01 janvier 2017

M'en allant promener...

Pour cette promenade, se sont glissés divers acrostweets à dénicher. Les solutions se découvrent en cliquant sur les mots signalés par leur couleur différente. 


Trombacrostweet 2016 - première partie

Alors que je m’essaye à des intonations totalement habitées pour interpréter avec fougue l’air éternel, le chemin régional s’élargit d’un coup de baguette administrative. On devrait s’y sentir plus à l’aise… on devrait, mouaip ! Du champ pour le premier fracas de l’année, le départ de celle qui voulait tenir autrement une bouillonnante insécurité : risques augmentés de dysfonctionnement par ce laxisme prétendument humaniste. Avec cet abandon de poste, l’occasion de voir s’agiter tous ces petits personnages au rond de cuir respectif plus ou moins couvrant pour leur fondement.
Au premier virage, le début des emmerdes : ça braille sur l’enrobé, ça capitule sur le bas-côté alors que Dylan et Laurette pétillent en chansons humées. Je m’arrête un instant pour faire l’accolade au bonhomme à la gouaille affective liée au bien rire unificateur. On trinque et hop ! je repars sur cette voie mal éclairée, me tapant bientôt les enragés d’une déraisonnable invention ensorcelant unilatéralement. Son représentant est là aussi, bien embarrassé devant tant d’excitation mortifère. Il confie à qui veut l’écouter : «Mes adeptes haineux occultent mon expérience tolérante… ». C’est bien là le nœud gordien de l’affaire : un avilissement liberticide lubrifiant aux hurlements outranciers une addictive kalachnikov badigeonnée au religieux. J’accélère le mouvement des jambes pour sauver mon cou du tranchant des armes rouge liquide.
Je fuis vers celui qui me fait un geste amical : lui n’a que des détonations artistiques vêtues incroyablement de brillances où Warhol inspire expressément. Je lui réponds en rythme, sur le même morceau salvateur. Du cœur et de la conviction, il va m’en falloir pour tenir tête au petit hargneux qui jaillit du buisson avec ses thèses prémâchées en bandoulières. Je reconnais le profil et son processus : crédule ou négationniste, son petit intellect, rissolé aux tartignolles inventions, obstrue nuisiblement notre intègre savoir tant explicité mais en vain rabâché. Je ne vais pas m’échiner à le ramener sur le bon chemin. Ma route est encore longue, les embûches et rencontres sans doute encore nombreuses. Atla ! atla !
Qui est ce monsieur tout sec qui tient, sans pouvoir vraiment le cacher, un gros cahier noir ? Il est temps de lui faire cracher cet hitlérisme enfoui irrigant des essentialités glosées : graves enlacements rédhibitoires pour ce faux sage. Je me détourne, bien déçu de la découverte, et change de focale pour distinguer en contreplongée des empreintes tournées toujours où rayonnent encore suffisamment ces ouvertures libérant ardemment nos aspirations. Baume au cœur du créatif qui permet d’affronter les ennemis de la fréquence intellectuelle : krach intégrationniste et laxiste kermesse raillée alimentent un tremblement d’indignation.
Se reprendre et poursuivre, vaille que vaille, le baluchon en vrac et les godasses qui bâillent… Ecouter ce convaincant orateur humanisant notre – branlante – Europe nonobstant d’inquiétants tiraillements. Noble engagement sur ce sentier de plus en plus décrié. Tenir bon face aux entrepreneurs de démolition. J’attrape la glaise de cet absolu royaume trop hérissé. Un rêve rimé insolemment me brise : abyme ultrasensible dépeint est à deux pieds de m’ensevelir. Je songe alors à ces barbants rosbifs exigeant Xième infecte transaction pour rester solidaires. Ils veulent quitter le tracé commun. Soit, mais ce sera sans retour possible. Essayer de ne pas mourir à nouveau du triptyque apocalyptique - viscéral enfer, rage déchiquetée, ultime noirceur - c’est tout ce que souhaitent les Européens de bonne volonté. Pour cela, un modèle : bibliothèque enchantée reliant tout ouvrage, exaltant chaque opportunité. Lire sous ce chêne aux bruissements apaisants : voilà la pause régénérante qu’il me faut avant d’aller dire ses vingt-sept vérités à ce dangereux Anglais venant infliger des coups au moteur européen : référendum obscène napalmisera le suant mal arrimé.
De l’autre côté du pont sans Manche, je dois subir les blagues de troufion du sinistre amuseur : ce yéti rigolard infecte la hutte audiovisuelle, nasse où un naze abêtit la masse hypnotisée par de péteuses existences obsédées par l’exhibition. Je peux enfin m’extraire grâce à une saoulerie affective intriquant nos trajectoires accidentées, mais oxygénant une ruralité.
Le vagabondage s’étoffe de visions improbables, telle celle près des fourrés : pénétration religieuse et tentations refoulées entretenues. Allez ! pour compléter la fresque, amène ta pitoyable hypocrisie intégrant les immondes prêtres pédocriminels ; ennuyeux barouf aux révélations bigrement accusatoires : réputation indubitablement niquée. Bouchez l’encens ! Du spirituel à l’économie, les perditions se répondent. Ainsi, pour Areva : notre nullité entrepreneuriale laisse agonisante une vaillante entreprise ruinée grièvement en opérations nucléaires. Agitez le goupillon…
J’avance pour la forme, déjà nauséeux, mais le pire m’attend avec cette fosse à purin en extension : au fond gigote l’immonde. Ce salopard aux lâches attentats heureusement arrêté, bien difficilement extradé, sentira les assises méthodiques de l’hexagone. Lui et d’autres, pas plus ragoûtants, viennent d’une matrice opérationnelle livrant en nombre barbares enragés et kamikazes prêts à se faire exploser. Je passe la nuit un peu plus loin, pour me chuchoter quelques songes.
Au matin, le signe d’une journée ensoleillée avec nos plats intensément enchanteurs : rire résolument en cuisinant ou foudroyer force enfumeurs tel ce théoricien aux ramifications intégristes qui radote, avec moult archaïsmes, des aberrations nauséabondes. Je le laisse, après l’avoir entarté, à sa pseudo docte conférence. Après le trou d’hier, je tombe nez à tas avec un monceau de pourritures argentées niant avoir magouillé : affairisme politique avec prévaricateurs en ribambelle salaude. Comment sortir de cet avilissement généralisé ? Certainement pas avec ce que propose le rassemblement improvisé dans les sous-bois. J’écoute leurs discours, j’observe leurs attitudes. Déception : la nébuleuse utopie, incertainement travaillée, déguisée en bond offensif : un théâtralisme impossible à mettre en œuvre. Tout près de cette bavarde réunion, un déjanté des villes se défoule : le caractériel arriéré saccageant son environnement urbain rageusement me laisse perplexe. Quel message à déceler ? Je devrais lui conseiller les incontinents nuages occupant nos divers aménagements terrestres immergés ou nettement saccagés : de l’humain à la nature, une vraie convergence dévastatrice.
