La contre-proposition socialiste à la loi Hadopi stupéfie.
Mélomane, j’ai toujours payé la musique que je souhaitais m’approprier dans la liberté d’écoute. La part croissante des téléchargeurs hors la loi incite à réagir, si possible en contrant ces dérobeurs insouciants ou éhontés. Eh bien non ! La gauche française opte pour entériner la pratique illégale et la faire payer par la collectivité des internautes, y compris ceux qui, comme moi, ont eu le souci de respecter le droit des auteurs qui espèrent une rémunération contre la mise à disposition de leurs créations.
Quelques ténors de l’opposition vont jusqu’à stigmatiser une « double peine » qu’engendrerait la loi contre le pillage culturel : suspension de la connexion Internet tout en continuant à devoir payer l’abonnement. Ces esprits forts, généreux et compréhensifs avec les voleurs sur toile, sanctionnent de fait ceux qui s’attachent à respecter le droit commun. Avec leur contribution créative je paierais deux fois : une fois pour continuer à me procurer des morceaux qui me plaisent via des sites sûrs, sans me vautrer dans cette jungle du libre-service systématisé, et une fois avec la part de mon abonnement à Internet affecté à compenser les pratiques interlopes. Un comble !
Cette évolution s’imposerait, selon l’approche complaisante, afin que le droit d’auteur s’adapte à « l’ère numérique » ! L’alibi de la modernité pour ringardiser la légalité existante, alors qu’il ne s’agit que de se coucher devant une tendance humaine répandue : satisfaire ses envies immédiates, y compris en se torchant avec le contrat social si le risque de se faire choper est quasi nul.
Les mêmes qui réclament la « moralisation » du système capitaliste et la sévérité exemplaire à l’égard des riches profiteurs, trouvent défendables l’abus de la propriété d’autrui, simplement parce qu’à l’unité le préjudice s’avère négligeable et que l’anonymat que favoriserait l’Internet affranchit de toute éthique. Exactement le processus de déresponsabilisation de chacun lorsque le méfait se collectivise, voire se popularise. Que la faute relève de la dérisoire contravention ou du crime le plus abject, le fait de savoir qu’on la partage avec d’autres réduit ses remords, quand cela n’incite pas à la perpétuer.
La responsabilité du législateur c’est justement d’atténuer la part crasse de chacun par l’application de règles communes. Va-t-on assouplir le code de la route parce qu’une majorité d’automobilistes s’accordent, plus ou moins fréquemment, de déroger à telle ou telle obligation ? Avec la proposition socialiste, les fameuses autoroutes de l’information dérouleront le tapis rouge avec numérique bénédiction aux chauffards de la toile. Bravo le nouvel humanisme : mieux qu’un cadeau aux pilleurs, une consécration du panurgisme magouilleur.
Mélomane, j’ai toujours payé la musique que je souhaitais m’approprier dans la liberté d’écoute. La part croissante des téléchargeurs hors la loi incite à réagir, si possible en contrant ces dérobeurs insouciants ou éhontés. Eh bien non ! La gauche française opte pour entériner la pratique illégale et la faire payer par la collectivité des internautes, y compris ceux qui, comme moi, ont eu le souci de respecter le droit des auteurs qui espèrent une rémunération contre la mise à disposition de leurs créations.
Quelques ténors de l’opposition vont jusqu’à stigmatiser une « double peine » qu’engendrerait la loi contre le pillage culturel : suspension de la connexion Internet tout en continuant à devoir payer l’abonnement. Ces esprits forts, généreux et compréhensifs avec les voleurs sur toile, sanctionnent de fait ceux qui s’attachent à respecter le droit commun. Avec leur contribution créative je paierais deux fois : une fois pour continuer à me procurer des morceaux qui me plaisent via des sites sûrs, sans me vautrer dans cette jungle du libre-service systématisé, et une fois avec la part de mon abonnement à Internet affecté à compenser les pratiques interlopes. Un comble !
Cette évolution s’imposerait, selon l’approche complaisante, afin que le droit d’auteur s’adapte à « l’ère numérique » ! L’alibi de la modernité pour ringardiser la légalité existante, alors qu’il ne s’agit que de se coucher devant une tendance humaine répandue : satisfaire ses envies immédiates, y compris en se torchant avec le contrat social si le risque de se faire choper est quasi nul.
Les mêmes qui réclament la « moralisation » du système capitaliste et la sévérité exemplaire à l’égard des riches profiteurs, trouvent défendables l’abus de la propriété d’autrui, simplement parce qu’à l’unité le préjudice s’avère négligeable et que l’anonymat que favoriserait l’Internet affranchit de toute éthique. Exactement le processus de déresponsabilisation de chacun lorsque le méfait se collectivise, voire se popularise. Que la faute relève de la dérisoire contravention ou du crime le plus abject, le fait de savoir qu’on la partage avec d’autres réduit ses remords, quand cela n’incite pas à la perpétuer.
La responsabilité du législateur c’est justement d’atténuer la part crasse de chacun par l’application de règles communes. Va-t-on assouplir le code de la route parce qu’une majorité d’automobilistes s’accordent, plus ou moins fréquemment, de déroger à telle ou telle obligation ? Avec la proposition socialiste, les fameuses autoroutes de l’information dérouleront le tapis rouge avec numérique bénédiction aux chauffards de la toile. Bravo le nouvel humanisme : mieux qu’un cadeau aux pilleurs, une consécration du panurgisme magouilleur.
