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10 juin 2024

Macron à bout de souffle

La décision du Président de la République de dissoudre l’Assemblée nationale pourrait avoir une dimension  gaullienne, sauf que Macron n'a pas précisé qu'il démissionnerait en cas d'échec aux législatives.  Par ailleurs cela fragilise nos institutions et n'est pas, contrairement à ce qu'affirme le creux Bardella, dans l'esprit de la Vème. En quoi un scrutin à l'échelle européenne impliquerait une dissolution si le résultat des votes envoie au Parlement européen une majorité de députés n'ayant pas la même couleur politique que celle qui détient le pouvoir législatif en France ? Le Parlement européen n'a pas la prérogative de pouvoir censurer le gouvernement, que je sache. Si c'était le cas nous serions alors dans une forme de pré-fédéralisme pas du tout du goût de ceux qui ont raflé la mise politique hier.


D'une majorité relative, Macron risque de se retrouver avec plus de majorité du tout voire de devoir composer avec une extrême droite dont le vent mauvais est effectivement en poupe.

La décision macronienne suppose donc que tout scrutin intermédiaire (municipal, départemental, régional, européen) défavorable au pouvoir présidentiel doive se traduire par une dissolution. La nature éphémère du pouvoir gouvernemental deviendrait alors la norme trahissant la raison d'être des institutions de la Cinquième. Enfin, mais ce n'est qu'un détail, le fondement de l'instauration du quinquennat par la révision chiraquienne s'évanouit : éviter le décalage temporel entre les mandats présidentiel et législatif. 


Finalement, bien plus qu'une attitude à la dimension du Général ou qu'un courage politique, peut-être n'est-ce que la réaction d'un Président irascible et à bout de souffle...


12 mars 2023

Vie de boue : horizon crevé

En février j'ai effectué 53 kilomètres à pied, 299 à vélo et... zéro en voiture selon le relevé mensuel fourni par Google Maps.

Du fond d'un lit à la température corporelle j'ai bien conscience du privilège d'être en vie dans "le silence des organes" pour reprendre l'une des citations préférées des aspirants étudiants en médecine lors de leur épreuve écrite de SSH. Le chaos dépeceur est lui fortement aux basses œuvres en ce début d'année : une Terre dont on sait qu'elle tremble par nature en certains territoires, ce qui n'empêche pas des salauds-criminels de l'immobilier d'utiliser du sable comme matériaux de construction, donnant ainsi la patte tombale à leurs sordides édifications. Plus de cinquante mille morts en quelques secousses entre Turquie et Syrie : suppliciés Syriennes & Syriens d'un Vingt-et-Unième siècle qui ne leur aura épargné aucune tragédie.

Par centaines de milliers de charognes, l'Europe fournit aussi son obole généreuse à la Camarde via la guerre dont on commente tous les aspects techniques, logistiques, stratégiques, géopolitiques... jusqu'à la nausée. Tous ces morts pour quoi ? Encore et toujours défendre son bout de terre qu'une fois souverainement (re)conquis on pollue, défigure, malmène dans toutes ses couches...

Une strate d'hexagonal, pour finir, bien pitoyable. Le comportement de parlementaires, notamment issus du malfamé repaire LFI, beugle comme un révélateur de médiocrité : ils ne parlent plus, ils font juste du bruit ; ils n'agissent pas davantage, ils gesticulent ; plus de pensées élaborées, juste des saillies mal ficelées. Minable représentation nationale parfaitement à l'image de cette société. La députée Rousseau précise que l'Assemblée n'est pas un salon de thé... quelle lucidité ! Mais l'Hémicycle a-t-il pour autant vocation à singer les coulures d'une quelconque buvette aux pochtrons incommodants ? Cette manière de se croire important parce qu'on braille plus fort que son haï voisin rappelle celle des tocards en taule ondulée ou sur deux roues motorisées qui parcourent à toute berzingue les artères urbaines pour pétarader au maximum. Du dérisoire pur jus cracra.

17 juin 2012

Bourdon pour un palais


Devoir civique rempli, une enveloppe vide, comme la contrainte au néant. La médiatisation de quelques méprisables a conforté ce retrait exprimé.

Conscience… de ses intérêts localisés ; respect… d’impératifs personnels ; grandeur… d'appétits électoraux. Rien de nouveau autour des urnes, mais la voracité de Big Média n’en a pas laissé une miette, multipliant ses Unes sur tout ce qu’un traitement raisonné aurait relégué à l’arrière-plan d’un fond de cuisine électorale.

L’Europe se disloque et l’on nous a bassinés avec les bastons de populistes qui braillent pour mieux nous assourdir. Les comptes publics n’ont plus rien de merveilleux à raconter, alors on nous a excités à coups de signes exhibés pour la première trame de France hollandaise. Qu’importe ! L’anesthésie du pays a perduré non point pour une opération salvatrice, mais pour laisser croire à une atténuation des maux à venir.

Le tourbillon des boucs émissaires s’accélérera dès que les vraies urgences seront revenues en tête de hiérarchie. Chacun occultera sa part de responsabilité par la virulence contre ceux désignés comme les grands fauteurs du chaos. On peut bien s’ébattre par ces journées printanières, les leurres n’empêcheront rien. Au premier chef, cette tromperie électorale normalement destinée à choisir des représentants de la nation et qui va envoyer au palais Bourbon quelques boutiquiers sans envergure pour les tempêtes annoncées.

Un redressement dispensé de sacrifices ? Qui ose encore croire aux vertus d’un Grand Soir confiscatoire ou d’un Ordre frelaté se mimant tout nouveau sous des cieux encombrés ? Mais l’entre-deux ne mobilise plus faute d’engagement détaché des obsessions de conquête ou de sauvetage d’un mandat. Bêtes pas saines, certains de ces animaux politiques. A trop courir au-devant ou derrière des électeurs infidèles et versatiles, des candidats en ont oublié le poids des exigences. Le temps des autruches revendicatives ne peut plus subsister, à moins de perdre la tête arrachée par la pression alentour.

Voyons si la session extraordinaire programmée saura pondre quelques lois à la hauteur des crises culminantes.