03 mai 2010

L’UE au piquet… (d’) exécution !

De sacrés veinards les évaluateurs cornaqués par Fitch Ratings, Moody’s ou Standard & Poor’s. Ce n’est pas de la mauvaise graine, du fumiste à l’occiput rasé de près qu’ils doivent noter. Ils laissent cette ingrate tâche, qui se densifie parfois d’une lame au cœur en représailles, aux enseignants reconvertis en garde-chiourme terrorisés.

Chez ces censeurs-là, on ne fait pas sous soi, non ! On fourre bien profond des nations en perdition. Alors comme ça, d’un coup, une obscure société privée peut faire chuter un pays – Etat et peuple pour le même abyme – simplement par le sordide panurgisme des investisseurs internationaux ! Ce monde se délite, pas de doute !

Avec le cancre de l’UE, celui qui se fait dorer près du soleil, qui n’a que le farniente rémunéré en tête, qui a même trafiqué ses résultats au début de la décennie quatre-vingt du Vingtième pour passer l’épreuve d’entrée, on a du je-m’en-fichiste de premier choix ! Alors on dégrade, hop ! Le comble ? C’est que le bonnet d’âne grec devra payer l’agence qui l’a mis au piquet. Une jouissance en deux temps.


De simples agences de notation pourraient ainsi mettre en pièce la zone la plus pacifiée du globe, après soixante ans d’ambition européenne, au risque d’exacerber les pires réflexes nationalistes des peuples. Et rien, pas l’ombre d’un poing sur la table ou dans la tronche des invisibles censeurs par les dirigeants, soi-disant solidaires, de l’UE.

Alors oui, laxisme grec, portugais et espagnol. Ces Etats dépensent trop. Selon ce critère, la France n’a pas à être épargnée. Dans quelques semaines, mois, années, les mêmes agences pourraient faire joujou avec le triple A de la France : la fin des largesses budgétaires sonnerait. Les investisseurs se détourneraient alors vers de plus juteuses zones et le déficit cumulé ne pourrait être comblé sans d’énormes sacrifices de la population.


Resterait l’Allemagne, et quelques satellites budgétairement exemplaires, pour revendiquer le label UE, telle une coquille vide de sens. Péril à venir pour une construction européenne qu’aucun n’a voulue politique. A ménager les intérêts de chacun, on en a sacrifié la viabilité globale ouvrant la voie aux charognards. On est arrivé à une complexité institutionnelle tournant à vide où chacun des membres n’a comme obsession que de préserver ses intérêts propres.

L’UE volerait alors en éclats pour un retour aux nations accolées pour la rivalité. Mesurera-t-on qu’à l’origine du cataclysme il y aura eu ces quelques sociétés qui auront émis une opinion engendrant un chaos immaîtrisable à court terme.


Faut dire qu’elles avaient une revanche à prendre. Rappelez-vous leur crasse incompétence lorsqu’il a fallu anticiper la gabegie Subprimes… Là, plus de raideur inflexible, mais une suspecte abstention. Aucune impartialité chez les bougres. Des traînées de merde bien puante, ils en charrient des kilos sous leurs godasses vernies. Alerter sur ces produits financiers pourris, c’était se flageller avant l’heure. Ces agences de notation financière globales ont participé, plus ou moins directement, à l’élaboration des modèles de titrisation des crédits hypothécaires à risque. Une culbute financière de plus avant d’aller tirer l’oreille d’Etats qui, eux-mêmes, ont dû, dans l’urgence, colmater le système au bord de la banqueroute explosive. Un tirage du lobe qui ressemble bien plus au supplice du pal pour Papandréou ! Perfides officines qui ont une vertu, par incidence : confirmer l’avancée du délabrement de la construction européenne.

Dimanche 9 mai 2010, vers dix-sept heures, j’aurai une pensée pour les inspirateurs de l’UE. Fêter Schuman, Monnet et leur aspiration commune à une terre européenne enfin pacifiée, oui, vingt-sept fois oui ! Les soixante ans de cet appel fondateur rappelleront à nos esprits en vrac tout le bien-exister qu’on leur doit… même si la belle bête initiale n’a plus de charme pour les peuples toujours enclin au réflexe accusatoire dès que la solidarité européenne leur coûte.

Un hommage mérité donc, mais pour une intention brisée ; un anniversaire en forme d’incantation d’un modèle moribond. Bien plus que le coup de férule de Standard & Poor’s à la Grèce, c’est la navrante tergiversation des membres de cet ensemble qui désespère. Piteux spectacle de dirigeants prêts à laisser tomber un des leurs. Là c’est le triple E pointé !

Faire entrer de nouveaux pays, ça on est doué : performant, glouton, on est, au point même que nos dirigeants d’alors ont ouvert la porte à douze nouveaux copains sans même avoir changé, AVANT, les règles du jeu. Tout confiants, exaltés par l’enthousiasme post 1989 et la volonté aveuglée d’un retour d’ex pays de l’Est dans le giron de l’Europe capitaliste. Inconséquents, concons comme leurs pieds nos dirigeants pour croire au même enthousiasme populaire sitôt les flonflons rangés et le sujet institutionnel à l’ordre du jour. Ah ! le Chirac, quand il en balançait une, l’autre se décrochait ! A force d’animer ses gonades avant d’écouter sa Raison, il a dézingué l’attelage européen.

J’étais pour le Oui à la feue Constitution, mais je n’allais sûrement pas contester la légitimité du débat, tout comme la légalité du refus dans les urnes. C’est la gigantesque connerie du Conseil européen dans le choix chronologique des objectifs qui est à stigmatiser.

Quelques années inutiles suite à cette gourde gestion du planning, puis l’espoir d’un nouvel élan avec le tout nouveau frétillant de l’Elysée. Traité de Lisbonne adopté au forceps, tellement simplifié qu’il en est évanescent à la pratique. Une tartufferie que la crise rend plus grinçante encore à chaque annonce d’une dégringolade économique, financière et aujourd’hui budgétaire.

