Affichage des articles dont le libellé est Crise économique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Crise économique. Afficher tous les articles

07 août 2012

Tout est normal, Monsieur le Président !


Imaginons son été 2013 ou 2014, en musique :

Allô, allô, Ayrault !
Quelles nouvelles ?
A Brégançon pour quelques jours,
D’l’I-phone sans tweet
Je vous appelle :
Que trouverai-je à mon retour ?

Tout est normal, Monsieur le Président,
Tout est normal, tout est normal
Pourtant je dois, je dois dire qu’je pressens
Une babiole, un truc banal,
Qui ne peut pas être très gênant :
La fin précoce de vot’ chang’ment,
Mais, à part ça, Monsieur le Président,
Tout est normal, tout est normal.

Allô, allô, Ayrault !
Quelles nouvelles ?
Mon changement déjà banni !
Éclairez-moi,
Premier fidèle,
Sur ce qui a stoppé ceci.

Y’a rien de grave, Monsieur le Président,
Y’a rien de grave, tout est normal.
Pourtant je dois, je dois dire que je sens
Comm’ un p’tit couac qui n’fait pas mal.
Il s’est fini
Par la faillite
De l’ensemble des compt’s publics,
Mais, à part ça, Monsieur le Président,
Tout est normal, tout est normal.

Allô, allô, Ayrault !
Quelles nouvelles ?
Nos finances n’ont pas résisté ?
Détaillez-moi,
Premier en zèle,
Ce qui a pu le provoquer.

Y’a rien de grave, Monsieur le Président,
Y’a rien de grave, tout est normal.
Pourtant j’avoue, j’avoue que l’embêtant,
C’est une vétille qu’on me signale :
Si Bercy a perdu sa manne
C’est qu’le pays est bien en panne,
Mais, à part ça, Monsieur le Président.
Tout est normal, tout est normal.

Allô, allô, Ayrault !
Quelles nouvelles ?
Notre pays en léthargie !
Révélez-moi,
Sans ritournelle,
Ce qui empêche not’ stratégie.

Eh bien ! Voilà, Monsieur le Président,
A forc’ de dépenses cumulées
Pour étouffer les cris les plus stridents,
Sans éponger les dettes passées,
Nous avons vidé l’escarcelle
Avant notre mis’ sous tutelle,
Jetant toute l’Union à l’eau
Et sa construction dans les flots,
Ce qui coula l’économie,
Paralysant tout le pays :
Nous avons dû logiquement
Renoncer à votre chang’ment !
Mais, à part ça, Monsieur le Président,
Tout est normal, tout est normal.









17 juin 2012

Bourdon pour un palais


Devoir civique rempli, une enveloppe vide, comme la contrainte au néant. La médiatisation de quelques méprisables a conforté ce retrait exprimé.

Conscience… de ses intérêts localisés ; respect… d’impératifs personnels ; grandeur… d'appétits électoraux. Rien de nouveau autour des urnes, mais la voracité de Big Média n’en a pas laissé une miette, multipliant ses Unes sur tout ce qu’un traitement raisonné aurait relégué à l’arrière-plan d’un fond de cuisine électorale.

L’Europe se disloque et l’on nous a bassinés avec les bastons de populistes qui braillent pour mieux nous assourdir. Les comptes publics n’ont plus rien de merveilleux à raconter, alors on nous a excités à coups de signes exhibés pour la première trame de France hollandaise. Qu’importe ! L’anesthésie du pays a perduré non point pour une opération salvatrice, mais pour laisser croire à une atténuation des maux à venir.

Le tourbillon des boucs émissaires s’accélérera dès que les vraies urgences seront revenues en tête de hiérarchie. Chacun occultera sa part de responsabilité par la virulence contre ceux désignés comme les grands fauteurs du chaos. On peut bien s’ébattre par ces journées printanières, les leurres n’empêcheront rien. Au premier chef, cette tromperie électorale normalement destinée à choisir des représentants de la nation et qui va envoyer au palais Bourbon quelques boutiquiers sans envergure pour les tempêtes annoncées.

