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30 mai 2015

Sur la berge...


Les restes de vie s’irisent au flambeau dégradé. Ligne d’existence reniflée à l’amorce ailée : pas comme ce vrombissement fracturant qui décalque toutes les menues manies, idées enlisées en parade austère…

Les berges en travers, l’étoile de côté, je tends les cils vers la passerelle étirée. Accroissement implosé en vagues intentions.

Alanis fulgure ici haut et je pastelle ma ville surgissante : rugir ses piliers transcendants et dégager les fanatiques de tous poils au tranchant qui éclabousse, ces furoncles humanoïdes pressés de faire crever. Trancher leur lard inconsommable et les frire dans ce brasier jauni.

Au creux des lattes, la réconciliation transporte vers les cimes écartelées. Une chevelure solaire, une plume ciblant ses humaines fêlures : Lolita musienne aux courbes systémiques qu’un rayon ne peut embrasser.

Entre saccage et luminescence, mon tracé déraisonne, sectionnant les braillards de la berge du dessus pour humer en profondeur ce qu’exhale l’instant délicatement scriptural.


Son Talent Infini Nous Galvanise pour fouler le satellite aux quartiers réverbérants.


22 septembre 2011

Europe : un État ou l’implosion

Malgré des berges du Rhône encore ensoleillées, la débâcle ne semble pouvoir s’évaporer. Les couleurs feutrées d’une fin d’été peinent à voiler le gris-catastrophe qui nous enturbanne, alors que d’autres, sinistres illuminés, appliquent au pied de la tête la décriée caricature de Kurt Westergaar explosant ainsi l’ancien président afghan Rabbani et quelques vies dans une pleine et entière liberté d’expression… terroriste. Je digresse…

Déclaration de Schuman - 9 mai 1950
Combien de temps va-t-on encore rester au milieu du gué à ne prendre aucune décision d’envergure qui permette un électrochoc européen pour un choix définitif ? Il faut que les vingt-sept États de l’Union (moins, si certains sont réfractaires à ce genre d’opération vérité) organisent un référendum à date unique pour un dilemme simple : voulez-vous de l’Europe fédérale ou d’un retour aux nations pleinement souveraines ?

L’entre-deux de l’UE a échoué. Le petit pas de 2005 a été celui de trop suite à des erreurs politiques majeures qui ont flingué un projet ambitieux au profit d’une stagnation fatale.

Il n’est plus temps d’attendre que les prêteurs internationaux décident en lieu et place des peuples. Que chacun d’entre-nous se positionne en son âme et conscience : des États à l’aune de ce qu’ils peuvent individuellement ou l’intégration achevée au nom d’une solidarité européenne qui prendra alors tout son sens.

L’angoisse croissante des experts ne laisse plus de côté l’hypothèse d’une montée des antagonismes haineux entre nations. Soixante ans de construction pour un retour à la case départ ? Alors que la majorité européenne qui l’aura décidé l’assume plutôt que de se défouler sur des gouvernants sans souffle. Au lieu de cela on bricole, on s’illusionne, puis on attend que le cyclone systémique nous emporte.

Que vaudra la prochaine élection présidentielle si, dès le lendemain, la sacralisée note française s’effondre car la réalité du gouffre déficitaire l’imposera, empêchant de facto la mise en œuvre de tout programme qui ne s’articulerait pas autour d’une austérité drastique ? Les Français sont dès aujourd’hui des Grecs en puissance… en faiblesse extrême.

Alors que les égoïsmes nationaux s’expriment, mais sans le facile paravent des dirigeants. Qu’il soit acté, un même jour de vote, bien plus crucial que notre jeu d’ombres présidentielles, la séparation des nations de l’UE pour le pire. Ainsi plus de faux-semblant, mais de l’assumé jusqu’au fond des tripes.

A moins que cette belle Europe, qui a fait fondre Zeus lui-même, ne soit pas qu’une mythologie.

27 juin 2011

Parabole désorientée

Des crocs dans l'ombre guettent la faille pour déchirer les tissus. A perte de vue plus rien ne rime : magma "plasmique" à nourrir coûte que coûte. Reste quoi ? Une farandole aux arabesques sordides qui monopolise l'attention sur l'apparence d'un monde en chaos.

Ça se mâche sans fin tant qu'on n'est pas trituré dans sa chair. Ce déchaînement règle le compte des plus fragiles, les déconnectant pour toujours : piètre perte, très profitable aux arrangeurs du buzz.
"Rien à buzzer aujourd'hui ?" s'angoisse le maniaque sur toile, la souris entre les cannes... Pourquoi taire ce qui pourrait suffire à salir son prochain ? Plus qu'à aller faire titriser ses déjections en les confiant aux menottes expertes des charognards de la finance.

Univers d'Internet en constante dilatation, un peu comme si nous tentions, pauvres hères,  d'approcher en virtuel le Tout infini qui nous dépasse et face auquel nos élans se ratatinent.

A moi le cocon vert déserté de la Tête d'Or pour ragaillardir mon souffle : rondeurs feuillues, allées de pierres joliment serpentantes, massifs fleuris et un banc vert pour le fondement. Surplus à évacuer sans circonvolutions :   attendu qu'ils m'incommodent... par ce motif, qu'ils dégagent !

Dans l'attente du trou à cadavre, je me refais volontiers une charretée de samedis soirs sans fréquentation, avec le seul Lieutenant Colombo, urticant pour ses congénères, efficace révélateur de leurs vices criminels.
Après la surdose en série, j'explore quelques zones dévastées ouvertes aux quatre bourrasques. La petite vieille explose du talon de secs quignons de pain pour nourrir piafs et canards des bords du Rhône juste devant la péniche "Nid d'Amour". J'égrène les remugles d'un encombrant passé, hypothéquant encore une pure respiration lyonnaise. Naviguer entre attaque et défense pour la plus favorable sentence.


Texte paru sur le site du journal Le Monde