Un exemple révélateur ? On devait mettre fin à la présidence tournante de six mois qui donne le tournis et n’a plus aucun sens à vingt-sept. Un président élu pour deux ans et demi devait être le visage stable et la voix forte de l’UE : lui apporter l’impulsion vitale. Qui peut croire que nos dirigeants souhaitent une véritable unité politique ? Ils ont foutu un personnage sans envergure, falot, un ectoplasme inaudible avec des manettes atrophiées et ont surtout conservé le système du pays membre qui donne le La pendant deux trimestres. Le prochain, c’est la Belgique, au bord de l’implosion-scission. Comme un signe…

Autant le dire : on nous a pris pour des cons et aucune réforme réelle n’a eu lieu. Adopter un texte sans modifier ses comportements, c’est se torcher avec ses engagements en se limitant à l’annonce médiatisée. Une pratique politique de plus en plus courante.

Jean Monnet
Alors il reste quoi ? La devise « Unis dans la diversité » ? Pierre Uri, conseiller économique et financier de Jean Monnet, l’inspirateur de la CECA, résumait dans un article du Monde, le 9 mai 1975, l’état d’esprit qui régnait au début de cette incroyable initiative : « les difficultés de chaque pays étaient considérées comme des difficultés communes à résoudre en commun. » Soixante ans plus tard, tragique régression : divisés par égoïsme à courte vue serait le triste résumé à placarder au fronton d’une UE complexe par ses instances, mais sans plus aucun souffle. Alors quoi, on laisse tomber la Grèce, puis le Portugal, puis l’Espagne, puis l’indigne Irlande ?

Pour Monnet et Schuman, le mal suprême, payé si cher en Europe, est « l’esprit de domination, qui avilit autant celui qui domine que celui qui est dominé. » On n’en est pas loin.

18 avril 2010

Prose vagabonde

Lyon m’a accueilli voilà plus de dix ans et sa dimension comble mes choix de vie. Cette ville favorise mon souffle indigné pour croquer les malfaisants, qu’ils sévissent dans les cités concentrationnaires ou sur les marchés financiers. Alors voilà : j’affiche mon ancrage dans ce tissu urbain aux proportions aérées pour mieux fustiger à tout va dès qu’un effluve incommode, sitôt qu’une pestilence s’impose.

Quoi donc dans l’actualité de ces dernières semaines ? Moscou se fait éclater ses profondeurs métropolitaines par deux donzelles à la tenue explosive. Obama et Sarkozy se léchouillent pour la galerie médiatique. La Justice française refait son coup tordu du responsable-mais-pas-coupable inspiré par l’absoute Georgina Dufoix : Total s’en brosse les pognes. Les FARC, Fieffés Abrutis au Ramdam Criminel, libèrent, mais au goutte-à-goutte. Bayrou persiste et signe son arrêt de mort politique : ses rares proches encore convaincus (comme la Cunégonde qui veut du fromage…) bichonnent leur trou d’autruche. La baballe footballistique emmerde toujours autant et donne matière fécale aux échanges nourris sur le zinc. Le Vatican cumule les déviances : il se voile la face et cadenasse sa Maison close, espérant que l’on compatisse au calvaire de ses membres pédomanes (selon le plus juste vocable proposé par l’inspiré Odon Vallet).

Laissons cette écœurante tablée de mets blets. Irrésistible envie d’écouter Albert Dupontel : propos à rebours des ambiances lénifiantes et crétinisantes du moment (quoique cette période vaille les autres, ni plus ni moins). Rare dans les médias, il confie ne pas supporter les instants de promotion d’œuvres réalisées. Une intelligence vive d’écorché indomptable, ne s’économisant pas dans l’autocritique, désespéré par l’inéluctable mort comme horizon d’existence. Entre angoisse et dérision, une humanité qui nettoie des postures moulées pour se fondre dans des communautés formatées.

Ma liberté, c’est de ne pas vivre de mon art. Rester sans pression autre que l’irrépressible besoin d’exprimer, de ferrailler contre les pseudos révolutionnaires qui se cachent sous de protecteurs pseudonymes, de dire au risque de se contredire et de ne pas tenir dans les cases idéologiques attendues. Ni droite, ni gauche, ni écolo, ni pollueur crado : modeste observateur qui laisse croître sa conscience d’un système en sursis. Un modèle qui se cherche, de sales réflexes qui résistent, d’obscènes dérives qui recommencent…

Bruno Sachs trimballait son insoignable maladie. Goldman fait mieux : Sachs la maladive empuantit l’alentour ! Une frénésie feutrée pour cumuler les culbutes financières, surtout lorsque les pratiques, pour y parvenir, se torchent avec les principes de base d’une vie respectueuse de la collectivité. Ce symbole de l’hypertrophie financière, que les États ne peuvent laisser s’effondrer sous peine d’un chaos sans retour, cultive l’impunité des voyouteries de luxe. Jouer sur tous les tableaux, contrôler ses adversaires et ses apparents compères pour mieux les pressurer le moment venu, siphonner toutes les sources de profits pour maximaliser sa puissance… N’y a-t-il pas là une nouvelle forme de crime contre l’humanité ? Point de sang versé, nulle intention d’éliminer telle section de la population, mais un ensemble de stratégies captatrices qui font risquer au système économique mondial d’imploser avant de laisser émerger de nouvelles barbaries.

En septembre 2009, Guillaume Durand faisait témoigner l’ancien trader Kerviel : ses arguments et son apparente sincérité tracent la salauderie d’une hiérarchie qui l’a sacrifié dès que l’emballement de ses positions a pris le mauvais sens. Vertigineux et insensé Casino avec l’argent des déposants. Le terme qualifiant l’activité des banques sur les marchés n’est pas d’un loufoque pamphlétaire comme moi, mais de Peyrelevade, ancien président du Crédit lyonnais. Tout ce que je dénonçais dans le Coup de pouce… dans l’cul suivi du Doigt bancaire profondément placé est confirmé par un des principaux acteurs qui a poussé au bout l’attente vorace de ses supérieurs avant de se faire lyncher dès que les vents du flouze facile se sont déréglés. Pour les cinq milliards de pertes mis sur sa tête, résultant de cinquante milliards de position, il laisse entendre que la Société générale aurait gonflé sa descente pour mieux dissimuler de plus interlopes pertes.

Tiens ! Une curiosité : notre belle banque française au Poupouce averti aurait fricoté avec la maladive Sachs qui infecte tout ce qu’elle convoite.

