25 mars 2012

Pisse du Diable

Il voulait mettre la « France à genoux » : il s’est écrasé, charogne fumante, au bas de son immeuble. Certains nous expliquent que le tueur à bout touchant avait deux visages. Pas sûr… Pour parvenir à cette barbarie décontractée, il faut une seule face prédatrice : le culte du prendre-à-tout-prix.

Prendre par le vol facile, d’abord : petite frappe minable qui s’attaque à une vieille dame pour s’emparer de son sac. D’emblée méprisable opportuniste. Prendre bagnoles et motos, parader et se croire puissant dans cette société sucée pour assouvir son appétit d’artifices et sa volonté de puissance quitte à salir ou traumatiser l’autre.

Faire mine de prendre la voie religieuse pour ne pas avoir à se soumettre aux condamnations de ses violences, de ses infractions de tous ordres qui gangrènent son existence merdique. Point de foi pour ce trompeur flou de dieu, vraie pisse du diable, mais une tambouille pathologico-religieuse, infect prétexte à toutes ses folies en germe. Le psychopathe se voulait croyant, il n’a été que malfaisant.

Prendre la vie d’autrui, finalement, comme la continuité d’un matérialisme qui se singeait pieux dans une sinistre parodie du guerrier jusqu’au boutiste. A Lyon, les poubelles s’accumulent sur les trottoirs, après quinze jours de grève d’une minorité d’éboueurs. A Toulouse, l’ordure première a été rapidement ramassée. A Lyon, on apprend à respirer au rythme des monceaux de détritus : expirer à l’approche d’un tas, doucement pour tenir toute la longueur, inspirer avant le prochain. A l’endroit où le terroriste sera enterré, espérons qu’aucun culte nauséabond ne se développera. A la mémoire de ses victimes, laissons-le croupir dans un néant éternel.
(Photos, L. Decrauze)

11 mars 2012

Fukushima, mon âme ou rien

Je tremble, pas que de peur, je tremble de tout mon être, de tout ce qui m’entoure, de tout mon univers. Pas d’échappatoire, pas de respiration profonde à tenter, le monde m’échappe, bascule et se fracasse. Les bases s’écartèlent, deviennent failles mortelles. Je ne peux m’accrocher à rien de solide : la mobilité contre-nature menace. L’épilepsie terrestre gronde, gigantesque tonnerre des entrailles. Aucune résistance, pas une prière possible : le hasard et la nécessité tectoniques modèlent l’instant et dessinent la fin. Comme un crépuscule des vies à portée du regard.

Puis la vague fond sur notre terre secouée, dévore tout et devient lame à broyer. Plus elle s’enfonce, moins elle semble liquide : une masse opaque, mouvante, qui détruit et emporte. Je suffoque et mon corps se perd quelque part dans ces courants gloutons. Nos existences telles des fariboles, des prétextes pour croire à la maîtrise humaine de la nature. Le monstre tsunamique étend les contours de son chaos, avale les champs, pulvérise les bicoques, menace tous azimuts et finit par noyer une enceinte nucléaire pour un troisième acte explosif.

Se faire tremper les intérieurs, ça n’aime vraiment pas, une centrale. Une, deux, trois déferlantes font dérailler la fin de carrière prolongée du complexe. Mon cœur bouillonne : un trop plein de flotte et me voilà au bord de la fusion. Logique des contraires pour faciliter la contamination. On doit me maintenir au secret, confiné pour ne pas expectorer mes particules. Entre le civil cadenassé et le militaire débridé, le nucléaire accidenté balance…

Le confort sans risque ? Pour qui cette fable ? Les sites les plus alarmistes comptabilisent soixante millions de cancers dus à cette énergie. Les accidents de la route font plus d’un million de morts par an depuis une soixantaine d’années. Doit-on abandonner l’électricité nucléaire et interdire les moyens de locomotion concernés ? Indécentes polémiques alors qu’un peuple sèche ses plaies, cicatrise vaille que vaille et témoigne d’une énergie sans pareille.

03 mars 2012

Le marais présidentiel s’affiche

Ça débute par une mer d’huile, tellement improbable ou glissante qu’on finira par se casser la binette. Le regard détaché, profond, abyssal comme un déficit public, se porte vers la ligne bleue Marine des Vosges. « La France forte », pense-t-il, forte de ses illusions et d’un antisarkozysme galopant, oui. Ces présidentielles seraient-elles tentées par la castagne bête et méchante ? Sarkozy « bayonné » par les peu folkloriques indépendantistes basques et une pincée de socialistes vient d'en faire les frais. La recette d’un « bayonnement » efficace : huées, insultes, œufs et chaises à la volée. De la démocratie gastronomique à l’arrière-cuisine de boui-boui.