Un redressement dispensé de sacrifices ? Qui ose encore croire aux vertus d’un Grand Soir confiscatoire ou d’un Ordre frelaté se mimant tout nouveau sous des cieux encombrés ? Mais l’entre-deux ne mobilise plus faute d’engagement détaché des obsessions de conquête ou de sauvetage d’un mandat. Bêtes pas saines, certains de ces animaux politiques. A trop courir au-devant ou derrière des électeurs infidèles et versatiles, des candidats en ont oublié le poids des exigences. Le temps des autruches revendicatives ne peut plus subsister, à moins de perdre la tête arrachée par la pression alentour.

Voyons si la session extraordinaire programmée saura pondre quelques lois à la hauteur des crises culminantes.

13 mai 2012

Ruine de la Grèce en kit


Ah ! ces berges reposantes pour laisser de côté les sujets obsessionnels des derniers mois politiques. L’astre au zénith, quelques épidermes de belle courbure qui dorent, les scintillements du fleuve : la sérénité me gagne. Pourtant, le chaos grec n’est pas loin.

Des cales pour y crever en vaines révoltes. Chacun râle avec son bulletin incendiaire pour urnes inflammables. Europe écartelée : des membres contraints à la dénudation morbide. Ne subsistent que d’hideuses extrémités : l’une avide de liquide sans solide projet qui rassure les prêteurs ; l’autre dressée pour l’archaïque tyrannie brune. Du néo dur à stériliser dans l’œuf. Le molosse s’accroît et la raison trépasse.

Les courants rhodaniens animent ce fleuve, mais ne peuvent emporter les folies du temps. Que se fracassent tous les plans au gré des consultations électorales. Les Grecs veulent une démocratie de pleine application alors que la souveraineté réelle du pays a disparu. Exigences inconciliables.
Faut-il prendre au mot ceux qui repoussent les accords, solder les comptes et stopper les aides ou s’acharner à soutenir, quitte à risquer une plus lourde chute ? L’ébullition irrigue ces contrées en peine de solution assimilable. Planche de salut ou billot terminal : le choix se fait à l’aveugle, guidé par les éclats des braillards.

Après l’aspiration des rayons, je calme les braises au River Boat via un Monaco. L’autre rive plonge déjà dans l’ombre. Les difficultés pour le législatif d’accoucher d’un gouvernement rappellent l’époque d’une République souffreteuse dans l’hexagone. Au tour de la nation antique ruinée de s’y épuiser. Le seul mouvement laissé à l’écart des conciliabules, c’est la Daube foirée du nazisme hellénique. On trouvera toujours un exégète pour minorer la responsabilité de son électorat, mais cela n’expliquera pas ce qui a permis à un tel mouvement de présenter à des élections nationales des crapules grossièrement gammées.

A trop compter sur la sagesse des peuples pour réagir à la tourmente économique, l’Europe des petits pas va se prendre de douloureux coups de boutoir dans les fondements.

25 avril 2012

Le 1er Mai sera son dernier


Un présentateur météo a récemment résumé le climat politique du temps présent : « le front menace » d’où, sans doute, ce printemps électoral pourri.

L’entre-deux-tours de passe-passe illusionne comme une folle entre-deux-guerres : de l’agitation, du faux débat, des invectives qui nourrissent la confrontation et laissent de côté les explosions économico-sociales à venir. Une parenthèse presque ludique avant les attaques sans concession, l’économie et ses impératifs, l’Europe plus incertaine que jamais et les calamités éludées.

Ces jours occultent la réalité lourde et complexe des problèmes à résoudre. L’électorat vient de placer en cinquième position le seul candidat qui rappelait depuis 2007 l’obligation cruciale de désendetter les finances publiques. Prime aux candidats-autruches qui se concentrent sur la stratégie politicienne, sur des polémiques dérisoires et sur les reports de voix à obtenir, laissant dans le brouillard la qualité intrinsèque d’un projet quinquennal et d’un dessein crédible. La France, ballotée d’un bouc émissaire l’autre, vogue bien loin des nécessités fondamentales.

Après l’inutile série du premier acte (halal, permis à points, etc.), le vote des étrangers et la qualité des travailleurs défilant le 1er Mai concentrent l’énergie de la parole des deux finalistes. Tout ça pour transformer la fête du travail en terrain de concurrence des chapelles politico-syndicales. Minable.

