23 décembre 2020

Deux crocs osent l'absolu

 Les pendus se balancent au bout des rets asociaux : le chanvre numérique couine au sinistre rythme des puanteurs anonymes.

Deux crocs osent l’absolu, l’idéal à portée et contre tous les modèles au mauvais vent. Ne rien céder à la révulsante socialisation, à la profilisation en quelques illusoires clics.

En ligne de vie, l’horizon oxygéné, l’espace au temps réalisé à coups de tourments assumés ; le temps de l’espace pour l’irréductible fusion. Au large de l’ère mesquine, des aires masquées, de la vierus qui se ronge pour perpétuer ses entassements sous vide…

…un Texte aux Signes Magnétiques, Sisyphéens : 985 786 mots essaimés sur 3 587 pages.


Quelques zests tapotés par Musiney :

 

I – Exaltation

Mucey

J’ai ton parfum au creux de mes paumes : mmmmm ma madelusine de fou… de toi !

 

Musine

Maintenant tu es en moi tout le temps.

 

II – Déception

Mucey

Me reste l’immatérialité de ta présence. Je dois me concentrer sur cela.

Je le redoutais depuis le début de ce projet… Et cela arrive comme un coup de massue.

 

Musine

Je t’aurais bien emmené avec moi si tu étais là. Il n’y a personne aujourd’hui. Je t’aurais fait plein de gros bisous entre deux enregistrements. Toujours cette idée : t’enfermer quelque part. Je me pose des questions sur ma santé mentale.

 

III – Fusion

Musine

Je trouve que je suis taillée sur mesure pour toi pour tout.

 

Mucey

…et réciproquement : de la très haute couture existentielle.

Le Général dressé… entouré de ta Marquise… fais-le boire mon amour…

Un feu liquide à siroter de toutes mes papilles.

Nos velours épidermiques s’unissent comme une seule peau…

 

IV – Divulgation

Mucey

Je veux que ces messages soient comme des petits cailloux ouatés qui te conduisent à moi… ma belle Poucette.

Tu sais ce que m’évoque ce qu’a fait la Crotalâtre ? C’est comme si elle était entrée par effraction dans nos intimités et qu’elle avait répandu ses excréments dessus.

 

Musine

Je suis là et je serai toujours là.

 

V – Sanctuarisation

Mucey, 7h41

Dix mois… sans toi.

8h06

Dis-moi… juste pourquoi.

8h42

L’émoi m’échoit loin de toi.

9h03

Sans mot dit je me sens maudit…

9h30

Cent maux à mon cœur transi.

 

Musine

Surtout ne t’éloigne pas.

Et si tu veux le faire, alors en douceur pour que je puisse m’habituer à ton absence.

 

Mucey

Petit délire sémantique : de l’ambiguïté du “de”.

Dans le supplice de Tantale il introduit le mortel qui a trahi les dieux et est condamné à voir s’assécher le fleuve dans lequel il veut boire et s’éloigner l’arbre porteur des fruits qu’il souhaite croquer.

Dans le supplice de Crotalâtre “de” introduit l’auteur du tourment qui a trahi ma déesse, laquelle doit s’éloigner de moi à chaque fois que notre symbiose est proche de son paroxysme.

 

Musine

On va créer notre propre monde.

 

Mucey

Je voudrais être ton Adam mon Ève primordiale…

 

VI – Affliction

Mucey

Je me sens désemparé… Je voudrais t’aider et te soutenir davantage dans cette épreuve… mais comment faire ?

 

Musine

Juste de te savoir là m’aide énormément.

 

Mucey

Trouver le bon équilibre pour rester un soutien et ne pas devenir un poids… Je dois sans doute travailler sur cela…

 

Musine

Une année merveilleuse auprès de toi.

 

Mucey

Dur de ne pas t’avoir retrouvée. Je ne peux m’en prendre qu’à moi de m’être acharné à rester… à déambuler dans les rues en t’espérant… comme le vilain petit canard que je suis… Et ton appel est mort-né…

 

Musine

Tu es mon merveilleux cygne.

 

Mucey

Parfois je suis plutôt l’Albatros de Baudelaire… avant son dernier soupir, mais toujours illuminé par ta présence.

 

VII – Fluctuations

Mucey

L’année va être lourde… Je ne pensais pas que cela allait basculer de cette manière. Au moins une maladie on peut la combattre… Là c’est comme une condamnation. Je dois effectuer ma peine : je dois la mériter.