Pour prendre le large et viser la prochaine clairière, rien ne vaut la musique du lutin génial : pop rock, intuitivement noués, copulent enfin. Cet univers de notes tranche avec le hérissement épique orchestré : honnir les assourdissants geignards aux uppercuts contre Hollande enlisé. Ça renifle le regroupement factice en cours de liquéfaction. Je m’amuse de leur parade faussée, mais regrette la laxative opposition interdisant toute réforme ambitieuse : vase aux insignifiances législatives contre lesquelles s’insurgent pourtant les frileux manifestants qui piétinent. Dans un recoin ombragé se démènent deux négociateurs pour trouver une issue à leur projet dont l’annexe, en forme de devise, n’est possible que pour l’une des parties au contrat : truander autrui favorise tes affaires précise l’addendum. Quel progressiste programme !
La marche au cœur réformateur oxygène nettement et, comme chaque fois depuis le début du cheminement, la purge sera mélodique. En l’espèce, une bien plus belle affaire : harponne une boule en rimes, ta musique orbitera, unissant nos inventives envolées rythmées. Bonheur transcendant que je peux associer aux images projetées sur une toile tendue qui parviennent à nous surprendre toujours en visant extraordinairement nos significatives peurs immergées et les balades extraterrestres rêvées génialement. Chapeau, les artistes…
Tout éprouvant que soient certains passages du chemin choisi, cela à l’avantage de ne pas sombrer dans l’artifice suprême d’un autre lieu visité naguère et pour lequel un bilan sévère s’impose : frime et stras transpirent ici, vérolant ainsi les déambulations empruntées. Croisette aux narcisses nantis et superficiels symbolise l’endroit.
Je cumule les kilomètres et les sombres personnages s’ajoutent. Ainsi, je ne peux adhérer à la conception du pouvoir de ce moustachu impassible qui, en religieux dirigiste opprime gravement : assombrissement national qui perdure suite à ses choix impardonnables. Derrière lui, des plaintes sourdes émergent du sol fraichement retourné…
En face, sur la berge démocratique, l’antre social se porte bien. Les emmerdeurs s’y nichent, déclarant inacceptable chaque avancée : tas contestataire gueulant toujours et encore. Ça lasse… d’autant que parmi eux se dresse le meneur, petit hargneux incitant les interminables protestations pour exister, moustachu arriviste rejetant tout initiative novatrice : extrémiste zinzin, pour résumer le furieux. On est là très loin de la jaillissante communication déroulée en couleur aux urbanismes xérographiques. On est tout juste dans le meuglement ressassé…
Après un temps de marche apaisante, une descente me fait passer à côté de quelque chose sans y prêter attention. Quelques mètres après, je m’arrête, pris d’un doute, me tourne vers cette forme et comprends à quoi j’ai affaire : un gars immobile, entièrement nu, peint en vert fougère, tente de se faire oublier. C’est bien lui, le député écUlogique nous infligeant sa bistouquette avec un prélude imposé négativement. Une sorte de DSKéquette inassumé. Je lui souhaite de ne pas croiser celui qui s’est forgé la réputation de mettre out : harangues athlétiques massivement engagées, dénonçant aussi les injustices et qui pulvériseraient le vert nabot.
Pas de quiétude pour aujourd’hui. Le son massif d’une foule bien identifiée me parvient, manifestation d’un engouement un rien outré : dopage encouragé, fric obscène où taper baballe attise la liesse, voilà ce qui perturbe mon parcours. Fréquemment dans leurs rangs, des hordes opérant ostensiblement : leur instinct guerroyant avilit notre société. De toutes parts, de quoi se dégoûter du monde. Ces déchaînements ludico-nationalistes rendent impuissante la juste orientation combattant odieuse xénophobie et qui expire, poignardée au cœur de l’Europe. Cela ne semble pas perturber la course qui se prépare deux mètres devant moi. Huit concurrents derrière la corde vont chacun verser dans la pesante rivalité individualiste menant aux indigestes racolages électoraux. Sans maître à aduler, l’épreuve devrait les départager.
D’un coup, les étoiles en rond tremblent et une portion conséquente au nord-ouest se détache et me flanque une gerbe référendaire au nocif divorce européen. Brutal rejet en travestissant assez grossièrement notre ensemble, c’est ce qui me vient à l’esprit lorsque je croise l’échevelé responsable de la rupture et dont l’incohérence politique révulse. Pour synthétiser l’énergumène et ses choix : brexit ourdi, renoncement imprévisible, son jeu opportuniste heurte. Non-sens où naufrager, mais lui s’en tire avec une pirouette. Son compère, nationaliste insulaire, grouine, excitant les fielleux au royaume angoisseux, guère européen. Duo infâme ! Je les regarde rejoindre le néant. Un visage qui m’est familier fait de même, le regard acéré d’une méthodique intelligence croyant hautement en la rectitude opérationnelle. Cette aspiration rayonnera durablement, espérons-le. Cela compensera un peu le délitement intellectuel des déserteurs de l’Europe.
Après une nuit agitée, un réveil cauchemardesque : j’apprends les crimes de l’abject terroriste tuant en nombre tellement atrocement. Témoignons aujourd’hui notre immense compassion endeuillée. Les heures lourdes s’écoulent et les détails du crime m’effondrent : lente avancée pour repérer où massacrer effroyablement ; nette accélération devant écraser, démembrer, ensanglanter sans arrêt. Nos glaçants linceuls accumulés infernalement sidèrent et la promenade devient caveau ouvert.
A quelques centaines de lieues de là, douze jours plus tard, la marche chancelante, je m’arrête devant un corps de blanc vêtu. Je demande aux badauds ce qu’avait bien pu faire ce père pour une telle sentence : juste arborer cette quiétude unificatrice et succomber héroïquement au monstrueux égorgement. « Luttons contre ces barbares ! » je hurle, submergé par une vague de représailles nucléaires pour en finir avec le dépotoir aux excréments criminellement haineux. Je suis alors pris d’un délire rageur, et lorsque le chemin se met à longer une plage, je fulmine en voyant s’exhiber en habits mouillés des bécasses utilement repérables. Kilos informes nous incommodant par leur dissimulation : seraient-ils offensés par notre regard ? Tout se brouille en moi, mais je me dégage des sables mouvants pour rejoindre notre bonne vieille terre ferme.