Un peu comme la paternité de cette date que les uns revendiquent comme ayant sa source dans l’Internationale communiste et que les autres rattachent sans l’avouer à la France de Vichy (une Saint-Philippe pour fêter et le travail et Pétain). Raté ! Il faut aller chez les Yankees, en 1886, pour dénicher les racines du combat pour un monde du travail amélioré. Avec la fusillade de Haymarket à Chicago contre ceux qui revendiquaient les huit heures (de travail, de sommeil et de loisir), les premiers martyrs ouvriers sont américains. La IIème Internationale sise à Paris pour le centenaire de la Révolution française ne fera que s’approprier une rébellion née aux États-Unis. Les neuf morts à Fourmies, le 1er Mai 1890, ne seront qu’un écho aux pendaisons des rebelles outre-atlantique.

En attendant le 21 Juin, la saison reste fraîche et les cieux couverts par des fronts persistants.

05 novembre 2011

Quand les notes s’agencent…


Comme un appel du merveilleux avant les échéances tragiques, « It’s so cold ! » : l’élan expressif colore mon ascendante imprégnation. Ce toboggan musical bouleverse les repères, comme un air oxygénant… Reprise des ultimes notes pour ouvrir l’avant-scène paradisiaque. Vrombir, fendre la toile et laisser croître les sons épurés. Délaissons les heurts économico-financiers, mieux même ! larguons-les au bout d’une note, une seule, clef sur le sol enchanté de Coldplay. Oh ! ces dérives, ces désastres, permettons à l’ivresse poétique de les phagocyter pour une renaissance du temps mirifique : celui d’un projet, d’un objectif, de quelque espoir en ligne de mire. L’écho du babil spéculateur s’épuisera… peut-être !

La voix sacralisée du peuple, souveraineté à tester, et pas seulement chez les Grecs. Et après ? On fait quoi du passé ? Table rase, compteur à zéro pointé ? Soyons sincère : quelle empathie avons-nous pour nos aïeux et les souffrances collectives endurées ? Au mieux de la curiosité historique… La solidarité intergénérationnelle ? Foutaise… La démagocratie a régné sans partage des décennies pour faire du trou budgétaire des abysses incurables. En route pour l’ochlocratie et ses excès ? C’est le nez trempé dans la bouse que la génération en activité admet, et pas unanimement, les efforts à consentir pour simplement revenir à l’équilibre… En suspens harmonieux, la mélodie du quatuor britannique s’ancre, atténuant mes fulminations.

Chacun affiche de belles intentions, mais seule obsède sa condition personnelle : sauver sa mise pour son petit bout de vie agencé au mieux de ses capacités, de ce que l’on peut grappiller, quitte à crotter un peu, beaucoup, lamentablement la destinée collective.

Une dualité de dupes : soi et la société. Des intérêts incompatibles qu’occulte la fiction d’une souveraineté populaire qui insufflerait une sagesse sans faille. Pour nos gouvernants : gérer vaille que vaille pour tenter d’anticiper les effondrements, d’esquiver les plus gros obstacles et de s’en remettre à quoi ? J’espère pas aux billevesées religieuses qui voudraient s’imposer comme sacrées, intouchables alors qu’elles ne sont rien d’autres que des opinions très très relatives, du subjectif très très contestable…

Entre le cynisme de l’arriviste avide et l’intégrisme criminel du croyant, gardons le cap ! Allergique au panurgisme, réfractaire à toute conversion. Quelques notes de piano extraites de la treille musicale : quand la source coule… play ! et vogue par delà l’intolérable…

09 octobre 2011

Lions Yeux, Oreilles, Nez...

... pour affûter nos sens et entailler l'actualité.

La ville des sens : base idéale pour fustiger l’essence des vils. Lyon, pour croquer plus en profondeur les agités du cloaque. Tout en perspectives, en dénivelés dentelés, cette capitale de vie éclaire les voies à cheminer et celles à carboniser. Suffisamment vaste pour s’y fondre, assez intime pour s’y reconnaître, je loue son espace et me catapulte sans effort vers le bleu du ciel depuis ses berges enchanteresses.

Je n’ai évidemment pas attendu Stéphane Hessel pour réagir aux travers du monde. Dès 2005, je baptisais mon premier blog, à la technique rudimentaire, Indignation. Lyon, enfonçons sans retenue nos crocs dans la chair des tordus, élaguons les circonvolutions des postures convenues, arrachons la graisse pour dénuder l’os. Lyon, ta crinière rhôno-saônienne influence mes confluences enflammées. Savoir prendre l’élan depuis ton double i, échasses efficaces pour transcender sa vision des soubresauts du temps.