 

Musine

Non, tu m’es essentiel.

 

Mucey

Pire qu’un deuil… c’est comme un arrachement renouvelé. Supplice de Tantale et peine de Sisyphe réunis.

J’irai sur un de nos bancs… en imaginant ta présence.

Et après je me ferai interner au Vinatier.

 

Musine

Ça c’est l’histoire pour me faire dormir ?

 

Mucey

Heu… touché-coulé, je suis…

Je l’aurais conçu plus douce et enveloppante, l’histoire… et nous aurions été tous les deux dedans, réellement.

 

Musine

Alors raconte-moi.

 

Mucey

Deux êtres aériens qui, par une brise enchanteuse, trouvèrent les courants les portant l’un vers l’autre… comme une évidence cosmologique.

Depuis lors ils ne pouvaient plus rien faire l’un sans l’autre au risque que l’un manque d’oxygène et de courant porteur…

Ils s’aimaient comme jamais ce sentiment n’avait été incarné… et chaque battement de leurs ailes angéliques engendrait de merveilleux arc-en-ciel.

Alors ils se prirent dans les ailes l’un de l’autre et atteignirent ainsi les plus insoupçonnés sommets d’humanité.

Depuis ce jour est né un fabuleux univers : l’il d’elle… que jamais plus ils ne quittèrent.

 

VIII – Perdition

Mucey

Je ne sais plus ce que je dois faire : d’habitude, même au pire des épreuves, j’avais un signe : là rien, le néant. Je ne suis même plus certain que ces messages te parviennent, que tu les lises…

Comme une tragique évaporation…

Comme si tout cela n’avait été qu’un rêve…

Humainement, je ne m’en relèverai pas.

 

IX – Compulsion

Mucey, 13h04, après ce moment partagé.

Amour de ma vie…

Bonheur pur ces retrouvailles vitales pour moi.

 

Musine, 13h31

Oui, ça m’a fait du bien mon amour.

Tes messages sont très beaux. Je suis fan de tes écrits. Fan de toi.

 

Mucey

Une fusion psychocorporelle passionnée.

 

Musine

Oui, c’est incroyable.

 

X – Intensification

Mucey

Avec les reflets de lumière au fond de la piscine, j’avais la sensation de nager au cœur de tes connexions neuronales, mais en sortant, retour sur la berge réelle : rien de toi.

 

Musine

Je brûle pour toi.

 

Mucey, 0h56

L’orage se rapproche, des éclairs partout, une touffeur prononcée, mais des images de toi qui apaisent et exaltent.

 

Musine

Là je n’ai plus le choix. Je sors marcher un peu.

Prends soin de toi.

 

Mucey

J’effleure chacune de tes cellules et les ventricules de mon cœur font comme des bras entourant ton âme.

 

XI – Ébullition

Mucey, 1h03

Quatrain mortifère :

Ton retrait laisse un si vague terrain aride

Où rien ne poussera, pas une herbe, aucun brin,

Tous ces sillons creusés par des larmes acides

Avec un goût tombal rongeant les lendemains.

 

Musine

Ce matin, si je pouvais, comme Rodin, t’avoir en trois exemplaires, tu sais comme dans sa sculpture : les trois ombres, pour voir toutes les facettes de toi.

 

Mucey

Comme c’est adorable ça…

Oh oui ! Toi tu es mon triptyque paradisiaque…

 

XII – Privation

Mucey

Dans la pénombre, chez moi, en attendant que le temps passe.

Je m’imperméabilise au monde.

 

Musine

Ça va passer Mucey.

 

Mucey

Bien sûr que non.

Pour toi c’est sans doute passé, moi ça ne passera jamais.

Ça restera une plaie ouverte et atroce à ressentir.

 

Musine

Passé pour moi !!! Explique-moi comment on peut s’éloigner de soi.

 

Mucey

Je croyais, Musine…

Je n’ai plus aucun repère pour te ressentir. Tu sembles si sereine.

Je suis comme suspendu dans le vide et tu incarnes les éléments précieux auxquels je peux m’accrocher…

 

XIII – Convulsions

Mucey, 9h39

Mes sueurs froides reviennent. Tout s’effondre à nouveau.

9h43

En un instant tu me fais passer de tes bras au néant !!!

Atroce.