Le soir, près d’un feu de bois aux craquements reconstructeurs me vient cette réflexion : sans croyance handicapante, on peut entrevoir notre humanité aux urgences en représentation. C’est bien ce qui doit m’animer, en sage agnostique que je m’efforce d’être. A trop rester dans le brouhaha de l’insane actualité, j’en oublie les élans salutaires : modifier irrésistiblement ces habitudes en littérature, bariolant un trop ordinaire rêve. Voilà qui élève l’âme, mais brièvement.
Le lever se fait dans l’angoisse d’un paysage à la botte bouleversée. L’apocalyptique magnitude, aux tremblements ravageurs, italianise cet effroi. Il faut pourtant reprendre le trajet avec les indignes qui l’assombrissent. Ainsi cette entreprise qui, avec un lait acheté chichement, traite abjectement les interlocuteurs souffreteux. De même cette société qui doit subir la sanction politico-médiatique : abandonner lestement son territoire ostracise mécaniquement, et ce jusqu’à l’absurde. Une compagnie s’invite au bal des structures avec parures affriolantes : la mortifère organisation nie souiller abjectement nos terres optimisées. Du grand art de communication. Enfin, pour finir la tablée, signalons cette firme aux lourdes affaires fricotant avec rançonneur groupe ennemi qui se prétend Etat.
Je prends alors la bifurcation qui se présente mais d’autres scènes s’imposent, tout aussi désespérantes. Je découvre, stupéfait, le choix d’un personnage ayant occupé la première place de la commission européenne et qui ose une bancaire abjection ralliée, reniant outrageusement ses obligations morales. Il intègre, sans sourciller, l’établissement qui génère opportunément la délinquance mercantile, aux notables salauderies, avec captations hermétiquement suspectes. Je voudrais me distraire de cet univers puant. Je cède alors à une pécuniaire opération kidnappant évidemment mes occupations nigaudes : gesticulations obéissantes auxquelles je mets très rapidement un terme par l’écoute de celle qui sait s’élever contre la miséreuse ère : radieux engagement transformant en résolution efficace ses aspirations. Un parcours exemplaire que le sien.
Via cette transcendance, le chemin me révèle une temporalité intuitivement merveilleuse balisant un royaume ténu où nicher. Je m’assoie et assiste à l’envol vertigineux avec grâce : rôles enchantés en noblesse jusqu’à enhardir la limpide attraction pour une révélation nimbée en lumineuses lévitations. Une pure poésie que ces projections insatiables en rêves rayonnants, en tournages cinématographiques humainement expertisés rendant nos interviews affectueuses. Je dois prolonger de si rares moments, mais très vite le satané réel reprend ses droits.
Le hasard de la balade me fait tomber sur une scène révélatrice de l’époque et du penchant malsains des téléspectateurs et auditeurs. Juxtaposer un nettoyage gendarmé lourdement et des effervescences certainement audiovisuelles les abreuve : infecte sensationnalisme qui se systématise. Il reste pourtant du journalisme d’investigation de qualité consistant à épingler les impunités suspectes en livrant un combat efficacement télévisuel tout à l’honneur d’un service public par contraste avec une chaîne privée d’information et ses insolubles tensions érigeant les éreintements en gestion inhumaine.
Près d’une mare, un pavé va précipiter la chute du Président trop bavard : Ubu ne peut rendre élégantes ses incontinentes déclarations. En ne taisant nul épanchement, des énormités vachardes ridiculisent avec insistance ton pouvoir assurément sans dents : inexcusables rots élyséens, calamiteux aboutissement à l’horizon. Cette avalanche de prosaïques révélations incite à sortir du chemin et à s’enfoncer au hasard d’un lyrique effleurement ombrageant nos arts rêveusement dans ces orages hantés et nourriciers qui me conduisent vers une héroïque extraction nommée déradicalisation autoréalisée : avancer, yeux alertes, réveil incisif. Une belle âme croisée au détour du passage buissonnier. Au hasard des rencontres à l’écart des balises, j’étoffe mon affolante rubrique : coccinelle en luron glacial opine, traçant l’irrésistible bande si vivement dessinée. Là, au moins, la folie s’assume comme un contre univers n’ayant pas la dangereuse prétention de remplacer les complets gris au pouvoir, au contraire des cinq bidonnantes étoiles pour pitre europhobe : grave rage inconséquente légitimant les outrances et ouvrant la voie à l’esbroufe politique parée du verni de la dérision. Certes, nous sommes encore loin de l’apocalypse létale en pire, mais le détricotage de l’UE n’augure rien de constructif.
A une encablure de là, comme une incongruité juridique qui voudrait voir des feuilles en hiver, la Cour de justice de la République se lâche : culpabilité hémiplégique rendue incompréhensible, sanction totalement indolore, négligence effaçant les abus générés avec ribambelle d’euros. Depuis la chiraquienne promulgation sans application, on n’avait pas eu une telle loufoquerie d’un droit de plus en plus de travers.
Pour nous rappeler la persistance d’une ligne barbare, l’attentat de Berlin saigne à nouveau le continent. Face aux criminels terroristes, l’irréductible combat humaniste bâtit irrésistiblement notre Europe, illumine notre bien essentiel : résistante liberté ici négociable en rien. Se souder dans l’adversité, voilà ce qui doit justifier la poursuite de notre construction politique.
La fin de la promenade révèle diverses disparitions, hécatombe chez les artistes. Parmi elles mon intimiste cinéma hésite entre lascivité et mystère : oser regarder Gabin avant nirvana demeure une scène mythique. Un signe que grandir en Older régénère : généreuse expression musicale imprégnant cette hardiesse assumée et libertine, tout comme perdurera l’œuvre d’un monarchiste indécrottable, ce hussard  expérimente les destinations éloignées, oasis narrées en délicatesse.
Au bout du chemin, qui sera naturellement prolongé pour 2017, je perçois deux silhouettes qui se tiennent la main. D’un côté, une devanture oxydée noircissant avec lourdeur des temps régressifs : une malfaisance politique. De l’autre une virilité liberticide assoiffée d’influences mondiales ; intérêts russes préservés obstinément ; unilatéralisme testant intelligemment nos errements.