Pour maintenir la ligne de flottaison, gardons-nous de  la Bassine aux eaux troubles. Sirène aux mélodies terre-à-terre, elle nous ferait goûter à tous les récifs pour une plongée fatale. Son « Oui ! la France » a tout de la simulation orgasmique avant l’ingestion de ses proies, telle une vorace mante religieuse.

Avec Hollande, l’autre politique du dommage à venir, le paysage est bien plus flou. Il nous annonce simplement que « Le changement c’est maintenant » et, par vague contrepèterie, nous pouvons déceler que les manquements se feront par chuintements, sans bruit, discrètement, avec modestie… Quoique : il semble ne plus mâchonner son socialisme avec honte, il se mélenchonnise même, avec une taxation confiscatoire pour les plus fortunés. Georges Marchais n’avait pas fait mieux lorsqu’il s’en prenait aux « cumulards », les Elkabbach, Duhamel et autres nantis du système, qu’il soupçonnait être passibles de la peine communiste pur jus : « Au-dessus de quatre millions, 100 % d’impôts, je prends tout ! » jubilait l’apparatchik en herbe qu’il restera.

François Bayrou a eu le pif de reconnaître un morceau hollandais du « déconnomètre », mais son slogan a tout de la méthode Coué ou du vœu pieux. « Un pays uni » : il va falloir une puissance catalytique hors norme, quasi mythologique, pour y parvenir. La conséquence naturelle : « rien ne lui résiste », formule libératoire qui fait abstraction de l’environnement mondialisé et concurrentiel. Irrésistible Bayrou ? Il y met du cœur en tout cas, comme en 2007, mais cela suffira-t-il à le propulser au second tour ?
Avec Mélenchon, pas d’union qui tienne, c’est d’abord aux brimés, aux furieux, aux révoltés de tout poil hirsute qu’il s’adresse. Le regard vers la droite, comme les deux candidats du bord opposé, il harangue et ordonne : « Prenez le pouvoir ». Clarté fracassante de l’objectif, silence révélateur sur les moyens. Un appel à la Révolution ou au coup d’État ne ferait pas mieux.

Pour le clin d’œil, les filiations sont parfois étonnantes : on trouve dans l’affiche du Front de gauche pas seulement du NPA et son talentueux Besancenot, mais aussi du NDA, comprenez Nicolas Dupont-Aignan ! N’est-ce pas lui qui, en 2007, sommait : « Français, reprenez le Pouvoir ! ». Comme un air radoté : je prends, je reprends et je me fais prendre… Tragédie du citoyen ordinaire.

A côté de celle de l'ex socialiste, l’affiche de Nathalie Arthaud fait bien pâle impression, malgré le rouge envahissant. Le degré zéro du slogan politique est atteint : « Une candidate communiste à l’élection présidentielle », rien que ça ! Sa stratégie électorale se limite à tenter de choper quelques électeurs à l’OVNI Mélenchon, alors elle rappelle sa chapelle idéologique pour ceux qui n’auraient pas associé sa bouille et la couleur choisie au bon parti. Comble de la précision, elle indique pour quelle élection elle se présente : il ne faudrait surtout pas que ses rares soutiens attendent les législatives, voire les municipales, pour lui apporter leur voix. Là, au moins, on ne va pas s’échauffer les neurones en exégèses de la communication.

Cela inciterait presque à prendre nos vacances printanières avec Éva Joly. La mine rayonnante, la tenue mi-saison, les lunettes fraîchement ôtées pour nous fixer sans détour et sans obstacle, elle nous invite à ce choix radical, celui… du tournesol ! Une France héliotrope, voilà qui pourrait être un remède à la crise…

Après les affiches, j’attends, la plume aiguisée, les programmes imprimés de chacun, pour s’amuser un peu comme en 2007, avant l’isoloir fatal et cinq ans d’épreuves. La tasse pour tout le monde. Santé !

Marianne dans les marais démocratiques.