Visiblement, Al Qaida vient de ridiculiser le discours négationniste de l’insane Ahmadinejad et, à travers sa repoussante carcasse, de tous les complotistes qui font leur beurre par la remise en cause des évidences du Onze Septembre. La nébuleuse terroriste réaffirme avec force la paternité du plus gros attentat jamais commis, ravalant le dirigeant iranien à un suppôt des Américains qui ne trouverait rien de mieux que de nier la capacité d’Al Qaida à effectuer un tel coup de force. C’est la plus cinglante réponse qu’on pouvait espérer : un peu comme si Hitler lui-même venait botter le cul de tous les révisionnistes en leur rappelant l’efficacité de sa Solution finale, fours crématoires et chambres à gaz inclus.

Curieuse naïveté des adeptes du complot qui ont cru au silence complaisant des ennemis de l’Occident. Ces démonstrations pseudo scientifiques sonnent comme l’insupportable relégation de leur sanglant coup de maître en minable tromperie sur le déroulé des événements et leurs protagonistes. A force de n’avoir en ligne de mire que le Grand Satan Sam, ils ont négligé l’affront que pouvait constituer leur logorrhée argumentative chez les disciples de feu Oussama.

Ne doutons pas de la ressource régénérative des phares de l’escroquerie intellectuelle. Les anonymes de la toile n’auront aucune difficulté à se carapater sans un mot d’excuse ou de regret en attendant que les meneurs trouvent une nouvelle faille à la version officielle renforcée puisqu’elle est revendiquée par les deux parties ennemies. Les Meyssan and Co vont sans doute révéler une machination anglo-saxonne au cœur de l’organe de propagande al qaidien…

A écouter le yoyo rhétorique des experts économico-financiers, l’humeur s’écartèle sans accroche certaine.

Alors qu’on connaît depuis ses débuts la part dévastatrice du nucléaire, on commence tout juste à découvrir les menaces que nous fait courir l’informatique algorithmée via le grand casino boursier. La recette explosive pour générer un effondrement systémique suivi d’une dépression mondiale : des dettes souveraines hors de contrôle, un panurgisme démultiplié au son de la rumeur et l’amplification des mouvements par des algorithmes déchaînés. Derrière ce trio à l’œuvre, tel un activateur d’anti-économie, des sociétés en lambeaux prêtes à s’étriper pour quelque prétexte exacerbé.

La senteur des affaires d’Etat écœure : un peu comme si l’on nous obligeait à plonger dans un alcool de truffes pourries. Les remontées karachiennes rendent l’opportunisme d’un Balladur encore plus méprisable. Son discours ronronnant et policé cachait donc la salauderie des rétro-commissions… En face, le Chirac a parfaitement su éviter la claque finale par une pirouette cérébrale : le service rendu à la nation méritait bien une Justice sourde et aveugle. On ne traite pas un ancien locataire de l’Élysée comme un vulgaire délinquant anonyme… Les adages, les devises et les principes ne valent que pour les façades et une Constitution de la Cinquième… colonne sûrement. Le président du Conseil constitutionnel d’alors a bien sûr validé les comptes de campagne des deux tripatouilleurs en lice, pour compléter le panorama. La chansonnette institutionnelle du Roland n’a vraiment aucun panache : Dumas envers et contre tout l’intérêt général !

Et dire que les disciples de tout ce petit monde sont en charge de l’État ou prêts à le diriger…

22 septembre 2011

Europe : un État ou l’implosion

Malgré des berges du Rhône encore ensoleillées, la débâcle ne semble pouvoir s’évaporer. Les couleurs feutrées d’une fin d’été peinent à voiler le gris-catastrophe qui nous enturbanne, alors que d’autres, sinistres illuminés, appliquent au pied de la tête la décriée caricature de Kurt Westergaar explosant ainsi l’ancien président afghan Rabbani et quelques vies dans une pleine et entière liberté d’expression… terroriste. Je digresse…

Déclaration de Schuman - 9 mai 1950
Combien de temps va-t-on encore rester au milieu du gué à ne prendre aucune décision d’envergure qui permette un électrochoc européen pour un choix définitif ? Il faut que les vingt-sept États de l’Union (moins, si certains sont réfractaires à ce genre d’opération vérité) organisent un référendum à date unique pour un dilemme simple : voulez-vous de l’Europe fédérale ou d’un retour aux nations pleinement souveraines ?

