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10 septembre 2022

Mont carné de vers


Grappes nées de moi se tortillent
Ne plus être, paître au néant
Ondulatoire
Écœurante vie grouille dans chaque coin de soi

Tripes ensevelies, festin de mauvais aloi
Cristallins parcourus de gourmands vers
Oscillatoires
Entre deux glaises, la cohorte s'acharne
Ne laisser que de vagues traces carnées
S'évacuer enfin vers les entrailles célestes
Combler ainsi ses entailles terrestres
Territoire fendu, moribonde trajectoire :
Dans lit à bascule, à poings fermés se faire saigner
Plaie cachée sous lèvre supérieure
Marrons originels
Se hérisser au monde, stratifier ses peines
Dans la cour de dégradation
Réconfort d'un tronc

Observer les braillards scolarisés
Puis
Leurres d'un château l'autre
À la sordide sauce heïmienne
D'O...miécourt à Au...tremencourt
Pituite pseudo affective
Pervers en chef, le mesnique libidineux
Défonceur de chairs fraîches
Posture de hobereau
Vomissures de salaud
Cloisonner pour mieux pédiquer
La gondole exemplaire : engagement, combats, publications
Les entrepôts éjaculaires : progénitures, ouailles confiées
Tout à l'aune de ses spermatiques défécations
Minablocrate
Crevé sans avoir été jugé
Désormais
L'Être de Vie m'étant inaccessible
Je laisse couler le temps
Avec juste quelques montées massacreuses
Contre les raclures du XXIème siècle.

17 août 2013

En août, changement de voie ?

L'espace "Paroles de fête" est né sur la toile le 12 août dernier. Pas d'attaque, pas de fulmination, pas de pamphlet, mais de l'hommage affectif. Du cent pour cent positif : inédit pour moi.
Pamphléter deviendrait obscène après quarante ans : j'ai largement entamé cette quatrième décennie d'existence et je voudrais explorer des univers littéraires plus lumineux.
A la lueur d'un probable changement professionnel, saisir ce cap embryonnaire: l'artisanat littéraire pour contribuer aux fêtes singulières de tout un chacun. Susciter l'émotion en apposant des paroles personnelles sur une chanson fétiche : voilà le projet. Pouvoir en vivre modestement : voilà l'objectif.
Faire connaître, diffuser, promouvoir pour accrocher l'attention de ceux qui ont en tête de faire plaisir à leurs proches.
Ça commence ici, avec une évidente humilité mais la volonté effrénée d'y parvenir. Coller au plus près de ce pour quoi l'on se sent fait traduit peut-être une forme de sagesse.

(Photos prises par Loïc Decrauze)

01 septembre 2012

“My chair for a ligament !”


Une journée grise comme un mois de Septembre, au diapason des réjouissances plus ou moins annoncées.

Juillet m’a donné une liberté vagabonde : des charmes humides de la région nantaise aux rayons méditerranéens de l’Hérault non premier ministrable en passant par l’Ariège et les pierres cathares de Foix. Apothéose affective fin juillet vers Rambouillet pour célébrer une belle union couronnée par ma rupture… d’un ligament croisé antérieur. L’enthousiasme pour cette réception d’exception m’a fait louper la mienne : peu après la pièce montée j’opère un semblant d’envol vers un ballon festif et clac ! le genou droit démonté.
Juillet fut virevoltant, Août marque un arrêt pour reposer puis rééduquer le membre traumatisé comme une Grèce en crise. A défaut de bouger ma carcasse, j’ai pu mélanger sans précaution les éclats et fracas du monde. Alors que les aoûtiens s’interdisaient cette déprimante actualité, ne goûtant aux médias que pour les mouvements olympiques, je compensais mes boiteries par une nage phelpsienne au cœur des événements. Eh oui ! en août on ne fait pas qu’écarter les orteils.