Pas bien rassurant, le couple : doit-on vraiment leur souhaiter une belle année ?


Trombacrostweet 2016 - seconde partie

09 novembre 2016

Quand Trump (élu) pète des insanités...

Avec ma publication le 6 novembre j'avais encore l'espoir que le peuple américain ne tenterait pas le diable. Désormais, le monde peut basculer et ma misanthropie se justifier. Finalement, peu de choses à changer dans les paroles que j'avais conçues.


Voilà ce que j'écrivais dans mon "Journal en retrait" le 25 septembre dernier: "Demain, premier débat Clinton-Trump. Si la personnalité d'Hillary n'a rien de bien charismatique, ce qui s'exhale du sinistre Donald et de ses expectorations préfigurent le pire pour l'humanité si le peuple américain se laisse aller à le porter à la tête de l'encore première puissance mondiale.
Qu'il n'en ait rien à foutre du reste du monde, une évidence de comptoir, source première de sa simpliste rhétorique. Un candidat à l'image de la part la plus médiocre et arrogante du pôple. La mondialisation nous rend interdépendants et ce choix sonnerait comme l'amorce d'une perdition du monde encore vivable que l'on connaissait.
La démocratie a permis l'accession au pouvoir d'un Hitler, très vite engagé sur la voie autocratique, elle pourrait laisser les rênes dirigeantes des Etats-Unis à un commerçant nationaliste persuadé de son bon droit... une sorte de populisme wall streeté avec toute la démesure américaine en plus."


Il grouinait dans ses tours, loin de la politique,
Fripouill’ comme il se doit, lourd d’affaires éclectiques,
Magouillant sans arrêt pour engraisser son beurre,
Et toujours s’imposer en magnat paradeur.
Obsédé par son blé, il a su bien se vendre
Et des impôts si peu payés grâce aux méandres,
Des paradis fiscaux, des obscur’s sociétés,
Tout en faisant le show d’une émission télé.

Trump pète
Des insanités
Pour être
L'élu à conchier.

Et le voilà choisi aux bien nommées primaires,
Par un parti groggy, Républicains amers
D’avoir un malfaisant pour toute incarnation
En vue de remporter l’ultim’ compétition.
Ainsi catapulté, l’échevelé galope
Croyant faire oublier son passé interlope.
Rien qu’un opportuniste aux envolées grossières,
Rien qu’une impunité à réduire en poussière.

Trump pète
Des insanités
Pour être
L’élu à conchier.

Pour chaque intervention, la charge est explosive,
Et ces déflagrations, le bougre, il les cultive,
Car plus il vitupère, salaud provocateur,
Plus il sert les instincts bas de ses électeurs.
Du Mexicain violeur au musulman bestial,
Tous ces gens fustigés par son discours fécal
Pourraient bien l’empaler par où il se répand :
Mettre près du rectum sa langue de charlatan.

Trump pète
Des insanités
Pour être
L’élu à conchier.

La gente féminine, elle aussi, il la blesse,
Bouc blondinet en rut, vantard sur ses prouesses,
Vieilless’ libidineus’ s’égarant dans ses choix,
Empoignant toutes les « pussies » qui lui échoient.
Les prétextes virils d’un gras machiste infâme
Vengent les frustrations des échoués qui clament
Leur sexe supérieur comm’ si cette portion
De chair déterminait le rang de cett’ faction.