Les années s’écoulent, le témoignage se cabre, les relations s’étiolent, me confortant dans une indifférence attentive. Rien pour soulever une adhésion sans borne. Fini la naïveté du converti.

26 mars 2010

Guillon pique, Besson trépigne !

Raciste, Guillon ? Besson ne pouvait viser plus mal. La férocité guilonnesque a cette générosité de carboniser sans s’effaroucher de l’origine politique, physique ou philosophique des proies. Un parangon d’altruisme pamphlétaire.

Rappelons-nous la fougue qui l’animait lorsqu’il croquait la libidineuse frénésie du ponte Strauss-Kahn. En quoi la coloration rose-socialo du FMIste Premier aurait-elle dû retenir les jets vitriolés de l’intraitable humoriste ? Pas de privilège qui tienne… Avant tout souligner les sordides travers des apparatchiks de notre temps, à quelque chapelle qu’ils appartiennent.

A découvrir la mine déconfite du Besson, pétri d’une hargne revancharde, haineuse et comminatoire, on peut être rassuré qu’il ne soit pas ministre d’un exécutif totalement liberticide. Lorsqu’il somme Nicolas Demorand de bien prendre conscience de ce qu’implique l’appartenance à une radio de service public (« Vous devriez y réfléchir… »), on entend le « Je m’en souviendrai » d’un Le Pen déchaîné contre un représentant de l’ordre qui l’empêche de tenir son meeting.

Que sous-entend le sinistre Besson ? Qu’il faudrait passer au poteau les membres de cette famille du service public qui osent s’en prendre aux serviteurs de l’Etat ? Le menton fuyant, selon Guillon, je dirais même veule : la tronche d’un très ordinaire exécuteur public.

Besson trépigne, Hees s’incline : une contrition qui éloigne un peu plus le PDG de France Inter de ses idéaux premiers… comme un renoncement sous la pression économico-carriériste. Le comble : ces excuses portent sur le recours à la critique physique alors que l’essentiel de la chronique du libelliste portait sur le fond.

Par ailleurs, depuis quand n’a-t-on plus le droit de portraiturer nos politiques ? Ce qui se fait par le trait du dessin (ô merci les Plantu et toute la troupe des Animaux qui nous gouvernent) ne saurait s’admettre dans la tradition orale, d’autant plus lorsqu’elle passe par les voies du sacro-saint service public. Piteuse déférence d’un autre temps.

Besson attendra les colonnes du Parisien pour s’adonner à ce qu’il venait de fustiger, le talent humoristique en moins. Cela a eu le mérite de calmer pour un temps le puant rond-de-cuir ministériel. Le bougre voudrait bien croiser physiquement le chevelu Guillon pour échanger : verbe haut et interrogatoire musclé, sans doute.

Le Pen : "Je m'en souviendrai..."
Le torve Besson a été nommé à un poste pour remplir des fonctions précises, pas pour intimider une voix indispensable au contre-pouvoir et à la liberté d’expression. Interférer ainsi dans le programme phare d’un média sous le prétexte de fumeuses exigences d’un service public, c’est nier la vocation même d’une radio qui se doit de défendre, y compris contre le pouvoir en place et par définition provisoire, le pluralisme dans ses rangs.

Qu’il tempête, tant qu’il veut, mais qu’il ne se risque pas à entraver les précieuses poussées des polémistes lorsqu’elles défrisent sa roide posture, car il risque d’attirer de bien plus prégnantes attaques qui, elles, ne s’encombreront pas de l’esprit en verve.

14 mars 2010

Ferrat, un doux tonitruant

Oublions les antagonismes idéologiques pour saluer la puissance évocatrice de ses mélodies imprégnantes, de ses paroles ciselées pour une voix de montagne en velours chaleureux... Qu'il retrouve le Panthéon des géants sacrés de la chanson française. A vous les Brassens, les Brel, les Ferré, les Ferrat...

Sa mort me rappelle qu'à la fin des années quatre-vingts, lorsque des non camarades de classe pensaient à la pure distraction, je me laissais aller à l'écriture de paroles antimilitaristes sur l'air de La femme est l'avenir de l'homme, bien dans la tonalité du doux tonitruant :

Le temps aura perdu raison,
Il n'y aura plus d'horizon,
Et l'homme aura perdu sa môme.
Pour le jour où tous nous crèv'rons,
Je déclare à ces fieffés cons,
La bombe est le reflet d'votre mort.

Tout commenc'ra avec deux mots,
Et finira dans un monceau
De chairs, toutes indescriptibles.
Aujourd'hui les peuples s'apitoient
Certains se jettent de leur toit
D'autres se cachent sous leur bible.

Le temps aura perdu raison,
Il n'y aura plus aucun fond,
Le trognon d'Eve, seul sur le sol,
Rappel'ra la trace de ces pions
A qui je déclare sans passion :
La bombe est le reflet d'votre mort.

Pour arriver à ces souffrances
Où l'on n'peut mourir qu'en silence
Il a fallu de nombreuses guerres.
Et nous quitt'rons notre jeune âge
Juste pour apaiser leur rage
Qui a détruit notre vieille Terre.

Le temps aura perdu raison,
Il n'y aura plus d'floraison.
Les mères, tachées de sang, sanglotent
Devant tous ces corps sans galon
A qui je rappelle ma vision :
La bombe est le reflet d'votre mort.

Quand se perdra le dernier cri,
Que l'dernier corps sera raidi,
Quand tout remords s'ra impossible,
Je maudirai toutes ces armées,
Je cracherai sur ces gradés
Qui devraient tous être à l'asile.

Le temps a bien perdu raison,
Et il n'y a plus d'horizon,
L'homme a assassiné sa môme.
Pour ce jour où tous nous crevons,
Je dis à ces soldats, ces cons,
La bombe est le reflet d'Notre mort.


26 février 2010

BNPA : impasse et paire… d’escrocs

A quoi joue l’extrême gauche française et, au premier rang, le NPA et son ambivalent Besancenot ? Une récente chronique d’Hamid Zanaz parue dans Le Monde éclaire sur d’infectes complaisances, voire de criminelles complicités.

