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15 avril 2017

Évitons ce con tour pestilentiel

Si le garde-fou du vote blanc annulatoire avait été adopté, moi, et sans doute une majorité du pays, ne redouterions pas un second tour Mélenchon-Le Pen.
Le virtuose apostropheur fait croire qu’il gérerait mieux le pouvoir que celui qu’il encensait avant-hier, le Grec Tsipras, revenu piteux aux réalités. En réalité, sa simple élection dissuaderait les prêteurs et plongerait le pays dans les abysses chaotiques du défaut de paiement. La mauvaise tête coléreuse flanquerait ainsi une terminale gueule de bois au pays : après le Grand Soir insoumis, le petit matin décalqué.
Et l’autre, l’antipathique Bassine aux recettes simplistes pour apprentie-bourbier, son élection déclencherait illico une guerre civile et la mise au ban des nations. Une France fracturée, écartelée, démembrée agoniserait dans une haine déchaînée sur les ruines d’une Union européenne livrée aux charognards nationalistes.
Voilà peut-être l’inconcevable dilemme qui nous attend avec l’obligation imposée par le jusqu’au boutisme d’une majorité très très relative au premier tour, moins d’un quart des électeurs, de confier les rênes du pays à l’un des deux exaltés. Cataclysme en marche qui fera vite regretter aux électeurs dignes de Ponce Pilate leur bulletin extrême.

Moi j’aurai voté blanc, peut-être comme une majorité de citoyens désespérant que cette voie de la sagesse désabusée ne permette pas l’annulation du scrutin avec obligation de réorganiser une élection dans le trimestre suivant avec de nouveaux candidats. Un recul pour mieux se vautrer ? Trois mois de survie, ça vaut encore le coup…

09 juillet 2015

L'Union des gnons

On aurait pu l’entendre roucouler, le Tsipras, à son entrée au Parlement européen, tant il jubilait d’occuper le cœur des tensions. Initiative malhonnête : demander aux Grecs s’ils veulent un nouveau coup de férule sans préciser le coup de massue dramatique de l’autre voie. Un choix faussement technique plutôt qu’un dilemme politique, le déviant Tsipras tente l’incompatible cumul : refuser le plan soumis et rester dans la zone protectrice. Un grand écart intenable, sauf dans l’univers populiste.

Signe révélateur : et le maquignon Mélenchon qui tente de faire peau neuve avec du cuir craquelé, et la Bassine à la peine avec son géniteur se réjouissent à l’arrivée de l’anti-euro très très primaire. A défaut de pouvoir gérer dignement l’éviction de son père ragaillardi, la Marine offre sa mine déconfite pour soutenir un extrémiste de gauche. On retrouve là les mêmes acoquinements idéologiques que lors du référendum de 2005 en France : bloc disparate qui se soude pour détruire mais sans capacité de substituer quoi que ce soit de viable.


L’invective postillonnée du Mélenchon, la litanie mécanique de la Marine en pâmoison devant cet extrême gauchiste qui se repaît du pouvoir quitte à sacrifier son pays, voilà vers quoi pourraient basculer quelques démocraties européennes. En attendant, subissons les gueulantes pour la galerie, les trahisons de couloir et plaignons ce pays qui agonise.