L’entre-deux de l’UE a échoué. Le petit pas de 2005 a été celui de trop suite à des erreurs politiques majeures qui ont flingué un projet ambitieux au profit d’une stagnation fatale.

Il n’est plus temps d’attendre que les prêteurs internationaux décident en lieu et place des peuples. Que chacun d’entre-nous se positionne en son âme et conscience : des États à l’aune de ce qu’ils peuvent individuellement ou l’intégration achevée au nom d’une solidarité européenne qui prendra alors tout son sens.

L’angoisse croissante des experts ne laisse plus de côté l’hypothèse d’une montée des antagonismes haineux entre nations. Soixante ans de construction pour un retour à la case départ ? Alors que la majorité européenne qui l’aura décidé l’assume plutôt que de se défouler sur des gouvernants sans souffle. Au lieu de cela on bricole, on s’illusionne, puis on attend que le cyclone systémique nous emporte.

Que vaudra la prochaine élection présidentielle si, dès le lendemain, la sacralisée note française s’effondre car la réalité du gouffre déficitaire l’imposera, empêchant de facto la mise en œuvre de tout programme qui ne s’articulerait pas autour d’une austérité drastique ? Les Français sont dès aujourd’hui des Grecs en puissance… en faiblesse extrême.

Alors que les égoïsmes nationaux s’expriment, mais sans le facile paravent des dirigeants. Qu’il soit acté, un même jour de vote, bien plus crucial que notre jeu d’ombres présidentielles, la séparation des nations de l’UE pour le pire. Ainsi plus de faux-semblant, mais de l’assumé jusqu’au fond des tripes.

A moins que cette belle Europe, qui a fait fondre Zeus lui-même, ne soit pas qu’une mythologie.

11 juin 2010

Terrain d’enjeux

A ce stade avancé des incertitudes, les cages nationales déploient leurs filets clamés protecteurs, rets anesthésiants. Chacun creuse ses déficits : groins revendicatifs comme autant d’excavateurs dans des finances depuis bien longtemps épuisées. Mettre le holà à ces dépenses au-dessus de nos moyens réveillera-t-il l’envie d’un chaos collectif ? De la bouse aux godasses, oui, pour nous, les spectateurs de la tragédie financière. En cœur, l’hymne funèbre !

Choper quelques balles perdues, au rythme d’une partie à vau-l’eau : le match entre puissances nous smashe très loin. Règle universelle : ne pas laisser voir ceux qui sont à portée du gouffre. Les victimes campent toujours hors du jeu des captateurs.

Siffloter en rase pelouse, en fantasmant d’abondants feuillages, voilà la coupe sordide du monde en sursis à siffler jusqu’à sa lie. Nos années molles font le jeu des gredins en veille, prêts à tacler sans distinction les systèmes, les principes et les conventions pour que fructifie le jus crade de leurs affaires.

Reste à regarder jouer la trique du Nord qui ne laissera pas s’évader le fric du Sud. On fait mine d’accorder enfin sa chance au continent exploité, mais on confie les rênes du show à sa nation la moins clairement libérée d’une élite aux tronches pâles.

Le scrogneugneu a fini de faire la fine bouche… lèvres épaisses, enthousiastes face au ballet de gambettes qui s’élancent, contournent, se détournent pour mieux subjuguer la ligne de pieds adverses. La volée de tirs galvanisera un public aux cordes vibrantes. Aller au fond, voilà l’impératif, comme un appel des abysses.

22 mai 2010

En retrait, sans raison

Du provisoire pour une poignée de décennies à goûter : le temps des gourmandises s’ancre pour affûter les sens. Les contrées s’échauffent des grognes de hordes sans illusion. Déchiquète ce qui se risque à portée ! Le hideux ballet des voraces nourrit la glose charriée par le code binaire. Un Net au fonds puant, l’échange frénétique aux nobles intérêts perdus, des décideurs politiques qui voudraient bien… Au diable les religions : du bien monnayable à la Sainte Trinité, via le Mahomet là, bien profond.