Rien de flagrant dans le discours officiel, mais des fréquentations publiques et des gestes politiques qui cultivent une posture ambiguë. Permettre à l’une de ses candidates de porter son voile religieux sur la photo officielle d’une élection, c’est se torcher avec le principe premier de laïcité. S’acoquiner avec Salma Yacoub, qui combat l’habillement féminin occidental comme étant rien de moins qu’une « dictature des corps », c’est entériner l’assujettissement global de la société au réjouissant programme des intégristes. Elisabeth Badinter avait, il y a quelques mois, magistralement dénoncé la pernicieuse et régressive voie du voile intégral que certains réclament comme l’étendard premier d’une lutte contre notre forme de vie.

Que cette frange marginale, les tenants du fondamentalisme, trouvent écho chez certains anticapitalistes ne peut s’expliquer que par l’opportunisme : faire s’effondrer notre mode de développement économico-financier. Hamid Zanaz rappelle pourtant l’origine du mouvement islamiste : faire rempart à l’aspiration socialiste des nations arabes et à sa consubstantielle laïcité. Aucune cohérence donc…

En embrassant ce fascisme religieux, l’intégrisme islamiste, même timidement, l’extrême gauche confirme une incommodante ambiguïté : intégrer son combat aux règles démocratiques tout en ayant en tête leur mise à bas par un chaos redistribuant les pouvoirs.

Les accointances éclairent les arrières pensées d’un programme politique. En avril 2007, la LCR, déjà conduite par le subversif postier, réclamait le retrait sans conditions d’Afghanistan. Point une révolte contre l’impérialisme américain, mais le clandestin désir d’une retalibanisation de la société afghane. Laisser ces contrées sous la féroce férule des extrémistes religieux pour les soustraire aux obscénités capitalistes, en attendant la Révolution rouge cramoisie. Impardonnable stratégie que jamais, bien sûr, le NPA ne reconnaîtra.

Ce qui resterait folklore d’illuminés, si les pouvoirs politiques combattaient réellement les abjectes goinfreries des joueurs financiers, risque de s’ériger comme la voie salvatrice pour nombre de désespérés.

A l’autre bout, on retrouve donc des banques sans scrupule. BNP-Paribas, par exemple, qui annonce des bénéfices proches de cinq milliards d’euros pour 2009, dont la moitié fruit de placements spéculatifs à outrance et cinq cent millions à distribuer aux traders. Le message ? Se foutre du monde tant qu’il n’y aura pas quelques citoyens déjantés qui écharperont les parangons de ce tout-argent.

L’afflux de liquidités à très bas taux d’intérêt, injectées par les banques centrales et les Etats, n’ont pas servi à aider les pans sinistrés de l’économie, mais à graisser et à amplifier l’activité purement financière des banques. Des charognards propres sur eux, qu’on n’entendra jamais gueuler sur le pavé ou se répandre en incivilités, mais qui souillent le contrat social comme peu de délinquants y parviennent.

Au cœur des déstabilisations présentes et à venir la tentaculaire Goldman Sachs. A côté, BNP-Paribas fait figure d’établissement pépère, paisible et inoffensif. Sa spécialité : noyauter les sphères politiques pour neutraliser tout projet pouvant desservir ses colossaux intérêts, et miser sur tous les tableaux. Une banque d’affaires au marbre froid, au velours étouffeur de bruits et à la logique implacable.

Le système financier s’entretient et l’obsession captatrice se poursuivra jusqu’à sacrifier des Etats en perdition, un peu comme ces généraux de la Grande Guerre qui investissaient des tonnes de chairs à canon pour grignoter quelques mètres de boue. Les principes se résument à la primaire conquête, à l’amassement coûte que coûte, à la possession exponentielle… Barbarie capitonnée des salles de marché où chacun tient l’autre dans un ballet irrationnel, décervelé, amoral…

La BNPA ? Symbole des deux voies qui se rejoignent pour la même impasse. Si sursaut politique il devait y avoir, il aurait des accents radicaux qui ne feraient que substituer une oppression à celle, plus clandestine, éradiquée.

Quoi faire ? Peut-être conforter son retrait du monde, à la Léautaud, n’assurer que la présence minimum pour maintenir quelques affections et garantir un modeste pécule… Rester loin de tout, le temps que la vie passe…

11 février 2010

En vert et pour tout… financer

Nous avions eu le serviable Poupouce de la Société générale qui, à chaque occasion de la vie, proposait ses petits apports financiers comme une improbable philanthropie banquière. Rappelons-nous ses spots à la Bisounours

Voilà, depuis quelques semaines, son coquin copain. Le mélange des aspirations écologiques de proies potentielles et des impératifs économiques du marionnettiste BNP-Paribas : un gentil bonhomme feuillu estampillé Cétélem qui nous raconte l’art du prêt à toutes les sauces… Besoin de quoi que ce soit, envie de n’importe quoi, il est là l’adorable nain vert pour vous enfiler des subprimes ès consommation, quitte à vous faire dégorger vos tripes en cas de défaillance… A moins que, d’ici là, de nouveaux horizons spéculatifs rendent ringarde et trop peu rentable la séduction du ménage pour quelques milliers d’euros prêtés à des taux obscènes.

Joli décor d’entrée et sordides arrières cours, le temps n’est pas à la tolérance…

Après la Grèce, c’est l’Espagne qui est ravalée au rang de mauvais payeur. Les Etats ont tellement livré leurs finances publiques pour sauvegarder un système dévoyé par la sphère de la culbute financière, pour éviter l’effondrement systémique, que pointe le retour de massue pour les plus exposés.

Au bout du compte, au solde de la crise subie, quelles sanctions civiles et pénales auront été prononcées contre les protagonistes du ballet vénal ? Madoff, lui, a été cloué au pilori pour avoir spolié de richissimes candidats à la spéculation débridée, un comble… On aurait dû, au contraire, lui décerner un prix pour avoir œuvré à mettre hors circuit quelques parangons du gain à tout prix.

Il faudra attendre que des Etats, qu’on ne voulait pas admettre comme étant au bord de la faillite, sombrent pour que les crocs sortent et aillent faire rendre monnaie aux exacteurs impunis. Pour éponger les vertigineuses dépenses engendrées par ces malfaisants aux comptes pleins, il ne restera que la capacité de chaque peuple à rembourser et le talent de quelque politique pour faire digérer les temps de vaches maigres.