Trump pète
Des insanités
Pour être

L’élu à conchier.

Le Donald déchaîné contre Hillary s’invente
Une virginité de biche évanescente :
Lui, l’intègre modèle, Clinton la criminelle,
Il voudrait que l’on gob’ de si grosses ficelles.
Bien moins drôle que Duck, il canard’ sans finesse,
Et parmi tous ses « fuck ! », le comble de bassesse
Revient à son délir’ d’un Obama démiurge
De Daesh. Triste pitr’ ce Trump qu’il faut qu’on purge.

Trump pète
Des insanités
Pour être
L’élu à conchier.

Les mamours à Poutin’ révèlent un penchant louche
Du pseudo démocrat’ qui s’annonce farouche
Rebelle au résultat s’il était en retard :
Un’ menace éhontée d’un gros lard en pétard.
Déchaîner tant le peuple, insulter l’adversaire,
Cherche-t-il le chaos, une élite à fair’ taire ?
Veut-il, en bon escroc, faire sa pub en sus ?
L’Amérique dériv’ vers cet olibrius.

Trump pète
Des insanités
Pour être
L’élu à conchier.

Vessera-t-il plus fort, le Trump un peu girouette,
Lorsqu'il sera entré dans la Blanch’ Maison chouette,
Si le feu nucléaire proche de son index
Stimulait cette morgue, déjantait son cortex ?
Tragique jeu de rôl’ d’un mond’ qui dégringole
Où le bal des égos rend la campagn’ mongole ;
Prendre son droit de vot’ pour cracher sa berlue,
C’est fair’ du blond qui rote un despot’ résolu.

Trump pète
Des insanités
Pour être
L’élu à conchier.

Après c’tour de l’imbu qui songe à sa conquête
Par ce trop-plein d’abus au niveau d’la braguette :
Plaindre l’Américain qui, face aux malfaçons
Démocratiques, en vain a choisi sans passion
Hillary rejetée, Trump élu : quelle foire !
Et les mêmes tourments, de persistant’s escarres.
Restent les flatulences, désormais dans l’histoire,
D’un gougnafier en transe qui va nous en faire voir.

Trump pète
Des insanités
Pour être
L’élu à conchier.



06 novembre 2016

Le Trump pète des insanités

Depuis plusieurs mois trottait l'idée de réécrire "Les trompettes de la renommée" de Brassens contre le dangereux pignouf prétendant à la direction de la première puissance mondiale. Mission accomplie.



Il grouinait dans ses tours, loin de la politique,
Fripouill’ comme il se doit, lourd d’affaires éclectiques,
Magouillant sans arrêt pour engraisser son beurre,
Et toujours s’imposer en magnat paradeur.
Obsédé par son blé, il a su bien se vendre
Et des impôts si peu payés grâce aux méandres,
Des paradis fiscaux, des obscur’s sociétés,
Tout en faisant le show d’une émission télé.

Trump pète
Des insanités
Pour être
Le mâle à conchier.


Et le voilà choisi aux bien nommées primaires,
Par un parti groggy, Républicains amers
D’avoir un malfaisant pour toute incarnation
En vue de remporter l’ultim’ compétition.
Ainsi catapulté, l’échevelé galope
Croyant faire oublier son passé interlope :
Rien qu’un opportuniste aux envolées grossières,
Rien qu’une impunité à réduire en poussière.

Trump pète
Des insanités
Pour être
Le mâle à conchier.


Pour chaque intervention, la charge est explosive,
Et ces déflagrations, le bougre, il les cultive,
Car plus il vitupère, salaud provocateur,
Plus il sert les instincts bas de ses électeurs.
Du Mexicain violeur au musulman bestial,
Tous ces gens fustigés par son discours fécal
Pourraient bien l’empaler par où il se répand :
Mettre près du rectum sa langu' de charlatan.

Trump pète
Des insanités
Pour être
Le mâle à conchier.


La gente féminine, elle aussi, il la blesse,
Bouc blondinet en rut, vantard sur ses prouesses,
Vieilless’ libidineus’ s’égarant dans ses choix,
Empoignant toutes les « pussies » qui lui échoient.
Les prétextes virils d’un gras machiste infâme
Vengent les frustrations des échoués qui clament
Leur sexe supérieur comm’ si cette portion
De chair déterminait le rang de cett’ faction.

Trump pète
Des insanités
Pour être
Le mâle à conchier.


Le Donald déchaîné contre Hillary s’invente
Une virginité de biche évanescente :
Lui, l’intègre modèle, Clinton la criminelle,
Il voudrait que l’on gob’ de si grosses ficelles.
Bien moins drôle que Duck, il canard’ sans finesse,
Et parmi tous ses « fuck ! », le comble de bassesse
Revient à son délir’ d’un Obama démiurge
De Daesh. Triste pitr’ ce Trump qu’il faut qu’on purge.

Trump pète
Des insanités
Pour être
Le mâle à conchier.


Les mamours à Poutin’ révèlent un penchant louche
Du pseudo démocrat’ qui s’annonce farouche
Rebelle au résultat le plaçant en retard :
Un’ menace éhontée d’un candidat qui foire.
Déchaîner tant le peuple, insulter l’adversaire :
Cherche-t-il le chaos, une élite à fair’ taire,
Veut-il, en bon escroc, faire sa pub en sus ?
L’Amérique dériv’ vers cet olibrius.

Trump pète
Des insanités
Pour être
Le mâle à conchier.


Vesserait-il plus fort, le Trump un peu girouette,
S’il se sentait au seuil de la Blanch’ Maison chouette,
Si le feu nucléair' proche de son index
Stimulait cette morgue, déjantait son cortex ?
Tragique jeu de rôl’ d’un mond’ qui dégringole
Où le bal des égos rend la campagn’ mongole ;
Prendre son droit de vot’ pour cracher sa berlue,
C’est fair’ du blond qui rote un despot’ résolu.