13 février 2012

Prenons l’air « civilisé »…

Un C dans l’air d’une exceptionnelle hauteur et profondeur (si, si, c’est cumulable chez Calvi !) d’analyse. L’approche de Jean-Paul Delevoye, murie par ses expériences de Président de l’Association des maires de France et surtout de médiateur de la République, en a été la source première. Son diagnostic des déviances du système politico-médiatique, dans une démocratie dénaturée, éclaire un demi-siècle d’évolution de notre régime. Avec comme interlocuteurs le subtil et européen Dominique Reynié, le percutant Christophe Barbier et un historien chevronné, les échanges ont fouillé les dysfonctionnements sans faux semblant.

La gestion du temps politique, obsédé par la séduction d’un électorat volatil, ne peut s’accorder avec les impératifs d’une nation surendettée. La démocratie succombera-t-elle d’avoir fait la place trop belle à la démagogie de carriéristes talentueux et rhétoriciens ? Tout ne tient encore que par le crédit accordé aux branches protectrices.

Une part croissante de la population se détourne de ce qui devrait former le fameux contrat social avec ses valeurs censées être partagées. La délicate question de la compatibilité de notre société avec les schémas d’individus faisant de leur religion un objectif politique, par conviction profonde ou provocation systématique, ne doit pas être éludée par frilosité intellectuelle.

La campagne des présidentielles 2012, avec cette explosivité du tissu social, doit-elle se concentrer sur la rébarbative déclinaison des propositions techniques et laisser les grands desseins enflammés à des lustres plus apaisés ? Si vœu il y a, il est illusoire. Le pluralisme exige la confrontation jusqu’à la mauvaise foi. Exalter son premier cercle militant pour mieux enthousiasmer les sympathisants qui eux-mêmes influenceront une partie du corps électoral.

Ça vente, les formes se brouillent, les sens dérivent, la pesanteur sociale et ses obligations maintiennent encore nos repères, mais l’effondrement n’est plus impossible.



04 février 2012

Été amer, hiver rêvé

Engourdie, la contrée écarte davantage ses gerçures pour que les courants y dévastent le semblant de vie qui oserait persister. Racle les fonds, titriseur-charognard, harcèle ta proie pour pétrifier toute résistance et pomper le liquide vital.

Les empapaouteurs feuillus n’ont qu’à bien se tenir, la justice existe bel et bien dans notre pays. Les gloutons sans vergogne, même parés de cabinets d’avocats et d’huissiers, n’ont pas toujours le dernier mot. L’engagement personnel, sans auxiliaire, et la sincérité des arguments peuvent triompher de la technique juridique spécieuse d’un mastodonte financier.

Je souffle, par moins vingt ressenti, comme si la belle saison venait me chatouiller les narines bien avant l’heure. D’un été gâché aux rigueurs payantes de cet hiver, les saisons sont loin de disparaître.

Ancrage lyonnais et vie partagée m’ont insufflé la résolution nécessaire contre les certitudes assénées par l’hypertrophique adversaire. Quelle jubilation en découvrant hier midi, dans l’escalier, la troisième page du jugement : «  Par ces motifs (…) reçoit M. Loïc Decrauze en son opposition ; déboute la société C. de l’ensemble de ses demandes ; condamne la société C. aux dépens. »

Bring on the night pour une profonde inspiration rythmique. Petit pot de terre, la justice française m’a permis de résister au rouleau destructeur de la Finance amasseuse de prétendues créances. Hommage à tous ceux qui m’ont soutenu, de près ou de loin ; sur la toile et sur la terre ferme : sept mois d’angoisse diffuse pour une délivrance qui embrase le cœur.


22 janvier 2012

Note salée pour commande sucrée !

J’écoute Charlie Parker et son Scrapple from the Apple : il rendrait presque notre monde chaleureux si je n’avais d’autres sujets en tête. La semaine ne s’est pas cantonnée à la dentelle et aux révérences.

Les croisières sur mastodontes flottants ont versé leur pizzo à la Camarde gourmande. Un commandant d’abord bling-beurk, gominé à s’en servir pour graisser les petits coins couinants, paradeur comme un troupeau de kakous, incompétent et pleutre. Un punching-ball ambulant donc. Ne nous y attardons pas. Le tourisme de masse paye ainsi sa trop grande décontraction et révèle les instincts arriérés submergeant une part des voyageurs dès le danger ressenti et l’évacuation à l’horizon. Les voyages ouvrent l’esprit et favorisent l’empathie ? Démonstration : je suis costaud et j’écrase l’enfant qui traîne sur mon trajet jusqu’à l’embarcation salvatrice. Pas que le commandant incommodant à clouer au pilori… Circonstances atténuantes qui dispensent de rechercher les indignes de ce sauve-qui-peut mortifère sans risque pénal. Un certificat d’impunité pour les plus salauds des croisiéristes. Comme la guerre, le naufrage peut être un révélateur du fond de l’être.