Le pire, serait le réflexe nationaliste, reprochant au voisin ce qu’on ne peut assumer soi-même. La masse compacte des investisseurs irraisonnés ou d’un cynisme criminel aurait alors raison des Etats les plus faibles, en attendant de plus belles prises…

Pendant ce temps ? Des établissements financiers reviennent à leur activité première, celle qu’ils méprisaient aux beaux jours de la frénétique financiarisation, des produits tellement complexes dans la pourriture que cette élite foireuse s’est jetée dessus, baveuse des rendements escomptés.

Au final, et si le chaos n’emporte pas tout, ce sera une part notable de nos prélèvements fiscaux qui compenseront les crasses inconséquentes de ces inaptes à… fustiger haut et fort !

21 janvier 2010

Fontès, un Pandora occitan ?

Au moment où la fresque Avatar nous catapulte vers le pire de l'humanité et nous conduit à affectionner des êtres évolués en symbiose avec la nature, il serait sordide et intolérable, à l'échelle locale et attachante de Fontès, que de bruyantes bottes économiques, arrivistes, viennent saloper ce nid préservé. Des Na'vi aux Fontesols, armons nos plumes pour les engluer dans leur jus de poussières…

Nous, on les connaît par cœur, ces entrepreneurs d’enlaidissement, de tintamarre à vous balancer, de destructions à pleurer. Nous, on sait qu’ils n’hésiteront pas à saloper le bel alentour si ça leur rapporte du sonnant et trébuchant pèze, quitte à rompre l’équilibre enchanteur de ce petit bout de terre. On le sait, oui, pas de faux-semblant, car ils nous ressemblent atrocement lorsqu’on laisse aller nos plus vénaux instincts et que se répand l’infect matérialisme prêt à passer sur l’autre pour assouvir sa frénésie possessive.

L’accaparement criard pour toute poésie d’exister, des tsunamis de poussières pour faire suffoquer et crever ceux qui résisteraient, le vacarme du concassage comme nouvel horizon… Pas sur Pandora, chez les idéaux Na’vi, que se trame l’envahissement, mais dans un coin du Languedoc, Fontès, petit village en pleine santé menacé par les défécations d’exploiteurs de carrières. Ils voudraient bien, les bougres, massacrer le paysage, éradiquer les senteurs occitanes aux portes d’un des plus charmants nids de l’Hérault.

Alors quoi ! Courber l’échine pour servir de marchepied à ces engraissés du toujours-plus-de-profits ou innerver notre refus par l’esprit de corps de tous ceux qui voudront soutenir ce significatif combat de la terre à cigales contre le fer à écrous ? Un conte à l’échelle humaine, quelques hérauts à la voix forte à défaut de Na’vi pour nous faire prendre conscience des saccages en cours. La beauté d’exister commence par le respect des univers que l’on foule. Fontès mérite cette gueulante rabelaisienne pour engloutir d’écœurants appétits.

De Pandora à Fontès, des spéculateurs financiers aux goinfres de l’économie dite réelle, la sinistre ritournelle n’incite pas à la mesure. Leur mettre le groin bien au fond de leur salissante démesure pour qu’ils retrouvent, peut-être, leur part d’humanité, celle qui pousse à refermer et à sceller toutes ces boîtes de Pandore.

23 décembre 2009

L'Atterrant Sommet


Le gouffre de Copenhague est désormais une réalité tangible, turgide jusqu’à la désespérance des citoyens. Cirque onéreux où chacun aura paradé pour Sa bonne cause, estimant illégitime celle du voisin planétaire. A ne rien édifier, y compris dans la sphère symbolique des décisions d’intentions, les dirigeants ont paumé le tout petit reste d’attention que leur portait un public multiforme et inconciliable.


Ce que les peuples ne peuvent réaliser, c’est normalement aux politiques en responsabilité d’y parvenir, quitte à mordre sur les intérêts nationaux respectifs. Oublié le dessein catalyseur pour esquisser une voie motivante dans l’alternative de crise. Nous resterons bien calés dans la bourbe à vivoter, se persuadant que les catastrophes climatiques s’abattront sur de lointains congénères ou de très tardives descendances. Pas de quoi essuyer une larme, ni motiver pour remettre en cause des conforts acquis ou convoités. 


Myopie politique qui sonnera comme un infâme Munich environnemental si aucun sursaut n’en émerge dans l’année à venir. Copenhague deviendrait, en cas de léthargie confirmée, la ville de naissance d’un monde bipolaire dominé par la Chine et les USA que seule la certitude d’accaparer, d’exploiter et d’épuiser captivera efficacement. Ronds de jambe et tronches en cul de poule pour le reste.


Face à ce que certains scientifiques alarmistes redoutent à l’échelle du Monde, l’éparpillement des nations sonne comme un archaïsme paralysant.


L’ONU n’est rien d’autre qu’une SDN maintenue dans ses institutions par la seule absence de guerre généralisée depuis plus de soixante ans. Une survie de circonstances donc, rien de plus.


Une gouvernance mondiale réelle ne résoudrait rien, au contraire : les risques d’une guerre civile, entre les zones possédantes et celles voulant posséder, se multiplieraient. A la faillite décisionnelle des chefs d’Etat fondus dans un ensemble unique, succèderait l’édifiante tragédie d’un peuple mondial factice, gigantesque dépotoir des haines revanchardes et des égoïsmes sanguinaires. Rien à tirer… sauf dans le tas !


Souffreteuse trêve des confiseurs, en attendant…

06 décembre 2009

Pas de pot pour s'échapper

Lyon la lumineuse m’accueille depuis dix ans cette année. Au départ, prétexte sentimental pour rejoindre une belle en cheveux, elle s’incarne depuis ville d’ancrage. A la dimension idéale pour que seuls les panards et une draisienne améliorée se chargent de mes déplacements. Pas un pet de dioxyde de carbone, donc ! Mon Copenhague à moi, quotidien, c’est l’éclairée Lugdunum. Eh tant pis si je n’ai pas la conversation exotique, comme ceux tout contents de leurs anecdotes lointaines souvent aspirées pour combler un vide de proximité, un néant intime. A la fournaise ces bavardages accessoires !