Passons le plat de la langue sur cette terre gravillonnée : à endurer comme une flagellation hiératique… dans le tendre giclant de la chair. Fondons sur l’autre pour l’étriper avant sa fatale heure. Quelques barreaux à sucer… Reste coi !

Et pourtant, un autre côté subsiste, en retrait des balises, vers cette brise qui fait chavirer les ramures, tout près du quotidien silencieux, des devoirs accomplis sans fanfare, des protections affectives qui font l’évidence. Ainsi soit le paisible monde.

Voler la cime et se parfaire en intuitions préméditées ; fendre sous le crâne pour mieux faire suinter les corps beaux; s’affranchir du sens jusqu’à révolutionner les barbaries de circuits et de papier ; exhausser les vieux pieux sans volonté empalatoire ni obsession foncière ; rouler – sur – ses contemporains favorise la trace médiatique ; frôler la fin et pourvoir à ses appétits d’arts ; feindre sur la toile du Web d’anonymes défécations, même plus d’ornementales chiures ; je panse à tout va, donc j’essuie, avant, les plaies des bleus charcutés ; limer les tiges de pâquerettes juste pour soulever le cœur… Un signe ? Plein de virgules merdiques, point d’exclamations vivifiantes : l’âtre des latrines burine l’olfactif.

Onirique onanisme de la plume ? Certes… une pointe sans fond, mais encore libre de choisir son puits. Ôte-toi de mes ténèbres, tu m’indiffères !

Texte accepté par le journal Le Monde
(accessible aux abonnés)

03 mai 2010

L’UE au piquet… (d’) exécution !

De sacrés veinards les évaluateurs cornaqués par Fitch Ratings, Moody’s ou Standard & Poor’s. Ce n’est pas de la mauvaise graine, du fumiste à l’occiput rasé de près qu’ils doivent noter. Ils laissent cette ingrate tâche, qui se densifie parfois d’une lame au cœur en représailles, aux enseignants reconvertis en garde-chiourme terrorisés.

Chez ces censeurs-là, on ne fait pas sous soi, non ! On fourre bien profond des nations en perdition. Alors comme ça, d’un coup, une obscure société privée peut faire chuter un pays – Etat et peuple pour le même abyme – simplement par le sordide panurgisme des investisseurs internationaux ! Ce monde se délite, pas de doute !

Avec le cancre de l’UE, celui qui se fait dorer près du soleil, qui n’a que le farniente rémunéré en tête, qui a même trafiqué ses résultats au début de la décennie quatre-vingt du Vingtième pour passer l’épreuve d’entrée, on a du je-m’en-fichiste de premier choix ! Alors on dégrade, hop ! Le comble ? C’est que le bonnet d’âne grec devra payer l’agence qui l’a mis au piquet. Une jouissance en deux temps.


De simples agences de notation pourraient ainsi mettre en pièce la zone la plus pacifiée du globe, après soixante ans d’ambition européenne, au risque d’exacerber les pires réflexes nationalistes des peuples. Et rien, pas l’ombre d’un poing sur la table ou dans la tronche des invisibles censeurs par les dirigeants, soi-disant solidaires, de l’UE.

Alors oui, laxisme grec, portugais et espagnol. Ces Etats dépensent trop. Selon ce critère, la France n’a pas à être épargnée. Dans quelques semaines, mois, années, les mêmes agences pourraient faire joujou avec le triple A de la France : la fin des largesses budgétaires sonnerait. Les investisseurs se détourneraient alors vers de plus juteuses zones et le déficit cumulé ne pourrait être comblé sans d’énormes sacrifices de la population.


Resterait l’Allemagne, et quelques satellites budgétairement exemplaires, pour revendiquer le label UE, telle une coquille vide de sens. Péril à venir pour une construction européenne qu’aucun n’a voulue politique. A ménager les intérêts de chacun, on en a sacrifié la viabilité globale ouvrant la voie aux charognards. On est arrivé à une complexité institutionnelle tournant à vide où chacun des membres n’a comme obsession que de préserver ses intérêts propres.

L’UE volerait alors en éclats pour un retour aux nations accolées pour la rivalité. Mesurera-t-on qu’à l’origine du cataclysme il y aura eu ces quelques sociétés qui auront émis une opinion engendrant un chaos immaîtrisable à court terme.