Bien loin des eaux italiennes, un théâtre d’opération qui multiplie les chants du cygne pour les soldats français. Une fin de mission dont le sens nous échappe de plus en plus, surtout lorsqu’on connaît le rôle interlope du Pakistan voisin dans ces attaques masquées. L’icône d’Al Qaida éliminée, le départ doit s’intensifier quitte à froisser des alliés qui, en fait, songent à la même accélération. « Je te tiens, tu me tiens par la sale roquette, le premier qui fuira aura une tapette ! »

L’hexagone vit sa crise dans une ambiance bien plus civilisée, même si les débuts de la campagne présidentielle versent dans le rase-mottes ad hominem. Les pitres de la semaine : Jean-Foutre Mélenchon et la Bassine Le Pen. Ils doivent s’invectiver pour faire croire qu’ils se distinguent. De l’assumé nationalisme social au camouflé national-socialisme, quelle différence ? Un phrasé populeux, de la grande gueule qui ferait immédiatement mettre son pays au ban des nations si l’un d’eux parvenait au pouvoir, renonçant alors aux gros morceaux indigestes de son programme ou s’obstinant au « nettoyage » des ennemis de son funeste projet. Mais on y croit : tous ensemble, tous ensemble pour la rigidité haineuse à l’Élysée !

Pour finir avec un pompon éprouvant, Kim Schmitz, le suiffeux dirigeant de MegaUpload : il s’attire l’idolâtrie d’internautes qui, dans le même élan, tapent comme des brutes sur les banquiers et traders indélicats. Avec le mégalo du site fermé, c’est juste du pillage d’auteurs dont les friands d’œuvres à consommer se foutent. Éventrons les financiers et prosternons-nous devant celui qui nous offre du gratuit piraté. Morale réversible et puante qui mobilise les courageux Anonymous pour leurs méfaits sur toile. Pas de sang, c’est vrai, mais de l’inassumé qui se dispense de toute cohérence idéologique. Du virtuel, jusqu’à leur prétendu combat…

Garçon ! une cuvette pour dégueuler !



Chronique publiée par le journal Le Monde

01 janvier 2012

Une clé de 12 pour la 11, vite…

… avant que je perde mon titre AAA…bscons.

Un certain mercredi 29 décembre 2010, j’entamais dans la brume d’une pièce incertaine le Manus XXI de ce Journal fourre-tout. Trois cent soixante-cinq jours plus tard exactement, je l’achève sans pitié.

Lecture du Journal d’un mythomane de Nicolas Bedos que je découvre couché sur le papier. Plume alerte, charges aiguisées pour mieux pénétrer les proies, je me trouve un peu fade à côté. Fini le temps de gros niqueurs minitellien où je cassais la rondelle de Sophie Marceau répandue dans un Zulawski en rut : elle « a l’air d’un tubercule pour charcutier poids lourd, enviandé par un cheptel butyreux de pâlots gras du bide. » (18 février 1988).

J’émousse ma pique sans raison rationnelle puisque rien ne peut me retenir ni me contraindre. Peut-être une frilosité croissante, la part d’existence à vivre se réduisant. Les places de polémistes et pamphlétaires en vue sont prises et rien ne me motive pour aller jouer des coudes et parader sur la scène médiatique. Grotesque je serais ! Se contenter de cette obscure parcelle infinitésimale sur le Net et pondre, pondre jusqu’à ce que crève et fin s’en suivent.

Jalouser en secret les réussites littéraires, pourquoi pas : ça entretient le semblant de substance de ses écrits. Justifier ses propres inconséquences par un retrait proclamé volontaire, allons-y : l’illusion s’érige comme le confort des insatisfaits, des sous-vivants au regard de leurs inavouables aspirations. Laisser les ascensions aux autres, bichonner son stoïcisme et garantir ainsi le minimum excitatif. L’heure de la libération absolue est très loin d’être venue.

Après la flagelle comme préliminaires, une petite rétrospective à la Bedos s’impose. Que retenir de la croulante 2011 aux affres consommées ? Elle n’a vraiment pas tourné rond : ça fuite de partout, ça grogne et ça s’éparpille…

Janvier frigorifie : je me refuse d’émerger, à d’autres les érections. Quelques populations arabes chamboulent les équilibres géopolitiques chers à nos réservoirs et aux séjours d’autruches-touristes pour nous infliger de l’islamisme radical qu’on mijote déjà dans nos meilleures cités.