 

Musine, 9h44

Pour moi aussi.

On n’a pas le choix, notre amour est une chimère !!!

 

Mucey

Tout ça balayé !!!

Une chimère, carrément !!!

Atroce.

Là tu m’achèves donc.

 

Musine

Oui, il est impossible.

 

Mucey

La tête de lion pour caresser ton visage de sa crinière,

Le corps de chèvre pour me coller à toi,

La queue de dragon…

Je veux être ta chimère réelle…

 

XIV – Permission

Mucey, 4h26

Lorsque l’enracinement se fait aérien,

Que la ramure feuillue favorise l’ombre lumineuse,

Que la rugosité du tronc se mue velours ancien,

Et que la pousse centenaire s’anime d’une sève en flammes aqueuses,

C’est que notre Amour siège en son sein.

 

Je voudrais te voir, entendre ton souffle, m’occuper de chaque parcelle de toi…

Tu es mon Amour, Musine, tu me comprends ?

Encore… prononce mon prénom à mon oreille…

 

Musine

Et toi le mien.

Mucey

 

XV – Raréfaction

Mucey, extrait de son Carnet de mort :

Amputation à vif, pour moi, alors que l’esprit ne peut se détacher. Du tourment en boucle délétère…

Plus aucune actualité, nulle accroche littéraire ne peut retenir mon attention. Je passe mon temps à rafraichir la page de réception des mails, et c’est toujours ce déprimant “Aucun résultat n’a été trouvé”…

(…)

Ce vide qui infecte tout mon être deviendra bientôt maladif, incurable, dévastateur.

 

XVI – Diffamation

Musine, 19h11

Je viens de finir.

19h25, capture d’écran jointe.

Tu t’es trompé de destinataire.

 

Mucey, 20h08

Heu, c’est quoi ce dialogue, Musine ? ça ne vient pas de moi…

Tu es rentrée ?

20h12

Tu m’as envoyé un extrait de dialogue de jeunes qui doit provenir de quelqu’un d’autre, Musine…

 

Musine, 21h09

Ça n’a pas d’importance. C’est ta vie privée. Je n’ai pas à réagir.

 

Mucey

Musine, tu te rends compte ? Imaginer que je puisse être à l’origine de ce torchon textuel ??? Ou que je me fasse le réceptacle de ça ?

 

XVII – Désolation

Mucey, 13h28

Sans doute que je ne te mérite pas, Musine… ta perception de moi m’édifie, même si elle ne correspond pas à ce que je vis depuis que tu es entrée miraculeusement dans mon existence.

Et moi je t’aimerai comme un fou jusqu’à mon dernier souffle, même unilatéralement.

 

Musine, 14h39

Te voir pleurer m’a bouleversée.

 

Mucey, extrait de son Carnet de mort, 21h45 :

Je n'aurai, désormais, plus rien à attendre de la vie. Juste laisser filer le temps en attendant la fin ; le néant, lui, est déjà là, en moi. Je me sens déjà mort.

 

XVIII – Résurrection

Mucey, 19h20

Quelle idyllique journée.

 

Musine, 19h27

Mucey, c’est fou.

 

Mucey

Oui… mais vital pour moi ma Musine.

 

Musine, 19h31

Comment je vais faire ?

 

Mucey

Musine…

Ne m’inflige pas du radical, c’est tout ce que je demande.

 

XIX – Émotion

Mucey

Je vais laisser le chagrin me submerger.

Le sursis aura été de courte durée.

À moi l’enfer, la souffrance et le plein calvaire.

 

Musine, 21h52

Mucey

 

Mucey

Et une nuit blanche cadavérique pour moi.

Je n’ai plus qu’à hurler intérieurement mon désespoir.

 

Musine

On est dans l’impasse.

 

Mucey

Je ne peux revenir en arrière, donc je me cognerai au fond de l’impasse jusqu’à la fin.

11h24

Comme un reclus, je suis, sans toi.

11h30

Je regarde un documentaire sur Jupiter… pour tenter de calmer ma peine.

Je t’aime.

11h35

Tu savais qu’un gaz ordinaire soumis à des pressions extraordinaires devenait noir ?