L’hérésie contemporaine, c’est de ne surtout pas vouloir bouger. Le déplacement vaudrait existence. J’y consens quelquefois, pour mes affections familiales, mais sans baver devant les contrées lointaines. Se nourrir de ce qui est à portée, sans lorgner ce qui implique la frénétique gesticulation spatiale… comme un ballet de l’inutile : le contentement de soi par la projection systématique dans l’ailleurs.


Le temps avance nécessairement, implacablement. Pourquoi lui surajouter cette obsession de la mobilité ? Notre voyage dans le temps, au rythme de chaque seconde, de chaque jour valant bientôt des secondes et des semaines équivalant des jours, dans notre perception évolutive, est la plus dépaysante, la plus profonde et captivante des découvertes. Je m’en repais sans retenue, et surtout sans chercher à l’occulter par des parcours fumeux aux quatre coins d’une planète envahie par ces visiteurs bruyants qui croient ainsi se détourner du temps qui passe.


La Terre se réchaufferait par les rots de nos viandes sur pattes et par l’errance d’une humanité-touriste, curieuse de tout et surtout de ce qui lui est apparemment le plus inaccessible. Paradoxe poétique : l’énergie fossilisée, la quintessence de l’immobilisme dans les entrailles terrestres, lui permet de revendiquer comme une liberté première, peut-être même avant celle de penser, la liberté d’aller là où ça lui chante ! Claironnons ensemble cet inaltérable penchant à l’échange mondialisé, surtout sans réfléchir aux quelques absurdes déplacements engendrés. Pas correct, pas dans le sens de l’évolution…


Par quel sophisme l’humanité a-t-elle cru que son évolution temporelle, un mieux-être donc, passait sans conteste possible par des évolutions spatiales pour tout : son pain, ses loisirs, son travail et ses vacances… tout à la même enseigne ? Move ta carcasse et tu seras évolué, mon fils !
Voyez la réaction de l’automobiliste qu’on tente de culpabiliser : « Mais je ne peux pas faire autrement ! » C’est bien là l’os, les choix initiaux d’une civilisation qui a progressivement contraint l’individu à se déplacer en subissant la surcharge par la présence de tous les autres contraints


Au bout du chemin de croix m’attend un être aimé, une grand-mère qui n’a plus que les pensées de ses proches pour se déplacer, mais c’est le plus enivrant des voyages, bien au-delà du temps, de l’espace et du pot d’échappement… à soi-même. Il n’est plus l’heure des leurres, à Copenhague, à Lyon et partout sur la Terre.


Article paru sur le site du journal Le Monde

22 novembre 2009

Le but perdu

Alors que la toile fébrile et la vieille caisse médiatique ont excité leurs caractères sur l’éculé sujet du « jeu de mains, jeu de vilain » et, en l’espèce, un jeu de m…erde, jeu vilain ! je me centre sur la première application du traité de Lisbonne. Eh oui ! beaucoup moins attractif, mais largement plus fondamental pour notre destinée collective.

J’ai été un fervent, un passionné défenseur du traité constitutionnel mort-né, au point de me brouiller avec quelque affection passée, mais j’ai toujours dénoncé l’incohérence du processus imaginé par des dirigeants trop sûrs du fait européen : faire entrer douze pays AVANT d’avoir modifié les institutions pour les adapter à l’UE élargie. Cette inconséquente charrue avant les bœufs a gâché quelques années d’efficacité suite au choix souverain d’un référendum mué en échec plébiscitaire. Premier acte d’une gabegie orchestrée pour le néant : les élections européennes de juin dernier ont confirmé l’impossible adhésion des peuples pour les partis qui avaient défendu le rejet du traité. Cqfd, il suffisait d’attendre… L’image d’un José Bové phagocyté par le truculent Cohn-Bendit parachève la démonstration d’une position opportuniste en lieu et place d’un réel projet applicable des ex Nonistes.

Pas mieux de l’autre côté ? Tout près de le penser : ça végète en conciliabules opaques, en négociations inavouables qui salopent l’esprit initial d’une entraînante incarnation bicéphale avec un nouvel idéal européen en perspective. Parce que ce sont les chefs d’Etat et de gouvernement qui votent pour le président du Conseil européen et le haut représentant pour les affaires étrangères, ce suffrage peut se charger de tous les faux-semblants, des invraisemblables pressions sur l’autre, des bas échanges de prétendus bons procédés…


Oui, l’article 9B du traité de Lisbonne (resucée du I 22 de la feue constitution) n’emploie que le verbe « élire » sans l’associer au triptyque démocratique, « universel, égal et secret », mais cela autorise-t-il les gouvernants à dévoyer l’esprit de l’élection avec du marchandage de vote et du compromis bien épais ? La « majorité qualifiée » à laquelle se réfère le traité semble viser davantage une capacité à conchier les principes premiers de toute élection qu’une norme de calcul.

Sans se prononcer sur le profil de Herman Van Rompuy et de la baronne Ashton of Upholland, on peut simplement se désoler de la négation absolue du fondement démocratique dans le processus électoral qui les ont portés à leur fonction respective.

Comme l’a proposé Thierry Chopin de la fondation Robert Schuman (voilà une personnalité qui manque !), l’électrochoc salutaire serait de faire élire ce président et ce haut représentant par les élus des Parlements des Etats membres avec le respect du secret d’un vote non négociable. Voilà qui redonnerait de la gueule à une Union qui ne semble plus avoir de but autre que la gestion mesquine d’intérêts particuliers. Les chefs d’Etat et de gouvernement apparaissent finalement les plus mal placés pour décider en conscience, et sans se laisser influencer par autre chose que leurs convictions ancrées, de qui doit présider l’UE et mener la diplomatie.

Le mièvre, c’est ce qui sclérose les instances de l’Europe, à l’image d’un Barroso qui vient d’en reprendre gourmandement pour cinq ans. Pas de nouveau souffle pour la Commission. Aucune personnalité de taille à résister à l’inertie des Etats membres.

En attendant, je ne sais quoi, la crise mondiale fait sa camarde de chemin avec, en ligne de mire, une série d’Etats en cessation de paiement suivie d’une définitive implosion du système financier.

