des causes des baisses boursières ne doit pas occulter la dérisoire simplicité du suivisme, de l’amplification des rumeurs, de la méfiance soudaine, du chaos cultivé.

On doit, bien sûr, pointer l’inconséquence d’organismes financiers atteints de prêtite aigue, on doit soupçonner les agences de notation des émetteurs d’emprunts de s’être, au mieux, vautrées dans la complaisance, au pire d’avoir masqué les difficultés de ces organismes qui financent leurs prétendus contrôles.

Il ne faut pas, pour autant, négliger les grossières ficelles psychologiques qui déterminent, et c’est là le point inquiétant, une bonne partie de la santé économique mondiale.

Comme souvent, ce n’est pas le système qui présente des vices, mais les vices humains qui dénaturent le système.