11h36

Jupiter serait notamment constitué d’hydrogène métallique… d’où l’énorme champ magnétique qui l’entoure, mon cœur… et qui lui permet d’avoir des aurores sans l’intervention du soleil, ma Musine…

11h41

Mon aube a besoin de toi pour devenir clarté lumineuse…

11h43

Pour ces aurores : seraient dues à l’interaction entre Jupiter et ses lunes, notamment Yio…

11h46

L’attraction de cette lune par Jupiter crée des éruptions qui retombent sur sa glace…

11h47

Tu me mets en état d’éruption existentielle, ma Musine…

11h48

La rencontre lave-glace provoque des radiations par le souffre vaporisé.

11h50

Les particules atteignent le pôle de Jupiter quasiment à la vitesse de la lumière… d’où les aurores cent fois plus lumineuses que sur Terre.

11h51

Mes cellules fusionnent aux tiennes avec l’intensité d’une vie nécessaire.

 

XX – Machination

Mucey, 10h36

Que tu ne veuilles même pas que je sois avec toi pour cette épreuve me blesse infiniment, après tout ce qu’on s’est dit : tout ça parce qu’un vil anonyme t’a envoyé quelque chose en prétendant que cela vient de moi. L’immonde manipulation triompherait ? Je n’ose y croire, ce serait tellement injuste, absurde et effroyable.

 

Musine, 18h57

Moi aussi je ne vais pas bien Mucey.

 

Mucey, 0h14

C’est comme si un malfaisant m’avait abattu en plein vol paradisiaque avec toi et que je gisais agonisant dans un cloaque.

6h54

Sans toi mes sens s’égarent, se perdent :

La vue, pour un regard vers le néant vague,

Le toucher qui ne sent plus le bout de tes doigts, le creux de tes paumes,

L’odorat qui a perdu tes senteurs,

L’ouïe au rythme de mes affres,

Le goût… de plus rien.

18 octobre 2020

Aphorythmes non pansés


L'écrit insigne délivre ses cris en déliés sur papier brisé.

******

L'ordre empoisonné s'ébroue tordant ainsi ses règles dégraduées.

******

Je m'étends dans cette vase où surnage un bouquet terminal en feu.

******

Là grillent des espoirs : s'y accrocher pour scruter la silhouette mouvante puis se balancer.

******

Haranguer la houle, l'âme tourneboulée jusqu'à la submersion par une larme de fond...

******

Sans goût, prêt à écouvillonner toute trace de mon passage non durable, d'un goulot suffocant l'autre...

******

Mes gestes Maginot révèlent un cortex Vinatier pour un horizon Père Lachaise.

******

L'âme en plaie fait résonner d'affres le corps en peine.

******

Les ombres difformes aspirent tout souffle de vie jusqu'à l'obscur oubli.

******

Naître comme incertaine variable, vivre son équation inconnue, mourir de ses fragiles constantes.

06 mai 2020

"Vierus" à étouffer

Rage de vivre sans vaccin révulse l'instinct de précaution.
Se cloîtrer jusqu'aux intouchables silences murailles.
Grimage d'un semblant de sourire sur masque à dix-neuf pieds de distance.
A la régalade hydro-alcoolique après un siècle frénétique.
Élastiques surtendus par nos déplacements inutiles.
Postillons panurgiens en gerbes infectes.
Crachats bruyants des deux-roues motorisées à rouer jusqu'à leur reposante immobilité.
Berceuse monomaniaque avec ses empilements quotidiens : malades au souffle perdu, cadavres enterrés sans proches, comme pour éviter l'ultime contamination avant la terne éternité.
Ankylosé par tant d'inertielles contradictions.
Asphyxié dans ce corsetage inesthétique.
Nettoyé de tout risque, je peux expirer sans crainte.
Ainsi soigné de cette "vierus" agonique...


22 mars 2020

Confinement ou cons vilement ?


Chaque période critique est le révélateur de ce que vaut l'individu, de la part réelle de son humanité.

Le vingtième siècle infligea à la France quatre années d'occupation via un fléau idéologique : la majorité vivait passivement cette période, préoccupée par les impératifs du quotidien ; une minorité agissante choisissait de se transcender par l'engagement résistant, une autre s'avilissait en collaboration avec l'ennemi, d'autant plus aisément qu'elle avait la force publique nationale de son côté.

Ce vingt-et-unième, comme un coup de semonce contre ce qui nous semblait acquis voire dû, dégorge le Covid-19 et les sociétés doivent modifier radicalement leur manière de fonctionner. Vigie combattante, les soignants méritent notre gratitude : nous devons leur éviter l'engorgement des services de soins et l'effroyable désignation de ceux que l'on va laisser mourir. Nous avons, collectivement, la capacité d'aider cette ligne de front par notre confinement.