Alors que les salopiots surpayés continuent de pousser la baballe avec leurs pieds, leurs mains, leurs oreilles, ça distrait une part des populations des manigances et des drames qui couvent…

Pas de but enthousiasmant, rien à foot : un nihilisme efficace pour demain… ou même une seule ! Absurde.

09 novembre 2009

Rider sa vie aux embruns

Le banquet de fin, en 2009, n’a pas les atours du joyeux festin dans le petit bout insurgé de la Gaule Uderzo-goscinnyenne. On grignote ce qu’on peut avec les hôtes qu’on mérite.

Chirac, maire de Paris

Les vieilles trognes encombrent encore les plateaux tant de la télé que de la justice. Comme le parangon d’une vertu vénérable, Chirac cumule les promotions : une mémoire défaillante sur les tripatouillages abracadabrantesques à la Mairie de Paris ; des mémoires fertiles en non-révélations écrites, pour de larges passages, par un nègre non fictif… Son incompatibilité politique, voire même génétique, avec le hautain Giscard d’Estaing tient de l’érection des rancunes passées en culte de la détestation. Admettons qu’un gouffre s’impose entre le groin chiraquien fouinant la petite culotte de la provocante Madonna et les manières giscardiennes pour un flirt imaginaire à la mode de Ségur avec Diana l’icône éthérée. La tête de veau n’a jamais tenu dans une dînette pour jeune fille en fleur !

Charles Pasqua

Côté trogne, le Pasqua en affiche une grognonne depuis que la Justice a osé le condamner a du ferme, du barreau en série pour piaule malfamée. L’ex flingueur de la place Beauvau menace, fustige, piétine. N’ayant pas fait l’objet d’un mandat de dépôt à l’énoncé de la sentence, il a pu déployer son artillerie dans les médias, se fendant d’un « vous m’avez bien regardé ! » pour évacuer l’accusation principale. Justement oui ! Un simple regard aurait pu suffire si le délit de gueule louche existait en France. Jusqu’à la condamnation, sa posture tenait du circuler-il-n’y-a-rien-à-voir ! Depuis la décision judiciaire, volte-face : tous les autres, hauts placés, savaient aussi ! L’incohérence systématisée… c’est l’amorce d’une dégénérescence du système nerveux, non ?

Alors ne restons pas en si contaminante compagnie. A croulants réprouvés, chenus dorlotés, pour l’équilibre de l’élan littéraire. Deux figures de l’audiovisuel : l’un qu’un corps trahit et fait fragile vieillard trop tôt, l’autre aux quatre-vingts printemps épanouis, joviaux et sans souffle court.

Michel Polac - "Droit de réponse"

Polac Michel répond à quelques questions pour un documentaire sur les émissions littéraires à la télévision, Des écrivains sur un plateau. Le visage ravagé par une attaque semi-paralysante, il n’a plus qu’une ombre de physique, lui qui redoutait tant de ne plus maîtriser son esprit, le temps implacable fauchant ses lumineuses facultés. Fermer les yeux et se laisser porter par un timbre de voix encore fidèle aux flamboyances de jadis, de Bibliothèque de poche à Droit de réponse. Pages télévisuelles à goûter sans retenue pour perpétuer le colosse du cœur et de l’intelligence.

Point de naufrage physique chez Pierre Bellemare. Le cumul des décennies ennoblit l’être sans atteindre sa capacité d’autodérision. L’inclassable narrateur, animateur, vendeur sur cathodique s’essaye aux planches de saltimbanque. Aveu d’une passion pour l’art dramatique, il relève ce défi avec l’humilité combattante. Toujours en tension pour un projet à rendre réussite, il fait d’un troisième âge le premier du moment présent. L’évident engagement pour étirer sans peine le temps, faire du sursis prégnant d’une prolongation d’existence un bien-être de chaque instant. Qu’il fait bon finir sur un enthousiasme, par Toutatis !

24 octobre 2009

Un Net (de) Travers

Une vague d’affaires s’étant peu ou prou échouée, et avant la prochaine tout aussi buzzée sur la toile numérique, on peut un moment jauger le fond pas très net d’internautes aux anonymes vociférations.

Oui, le peuple du Net se déchaîne. Tout sujet qui peut éponger un chouia sa hargne dégueulatoire est bienvenu, quitte à révéler les paradoxes de sa logorrhée.


Les premiers à hurler l’extrême menace sur notre liberté d’expression par un régime policier tendance SSifiante, en usent et en abusent sans commune mesure depuis mai 2007. Alors que chaque internaute, prolixe au commentaire implacable, se régale des contradictions de ceux qui tentent de gouverner, de gérer vaille que vaille malgré les puissances qui les dépassent – le panurgisme financier, l’irrépressible et dévastatrice cupidité – la plupart se dissimule bien lâchement derrière un protecteur pseudo et ne pourrait supporter qu’on les confronte à leur versatilité en alignant la totalité de leurs interventions.


Certains de ceux qui se scandalisent des frasques peu culturelles du moelleux Mitterrand, le Frédo pas feu Fanfan, et du passé sexuel de Polanski, cachent de peu avouables parcours sur la toile que seul le flicage de leur IP pourrait révéler.


Ça renifle la pudibonderie forcenée, celle qui fustige puis condamne sans vraiment connaître la démarche testimoniale d’un homme. Plus question de prétendre à un quelconque poste issu, directement ou pas, de la souveraineté nationale si le parcours affiche la moindre tache pour les mœurs acceptables. Y a-t-il eu pédophilie actée ? Rien ne le laissait ouvertement présager et l’acte de communication du ministre l’a solennellement niée… Il aurait simplement ajouté « roman » sur la couverture de sa Mauvaise vie et le tour était joué : plus d’attaques autres que littéraires, n’est-ce pas Houellebecq ? Le genre romanesque, embrassé parfois par des faux jetons, a encore un radieux avenir.

La Bassine Le Pen, elle, s’est réveillée sur le tard pour tenter le retour d’un parti en faillite. Cet acharnement nous ferait-il entrer dans une Inquisition populiste où la surenchère deviendrait l’unique boussole politique, où l’épidermique réaction à une ignominie factuelle (par exemple le meurtre de la malheureuse Marie-Christine Hodeau) conditionnerait les pontes frénétiques d’un législateur opportuniste et brouillon ?