Pas mieux en Février, d’autant que la MAM s’enlise. Allez, je me retourne un coup pour replacer la couette. Vous connaissez la chanson : « Michelle sans selle, s’est vautrée d'avoir lâché sa sangle ». Elle confirme ainsi son double effet : une impression de rectitude à la limite du psychorigide pour mieux camoufler ses bourdes, la gourde, ses boulettes et son nécessaire de survie à la sauce Ben Ali. Loin d’être la seule, mais la maladresse médiatique est la sentence suprême pour un personnage public. Exit l’Alliot-Marie !

Voilà que Mars prend des couleurs atomiques. La percée de la centrale de Fukushima, ouverte à tous les vents, nous permet de humer ses profondeurs énergisantes. De là à couvrir les terres de France d’éoliennes, la Joly plissée a sauté le pas et au-dessus des mottes. Mon sac de provisions me l’avait pourtant conseillé : « Trier, c’est simple. En vrac, dans la poubelle verte » les Mamère, Duflot, Joly et Lipietz. Action citoyenne en attendant que le réchauffement nous engloutisse via les eaux hostiles. Finalement, je pète un coup et je me rendors.

De qui se moque Avril ? J’attendais la danse touchante de deux moineaux et je me retrouve avec le ballet de la longue desséchée se frottant contre l’otarie gloutonne. Le Lagarde et Nanard, ça ne vous dit rien ? Une compilation très financière avec du trop complexe pour vraiment révolter le bon pôple. Les arguments de la Christine tiennent la route, mais celle-ci se borde déjà de gibets pour que les enragés mélenchonniens se soulagent à coups de banquiers, d’affairistes et de traders, mais pas encore des salopards du ballon rond obscènement payés. Quelques idoles à préserver pour que les apprentis révolutionnaires ne se pendent pas eux-mêmes.

En Mai, fourre ce qu’il te plaît ? Le cher DSK égaye l’année, enfin ! Ce Dangereux Satyre (pas encore) Knouté comble bien profond sa voie présidentielle évitant ainsi à la Marianne de se trimballer un SEXtennat avec un addict du coït dominateur. Exit l’excité !

Le rut se prolonge en Juin : la verge en tête de proue pour un Tron mis à pied trop massé. Strauss-Khan était resté dans l’assouvissement du mâle de base : mains aux nibards, pénétration sans doigté et fellation imposée. Du primaire dont la seule obsession est de faire traire ses gonades encombrantes de gré ou de plus en plus de force… Avec Georges Tron on quitte la sphère du cul pour celle de la voûte plantaire avec orteils bien dessinés. Le dadais, villepiniste avant qu’on lui offre un sous-maroquin, a caressé et mâchouillé du panard délicat sans l’entier consentement des propriétaires. Du viol assimilé dont la seule accusation suffit pour le débarquer. Ne surtout pas s’encombrer de brebis libidineuse dans le camp du fidèle Sarkozy. Au trou le Tron !

L’été s’annonçait bandant, Juillet liquéfie les ardeurs et impose du Guérini comme plat de suffisance. Beaucoup moins bellâtre que le Georges piétiné, même carrément patibulaire, le président du Conseil général des Chiottes-du-Rhône arbore la complète panoplie de la barbouze politique avec dérive mafieuse. Quand l’impunité fait sa parade… Heureusement, le Montebourg veillait au grain pour nous dispenser de cette nuisible ivraie.

Début Août, j’ai cru un instant que l’ami Pagnol était revenu, avec sa Pomponnette… et non, encore raté ! Le temps des fadettes rappelle simplement que la liberté de la presse n’est jamais acquise. Stop ! la grandiloquence dormitive, c’est l’été ! Monokini et courbes à croquer pendant que notre triple A est à la diète. Comme une revanche du cancre : le pays dans son entier, et notamment ces empafés de profs, doit subir les foudres de censeurs incorruptibles. Une dégradation annoncée qui porte un coup à la fierté patriotique mal placée. Pour le chaos claironné, attendons qu’il arrive. Les U.S. n’ont pas l’air de se porter si mal avec un A de moins…

Berk ! la rentrée de Septembre : les cartables pour les mioches de la République, les mallettes pour les moches de la politique. Vieilles affaires à se bouffer jusqu’en Octobre face aux arcanes cathédralesques de Karachi. Tête dans le baquet des deux crocos de la droite aux Présidentielles de 1995 : de l’argent sale à profusion, de la trahison en tartines écœurantes, des cadavres même… Toute la pourriture cumulée d’un jeu de massacre affiché démocratique et que les deux croulants ennemis, le sourd Alzheimer et le Goitreux coincé, voudraient que la Justice oublie. Pas de bol, Chirac a reçu sa sentence fin 2011 comme un vulgaire délinquant ; pour l’équilibre, espérons que Balladur ne puisse plus se tenir loin du pot crado des délits commis en son nom et avec sa doucereuse bénédiction.