Invisiblement, le virus se répand et une part minable des habitants collabore à sa propagation : inconscients ou malfaisants, peu importe, ces cons aux comportements inconséquents s'estiment dispensés de suivre les règles rabâchées. Ils ont la chance de le faire dans un pays où les libertés publiques comptent encore et où la répression se plie à la proportionnalité. Un système vraiment coercitif, pouvant repérer et identifier ces petites ordures à l'air libre, les priverait de tout soin en plus de lourdes sanctions pénales...


Par grappes infectes, ils s'affranchissent de ce devoir vital, seul moyen pour que ne disjoncte pas le service de santé : saleté de barbecue entre voisins, déplorable promenade entre gigotants, exécrable promiscuité dans les rues...


Cibler et stigmatiser les aberrations comportementales : se jeter sur certaines denrées dans les commerces, voler de la solution hydro-alcoolique dans les hôpitaux, croire qu'en rejoignant sa maison de campagne s'ouvrent de conviviales grandes vacances... Liste béante à combattre.

Le médecin urgentiste Jean-Jacques Razafindranazy est décédé du coronavirus : premier soignant français victime de ce fléau attrapé dans l'exercice de ses fonctions. Que cela fasse réfléchir les réfractaires au confinement !



19 janvier 2019

Au nom des décombres


La maturité démocratique impliquerait qu’un rejet, une destruction, soit indissociablement lié à un projet précisé ou à une construction définie bénéficiant du même soutien majoritaire. Mais voilà : notre système institutionnel tolère la coalition destructrice sans aucune assurance de ce qui se substituera à l’élément mis en pièces. Ce doit être la part primaire de notre État de droit.
Rappelons-nous 2005 et l’addition de forces politiques compatibles dans le seul et unique but de saborder le projet de Constitution européenne. Approche binaire débilitante dans lequel un « oui » ouvrait sur un cadre identifié alors que le « non » hétéroclite n’a pas permis de faire émerger autre chose qu’un blocage politique de l’Union. (Remercions à nouveau ici Jacques Chirac et ses collègues étatiques d’avoir mis la charrue de l’élargissement avant les bœufs institutionnels.) Cela a nécessité, pour éviter le masochisme collectif délétère, d’adapter les règles de fonctionnement à vingt-huit États membres via le traité de Lisbonne.
Prenons le Brexit de nos partenaires britanniques : décider le retrait, pourquoi pas, mais avec quelles conséquences et pour quelles perspectives ? L’alliance de ceux qui ont piétiné cette construction pouvait-elle seulement y substituer un projet national cohérent ? Apte au champ de ruines, la démocratie directe semble bien l’être, tout comme, parfois, la voie représentative : ainsi les parlementaires anglais, vent debout contre le compromis issu des laborieuses négociations de sortie de l’UE, mais dont les justifications respectives s’écartent aux antipodes.
A entendre les Jaunâtres gueuler, bave en coin, « Macron démission ! », on se demande bien ce qu’ils auraient la capacité politique de faire à sa place. L’individualisation des revendications édifie sur ce qui constituerait l’après-Macron : la loi du plus fort, si loin de l’intérêt général, ou une funeste instabilité.
A chaque fois, la coagulation de forces éparses pour détruire est suivie d’une révélatrice incapacité à se mettre d’accord sur un projet viable. La sagesse démocratique supposerait que tout « non », tout rejet, toute destruction soit obligatoirement couplé à ce qui est proposé en lieu et place, et qu’on ne puisse additionner ensemble que les opposants compatibles pour la suite…
A quoi sert-il, au-delà du caractère injuste et cruel de l’acte lui-même, de guillotiner Louis XVI si c’est pour consolider la Terreur et l’absurdité sanguinaire d’un « vous vous trancherez la tête les uns les autres » ? Voilà le nihilisme politique : puissance destructrice puis impuissance à construire qui laisse croître l’amertume, le ressentiment voire la haine, autant d'états d'esprit fortement déconseillés pour colmater une embarcation collective sans gouvernail.
En ce sale jour de l’acte X des Jaunâtres, pièce à rallonge de très mauvais goût, chacun devrait jauger ce qu’il a aujourd’hui et ce qu’il pourrait ne plus avoir demain par le fait de ces bien trop visibles agrégats ochlocratiques.  