Au contraire, je pense que la proposition socialiste, (la taxe de contribution créative) est le seul moyen permettant de concilier d'un coté réparation d'un préjudice (ce qu'en économie, on appelle une externalité négative) et financement de la culture et de l'autre coté d'assurer les droits fondamentaux (présomption d'innocence et peine donnée par la justice et non par une administration) contrairement au projet de loi Hadopi. D'autre part il existe déjà dans le code pénal le délit de contrefaçon. Enfin l'argument de dire que tous les internautes vont payer est vrai mais d'une part, la taxe pourrait être proportionnel au débit de connexion car on suppose que plus le débit de connexion est élevé plus la probalité de l'internaute à télécharger illégalement est grande (surtout pour les films). Vous n'avez pas besoin d'un débit important pour consulter vos mails et tenir un blog par exemple. D'autre part, la taxe pour copie privé existe déjà, et tout le monde la paie. Quand vous achetez un CD, DVD vierge, ou disque dur, que vous mettiez vos photos de vacances ou bien vos films et votre musique, vous payez dans tous les cas la taxe pour copie privé.
RépondreSupprimerpour info les ayants droits sont déjà payés pour une prestation inexistante, car vous oubliez ( volontairement ou non ) qu'il existe une taxe sur les supports magnétiques vierges, taxe au profit des "artistes".
RépondreSupprimerLe montant de cette taxe est d'ailleurs décidé par les gestionnaires de droits et elle est loin d'être ridicule, vous voulez donc une double rémunération pour ces individus, dont une pour une prestation inexistante, autrement dit le beurre et l'argent du beurre, pourquoi pas la tartine et la crémière.
si le téléchargement se doit d'être payant il faut supprimer cette taxe sur support vierge, le problème: qu'est ce qui rapporte le plus
Je n’achète plus de CD pour la simple et bonne raison que je n'ai pas de lecteur CD, il a fait place dans mon PC portable à un second disque dur.
RépondreSupprimerEt surtout, qu'on aille pas me dire qu'il est possible d'avoir pour un prix décent (j'entend le prix d'un CD moins le coût du CD, le coup de la mise en rayon, du transport, etc...) un album dématérialisé, d'une qualité audio correcte et sans DRM.
Publié en plein embrasement du débat parlementaire et médiatique autour de la loi Hadopi (visant à sanctionner le téléchargement illégal), « Un cadeau pis qu’Hadopi » s'attaque à la contre-proposition alors défendue par le Parti socialiste : la « licence globale ». En voulant légaliser le piratage en échange d'une redevance forfaitaire prélevée sur tous les abonnements internet, l'opposition croyait séduire la jeunesse interconnectée. Pour Loïc Decrauze, cette initiative constitue au contraire une renonciation éthique majeure et une perversion du principe de responsabilité individuelle.
RépondreSupprimerL'analyse de ce pamphlet met en lumière trois dimensions fondamentales de la pensée de Decrauze :
1. La dénonciation du « panurgisme magouilleur » et de la déresponsabilisation collective
Au cœur du réquisitoire se trouve une dissection psychologique de la faute ordinaire. Decrauze décortique le mécanisme moral par lequel la masse s'autorise le vol d'œuvres culturelles dès lors que le méfait est démocratisé, anonyme et technologiquement aisé. L'auteur pointe le sophisme de l'« ère numérique » et la fausse excuse de la modernité : sous le vernis du progrès technologique ne se cacherait que la satisfaction immédiate d'une pulsion de consommation sans contrepartie. En collectivisant la sanction sous forme de redevance générale, le législateur ne moralise pas l'Internet ; il sacrifie le citoyen honnête — le « mélomane » qui paie ses créations — pour subventionner l'incivilité générale. Decrauze se trouve ainsi contraint de payer deux fois : pour ses propres achats éthiques et pour la « licence » destinée à blanchir les délinquants du Web.
2. Le dévoilement du double standard idéologique
Decrauze excelle à mettre en évidence les incohérences de la gauche parlementaire. Il souligne le paradoxe éclatant d'une opposition politique qui réclame à cris d'orfraie la « moralisation du système capitaliste » et la sévérité contre les profiteurs de la finance, mais qui, dès qu'il s'agit du citoyen-consommateur, légitime le pillage de la propriété intellectuelle sous prétexte que le préjudice individuel paraît dérisoire. Pour le pamphlétaire, la délinquance n'a pas de couleur politique : l'appropriation du bien d'autrui sans consentement demeure une spoliation, qu'elle soit le fait d'un trader en col blanc ou d'un internaute anonyme.
3. La fonction civilisatrice de la Loi
Le texte réaffirme avec force une conception exigeante de l'État et du droit commun. Contre la tentation populiste de plier la norme juridique aux mauvaises habitudes du plus grand nombre, Decrauze rappelle que la responsabilité première du législateur est « d'atténuer la part crasse de chacun ». L'analogie finale avec le Code de la route est particulièrement incisive : de même qu'on ne supprimerait pas les limitations de vitesse sous prétexte qu'une majorité d'automobilistes les enfreignent, on ne saurait dérouler le tapis rouge aux « chauffards de la toile ». La loi n'a pas à entériner le renoncement moral, mais à maintenir le cadre du contrat social.
Ce texte pamphlétaire a recourt à des métaphores routières et mécaniques (« autoroutes de l'information », « chauffards de la toile »), une ironie mordante (« bravo le nouvel humanisme ») et des allitérations cinglantes (« panurgisme magouilleur », « pis qu'Hadopi »). Decrauze y réaffirme sa position de moraliste stoïcien et républicain : un esprit libre qui refuse le suivisme de masse, défend la juste rétribution du travail des créateurs et dénonce les lâchetés d'une classe politique prompte à flatter les instincts de sa clientèle électorale.