La belle saison a vraiment trépassé : Novembre et son automne poisseux accentuent la déprime. Le cœur antique de l’Europe ne peut plus nous offrir le moindre raffinement d’une grandeur perdue, mais juste se prendre quelques claques pour une prestation budgétaire calamiteuse. Après la Grèce disciplinée de force sous peine de banqueroute hors de l’UE, l’Italie sort de son ère de capotes à paillettes pour une rigueur déberlusconisée. Fin de cycle, récré terminée !

En Décembre, mieux que Laurel et Hardy avec leur piano de Sisyphe, Merkel et Sarkozy s’ingénient (ni saints, ni génies, je précise pour les empoussiérés du cortex) à entretenir leur romance, évolutive comme un meuble Ikéa pour cage à lapins : du « je t’aime moi non plus… » au « je t’encule moi aussi ! » sur le plancher clouté de leur baraquement branlant. La partouze à vingt-sept, malgré les deux Sex Toys en chef, n’a vraiment plus rien de jouissif. Adenauer, Spaak, De Gasperi, Schuman revenez : butiner vos brioches poilues sera toujours plus inspirant que le bal des gougnafiers infligé par vos lointains successeurs. Dix ans d’Euro et toujours pas d’État européen… On a élargi jusqu’au grand écart douloureux sans accélérer l’intégration avec abandon conséquent de souveraineté. La mosaïque, ça va très bien pour l’esthétique immobilière, mais pas pour une entité politique. Bouc émissaire de tous nos malheurs, l’UE se traîne : impasse et perd… Les finances, plus que jamais à sec, vont faire encore plus mal en 2012, point l’année de la fin du monde, mais du poing râpeux dans le fonds national : un fisting pour sonner le rappel, nous faire trébucher, avant l’achèvement.

D’ici là, entonnons en joie : « C’est la Merkel, Moi Sarkozy / C’est elle la Grosse et moi le Petit / C’est la Merkel, Moi Sarkozy / Et nous sommes de faux amis ! »

2011 fut vraiment une année de merde, alors imaginez ce que sera 2012.



27 décembre 2011

Aux Champs déguisés...

Deux passages à quelques semaines de distance : le premier vous stupéfie ou vous amuse, le second vous effondre. Emblème d'une France en déshérence: les illuminations des Champs Élysées au mieux vous dépriment, puis dégoûtent de tout au final. Jusqu'alors fer de lance de l'esthétisme hivernal, pour une féérie sans pareille, elles se ratatinent cette année à trois sordides anneaux lumineux par arbre comme pour une obscure fête foraine qui se chercherait festive ou une vulgaire grande surface qui tenterait l'avant gardisme décoratif auto-proclamé. On est sur la plus belle avenue du monde quand même, non ? MERDE !

Cette enfilade de triples cercles anéantit la majesté des arbres qu'on a maladroitement affublés de quelques simili-guirlandes censées refléter les couleurs des pauvres ronds, mais qui s'accrochent, au premier coup de vent, dans les branches à portée pour accentuer la désolation du tableau : nos Champs travestis en repoussantes zones d'épandage...

L'initiateur de ces laideurs sur socles coûteux aurait pu rattraper un chouia les choses en multipliant les effets de lumière des cercles honteux, en créant une rythmique colorée qui compense le mauvais goût initial. Éh ben non... il faut pousser le minable jusqu'à sa quintessence. Lors de ma venue première, début décembre, un bleu électrique pour tous les anneaux, dix minutes durant sans la moindre variation : goulag visuel, la tête coincée dans le frigidaire éclairé, le nez sur des restes rances de victuailles oubliées... A mon retour, le 25 décembre, blanc et rouge alternés avec, une fois par minute, un furtif effet virant vers le vieux rose : enchantement de la technique, paroxystique recherche du créateur ! Même englué dans les bouchons de la descente des Champs, pas d'autre variante que la faiblarde décrite.