J’avoue ne pas avoir toujours conservé l’esprit très clair. La faute au cumul du sac de petits pois congelés sur le genou et de l’ambiance caniculaire pour le reste du corps. J’ai espéré une mise en orbite martienne de  l’ensanglanteur syrien après le coup d’éclat d’Annan, mais rien à faire il parade toujours. Décevante prestation de l’ouragan Isaac qui, sans doute après avoir perdu son triple A, n’a pu catapulter les Bachar el-Assad et Anders Breivik loin de notre sphère bleutée. Alors on se garde le tout et en prime on libère l’épouse Dutroux. Le monde détourne décidément très bien l’humanisme pour le bal des salauds.

J’ai alors tenté d’alléger l’atmosphère grâce aux pérégrinations d’Assange qui croit encore être au centre des persécutions alors qu’il n’est qu’à l’ambassade équatorienne. Il faudrait lui rappeler le principe de la paille et de la poutre : avant de réclamer la transparence des systèmes, jaugez l’opacité de votre propre personne. Le chantre de la glasnost étatique se défile face à la justice suédoise : révélateur d’une bien factice crédibilité.

Dommage que l’Équateur n’ait pas pu ouvrir son ambassade russe aux sympathiques Pussy Riot qui ont eu le mérite de souligner le jusqu’au Poutisme criminel du théoricien de l’exécution « jusqu’au fond des chiottes ». Face à cette arriération étatique, rêvons d’une avalanche de punkettes qui le pilonnent sans retenue jusqu’à exploser sa virilité sacrée.

Et à l’intérieur, quoi d’neuf docteur ? Pas mieux ! Ça crame d’Amiens à Marseille, rebaptisée cité “fosséenne” puisque la sentence mafieuse envoie un maximum de condamnés dans le trou final : en France un secteur ne connaît aucune récession, la délinquance. Des cent jours fêtés à Brégançon aux jours sang loin du Fort, la France cultive ses contrastes.

On pourrait au moins sauver le soldat Samaras qui vient de faire sa tournée des euroboles. Quand on sait que l’obole était au XVIème siècle une monnaie grecque qui équivalait au sixième de la drachme, on peut comprendre l’humiliation ressentie par le Premier ministre. La dernière rencontre franco-allemande n’a pas dû le rassurer : le consensus n’a porté que sur une présentation commune des résultats de la rencontre sans intervention journalistique. Pour résumer : se leurrer soi-même et museler l’autre. Le faux duo Merkel-Hollande a succédé au feu couple Nicolas-Angela. Les membres de l’Union européenne se supportent de plus en plus mal et l’un des miens me porte encore difficilement. Le risque d’effondrement n’a jamais été aussi prégnant.

Et dire que l’empreinte lunaire de Neil est orpheline. Et que répondre à la Camarde qui nous a pris l’incisif Polac ? Il nous reste un devoir, que le journaliste touche-à-tout honorait avec acharnement, celui de l’esprit critique à tout prix.

21 août 2009

"Tribune libre" pour Micberth en liberté

Quelques mois avant l’été 76, dont je retrouve la touffeur oppressante ces derniers jours à Lyon, un certain Micberth accédait au petit écran, questionné par mon jeune homme de père. La Tribune libre d’Alessandri et Michelot accueillait ce chevelu barbu trentenaire au décapant message politique : « le droit à la différence » et « l’apologie de la désobéissance »… Apparente générosité anarchiste qui bousculait les institutions établies pour lui substituer une évasive voie de l’exemplarité.


Pourquoi revenir sur cet obscur moment de télévision ? Incroyable résurrecteur Internet : Dailymotion s’est vu proposer l’enregistrement de cette émission désormais consultable à chaque coin du territoire mondial. Ne nous emballons pas : quelque 250 visionnages de la prestation ont seulement eu lieu à ce jour.