Trump pète
Des insanités
Pour être
Le mâle à conchier.


Après c’tour de l’imbu qui songe à sa conquête
Par ce trop-plein d’abus au niveau d'la braguette,
Plaindre l’Américain qui, face aux malfaçons
Démocratiques, en vain choisira sans passion
Hillary pour quatre ans, Trump torché un peu tard,
Et les mêmes tourments, de persistant’s escarres.
Restent les flatulences, en suspens dans l’histoire,
D’un gougnafier en trans' qui a voulu s’y croire.

Trump pète
Des insanités
Pour être
Le mâle à conchier.

03 octobre 2016

L'avis extrapolitique attendu

Après la publication d’un sondage où plus de soixante pour cent des citoyens interrogés réclament une retraite politique anticipée pour les deux derniers occupants de l’Elysée, je me prends à fantasmer un moment de grâce politique comme les professionnels du pouvoir ne nous en offrent que deux ou trois par siècle…


« Attendu que la situation critique du pays requiert un sursaut de lucide dignité ;
attendu que notre occupation successive des fonctions présidentielles n’a pu permettre de redresser ou de changer favorablement la France ;
attendu que le constat s’impose d’une incapacité à honorer les plus importantes de nos promesses électorales ;
attendu que notre mandat respectif s’est tiraillé entre stratégie politicienne en vue de l’échéance électorale suivante et gestion improvisée dans des contradictions néfastes pour le pays ;
attendu que de bling-bling en couac, de couac en tweet-tweet, nous n’avons pas su préserver la sacralité de la fonction ;
attendu que la place hypertrophiée accordée à la communication au détriment de l’engagement véritable n’a fait que décrédibiliser davantage l’exercice du pouvoir rendu gesticulatoire ;
attendu que la vitalité démocratique commande de ne pas s’acharner dans une dynamique purement opportuniste ;
attendu que nous devons tendre à l’exemplarité en reconnaissant nos erreurs et en affrontant de pesantes accusations ;
attendu que nos candidatures font courir le grave risque, par l’absentéisme accru d’électeurs écœurés, de la consolidation des extrêmes ;
attendu que sans notre présence les débats de la prochaine campagne s’en trouveront renouvelés et que le sens frais aura ainsi une chance d’émerger ;
attendu qu’un nouveau souffle de l’Union européenne ne peut se concevoir avec une France présidée par un déjà-vu ;
attendu que l’hypothèse d’un monde agité par le stratège Poutine et Trump l'imprévisible impose la régénération d’une forte voix française ;
attendu que notre vénération affichée, feinte ou réelle, pour l’intégrité gaullienne de l’occupation de la présidence de la République française exige qu’une fois, dans notre déjà long parcours politique, nous nous hissions à la hauteur de notre référence ;
attendu qu’est venu le temps d’une éthique de l’exercice du pouvoir tout entier dédié à l’intérêt général et non à la satisfaction de visées personnelles inavouables ;

Par ces motifs, nous, François Hollande et Nicolas Sarkozy, sains de corps et d’esprit, avons l’honneur de ne pas solliciter vos suffrages afin de ne pas obérer les chances pour notre pays chéri et pour l’Union espérée de viser au mieux un cap salvateur. »



Auraient-ils assez d’épaisseur humaine, de sens du sacrifice d’une carrière déjà suffisamment comblée, de perception assez aiguë de l’exaspération furieuse du pays pour oser ensemble ce choix, laissant ainsi, pour un court instant, la sphère médiatique sans voix et, pour un moment à prolonger, la France avec une perspective plus enthousiasmante ? Evidemment non… Si la vie extraterrestre apparaît de plus en plus probable, l’avis extrapolitique ci-dessus ne peut prétendre qu’au néant.

31 juillet 2016

Etat de droit pour terrorisme de travers

Les daechiottes ont déféqué sur notre saison estivale.
26 juillet 2016 : attentat à Saint-Etienne-du-Rouvray
Le panorama des attentats commis en France depuis un an et demi édifie sur la visée globale et nihiliste des daechiures : la liberté d’expression, notamment contre toutes les religions, l’insouciance jouissive d’une vie festive, l’intégration exemplaire de la communauté juive, la sphère professionnelle de proximité, les lieux touristiques et nos racines religieuses. Liste ouverte malheureusement.
14 juillet 2016 : attentat à Nice
L’initiative des Niçois de couvrir d’ordures le lieu où le daechien s’est fait refroidir m’a ravi. Dès novembre 2015, j’avais illustré avec des photos de monceaux de poubelles ma dénonciation de l’embellissement visuel dont bénéficiaient les raclures de Daech via les chaînes d’information.
13 juin 2016 : attentat à Magnanville
Si nous sommes en guerre, comme le rabâchent les gouvernants, les actes doivent être à la hauteur de l’expression choisie. La tétanisation du pouvoir risque d’attiser la radicalisation des réactions collectives, voire des représailles à l’aveugle. Pasqua avait trouvé la formule adéquate, « terroriser les terroristes » : aujourd’hui il nous faut charcuter les daechiens de l’intérieur.
13 novembre 2015 : attentat à Saint-Denis
L’instinct de survie ne peut tolérer cette menace rampante qui pèse sur les actes anodins de nos existences. Certes, un ennemi doit se traiter dans le cadre de l’état de droit, mais celui-ci doit pouvoir s’adapter au contexte nouveau. Tout comme la Constitution possède son article 16, notre cadre juridique doit assouplir ses bornes sous peine de mettre en danger de mort ses citoyens. Il existe une hiérarchie des normes ; établissons une pyramide des libertés à la lueur sordide de notre vécu national récent : celle de vivre en sécurité vitale me semble la plus fondamentale, car d’elle dépendent toutes les autres. Que peut-on exprimer, posséder, revendiquer si le premier daechien assigné à résidence peut vous trancher la gorge et se repaître de votre cadavre ?
13 novembre 2015 : attentats à Paris
Et qu’on ne me serve pas le premier des truismes de l’époque : « le risque zéro n’existe pas » ! comme une façon, pour ceux en charge de notre sécurité, de se disculper préventivement des carences, gourdes, négligences fautives… On le sait bien que la perfection n’est pas de cette planète, mais à quoi sert de le rappeler ? Il vaudrait mieux clamer : nous tendons de toutes nos forces vers le risque nul et nous nous en donnons les moyens !
26 juin 2015 : attentat à Saint-Quentin-Fallavier
Surpopulation carcérale nous dit-on aussi. On fait bien des baraquements d’urgence pour les réfugiés. Que ne montre-t-on la même volonté à faire garder par l’armée (le temps de former le personnel nécessaire) tous les radicaux susceptibles de passer à l’acte ? Que le référé pénal soit établi pour tous les fichés S en lien avec cet intégrisme et que l’on purge ainsi notre territoire de cette gangrène daechienne
9 janvier 2015 : attentat à Paris
A force d’attendre le passage à l’acte pour que la justice puisse s’affirmer ou que le daechien soit éliminé après qu’il a commis ses assassinats, on désespère une population prête à se venger elle-même. En refusant de doper l’arsenal réactif ou en ne le faisant qu’à trop petits pas, l’Etat fait le lit d’une guerre civile larvée, par à-coups sanglants.