Le tintamarre aura eu un mérite : révéler le ras-de-terre des quadras du PS, toujours en première ligne pour étriller les travers de leurs aînés. Ça, il la change la pratique politique les Hamont, Montebourg et Valls : plus une bouillabaisse pachydermique, mais une infecte pituite…

Incessant envahissement de la toile par les conspirationnistes : leur plus vile gesticulation assène que les attentats du Onze Septembre 2001 ne proviennent pas des basses œuvres d’Al Qaida : comme une ultime défécation sur les poussières des victimes. Régulièrement sur les écrans, et pas seulement des ordinateurs, les ouailles de l’immonde Meyssan entretiennent le culte des diaboliques USA à l’origine du plus impressionnant attentat auto-terroriste de l’histoire humaine.


S’interroger sur les coupables négligences et salauderies d’une administration Bush, quoi de plus légitime (citons le documentaire de V. Kanban, 11 septembre 2001 : le dossier d’accusation, 2006). La part suspecte et malodorante de ce révisionnisme tient dans le transfert de responsabilité que certains défendent au point de nier la réalité même des cadavres ou l’évidence architecturale d’un effondrement. Ont-ils seulement regardé la magistrale explication dans Les Twin Towers, autopsie d’un effondrement (2002) de Ben Bowie ? Sûrement pas, car ce qui leur importe n’est nullement le doute, mais le prosélytisme nauséeux.

Et le pompon ? Pour le rejeton Sarkozy qui vient de céder à la meute insatiable du Net. Naïveté crétine ou extrême mauvaise foi chez les cent mille signataires de la pétition en ligne contre l’accession du médiatique Neuilléen à la présidence de l’EPAD ? Peu nombreux sont les parents, habités par une affection minimale pour leur progéniture, qui ne fassent jouer leurs éventuelles relations pour faciliter un début de carrière professionnelle à leur enfant.

On voudrait que celui qui a été choisi par des électeurs aussi enclins aux passe-droits incarne la vertu désintéressée ? Si ce n’est pas se foutre du monde et brailler pour brailler…
Rappelons, pour la mise en perspective historique, que tous les présidents de la République ont porté assistance à un entourage affectif en devenir, y compris l’intègre de Gaulle qui veillait à éteindre les lumières élyséennes dans les espaces quittés.

Un Syndrome du Titanic pour l’humanité en pleine course fatale selon le captateur Nicolas Hulot à la saine révolte. Le net travers d’une masse indistincte d’internautes consiste lui à dévoyer un formidable outil d’échanges en un vecteur du minable mais si rassurant suivisme. Des protestations au comble du conformisme. Rideau !

26 septembre 2009

Garder ces repaires ?

Ça change et ça tourne ? Tu peux te brosser petit prince… Le Monde-Fange et la Planète-Bourbe s’imposent toujours entre deux rosées illusoires.

Sinistre personnage, rat politique incarné, le repoussant Ahmadinejad nous fait le coup débilitant du « c’est celui qui l’a dit qui l’est ». Quelle perçante intelligence : il reprend le contenu de la déclaration de Sarkozy pour la retourner contre lui. On a dû l’informer de l’impopularité grandissante de notre chef d’Etat à la différence que, dans notre régime, les « crocs de boucher » restent une métaphore pour ses opposants, alors que l’infect dirigeant iranien en reste au sens propre… si l’on peut dire.

M. Kadhafi

Quant au Kadhafi il vient se répandre, avec un A, et non se rependre comme pourrait le laisser croire sa tronche difforme, dans un des parcs du richissime Trump. Il confirme son sens aigu de l’humour lorsqu’il fait la morale aux nations du Conseil de Sécurité sur le non respect de la Charte de l’ONU alors que sa carrière politique a fleuri sur les torchages sans retenue avec les principes premiers de la civilisation humaine.

Et les banquiers ? Vont bien, vraiment bien : ils prêtent avec de juteux taux d’intérêt un argent qui ne leur a quasiment rien coûté grâce des emprunts très bon marché effectués auprès des… Etats salvateurs. Vive la crise !

La crispante Royal n’a vraiment plus le vent en poupe, même si sa méthode Coué fonctionne toujours à merveille. Le rapprochement d’avec Bayrou semble de plus en plus naturel tant leur stratégie de conquête du pouvoir s’identifie par le culte d’une marche solitaire avec leurs soutiens militants en bandoulière, et par l’exaspération des plus proches compagnons d’armes qui finissent par se détourner de ces fantasques politiques égocentrés.

Qu’on les rapproche pour qu’ils s’entredévorent. Après La princesse et le président du déclinant VGE qui s’autorise une dernière gâterie littéraire, nous aurions droit à La Royal et le président… du Modem, plus une romance à l’eau de rose, mais une pitance à l’eau de boudin…

N’oublions pas l’ineffable de Villepin qui s’érige comme le martyre de la République sarkozyenne : ses effets de manche et de mèches risquent fort de se dégonfler dans l’enceinte austère et technicienne du tribunal correctionnel. Procès politique dénonce-t-il… comme s’il ne pouvait assumer le simple volet judiciaire… Son J’accuse l’acharnement de Sarkozy ressemble davantage à un J’esquive les basses questions qui portent sur le fond de l’affaire. Le grand de Villepin ne peut se courber pour atteindre ce méprisable degré des débats. A hauteur d’homme… surtout lorsque les volutes proviennent d’un enfumage grandiloquent, ce qui ne disculpe pas un Sarkozy qui a très bien pu laisser pourrir une affaire dont il était informé beaucoup plus tôt pour mieux voir chuter son rival politique.

Le teigneux petit homme s’est efforcé de tenir son calme lors de son dernier entretien télévisé. Mais, à l’évocation du procès Clearstream, l’avocat de formation et de sa propre cause n’a pu s’empêcher de désigner les accusés comme des « coupables ». Le dérapage d’un bouillonnement intérieur, comme un saut à la gorge des malfaisants. Son devoir d’être le garant de l’indépendance judiciaire se plie donc à ses impératifs personnels.

Où qu’on se tourne, l’horizon s’anime d’écœurants repaires.