08 décembre 2018

Ci-gît les jaunâtres


Actes tragiques sur les scènes françaises : la représentation du jusqu'au boutisme pour un fourre-tout insurrectionnel ne peut accoucher que du chaos. Improductif nihilisme, dégueulis cathartique : voilà la basse œuvre en haute visibilité médiatique de troupes sans ordre, sans cohérence, sans issue viable.
Que certains, d'un jaune très douteux tirant sur le rouge sanguinaire, puissent menacer de mort des compagnons de ronds-points parce qu'ils tentent de les représenter résume l'impossible orientation constructive des individualistes en cohortes de circonstances.
L'agrégat gueule, menace, casse, saccage, pille, incendie, tuerait si l'occasion se présentait, mais n'a aucune colonne vertébrale pour réclamer quelque avancée que ce soit.
Comme lors du référendum de 2005, à l'instar du Brexit décidé par le peuple britannique : lorsqu'il s'agit de rejeter telle proposition ou telle condition, les coalitions opportunistes se font aisément, mais au moment de proposer ce qu'on doit lui substituer la majorité de destruction s'éparpille et révèle le danger de la démarche, l'incertitude ou l'immobilisme. En étant le fruit des urnes, l'après peut, vaille que vaille, se gérer et permettre un bricolage du pis-aller. Avec les jaunâtres, rien de tout cela : la mise à bas du système laisserait un dangereux néant dans lequel s'engouffreraient les moins démocrates, sûrs de leur légitimité d'insurgés et prêts à instaurer la terreur pour que leurs intérêts particuliers triomphent.
Qu'une jaunisse sociétale sorte des enfumeurs des Champs, voilà qui devrait faire réfléchir les 99% des Français qui ne portent pas ces gilets de sombre augure. Mais n'est-ce pas déjà trop tard, comme face à l'emballement climatique ?


21 octobre 2018

Bassine pesteuse mélenchée à la scarlatine

A entendre Mélenchier sa haine à la face de l’impassible gardien de la paix me sont remontés les grognements du pater Le Pen : en 1992, le leader-fondateur du Front national éructait un menaçant « Je m’en souviendrai… » à l’un des représentants de l’ordre chargés – face à des nationalistes corses déchainés – de l’empêcher de tenir son meeting à Ajaccio.
Le Pen en 1992 - Mélenchon en 2018 : le rictus des extrêmes
A voir les députés du Rassemblement national applaudir le Rance soumis à ses primaires pulsions, je songeais à une pâle singerie des jeux dangereux de l’actuelle politique italienne. La rencontre récente de la Bassine Le Pen avec le plein-de-soupe-nationaliste Salvini aurait-elle fait naître quelque fantasme d’acoquinement des extrêmes chez l’inconstante animatrice de l’extrême droite ? A quel moment ces deux bouts de l’échiquier politique jaugeront-ils moindres leurs désaccords au regard de leur combat contre le système financiaro-médiatico-politico-institutionnel ?
Rassemblement national applaudissant Mélenchon
L’enragé bave sa République, sacralise son infecte carcasse et s’improvise chef de meute pour mieux galvaniser ses soutiens : le voilà incarnant le Pôple à lui tout seul, l’élu mal embouché de la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône… Sa républicanissime majesté supposerait une impunité sans borne qui entrave le pouvoir judiciaire. Le tribun déchaîné se montre implacable sur les autres, mais tellement accommodant avec ses turpitudes.
Mélenchie tout ce qu’il peut pour déstabiliser les institutions d’une République dont il se prétend le Parangon inflexible. Sa torve roideur simplifie le pouvoir macronien pour mieux sentir croître sa chapelle idéologique. A force d’éreinter sans mesure tout ce qui n’est pas lui, tout ce qui n’envisage pas le système à la lueur rougeoyante de ses emportements, il attise la radicalité révolutionnaire dont on sait, par expérience historique, qu’elle se prolonge de très dangereuse façon. Le magnifique, mais tellement enjolivé, Un peuple et son roi, s’achève avec l’espoir des sans-culottes sitôt le souverain guillotiné, mais sans aller jusqu’aux génocidaires dérives de la Terreur.
Mélénchon, chef de bande
Tout comme la période vichyssoise fut un révélateur du fond de l’âme de chaque citoyen – attentiste, collabo ou résistant – l’irruption de la Justice dans les affaires pas nettes des prétendants au pouvoir exécutif dévoile leur substrat comportemental. Là où les Sarkozy, Fillon et Le Pen se sont exercés à la surenchère verbale – Bayrou, le centriste, a eu, lui, l’attitude exemplaire – Mélenchon passe le cap de la fureur tribunitienne et traduit sa rage par la violence physique. Il prouve ainsi n’être qu’un chef de bande qui s’estime au-dessus des lois et des procédures judiciaires. Cette sale manière d’être suffit à le délégitimer pour la fonction présidentielle, sauf à vouloir que la France s’essaye à la démocrature post-révolutionnaire.
Le pays aurait tout intérêt à laisser l’insurrectionnel Mélenchon à la porte bien fermée du pouvoir, comme à ne jamais goûter l’eau saumâtre de la Bassine. Leur populisme ? Rien d’autre que le facile moyen pour satisfaire leurs ambitions délétères. Mélenchon n’a le culte que de lui-même : la République ne constitue que l’aguicheur paravent pour asseoir ses diktats revanchards. Un Comité de purge publique pointe son arbitraire à chacune de ses tonitruances. Préservons notre France et notre Union européenne de ces tristes sires à la sauce perdante.