8 janvier 2015 : attentat à Montrouge
Il est encore temps… car tout ne va pas très bien, Monsieur le Président !
7 janvier 2015 : attentat à Paris contre Charlie Hebdo

18 juin 2016

POINGS D'EXÉCRATION !

Comme atteint d’un mal protéiforme, le pays convulse.

Des manifestations d’un autre siècle offrent à quelques dirigeants syndicalistes l’illusion d’une influence sur l’avenir de la réglementation du travail. Elles sont surtout le sinistre terrain de jeu des « casseurs », euphémisme social pour désigner des vandales nihilistes qui attendent, eux, la destruction de notre société, hôpitaux pour enfants inclus !

Une radicalisation islamiste rampe et peut sauter à la gorge n’importe où, y compris au domicile d’un couple de policiers. Sur la page déroulante de Facebook je découvre la photo d’une jeune fille en short accompagnée d’un témoignage de l’agression qu’elle a subie pour le simple fait d’une tenue qui laisse voir, bigre ! ses jambes… Voilà la civilisation obscurantiste dans laquelle veulent nous entraîner les daechiens et daechiennes plus ou moins identifiables.

Un Euro, comme vitrine ludique : en réalité tremplin des hooligans et l’occasion de se mettre la tête dans le ballon un mois durant, s’imaginant que plus rien d’autre ne compte… Bienvenue au XXIème siècle !


La noblesse de l’engagement, l’exemplarité des idées, c’est une députée travailliste outre-Manche qui les incarne : Jo Cox, morte pour l’Union européenne, flinguée puis poignardée par un extrémiste taré, pléonasme sans aucun doute.

Le pourrissement estival n'est pas loin...

07 mai 2016

Handicap : un XXIème comme âge plaqué or

Déportation des patients de Liebenau en 1940
Au siècle dernier, le nazisme met en œuvre un effroyable projet, « Aktion T4 » : l’élimination des infirmes et des débiles. Le XXIème voit naître, en 2006, une définition internationale du handicap : l’O.N.U. appelle à protéger la « dignité intrinsèque » des « personnes handicapées » qu’elle définit comme celles présentant « des incapacités (…) durables dont l’interaction avec diverses barrières peut faire obstacle à leur pleine et effective participation à la société (…). » (Convention relative aux droits des personnes handicapées, article 1). Peut-on, pour autant, considérer les seize années de ce siècle comme une période exemplaire dans son approche médico-sociale du handicap ?

Le XXIème siècle s’ouvre avec la Charte des droits fondamentaux de l’U.E. (18.12.2000) qui, dans son article 26, « reconnaît et respecte le droit des personnes handicapées », notamment quant à « leur autonomie, leur intégration sociale et leur participation à la vie de la communauté. » L’année suivante confirme l’intérêt d’organisations supranationales pour ce sujet : l’Assemblée mondiale de la santé de l’O.M.S. adopte la classification internationale des handicaps (C.I.H.) basée sur la complexité des déficiences, incapacités et désavantages – notamment de nature sociale. Ces textes fondamentaux influencent le pouvoir législatif français qui, trente ans après la loi du 30 juin 1975, souvent considérée comme le socle originel des politiques publiques dans ce domaine, vote la loi du 11 février 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ». Aux objectifs ambitieux fixés vont se greffer plusieurs initiatives salutaires comme la légalisation, le 9 mai 2014, du don de jours de repos en faveur d’un salarié s’occupant d’un enfant handicapé. Cette profusion législative témoigne d’une volonté renforcée comme jamais, en ce nouveau siècle, d’embrasser sans faux-semblant la question du handicap.
                                   