Faut dire qu’elles avaient une revanche à prendre. Rappelez-vous leur crasse incompétence lorsqu’il a fallu anticiper la gabegie Subprimes… Là, plus de raideur inflexible, mais une suspecte abstention. Aucune impartialité chez les bougres. Des traînées de merde bien puante, ils en charrient des kilos sous leurs godasses vernies. Alerter sur ces produits financiers pourris, c’était se flageller avant l’heure. Ces agences de notation financière globales ont participé, plus ou moins directement, à l’élaboration des modèles de titrisation des crédits hypothécaires à risque. Une culbute financière de plus avant d’aller tirer l’oreille d’Etats qui, eux-mêmes, ont dû, dans l’urgence, colmater le système au bord de la banqueroute explosive. Un tirage du lobe qui ressemble bien plus au supplice du pal pour Papandréou ! Perfides officines qui ont une vertu, par incidence : confirmer l’avancée du délabrement de la construction européenne.

Dimanche 9 mai 2010, vers dix-sept heures, j’aurai une pensée pour les inspirateurs de l’UE. Fêter Schuman, Monnet et leur aspiration commune à une terre européenne enfin pacifiée, oui, vingt-sept fois oui ! Les soixante ans de cet appel fondateur rappelleront à nos esprits en vrac tout le bien-exister qu’on leur doit… même si la belle bête initiale n’a plus de charme pour les peuples toujours enclin au réflexe accusatoire dès que la solidarité européenne leur coûte.

Un hommage mérité donc, mais pour une intention brisée ; un anniversaire en forme d’incantation d’un modèle moribond. Bien plus que le coup de férule de Standard & Poor’s à la Grèce, c’est la navrante tergiversation des membres de cet ensemble qui désespère. Piteux spectacle de dirigeants prêts à laisser tomber un des leurs. Là c’est le triple E pointé !

Faire entrer de nouveaux pays, ça on est doué : performant, glouton, on est, au point même que nos dirigeants d’alors ont ouvert la porte à douze nouveaux copains sans même avoir changé, AVANT, les règles du jeu. Tout confiants, exaltés par l’enthousiasme post 1989 et la volonté aveuglée d’un retour d’ex pays de l’Est dans le giron de l’Europe capitaliste. Inconséquents, concons comme leurs pieds nos dirigeants pour croire au même enthousiasme populaire sitôt les flonflons rangés et le sujet institutionnel à l’ordre du jour. Ah ! le Chirac, quand il en balançait une, l’autre se décrochait ! A force d’animer ses gonades avant d’écouter sa Raison, il a dézingué l’attelage européen.

J’étais pour le Oui à la feue Constitution, mais je n’allais sûrement pas contester la légitimité du débat, tout comme la légalité du refus dans les urnes. C’est la gigantesque connerie du Conseil européen dans le choix chronologique des objectifs qui est à stigmatiser.

Quelques années inutiles suite à cette gourde gestion du planning, puis l’espoir d’un nouvel élan avec le tout nouveau frétillant de l’Elysée. Traité de Lisbonne adopté au forceps, tellement simplifié qu’il en est évanescent à la pratique. Une tartufferie que la crise rend plus grinçante encore à chaque annonce d’une dégringolade économique, financière et aujourd’hui budgétaire.

Un exemple révélateur ? On devait mettre fin à la présidence tournante de six mois qui donne le tournis et n’a plus aucun sens à vingt-sept. Un président élu pour deux ans et demi devait être le visage stable et la voix forte de l’UE : lui apporter l’impulsion vitale. Qui peut croire que nos dirigeants souhaitent une véritable unité politique ? Ils ont foutu un personnage sans envergure, falot, un ectoplasme inaudible avec des manettes atrophiées et ont surtout conservé le système du pays membre qui donne le La pendant deux trimestres. Le prochain, c’est la Belgique, au bord de l’implosion-scission. Comme un signe…

Autant le dire : on nous a pris pour des cons et aucune réforme réelle n’a eu lieu. Adopter un texte sans modifier ses comportements, c’est se torcher avec ses engagements en se limitant à l’annonce médiatisée. Une pratique politique de plus en plus courante.