23 septembre 2018

Jaillissement automnal

Se risquer aux profondeurs psychiques lorsque la conscience sensible sert de boussole peut faire atteindre des zones propices à l’effondrement. Percevoir jusqu’à l’aiguisement ultime que ce qui aurait transcendé l’existence s’incarne mais demeurera à l’horizon tout juste effleuré, suppose de se prémunir contre la perdition dévastatrice. Sous un tilleul ou sur un banc, sur un pont de pierre ou le long des rues, la transmutation s’opère, délaissant la gangue d’autosuffisance pour l’indispensable altérité dans la symbiose.
Rêve d’absolu d’un petit d’homme asocial qui, par hasard, après un demi-siècle, a déniché la combinaison pour déverrouiller ses cordes passionnelles au péril de certitudes jusqu’alors arrimées.
A l’époque des courants pachydermiques aux relents haineux qui réifient l’autre pour mieux le supplicier, qui exaltent obscènement le bout de nation pour mieux nier la complexité du réel, choisir d’élever ses sens par-delà la contemption rabougrie.
Tous ces dangereux grotesques au pouvoir, les Orban, Erdogan et autres Trump, au cynisme cultivé, à l’impitoyable roideur ou au simplisme crasse, ne doivent pas occulter la subtilité d’élans individuels, les fondements d’un univers décentralisé, celui qui se vit au plus près de ses propres contradictions.
Assumer ses aspirations et leur réserver la substantifique parcelle d’une âme en quête : les feuilles dévitalisées se détachent de tout côté, mais l’infinie douceur de la mélodie soutient une tendre détermination qui perpétuera la voie précieuse…



02 septembre 2018

Rentrée… dans le lard !