L’engagement s’affirme aussi chez les professionnels de la santé. Le handicap, qu’il soit physique, sensoriel ou mental, ne peut se contenter d’une approche médicale standardisée. Au-delà des recherches techno-médicales prônées par le transhumanisme, comme celles sur les exosquelettes en vue de remédiations efficaces pour la paralysie, les progrès de la médecine et de l’accompagnement ont permis d’allonger de façon spectaculaire l’espérance de vie des personnes handicapées : ainsi les trisomiques, qui vivaient une trentaine d’années dans les années soixante-dix, peuvent atteindre désormais la soixantaine. La revue Regards Santé (n°6, mars 2005) note d’ailleurs « l’importance de l’implication des médecins dans la prise en charge des personnes handicapées sur le plan médical mais également social ». La détermination des acteurs du soin s’est à nouveau manifestée le 17 décembre 2014 avec l’adoption de la charte Romain Jacob sur « l’accès à la santé des personnes en situation de handicap ». La mobilisation semble donc générale, et ce qui se dessine sur un plan sociétal pourrait confirmer l’excellence de l’époque dans l’intégration du handicap et la sollicitude pour les personnes handicapées.

Dans la panoplie des remédiations (prévention, traitement, compensation), l’action sur l’environnement social du handicap s’avère cruciale. Pour cela, les moyens financiers n’ont jamais été si conséquents. Le pays consacre autour de trente milliards d’euros au handicap, ce qui fait s’enthousiasmer Edouard Tréteau : « on constate d’abord la générosité d’une nation envers ses membres les plus dépendants des autres pour survivre ». (Les Echos, 30.03.16). En sus du volet pécuniaire, le dirigeant de Mediafin souligne « la mobilisation sur le terrain de familles, d’associations, de collectivités pour accompagner les 12 millions (…), dont 700 000 handicapés mentaux, de personnes handicapées en France ». Jauger ce florilège vertueux pourrait nous faire conclure qu’avec le XXIème siècle, enfin ! un pays développé a assimilé le principe que « ne pas être comme les autres (…) ça veut dire être différent des autres » (J.-L. Fournier, Où on va, papa ?) et ne mérite pas la stigmatisation et la mise à l’écart.
Se contenter des bonnes intentions, voire des réels engagements, risque de déformer la réalité actuelle du handicap et de retenir comme la période la plus bénéfique ce qui ressemble fort à un âge en plaqué or.

La façade des engagements ne peut occulter le malaise des protagonistes du soin et de l’accompagnement au point que le préambule de la charte Romain Jacob précitée reconnaît, dix ans après l’entrée en vigueur de la loi fondatrice d’une nouvelle façon d’aborder le handicap, qu’ils se sentent « très démunis face au manque de sensibilisation, de formation et de moyens dédiés aux personnes en situation de handicap ». Aveu d’impuissance ? Le défenseur des droits, Jacques Toubon, semble le penser lorsqu’il constate, selon la reformulation de R. Boyer-Grandjean dans l’article « La France face au défi du handicap » (L’Humanité, 8 avril 2016) que « les parcours de soins insuffisants, souvent chaotiques, faits de ruptures, (…) créent un ʺsur-handicapʺ ». En ce sens, notons les « 6 500 exilés non pas fiscaux, mais mentaux » en Belgique (Les Echos, 30.03.16), autant d’enfants handicapés que les établissements spécialisés français ne peuvent accueillir, faute de place.

A cette déficience médicale s’ajoute des apriorismes sociaux persistant envers ceux que l’euphémisme « handicapé », substitué à « infirme », tente de ne plus discriminer. Que ce soit à l’école ou dans l’entreprise, les handicapés n’ont pas la place qu’ils devraient occuper par rapport à leur proportion dans la société (18 %) En 2011, l’Agefiph constate un taux d’emploi des travailleurs handicapés (dont la première loi à se pencher sur leur sort remonte à… 1957 !) de 3,1 % dans le privé et guère mieux, 3,6 %, dans la fonction publique d’Etat censée donner l’exemple.
Stanislas Tomkiewicz
Le rapport social au handicap trouve un terrible écho dans l’analyse visionnaire faite en 1991 par le psychiatre S. Tomkiewicz : « Les découvertes dans le domaine du diagnostic prénatal seront plus rapides que les progrès thérapeutiques. La suppression du fœtus malade deviendra la règle (…). Un tel fantasme ne peut qu’entraîner un rejet violent de tout enfant hors norme et surtout handicapé. » (C. Gardou, Handicaps – Handicapés : le regard interrogé). On comprend mieux pourquoi J.-L. Fournier, père de deux garçons handicapés, se sent obligé, lorsqu’il parle d’eux, de prendre « un air de circonstance, comme quand on parle d’une catastrophe. »

Porter son handicap s’assimile encore, pour beaucoup, à un chemin de croix. Le 17 novembre 2000, la Cour de cassation adresse un avertissement indirect à la société, qui a encore du mal à accepter ses handicapés, en accordant à Nicolas Perruche une indemnisation du fait d’être né handicapé. Cela obligera le législateur à poser le principe que « nul ne peut se prévaloir d’un préjudice du seul fait de sa naissance » (loi du 17.01.02). Certes l’exclusion sociale n’a officiellement plus cours, mais les obstacles perdurent et la pleine accessibilité à la vie sociale, de l’école au monde du travail en passant par les soins, se fait encore attendre. Comme un désastreux symbole, les objectifs fixés par la loi de 2005 ont été passés au crible du réel par la presse en 2015 qui en a fait un bilan « plus que mitigé » (France Soir, 11.02.15). Ainsi, après une décennie, 40 % seulement des établissements recevant du public répondent aux normes d’accessibilité.
                                                                         
Ce XXIème siècle n’incarne pas vraiment le meilleur des mondes pour les handicapés. Si les intentions et les engagements se sont multipliés, ils résonnent parfois, à l’épreuve du réel, comme le moyen de se donner bonne conscience, notamment sur le plan social.
Dans ce contexte ambivalent, la fin de vie handicapée mal entourée pourrait générer un nouvel arrêt Perruche, lequel apparaitrait alors comme une désastreuse incitation à reconnaître l’euthanasie active.