M.-G. Micberth

La démarche de proposer à nouveau ce message trouve sans doute sa motivation dans la période incertaine d’une crise mondiale en cours. Après Che Coupat pour la gauche rebelle, voilà Karl Micberth pour la droite réfractaire. L’étiquette politico-géographique initiée par Mirabeau, comme le rappelle le président de la NDF, n’empêche pas les concordances de diagnostic et d’exécration. Lisez plutôt :

- « (…) la bourgeoisie… ce marais incertain où s’enlisent toutes les misères du monde. »
- « La démocratie indirecte est un attrape-cons et ne sert en définitive qu’à asseoir l’autorité et la fortune d’une poignée de méprisables canailles. »
- « Nos professions de foi balaient d’un coup tous les tenants des ordres nouveaux, les nationaux socialistes, les fascistes de guinguettes, tous ces jocrisses bigarrés inconsistants, récupérés à la première occasion par le monde de l’argent. »
- « En voilà assez d’obéir à de pâles humanoïdes, pantins orgueilleux, articulés par quelques rusés qui se tiennent dans l’ombre ! »
- « (…) la société bourgeoise ne pourra engendrer que des générations de désespérés ou d’esclaves décervelés. »
- « L’éden industriel ne peut nous apporter qu’un bonheur relatif, une sorte de pastiche du bonheur et masquer ainsi, irrémédiablement, notre véritable raison de vivre. »
- « Pourquoi refuser d’imaginer qu’une société composée d’individualités très marquées, puisse exister et vivre dans l’harmonie ? »


D. Decrauze
Modérons l’enthousiasme, tout de même. Comme j’ai tenté de l’esquisser pour Coupat aujourd’hui, le message du Micberth d’hier, tout généreux soit-il dans les intentions affichées, n’ouvrirait, en cas d’incarnation généralisée, qu’au chaos sacrificiel avec son lot de victimes des déchaînements barbares et de la satisfaction égocentrée des plaisirs de certains.


Quelle différence y aurait-il, alors, entre « la République bâtie sur les cadavres de centaines de milliers de Français », oubliant dans cette fustigation que les lignées au pouvoir dans l’Ancien Régime n’avaient rien du parangon de l’éthique éthérée, et la nouvelle aristocratie en charge du pays, habitée par de prétendues exemplarités existentielles aux critères insaisissables et malléables à l’envie ? S’ériger comme le meilleur dans son domaine n’a jamais impliqué l’altruisme minimal nécessaire pour mener une nation en préservant, vaille que vaille, la paix sociale.


Les désespérés de cette crise pourraient facilement s’agréger autour de l’iconoclaste appel : « désobéir » ! Vivifiante enseigne qui laisse entrevoir de prometteurs horizons… Sauf qu’il faut faire avec la nature humaine et, notamment, l’infecte partie qui pratique, sans aucune belle conscience utopiste, la rébellion opportuniste. Désobéir revient, en fait, à s’estimer davantage capable que le complexe contrat social. On sait pourtant fort bien le risible et lamentable échec qui couronnerait l’action de tous ceux qui gueulent contre le pouvoir démocratique s’ils s’emparaient des rênes du pays. Risible… sauf pour les victimes de leurs lubies idéologiques. Micberth comme Coupat ne sont d’ailleurs pas dupe : l’objectif n’est en aucun cas la conquête du pouvoir.


Alors, pour quoi faire ? La clef se trouve peut-être au détour d’une phrase prononcée il y a 33 ans : « Il [l’homme de droite] sait surtout, par l’intelligence et l’histoire, que le bonheur est pragmatique et ne veut pas laisser échapper le paradis qui lui est offert pour le temps de sa vie. » Voilà l’affaire : asseoir son autorité par l’esbroufe séduisante du combat politique pour justifier une vie non-conformiste, aux contraintes déléguées au maximum et aux plaisirs sucés jusqu’à la moelle de ses sujets, tel un magistral grooming.


De la politique ? Certes non. De la philosophie ? Peut-être, mais il faudrait alors aller chercher du côté d’un nouvel Aristippe insensible à la douleur physique et morale.