Fendre la pointe acérée pour un exil démultiplié. Au cœur de l’ultime version de soi, l’émotion ne se chiffonne plus, elle accentue les pesanteurs psychiques, congruence des entités à sublimer. Une brassée automnale au sein de la verdoyance persistante : que les âges en finitude ne se sabordent pas encore. Du ludique pour l’inspiration vitale, des tourments pour l’expiration terminale.
Offrons-nous la charpente de l’introspection, dépassant les scories de la vitrine permanente, obsédante et privée de ces espaces invisibles qui consolident nos fondations. Que se déploie l’existence-iceberg, enracinement pour une plus lumineuse fluidité, délaissant les paradeuses excroissances, dérisoire instantanéité vouée aux fosses insondables des inutiles données.
Ainsi, le sonore abruti qui, chaque soir, fait son tour sur un scooter péteur pour s’imaginer une quelconque importance. Déjà passé, déjà évacué : anonyme dont la crotte de vie ne vaut pas plus que l’éphémère vacarme qu’il doit renouveler pour que la gêne des autres lui procure la sensation de compter ici-bas.
Tous ces supports, vains exhausseurs de notre piètre condition, paralysent l’émergence épurée, l’essentiel cultivé. Tracer sa voie, via les signes qui m’échoient, assumant d’être incompris, comme un art outre-tombe qui résiste aux lecteurs de la mono-dimension romanesque. Le « rot ment », il va encore empuantir la rentrée littéraire, étaler ses mastodontes emplumés, enfumer la scène créative. Cravache d’un grognon amer ? Peut-être… mais qui, au moins, tutoie le confort de n’avoir de compte à rendre à strictement personne sur ce plan. Liberté absolue par le fait de ne pas vivre de son art, mais de l’investir comme une impérieuse nécessité existentielle, l’arrachant ainsi à toute contrainte contractuelle, comptable, à tout cet univers du redevable, de la frilosité expressive… Ne jamais coller à la simplicité au risque d’atrophier ses horizons, d’annihiler l’ambiguïté complexe, de différer son épanouissement protéiforme.
Se connaître soi-même suppose d’abord d’assumer la part qui nous coupe de l’autre, simple révélateur d’une incompatibilité qu’il faudrait combler, atténuer, ignorer au nom de quoi ? La socialisation, le vivre-ensemble, l’échange, le convivial partage : autant de trompe l’œil sociaux qui obstruent la réalité du chacun-pour-soi et les saccages toujours amplifiés qui en résultent.
Radicalités aiguisées par les charognards de la religion, ces croyances qui ne devraient jamais passer la frontière du culte intérieur ; démocraties dévitalisées par la conjugaison d’opportunisme sans vision affirmée, de stratégies à la miteuse semaine, de communication valant doctrine, de gestion sondagière singeant le parcours inspiré ; populisme dopant les démocratures ; affairisme saignant l’alentour et au-delà tant que cela sert sa courte-vue engrangeuse : le tableau vaut croûte invendable, mais il faut bien que le show mondial se perpétue et que les angoissés, surtout, se taisent. Le lard est bouffé, vive la rentrée !

08 août 2018

Libelle de bord

Quelques notes en vrac, lors d'un voyage routier récent :

Depuis l'autoroute A10, petite remarque de panurgisme comportemental : ces passagers avant qui mettent leur(s) pied(s) nu(s) sur le tableau de bord pour faire "carpe diem". Lorsque la dimension est féminine et que les lignes se révèlent délicates cela comble le regard, mais en cas de panard disharmonieux, cela ressemble à un tas de chair oublié qui fait avoir un haut-le-cœur. Par ailleurs, j'en déduis les dégâts corporels que doit occasionner un accident subi dans cette position : pieds et ce qui suit directement découpés par le pare-brise. Bon appétit, et ce ne sera pas du feu Robuchon...


Bien plus grave régression : les pseudo virils, gonades encaleçonnées reposant sur le siège, qui s'excitent à l'arrière de votre véhicule, lequel double lui aussi, mais plus lentement, pour bien signifier la puissance de leur taule ondulée. L'un de ces dérisoires a même poussé le vice jusqu'à afficher l'ordre suivant sur son pare-brise arrière : "Serre à droite connard !". Véridique. Quand la civilisation motorisée met en mouvement les pires arriérés...
Le tour de France des décérébrés se poursuit : Radio trafic info annonce que sur ce même autoroute, au niveau d'Orléans, un vélo est signalé roulant... à contresens !  Soit un échappé de l'asile, soit un de ses futurs pensionnaires. Pas besoin d'avoir son permis de conduire pour afficher les plus aiguës déficiences mentales : je peux l'affirmer, puisque je ne l'ai jamais passé !
Chez les GAFA, je demande Google... maps : plus performant pour signaler le trafic, et en l'espèce l'absence de bouchon sur l'A10 à hauteur de la sortie 42 : alors que les panneaux préviennent d'un blocage à venir, l'application routière reste au bleu fixe : c'est bien cette dernière qui emporte la mise.
Poids lourd fautif
Non loin d'Albi, ce 36 tonnes photographié joue au véhicule léger, doublant à plus de 100km/h sur une double voie limitée à 90 pour les voitures. Poids lourd de la mise en danger de la vie d'autrui, et lourdingue du contrat social...
Après l'enrobé du rapide, l'asphalte départemental et les sinuosités du Tarn. Paysage à admirer, mouvements à gerber...
Pour finir, retour sur une autoroute (A75), avec l'aire du Larzac qui propose tout le confort... sauf le ravitaillement en essence : lorsque l'ambiance écolo atteint les services autoroutiers... Vous pouvez y dormir, mais à sec de carburant.