Si on voulait faire mauvaise tronche à la face du monde, c'est une réussite magistrale. A moins que des exégètes péteux aient eu le soutien logistique pour défendre cette calamiteuse déco dans les réseaux touristiques.

Notre Avenue nationale s'en remettra, évidemment, mais comme symbole d'une année en chute libre avant celle d'un écrasement en fond de fosse, on ne pouvait trouver mieux.

« Aux Champs déguisés / Aux Champs déguisés / Noël et Saint-Sylvestre / sont trahis, enlaidis / Il y a tout c'que vous fuyez / Aux Champs déguisés ! »... Joe, ne reviens pas, ils ont tout salopé !

11 décembre 2011

Lyon, au faîte de sa lumière



Et les lumières fusent…

Faire abstraction de la multitude dans ses artères et absorber les projections lumineuses. Initiation à l’esthétisme d’une ville réinventée : des myriades de flammes du Huit aux ballets de couleurs sur bâtiments transmués, les sens exaltent.

J’entame par du grillage à poules, aux abords du lac de la Tête d’Or, pour un irréel vaporeux. J’effleure ensuite la crinière du cheval échappé de la fontaine Bartholdi, puis je grime vers la façade fraîchement restaurée de la Saint-Jean. D’une rive l’autre, les passerelles dévoilent leurs charmes : celle du Collège pour un soir pyrotechnique, celle de la Justice pour des feux de la rampe orchestrés sans fausse note.

Sous la bénédiction bleutée d’une basilique en suspens, les quartiers de Lugdunum s’illuminent et la pleine lune se devine, comme un signe céleste.

Une, deux, trois lumières ! Ne bougeons plus, la féérie s’opère...


(Photos prises par Loïc Decrauze)


05 novembre 2011

Quand les notes s’agencent…


Comme un appel du merveilleux avant les échéances tragiques, « It’s so cold ! » : l’élan expressif colore mon ascendante imprégnation. Ce toboggan musical bouleverse les repères, comme un air oxygénant… Reprise des ultimes notes pour ouvrir l’avant-scène paradisiaque. Vrombir, fendre la toile et laisser croître les sons épurés. Délaissons les heurts économico-financiers, mieux même ! larguons-les au bout d’une note, une seule, clef sur le sol enchanté de Coldplay. Oh ! ces dérives, ces désastres, permettons à l’ivresse poétique de les phagocyter pour une renaissance du temps mirifique : celui d’un projet, d’un objectif, de quelque espoir en ligne de mire. L’écho du babil spéculateur s’épuisera… peut-être !

La voix sacralisée du peuple, souveraineté à tester, et pas seulement chez les Grecs. Et après ? On fait quoi du passé ? Table rase, compteur à zéro pointé ? Soyons sincère : quelle empathie avons-nous pour nos aïeux et les souffrances collectives endurées ? Au mieux de la curiosité historique… La solidarité intergénérationnelle ? Foutaise… La démagocratie a régné sans partage des décennies pour faire du trou budgétaire des abysses incurables. En route pour l’ochlocratie et ses excès ? C’est le nez trempé dans la bouse que la génération en activité admet, et pas unanimement, les efforts à consentir pour simplement revenir à l’équilibre… En suspens harmonieux, la mélodie du quatuor britannique s’ancre, atténuant mes fulminations.

Chacun affiche de belles intentions, mais seule obsède sa condition personnelle : sauver sa mise pour son petit bout de vie agencé au mieux de ses capacités, de ce que l’on peut grappiller, quitte à crotter un peu, beaucoup, lamentablement la destinée collective.

Une dualité de dupes : soi et la société. Des intérêts incompatibles qu’occulte la fiction d’une souveraineté populaire qui insufflerait une sagesse sans faille. Pour nos gouvernants : gérer vaille que vaille pour tenter d’anticiper les effondrements, d’esquiver les plus gros obstacles et de s’en remettre à quoi ? J’espère pas aux billevesées religieuses qui voudraient s’imposer comme sacrées, intouchables alors qu’elles ne sont rien d’autres que des opinions très très relatives, du subjectif très très contestable…

Entre le cynisme de l’arriviste avide et l’intégrisme criminel du croyant, gardons le cap ! Allergique au panurgisme, réfractaire à toute conversion. Quelques notes de piano extraites de la treille musicale : quand la source coule… play ! et vogue par delà l’intolérable…

09 octobre 2011

Lions Yeux, Oreilles, Nez...