Jean Monnet
Alors il reste quoi ? La devise « Unis dans la diversité » ? Pierre Uri, conseiller économique et financier de Jean Monnet, l’inspirateur de la CECA, résumait dans un article du Monde, le 9 mai 1975, l’état d’esprit qui régnait au début de cette incroyable initiative : « les difficultés de chaque pays étaient considérées comme des difficultés communes à résoudre en commun. » Soixante ans plus tard, tragique régression : divisés par égoïsme à courte vue serait le triste résumé à placarder au fronton d’une UE complexe par ses instances, mais sans plus aucun souffle. Alors quoi, on laisse tomber la Grèce, puis le Portugal, puis l’Espagne, puis l’indigne Irlande ?

Pour Monnet et Schuman, le mal suprême, payé si cher en Europe, est « l’esprit de domination, qui avilit autant celui qui domine que celui qui est dominé. » On n’en est pas loin.

08 février 2009

Les coups de la crise

Signe, pour l’anecdote révélatrice, de la dépression économique en forme de débâcle humaine : la fonte vertigineuse des recettes publicitaires de la première chaîne de télévision.

Là où la volonté présidentielle a débarrassé les chaînes publiques des scories commerciales aux pointes d’audience, la crise nettoie les programmes de TF1 des longues et indigestes coupures publicitaires. Si report de la manne du public vers le privé il y a eu, le marasme mondial a désintégré son contenu.


Ainsi, la flopée de séries américaines qui permettent de réviser les quatre coins des USA et la palette infinie des salauderies humaines : je les purge des séquences dont on les a truffées, grâce à l’efficace DVD-enregistreur-nettoyeur, pour que ma BB puisse les visionner dans un total confort, sans la répétitive pause-pipi qu’imposent les bruyantes réclames, même en l’absence d’incontinence.



En septembre 2008, j’avais encore fréquemment de gros morceaux de sept à huit minutes, bien polluants mais détectables à tous les coups par le défilé des chapitres de six minutes. 2009 ne laisse poindre que des tranches de pub
efflanquées, parfois d’à peine deux minutes qui se perdent au beau milieu des épisodes comme une saucisse William Saurin dans une bassine de topinambours. La crise impose ses changements de comportement : fini la rythmique des chapitres pour retrouver les plages de publicité, bonjour l’accélération fastidieuse des images…


Finalement, les adeptes de la décroissance vont avoir l’occasion d’observer la réalisation brutale, par la contraction de la production, de leurs aspirations. Pas sûr que les dizaines de millions d’individus qui auront perdu leur emploi au cours de cette période en deviennent de fervents partisans. A moins qu’on les leurre, ici et là, en leur vantant un anti-capitalisme primaire dont on ne comprend toujours pas la teneur du projet concret et viable qu’il recouvre.


Et sinon ? Je n’achète toujours pas d’actions, encore moins de produits financiers, je ne conduis décidément pas et je reste sur mes gardes lorsque je croise un congénère…


Le volontarisme politique n’empêchera pas l’instinct prétendument salvateur du nationalisme social. La mondialisation est morte ? Vive la relocalisation avec purin bien de chez nous coincé au creux des godasses ! Rigolade, sinistre farce pour tenter de contrer le sauve-qui-peut en marche. Les pauvres, les miséreux, les laissés sur la berge comprendront bientôt que les riches, les très riches n’ont pas de plus raisonnable comportement qu’eux lorsque la gabegie menace.


Quoi que puisse proposer, d’applicable, les dirigeants en place, les mécontentements croîtront. Ce qu’il faut avant tout éviter c’est le dérapage, aux sources multiples possibles, qui justifierait la voie barbare, laquelle se déchaînerait d’abord contre ceux qui apparaissent comme privilégiés ou protégés dans leur emploi, par nature public pour ces derniers. Le paradoxe ? Les fonctionnaires formaient encore très largement le gros des cohortes revendicatives des dernières manifestations en France.


Le premier poste de dépenses de l’Etat reste, de très loin, le paiement de la
fonction publique. Toute politique d’aide aux plus exposés à la crise, les salariés du secteur privé, ne peut se financer qu’en réduisant, grâce à l’opportunité du papy-boom, les effectifs du public. Le reste, c’est du bruyant folklore d’un autre temps, celui où les caisses de l’Etat pouvaient encore supporter l’accroissement de son personnel.


Pour l’instant, le rapport de force se cristallise entre une partie de la population, via les syndicats, et un Etat perçu comme l’unique solution, un centralisme de crise en somme. Espérons que cela ne se déporte pas entre catégories de populations, quel que soit le critère de scission violente retenu.