... pour affûter nos sens et entailler l'actualité.

La ville des sens : base idéale pour fustiger l’essence des vils. Lyon, pour croquer plus en profondeur les agités du cloaque. Tout en perspectives, en dénivelés dentelés, cette capitale de vie éclaire les voies à cheminer et celles à carboniser. Suffisamment vaste pour s’y fondre, assez intime pour s’y reconnaître, je loue son espace et me catapulte sans effort vers le bleu du ciel depuis ses berges enchanteresses.

Je n’ai évidemment pas attendu Stéphane Hessel pour réagir aux travers du monde. Dès 2005, je baptisais mon premier blog, à la technique rudimentaire, Indignation. Lyon, enfonçons sans retenue nos crocs dans la chair des tordus, élaguons les circonvolutions des postures convenues, arrachons la graisse pour dénuder l’os. Lyon, ta crinière rhôno-saônienne influence mes confluences enflammées. Savoir prendre l’élan depuis ton double i, échasses efficaces pour transcender sa vision des soubresauts du temps.

Visiblement, Al Qaida vient de ridiculiser le discours négationniste de l’insane Ahmadinejad et, à travers sa repoussante carcasse, de tous les complotistes qui font leur beurre par la remise en cause des évidences du Onze Septembre. La nébuleuse terroriste réaffirme avec force la paternité du plus gros attentat jamais commis, ravalant le dirigeant iranien à un suppôt des Américains qui ne trouverait rien de mieux que de nier la capacité d’Al Qaida à effectuer un tel coup de force. C’est la plus cinglante réponse qu’on pouvait espérer : un peu comme si Hitler lui-même venait botter le cul de tous les révisionnistes en leur rappelant l’efficacité de sa Solution finale, fours crématoires et chambres à gaz inclus.

Curieuse naïveté des adeptes du complot qui ont cru au silence complaisant des ennemis de l’Occident. Ces démonstrations pseudo scientifiques sonnent comme l’insupportable relégation de leur sanglant coup de maître en minable tromperie sur le déroulé des événements et leurs protagonistes. A force de n’avoir en ligne de mire que le Grand Satan Sam, ils ont négligé l’affront que pouvait constituer leur logorrhée argumentative chez les disciples de feu Oussama.

Ne doutons pas de la ressource régénérative des phares de l’escroquerie intellectuelle. Les anonymes de la toile n’auront aucune difficulté à se carapater sans un mot d’excuse ou de regret en attendant que les meneurs trouvent une nouvelle faille à la version officielle renforcée puisqu’elle est revendiquée par les deux parties ennemies. Les Meyssan and Co vont sans doute révéler une machination anglo-saxonne au cœur de l’organe de propagande al qaidien…

A écouter le yoyo rhétorique des experts économico-financiers, l’humeur s’écartèle sans accroche certaine.

Alors qu’on connaît depuis ses débuts la part dévastatrice du nucléaire, on commence tout juste à découvrir les menaces que nous fait courir l’informatique algorithmée via le grand casino boursier. La recette explosive pour générer un effondrement systémique suivi d’une dépression mondiale : des dettes souveraines hors de contrôle, un panurgisme démultiplié au son de la rumeur et l’amplification des mouvements par des algorithmes déchaînés. Derrière ce trio à l’œuvre, tel un activateur d’anti-économie, des sociétés en lambeaux prêtes à s’étriper pour quelque prétexte exacerbé.

La senteur des affaires d’Etat écœure : un peu comme si l’on nous obligeait à plonger dans un alcool de truffes pourries. Les remontées karachiennes rendent l’opportunisme d’un Balladur encore plus méprisable. Son discours ronronnant et policé cachait donc la salauderie des rétro-commissions… En face, le Chirac a parfaitement su éviter la claque finale par une pirouette cérébrale : le service rendu à la nation méritait bien une Justice sourde et aveugle. On ne traite pas un ancien locataire de l’Élysée comme un vulgaire délinquant anonyme… Les adages, les devises et les principes ne valent que pour les façades et une Constitution de la Cinquième… colonne sûrement. Le président du Conseil constitutionnel d’alors a bien sûr validé les comptes de campagne des deux tripatouilleurs en lice, pour compléter le panorama. La chansonnette institutionnelle du Roland n’a vraiment aucun panache : Dumas envers et contre tout l’intérêt général !

Et dire que les disciples de tout ce petit monde sont en charge de l’État ou prêts à le diriger…